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Full text of "Theorie Generale Fonctionnelles"

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UNIVERS; 

LIBRARY 


OU 220568 


NIVERSAL 

IBRARY 






rilKdlUK (’.KNKKALE 



OUVRAGES EN PRÉPARATION 


THÉORIE GÉNÉRALE DES PONf.TIONNELLES 


Tomb II. — Composition. liquation.^ intépfro-diffé rende Iles et aux 
dérivées fonelionnetles. Généralisations des fonctions anulytù/nes. 

'l’oMB III. — Complé/zients et applications. 



COl.LKCTION DK MONOGIIAI'IIIKS SUK L\ THftORIK DKS PONCTIONS 

PUBLIÉB SOL'S LA DIBKCTION UE M. EMILE BOREL 



DKS 



Vito VOLT ERRA 

Mrmbi'i’ il« rinsfitiit 


Joseph PÉRÈS_ 

Piofesscur a la Sorlîdnne 


TOME PR EM IKK 

GÉNÉRALITÉS SUK LES FONCTIONNELLES 
THÉORIE DES ÉQUATIONS INTÉGRALES 


Préface de Vito VOLTERRA 



PARIS 

GAÜTHIER-VILLARS, ÉDITEUR 

LIBRAIRE DU BUREAU UES LONUITUUKS, UK l’ÂCOLE POLYTECHNIQUR 
55, Quai des Grands-Auguslins, 55 




Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés 

poûr tous pays. 



PREFACE 


Mes Leçons sur les équations intégrales et intégra- différentielle s 
publiées en 1913 (' ) étant épuisées, l’éditeur m’a proposé d’en 
faire une nouvelle édition. Mais leur réimpression, melfiie avec 
des adaptations, n’aurait pas fourni un ouvrage au courant des 
progrès réalisés par l’Analyse moderne. Les travaux sur le 
sujet, publiés pendant les vingt dernières années, ont été trop 
nombreux pour qu’il ne devînt pas nécessaire de modifier 
substantiellement tout l’ouvrage. 

D’autre part le concept de triiiler les équations intégrales 
et intégro-dilTérentielles comme des chapitres de la Théorie des 
fonctionnelles était déjà amorcé dans mes Leçons de ipiS. Le 
développement ultérieur de ces théories a révélé des rapports 
toujours plus étroits entre leurs diverses branches, de sorte 
qu’un ouvrage consacré aux équations intégrales et intégro- 
différentielles, qui aurait négligé ces rapports et abandonné le 
concept précédent, présenterait de profondes lacunes. Il ne 
suivrait pas l’ordre naturel du sujet et il mas{[uerait l’évolu- 
tion historique de la théorie qui a amené aux méthodes 


(') Leçons sur les équations intéi;rales et les équations intégro- 
différentielles (Gaulliier-Vlllars, éditeur. Paris, 19131. 

(*) J’ai exposé celle évolution historique dans la première de mes 
Leçons sur les fonctions de lignes (Gaulhier-Villars, éditeur, Paris, 
IQlS). 



VIH 


PRÉFACE 


employées aujourd’hui pour traiter les équations intégrales 
dans toute leur généralité. Ces méthodes sont en effet les mêmes 
que celles qui ont servi au passage des fonctions ordinaires aux 
fonctionnelles; il a suffi de les appliquer aux équations algé- 
briques. Dans l’un et l’autre cas on se base sur l’application 
systématique et uniforme du principe dit « principe de passage 
du discontinu au continu ». 

C’est ce procédé que j’ai introduit et développé dès mes 
premiers travaux sur les fonctionnelles et sur les équations 
intégrales. J’y ai insisté dans tous mes travaux suivants et il a 
été employé par ceux qui se sont occupés plus tard des mêmes 
sujets. Il était 4 onc logique de penser à élargir le plan des 
Leçons de 19 1 3 , en transformant l’ouvrage dans une exposition 
générale de la Théorie des fonctionnelles qui se rattacherait 
très intimement à l’ordre d’idées en question. 

Or un ouvrage ainsi conçu existait déjà, car, dans les Leçons 
tenues à Madrid en 192G, j’avais exposé diverses branches de 
la Théorie des fonctionnelles en donnant un développement 
étendu à la partie consacrée auxéquationsintégralesetintégro- 
difîérentielles. Ce volume, publié d’abord en espagnol et, 
quelques années après, révisé et traduit en anglais ('), offrait 
donc le plan d’après lequel il fallait composer le nouveau 
traité. Mais il n’en donnait que le canevas, parce que l’exposé y 
était limité souvent aux résultats ; les démonstrations et les 
développements de calcul nécessaires pour les obtenir étant la 
plupart du temps négligés. Plutôt qu’un traité complet, il était 
un aperçu général des différentes théories, permettant de 


(‘) Teoria de las funcionales y de las equaciones intégrales e inte- 
,( Madrid , i9.î7). Tlieory of functionals and intégral 
and integro’-dijferential équations (Loadon and Glasgow, Blackie and 
Son, éditeurs, 1980). 




PHÉFACË IX 

s’orienter dans l’ensemble des méthodes et des |»roposiCions 
fondamentales. Pour avoir un traité complet, il fallait y 
reprendre les divers détails. 

C’est ce que justement M. Pérès et moi-même nous nous 
sommes proposé de faire par le présent ouvrage. Je suis sin- 
cèrement reconnaissant à M. Pérès, qui connaît parfaitement 
toutes les branches de la théorie des équations intégrales et de 
la théorie des fonctionnelles et qui a apporté à ces parties 
de l’Analyse d’importantes contributions originales, de s’être 
associé à moi dans cette entreprise. 

L’ouvrage sera divisé en trois volumes. Le premier comprend 
les généralités sur la théorie des fonctionnelles et sur les 
extensions les plus récentes, puis l’exposé de la théorie des 
équations intégrales, mis à jour et faisant connaître les résultats 
modernes à côté des plus anciennes recherches. 

Le second volume débutera par la théorie de la composition, 
qui se rattache trèsintimement à celles des équations intégrales. 
Nous avons déjà publié sur ce sujet un traité spécial (’) et 
nous insisterons surtout sur les résultats nouveaux. Les Cha- 
pitres suivants seront consacrés aux équations intégro-difléren- 
tielles et aux dérivées fonctionnelles qui constituent la suite 
naturelle des équations intégrales. I^a dernière partie du second 
volume sortira du cadre des théories précédentes : elle envisagera 
l’application des fonctionnelles à l’extension de la théorie des 
fonctions analytiques. 

Le troisième volume concernera les compléments des théories 
déjà développées et les applications; nous y exposerons en 
particulier les théories modernes du Calcul des variations, les 


(’) Leçons sur la composition et les fonctions permutables (Gajilhier- 
V'illars, éditeur, Paris, 1924)* 



X 


PRÉFACE 


fonctionnelles analytiques et les applications à la Mécanique, 
à la Physique mathématique, à la Biologie, à la Statistique et 
à l’Elconomie politique. 

La rédaction du présent volume a été faite par M. Pérès en 
se basant sur les deux ouvrages cités. 

La première partie (Généralités sur les fonctionnelles) se 
réfère au Chapitre I de ma Theory of functionals, avec des 
extensions qui concernent particulièrement les travaux de 
M. Fréchet sur les ensembles abstraits et l’Analyse générale, 
ceux de M. P. Lévy, dont les Leçons d'analyse fonctionnelle 
sont souvent citées, ceux enfin de M. F. Riesz, à qui l’on doit 
nombre de mémoires fondamentaux. Bien des développements 
appartiennent à M. Pérès et je signale ici l’exposé sur l’inté- 
grale de Lebesgue, suivant une méthode dont le principe a été 
donné par M. F. Riesz, divers points de la théorie des diffé- 
rentielles et, en particulier, la forme générale du principe 
d’inversion des différentiations fonctionnelles. 

J’ai l’agréable devoir de remercier ici, en mon nom et de la 
part de M. Pérès, M. L. Tonelli qui nous a accordé son précieux 
concours en rédigeant la seconde partie du Chapitre II où est 
exposée sa méthode pour l’étude de l’extrémum d’une intégrale 
simple. 

Dans la seconde partie de l’ouvrage (Équations intégrales), 
on a repris les questions traitées au Chapitre II de ma Theory 
of functionals et dans mes Leçons de i()i3. Il a été tenu compte 
des principaux Mémoires et exposés didactiques, tels que ceux 
de Hilbert, E. Schmidt, Heywood et Fréchet, Lalesco, Coursât, 
Evans, Davis et beaucoup d’autres, que l’on trouvera cités dans 
la bibliographie du volume. Tout en réservant pour le second 
volume la théorie complète de la composition, on en a adopté 



PRÉFACE 


XI 


ici les notations et Ton a fait usage de ses principes fondamen- 
taux. 

L’étude du cas singulier de l’équation de Volterra de 
première espèce (zéro isolé de la diagonale du noyau) a été 
faite en reprenant la méthode de mon premier mémoire sur le 
sujet, avec un complément de M. Holmgren. M. Pérès y a 
ajouté une autre méthode qui lui est propre et dont le dévelop- 
pement est fort simple. Relativement aux équations dites 
intégro-fonctionnelles, M. Pérès a ajouté l’exposé de divers 
résultats obtenus par M. Popovici. La partie concernant les 
équations de Fredholm a été complétée tant en ce qui concerne 
la structure du noyau que pour Tétude des développements en 
séries de fonctions fondamentales et M. Pérès a donné une 
nouvelle façon d’introduire les fonctions fondamentales de 
Schmidt. Quelques pages ont été consacrées aux équations 
intégrales à valeurs principales, avec les recherches si 
importantes de M. G. Giraud. Enfin, en ce qui concerne les 
équations non linéaires, on a exposé les résultats de 
M. E. Schmidt et ceux, tout récents, de M. Leray. 

La théorie des éijuations intégrales se prolonge, dans l’Analyse 
générale de Fréchet et Moore, par l’étude des transformations 
générales dans les espaces abstraits et de leur inversion. Nous 
avons volontairement laissé de côté cette extension, qui sera 
plus à sa place dans le troisième volume de notre ouvrage. 

J’espère que les efforts accomplis par M. Pérès et par moi- 
même pour la préparation de ce volume, serviront à donner un 
cadre, le plus possible complet, des théories rattachées aux 
équations intégrales et fourniront une préparation suffisante 
pour les théories qui seront développées dans les volumes sui- 
vants. 

Les Auteurs tiennent à exprimer ici leur gratitude aux 
excellents éditeurs Gauthier-Villars. Ils sont heureux d’adresser 



XII 


PRÉFACE 


leurs remerciements à M‘‘® Freda, qui, avec sa profonde con- 
naissance du sujet, a bien voulu les aider dans la révision dés 
épreuves. Ils présentent enfin à M. Borel, qui a accueilli 
l’ouvrage dans son importante Collection de monographies sur 
la Théorie des fonctions^ leurs sentiments de profonde recon- 
naissance. 

ViTO VoLTEKRA. 



THÉORIE GÉNÉRALE 

DES 

FONCTIONNELLES 


LIVKE I. 


OÉNÉUALH ÉS 

si: K 

LES FONCTIONNELLES 


CHAPITKE I. 

LA NO I ION DE FONCTIONNEI.U:. 


1. EXEMPI.E PIIÉLIMLNAIHE. 

1. Avant «le définir les concepls dont, nous nous proposons l’élnde, 
nous ovaininerons nn problème très simple de maxima cl minima 
pour moniror commenl ou passe nalurcllemenl de la considération 
des fonctions d'un nombre fini de variables h ccWv do quantités qui 
dépendent (Vune infinité de v(n'iables, à savoir les valeurs, en 
nombre infini, assumées par une fonction arbitraire x(t) dans un 
inter\alle (a, b) de valeurs de t. 

2. Soit le produit de deux nombres x, j- dont la somme est cons- 
tante. Il est connu que ce produit est maximum quand les deux 
nombres sont égaux. Interprétant géométriquement ce résultat, nous 
obtenons l’énoncé suivant ; de tous les rectangles qui ont un môme 
périmètre, c’est le carré qui donne Faire maximum. 


VOl.TKRRA 




CHAPITRE 1. 


Passons au problème plus général de déterminer le polygone plan 
de n côtés qui, pour un périmètre donné, renferme l’aire maximum. 
Il est facile de voir que la solution est donnée par le polygone régu- 
lier. Si nous notons les 2/1 coordonnées des sommets du polygone par 

la quantité qui doit être rendue maximum est l’aire 


I \ 

fonction des 2/1 variables x’,-, yi soumises à la condition 


-+- Xvf = CDiist . , 

I 

en posant 

A.r, ./•( — Xi, \yt = y,,. , — j,-. 

3 . Si nous considérons eniin le problème de déterminer, parmi 
toutes les courbes fermées G de longiumr donnée, celle qui limite 
l’aire A maximum (cercle), la quantité A est donnée par 

* 2 J'^ ( — y ) 

et il y a la condition 

*3 ) / V -f- dy- — f coiist. 


Les expressions précédentes dépendent, non plus d'un nombre 
fini de variables, mais des valeurs des coordonnées de tous les 
points, en nombre infini, de la courbe G. Au lieu d’un problème <le 
calcul différentiel ordinaire, portant sur la" détermination d’un 
nombre fini de quantités inconnues, nous avons affaire à un problème 
de calcul des variations, dans lequel l’inconnue est une fonction (par 
ses valeurs en tous les points d’un certain intervalle) ou une courbe 
(par les coordonnées de tous ses points). 


4 . Dans le cas du polygone à n sommets, nous avions à trouver 



LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


3 


2rt quantités ), où figure un indice /, 

indice discontinu et variable par valeurs entières de i à n. 

Dans le cas d’une courbe fermée, par contre, il est nécessaire, pour 
la déterminer, de connaître les coordonnées x et r de tous ses points 

x = x(t), y=Yit) (a<t'^h) 

avec 

x{a ) r=i x( ô ), y(a) — y(f>). 

Ces coordonnées dépendent d’un paramètre / qui varie de façon con- 
tinue dans un intervalle (a, b-). Ce paramètre continu t prend la 
place de l’indice discontinu i et les sommes qui figurent dans les for- 
mules (i) et (i') sont remplacées, dans (2) et (2'), par des intégrales 
dans lesquelles le paramètre t est variable d’iutégralion. 

i), La marche suivie dans c(!t exemple particulier pour passer d’un 
problème comportant un nombre fini d’inconnues à un problème 
dans lequel l’inconnue est une fonction (problème à une Infinité 
d’inconnues) a le caractère d’un principe général, et dont la portée 
se précisera par la suite. Dans beaucoup de cas analogues, et pour 
passer de même d’un problème d(‘ Vanalyse ordinaire à un problème 
du calcul fonctionnel, il sera en fait suffisant de remplacer un indice 
discontinu i par un indice continu (ou paramètre) t et de remplacer 
les sommes par rapport à i par des intégrales ndatives à la variable 
<l’intégration t. 

iiG principe, que nous appellerons princi/ie de passage du discon- 
tinu au (‘ontinu, a été donné par M. Volterra dès ses premiers travaux 
sur les qmvslions qui font l’objet du présent Ouvrage. Il constitue une 
méthode de découverte qui s’est révélée extrêmement féconde. Son 
rôle a été et reste fondamental dans les progrès du Calcul fonc- 
tionnel. 

H. - LA NOTION DK FONCTIONNELLE. 

(>. Cette notion fondamentale apparaît comme généralisant celle 
de fonction de plusieurs variables. 

Une fonction de n variables 

('O z=f{x^,xt c„) 

<>st une quantité dont la valeur est bien déterminée par celle des para- 



CHAPITRE I. 


mètres j?,, Xj, . . variables dans un certain champ qui constitue 
le domaine d’existence ou de définition de la fonction considérée. Du 
point de vue géométrique on peut faire correspondre à chaque sys- 
tème de valeurs ari , , æ,, un point de l’espace à n dimensions; 

le champ ou domaine d’existence de / aura une image géométrique 
dans cet espace et à tout point du domaine ainsi représenté corres- 
pondra une valeur de la fonction. 

Une autre représentation géométrique est la suivante : soit dans le 



plan (f, jc) {Jig. i) des droites d’abscisses fixes 

Faisons correspondre à l’ensemble d(îs valeurs c,, .... x,, les 

points 

,/-i )> ^1, X-i), iVÏ:)(^3, .r.i ), ... 

ou encore^ la ligne polygonale M<, Mj, Mu, ... ; la fonction (3) des 
n variables X\, . . ., Xn pourra être considérée comme fonction 

de cette ligne polygonale et sera définie pour un certain ensemble de 
telles lignes. 

7. Pour passer enfin à la notion de fonctionnelle, il suffit de rem- 
placer l’ensemble des variables {xt , x.,, . . . , Xn) par une fonction x{t) 
définie dans un intervalle (a, b), ce qui géométriquement revient à 
remplacer la ligne polygonale précédente par la courbe représenta- 
tive de la fonction 

x(t} (a^t^by, 

on peut dire si l’on veut que l’on est dans un espace dont le nombre 



LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


5 


de dimensions est infini, avec la puissance du continu (cf. infra, 

ÜI). 

Une fonctionnelle de x{t) dans l’intervalle (a, b) sera une 
quantité z, que nous noterons 



dont la valeur est déterminée par celles de la fonction x{t) sup- 
posée connue lorsque t varie entre a et b, cette fonction x(t) pou- 
vant être prise arbitrairement, sous des restrictions qui limitent 
le champ fonctionnel de définition ou d’existence de z. 

8. Le concept ainsi introduit contient naturellement, comme cas 
particulier, celui de fonction de plusieurs variables. C’est ainsi, par 
exemple, que si z d<^pend seulement des valeurs a?,, Xj, prises par j:(f) 
en deux points fixes t\ et t., de l’intervalle, ce sera une fonction ordi- 
naire 

( • ) ) z — fi X\. x.) 

et il est inutile de recourir pour la représenter à une autre notation. 

Considérons maintenant, par exemple. 

C’cîsl, si l’on veut, une fonctionnelle de mais dont on peut 

dire (ju'elle dépend seulement de la valeur de x{t) au point ti et au 
point infiniment voisin. 

L’étude de fonctionnelles telles que les précédentes (5) ou (0) ne 
fait pas sortir du domaine de l’analvse ordinaire. 

I..e cas véritablement nouveau, etauque. nous nous attachons parla 
suite, est celui où z dépend eflectivement de toutes les valeurs prises 


(') Dans ses travaux de 1 H.S 7 ( Ril>lii>^rapliie I, [108]) où fut introduite la notion 
«le fonctionnelle, M. Volterra employait la notation f| j^x(<)j |' •! utilisé ulté- 

rieurement la nutation du texte. 

Quand il n’y a pas ambiguïté, on peut se «lispenser d’indi«|uer les limites de 


variations de t et é«:rire F[j;(<)] au lieu de F 


KM- 



6 


CHAPITRE 1. 


par x{t) dans l’intervalle b) f z est alors une fonction d’une infi- 
nité continue de variables. 


9. Précisons, avant d’aller plus loin, d’autres aspects du concept 
de fonctionnelle et fixons des notations. 

La fonction x(t) peut être dite fonction-argument on simplement 
argument de la fonctionnelle F[a7(<)]. 

Il peut arriver que l’intervalle (a, 6), dans lequel on prend la 
fonction-argument pour en déduire la fonctionnelle, soit lui-même 
variable. Pour un argument x{t) assigné dans un intervalle (ao, 6o) 
(auquel a ex b restent intérieurs), la fonctionnelle sera alors fonction 
ordinaire de a ou 6. 

Notons également le cas où contient aussi d’autres variables», 
(3, ... ; nous écrirons alors 


F a, [i, . . . )j = 3 (a, [j, . . . 


pour indiquer que l’opérateur fonctionnel F qui, applicjué à l’argu- 
ment variable a?, donne le résultat z doit être appliqué en supposant 
que les variables «, jS, . . . ont des valeurs assignées; z est alors 
une fonction ordinaire de «, j3, ... mais ne dépend pas de /. 

La fonctionnelle peut enfin contenir des paramètres X, p, . 
dehors de l’argument x(^t') 

3 = F|^^.r(/); X, 1.1, ... j. 


(•n 


Dans ce cas, pour chaque système de valeurs de ces paramètres, 3 est 
une fonctionnelle de .c(f), au sens précédent; elle est par contre une 
fonction ordinaire de p, ... quand est fixe. Nous voyons donc 
que dans ce cas V opérateur fonctionnel^ fait correspondre à chaque 
fonction »?(/), donnée dans un certain champ, une autre fonction 

3( X, II, . . .) = F j^.x( t)\ X, (1, . . . 

Nous obtenons ainsi la notion de transformation fonctionnelle. 

Lorsqu’il n’y aura pas d’ambiguïté sur le rôle des variables t et a, 
(3, . . . ou X, fl, . . . , nous pourrons omettre a et 6 et écrire simple- 
ment 


P- • • •)] ou • • •!• 



LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


7 


10. La noliou de fonctionnelle peut être immédiatement étendue 
aux quantités z qui dépendent de toutes les valeurs de plusieurs fonc- 
tions, par exemple de 

x = x(t), y=y(u). 

dans les intervalles 




La considération de telles fonctionnelles peut avoir son intérêt, 
mais il convient de noter qu’elles se réduisent immédiatement aux 
précédentes où apparaissait seulement une fonction-argument . La 
donnée du couple x{t), y{u) revient en elTet à la donnée d’une 
seule fonction définie par les valeurs de x et y dans un intervalle 
dont la longueur est la somme des longueurs de (a, 6) et de (c, d\ 


11. On obtient par contre une véritable généralisation en considé- 
rant une quantité z qui dépend de tontes les valeurs prises par une 
ou plusieurs fonctions de plusieurs variables dans les champs res- 
pectifs Ci, C.., ... { ' ) • 

•J — F* f Y 1 ( 1 , "2 . • • • . /i ) . 9 2 ^ 1 î 2 ' • • ’ * , . . . ]. 

C. 

12. Le concept de fonctionnelle comprend enfin celui de fonction 
d^une ligne et, plus généralement, d’w/t liyperespace (-), 

Nous dirons, en (fffet, qu’une grandeur 2 : est fonction d’un hyper- 
espace variable S, contenu dans un espace Sifn^r) et défini 
paramètrùjuement par des équations 

•Tl — ?(( ^1 , <2, tr) ( /' = 1 , -i fl) 

lorsqu'à tout S,, correspond une valeur de z 

3 = FfS.]. 

z est donc une fonctionnelle des n fonctions eit, dépendant de 
toutes leurs valeurs dans le champ C, à r dimensions, pour lequel 
elles sont définies. Mais il faut remarquer (juc z n’est pas la fonc- 
tionnelle générale des n fonctions tp,. Si les paramètres t^ sont rem- 
placés par d’autres Uk au moyen de la transformation 

tk= tk{ui, Ui, . .., «/•) {h = 1 , •>., /•) 


{') Cf. c. Fahry, [23] et [24]. Les nombres entre crochets se rapportent à la 
bibliographie donnée à la fin du Volume. 

(") Cf. V, VOLTERRA, [108] et [109]. 


8 CHAPITRE I. 

avec le déterminanl fonctionnel 


D( ii, h tr) . 

— ^ O, 

D(ai, Wï, . . Ur) 

les coordonm^es jci seront d’autres fonctions des nouvelles 
variables u 

iC, = '>/(«,. Mi, tr), 

mais la quantité qui dépend uniquement de la forme de l’hyper- 
espace S,, et non de son mode de représentation paramétrique, reste 
inchangée. 

Z est donc une fonctionnelle des 9 / jouissant de la propriété parti- 
culière suivante : elle est mcarian^e lorsque les <p, sont remplacés par 
d’autres fonctions c|/( déduites des premières par un changement 
des paramètres. 


111. - CHAMPS FONCTIONNKLS. 


13. Une fonctionnelle F )] de la fonction x{t) ne sera définie 


en général que lorsque varie dans un certain champ fonctionnel. 
C’est ainsi, par exemple, que la fonctionnelle 


F 



h 

:r{t) tU 


est définie seulement dans le champ di!S fonctions x qui sont inté- 
grables dans l’intervalle (rt, b) (champ dépendant d’ailleurs de la 
définition adoptée pour l’intégrale). La fonctionnelle 


P[^(Ol = J f[t, X, 


dx 

7ft' 


d"x 

~dt 


7 ) 


dt 


est définie seulement pour les fonctions x(^t) qui ont d<‘s dérivé(îs 
jusqu’à l’ordre n et pour lesquelles 


?(0 




</" X \ 

~dF } 


est intégrable dans l’intervalle (a, b). 

14. L’étude des champs fonctionnels, c’est-à-dire des ensembles 
dont les éléments sont des fonctions, est évidemment d’un intérêt 



LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


9 


primordial pour une compriîhension exacte du concept do fonction- 
nelle. 

Pour une fonctionnelle F le champ fonctionnel le plus vaste 

est celui de toutes les fonctions possibles x{l) définies dans l’inter- 
valle («, b) : il constitue en somme un « espace » à une infinité non 
dénombrable de dimensions (le nombre de ses dimensions a la puis- 
sance du continu en ce que chaque élément de cet ensemble est défini 
par un ensemble de valeurs de x correspondantes à tontes les valeurs 
de t entre a et b). 

Pi;u de fonctionnelles sont définies dans la totalité de ce champ et 
les théories que nous développerons par la suite suppos(?ronl toujours 
un domaine de définition plus ou moins restreint. 

11 semble d’ailleurs <pi’il n’y ait point là une insuffisance de nos 
inoyeus d’analyse et que les restrictions dont il vient d’être question 
soient dans la nature des choses : les difficultés que présente déjà la 
conception arithmétique du continu se retrouvent, à une puissance 
supérieure, dans la conception du champ de toutes les fonctions pos- 
sibles. Il est donc sans inconvénient, dans certains cas même néces- 
saire. de se limiter à des classes de fonctions telles que chacune soit 
caractérisée par une infinité dénombrable de conditions ('). La classe 
des fonctions intéressantes et auxquelles on se bornera dépendra du 
problème envisagé et aussi de nos moyens d’analyse. 

1.‘). Sans prétendre on aucune façon à être complet, citons ici les 
champs fonctionnels les plus couramment utilisés. 

Un champ assez restreint, mais d’intérêt notable, est celui des fonc- 
tions analytiques sur le segment (a, h). Il a une infinité dénombrable 
de dimensions en ce sens que ses éléments (x{t) sont déterminés par 
les valeurs de a et des dérivées successives en un point fixe (coeffi- 
cients d’un développement de Taylor). 

Un champ 'plus vaste est celui des fonctions continues x{t). 11 a 
aussi une infinité dénombrable de dimensions, puisqu’une fonction 
continue est déterminée par ses valeurs aux points d’abscisses ration- 


(') Pour toutes ees questions le Lecteur se reporlera aux Ouvrages de M. Borel 
et, en particulier, aux Notes III, IV et VI de ses Leçons sur la llicorie des fonc- 
tions [ 9 |. 



10 


CHAPITRE 1. 


nelles ou parce qu’elle peut être considérée comme limite de fonctions 
analytiques, ou même de polynômes (Weierstrass [119]). 

Plus étendu encore est le champ des fonctions limites de fonctions 
continues. En général nous pouvons adopter la classification bien 
connue de Baire [8] qui s’applique aux fonctions actuellement les 
plus intéressantes pour l’analyse. 

D’autres champs intéressants seront ceux des fonctions dérivables 
jusqu’à un certain ordre, des fonctions à variation bornée, des fonc- 
tions dont le carré est sommable, etc. 

16. Par la suite le champ auquel nous nous limiterons dépendra, 
comme il vient d’être dit, de la nature de la question traitée. Mais il 
nous arrivera de le restreindre encore pour la simplicité de l’exposi- 
tion. Il y a ainsi souvent gros avantage à se limiter à la considération 
des {oncVions généralement continues {') o\i hien généralement con- 
tinues ainsi que quelques-unes de leurs dérivées et, les résultats 
étant acquis, il est aisé de passer, par des procédés de prolongement 
dont le lecteur aura assez d’exemples, aux cas plus généraux. 


IV. - FONCTIONNELLES ET FONCTIONS D’UNE INFINITÉ 
DÉNOMBRABLE DE VARIABLES. 

17. Les considérations précédentes appellent quelques remarques 
sur le rapport entre la théorie des fonctionnelles et celles des fonc- 
tions d’une infinité dénombrable de variables. 

Une fonction analytique de t est déterminée par les coefficients 
(« 0 , a», • • • , «/M • • •) de son développement en série de Taylor; une 
fonction sommable et de carré sommable peut être considérée comme 
définie par les coefficients (c,, c., . . ., c„, . . .) d’un développement 
en série du type de Fourier 

Cl -+- Cl 92(«) -4-. . C„ 9„(#) -H. . ., 

procédant suivant des fonctions 9 , (<), 92 (^)» •••! 9n(t), ... données 
et formant un système orthogonal complet (cf. Chap. X). 

Dans l’un et l’autre cas les fonctionnelles correspondantes s’identi- 


(^) G^esl-à-dire continues sauf en un nombre fini de points de discontinuité. 




LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


1 1 

fieront avec des fonctions d’une infinité dénombrable de variables et, 
du point de vue géométrique, elles pourront apparaître comme fonc- 
tions d’un point variable dans un espace à une infinité dénombrable 
de dimensions : espace analytique, étudié tout d’abord par Pincherle 
et Bourlel ( ' ) dans le premier cas, espace hilbertien dans le second cas. 

18. Si l’on se place au point de vue réaliste qui est celui de 
M. Borel et de beaucoup de spécialistes de théorie des ensembles, et 
si l’on admet avec eux que la notion de fonction la plus générale est 
en quelque sorte au delà des mathématiques, toute portion utilisable 
de l’espace fonctionnel général n’aura pas une puissance supérieure 
à celle des ensembles précédents. Le calcul fonctionnel a-t-il donc, 
autrement qu’en apparence, une généralité supérieure à celle des 
théories sur les fonctions d’une infinité dénombrable de variables, 
théorie de l’espace hilbertien par exemple? 

19. l’our répondre à cette question nous ferons d’abord remar- 
quer que le calcul fonctionnel est capable de toute théorie de ce 
genre, actuellement établie ou à venir. De plus, et c’est là un point 
que l’on apercevra clairement par la suite, le point de vue purement 
fonctionnel, qui est celui de M. Volterra, est nécessaire pour mettre 
en évidence, de la façon la plus immédiate, des concepts dont l’utilité 
ne peut être mise en question. 

L’un de ces concepts est celui de dérivée fonctionnelle {cf. 
Chaj). IV) qui ne pourrait en aucune façon être suppléé par celui de 
dérivée d’une fonction d’une infinité dénombrable de variables : si 
par exemple, on envisage une fonctionnelle F comme fonction des 
coefficients d(* Fouricr de son argument les dérivées par- 

lielles — dépendent essentiellement du choix du système orthogonal 

(.fC i 

9l(0) •••. ?n(0, •••• 

elles n’ont pas le caractère Intrinsèque que présente le concept tout 
difFérent de dérivée fonctionnelle. 

A cet égard ou pourrait dire que, dans le calcul fonctionnel géné- 
ral, les théories sur les fonctions d’une infinité dénombrable de 
variables occupent une position assez analogue à celle de la géomé- 


(‘) Cf. l’iNCHERI.E, [8i|; ttoCRI.ET, [ 1 1 ]. 




12 


CHAPITRE I. 


trie cartésienne par rapport à l’analyse vectorielle : la représentation 
d’une fonctionnelle par une infinité dénombrable de variables implique 
le choix d’un système de référence [ qui sera par exemple défini par 
la suite orthogonale des 9i(<)]. 

20. Historiquement le développement de l’Analyse fonctionnelle a 
précédé de bien des années celui des théories concernant l’espace 
hilbertien. Ces dernières théories ont pris récemment un grand 
développement par suite de leur application à la physique des quanta. 
Mais divers Mémoires marquent un retour au point de vue initial. 
Nous citerons en particulier : une intéressante étude de Ilelsenberg 
et Pauli sur la dynamique des quanta [03]; les travaux de 
Conforte [12] qui étend à l’analyse fonctionnelle les théories de Ricci 
et le parallélisme de Lcvl-Civlta; les résultats obtenus par Fanlappié 
en ce qui concerne le calcul des matrices, résultats (pii découlent d(! 
sa théorie des fonctionnelles analytiques. 

Cette dernière théorie [27], que nous aurons à exposer dans iiii 
autre volume du présent Ouvrage, aboutit essentiellement à l’appli- 
cation de la notion de dérivée fonctionnelle dans une question où, 
a priori, il pouvait paraître difficile d’appliquer les méthodes mêmes 
du calcul fonctionnel et où pourtant elles s(^ sont révélées très 
fécondes. 

21. Les remarques précédentes n’impliquent point, bùm entendu, 
que l’on doive négliger les méthodes basées sur les fonctions à une* 
infinité dénombrable de variables : MM. Hilbert, Schmidt, Vitali et 
d’autres auteurs en ont tiré une ample moisson de beaux résultats. 
NotJS aurons d’ailleurs à faire place à ces méthodc's dans le présent 
Ouvrage. 

V. - ENSEMBLES ABSTHAIÏS ET ANALYSE GÉNÉBALE. 

22. Notons pour terminer qu’une théorie générale qui englobe non 
seulement les champs fonctionnels, mais les ensembles abstraits dont 
les éléments peuvent être de nature quelconque et non spécifiée, a 
été développée indépendamment par M. Fréchet et E. IL Moore ('), 


(') E. H. Mookb, [78]; PafeHET, [35]. 




LA NOTION DE FONCTIONNELLE. li 

dans une sth-io de mémoires qui donnent les bases d’une nouvelle 
théorie appelée Analyse générale. 

Le point de départ de M. Fréchet peut être résumé de la façon 
suivante : on ne peut limiter à l’avance le champ dans lequel doit 
être choisie la variable d’une fonctionnelle; il faut donc développer les 
démonstrations « sans faire entrer en ligne de compte la nature de la 
variable envisagée et en retenant les propriétés lopologiques de 
l’espace, du champ de variation ». E. H. Moore propose, de môme, 
d’extraire les notions plus abstraites communes à plusieurs théories 
et de les généraliser ainsi en abandonnant pour chacune les propriétés 
parliculières qui dépendent des éléments concrets qu’elle concerne. 
C’est la marche qu’a toujours suivie la pensée mathématique et, pour 
ne citer qu’un exemple, des principes analogues sont à l’origine du 
développement de la théorie des vecteurs. 

23. Bien qui* nous ne puissions, dans le présent Ouvrage, rester 
au point de vue de Y A nalyse générale, nous pensons qu’il.j a gros 
avantage à s’> placer au début. Aussi envisagerons-nous le cas 
iV ensembles abstraits dans ce paragraphe et au début du prochain 
Chapitre, en renvoyant h? lecteur, pour plus de détails, aux travaux 
<l(*s auteurs déjà cités, ainsi qu’à ceux de IJrvsohn, Alexandrol, 
I’. Lévy et beaucoup d’autn's. Nous signalerons tout particulièrement 
le réc<>nt Trait»'* de M. Fréchet ('). 

2i. Le concept di* fonctionnelle, ou d’opérateur fonctionnel, s’étend 
bien entendu sans difliculté à ces ensembles abstraits. Nous pourrons 
dire que C[A] est une. fonctionnelle uniforme dans un ensemble 
abstrait E si à tout élément A de E correspond un nombre bien 
déterminé U [A]. M. Fr<’*chet étend même ce concept à des relations 
entre deux éléments de nature quelconque. 

L’étude des propriétés d’un tel concept ne peut-être développée 
qu’en choisissant quelques propriétés imposées aux éléments de E. 
C’est ainsi que l^Cf. le Chapitre suivant) pour étudier la continuité et 
développer ensuite un calcul infinitésimal d(*s fonctionnelles géné- 
rales, il faudra transport»*!’ le concept de distance au champ abstrait 
et préciser les propriétés infinitésimales des ensembles d’éléments de 
ce champ. 


(*) [ 48 ], où l’on trouvera une bibliographie très eoniplète. 



CHAPITRE I. 


<4 

25. St, en particulier, étant donné un ensemble E, nous consi- 
dérons comme éléments d’un nouvel ensemble les ensembles partiels 
E|, Ea, . . E,i, . . . qui peuvent être extraits de E nous pourrons 
définir une fonction ensemble V[E„] et c’est là une généralisation 
du concept de fonction de ligne, puisqu’une ligne est un ensemble 
particulier extrait de l’espace dans lequel elle est placée. 

D’importance particulière sont les fonctions additives d’ensemble 
qui jouissent de la propriété suivante : E| et Ea étant deux ensembles 
sans éléments communs et 

Ë = E,-hEï 

l’ensemble formé par leur réunion, on a 
(7) V[Ë| = VfE,J-HV[E,J. 


26. Un premier exemple très simple de fonction addilive 
d’ensemble est donnée par l’accroissement 

V=/(^i) -/(<*) 


d’une fonction dans un intervalle (<,, fa), intervalle qui constitue un 
ensemble particulier des points du segment (a, b). Cette fonction 
d’ensemble sert à définir l’intégrale de Slieltjes ( ' ) 



quand la limite existe; les termes de la somme au second membre 
sont les produits de valeurs x,- comprises entre le maximum et le 
minimum de x{t) dans l’intervalle tr) par l’accroissement cor- 

respondant 


et la limite concerne le cas où l’amplitude maxima p des n inter- 
valles en lesquels est divisé le segment (a, b) tend vers zéro. 


27. Un autre exemple est donné par la mesure M(E) d’un ensemble 
de points d’un espace ordinaire, la propriété d’additivité exprimée 


(') Qf- par exemple P. Lévy, [75], (’.liap. III. Nous revenons sur cette notion 
page 56, 




LA NOTION DE FONCTIONNELLE. 


l5 

par (7) devant être remplie pour toute définition acceptable de la 
mesure. La mesure étant d’ailleurs définie élémentairement pour 
les figures simples (intervalle, rectangle, etc.), le problème général 
de la mesure est un cas particulier du suivant : prolonger, pour 
d’autres ensembles, une fonction addiiive connue pour des domaines 
élémentaires (' ). 

(') Le développement de telles questions nous entraînerait en dehors de notre 
sujet; le lecteur pourra se reporter au livre de M. de La Vallée Poussin [105]. 



CHAPITHE 11. 


CONTINUITI-: DKS FONCJIONNKLIJÎS BT QUESTIONS CONNEXES. 


I. - LIMITE ET DISTANCE DANS UN ESPACE ABSTRAIT. 

LA NOTION D’ENSEMBLE COMPACT. 

I. Espaces (if) de Fréchet. — Pour poursuivre i’clude des espaces 
abstraits il faut introduire tjuelques propriétés de leurs éléinenls. 
Dans la plupart des (jiiestions il est nécessaire, comme l’indique 
E. IL Moore, do postuler au moins l’opération qui fait passer d’un 
ensemble des éléments considérés à l’ensemble dérivé. 

Suivant, dans ces questions, les idées de M. Fréchct ('), nous 
admettrons d’abord que l’on ait choisi, dans l’ensemble (ou espace) 
abstrait considéré, qui sera désij^né par(ê), um» définition de la con- 
vergence d’une suite jouissant des propriétés suivantes : 

a. Si une suite A,, A.j, ... formée d’éléments de (<ê) converge 
vers B, toute suite qui en est e.xtraite converge aussi vers B; 

h. Une suite dont tous les termes sont identiques, A. A, . . . , con- 
verge vers A. 

Un espace abstrait pour lequel on peut définir la convergence d’une 
suite d’éléments eu respectant ces deux propriétés est dit, suivant 
M. Fréchet, espace (if). Il convient de remarquer que, bien souvent, 
une définition de la convergence respectant les conditions (a) et (/.;) 
est imposée par la nature d(*s questions étudiées. 

Espace distanciable. — Un cas |)lus particulier, mais fort impor- 
tant, est celui d’un espace (if) pour lequel la notion de convergence 


(*) Pour tout re paraj^raplie, c/. Fhi'chet, | .‘îo ]. 




CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 17 

d’uiie suite peut être reliée à une définition de la distance de deux 
éléments de l’ensemble. 

11 est naturel d’imposer à une telle distance les conditions sui- 
vantes : 

1 " La distance <le deux éléments quelconques A et B est un nombre 

(A. B) = (B, A)^(>. 


La distance (A, B) n’est nulle que si les éléments A et B coïn- 
ci«lent. 

3" Qu(‘ls que soient les éléments A, B, C, on a 

(A, B)^( A, B). 


Dans tout enseinhU' abstrait (d’)on peut définir une distance véri- 
fiant I<‘s conditions (i), (a), (.3) ('), mais, s’il s’agit d’un espace {C), 
on possède déjà une définition de la convergence d’une suite et, pour 
présenter quelque utilité, la distance doit vérifier la quatiièine condi- 
tion suivante : 

4" Pour que A soit la limite d’une sniti' A| , A.>. . . . , A„. . . . , il est 
néc<‘ssaire et suffisant que la distance (A. A„) tende vers zéro avec " 

Lorsqu’un espace (/,”) est capable d’une définition de la distance 
satisfaisant aux conditions 1 à 4 nous dirons q»ie c’est un espace (Cî)) 
on un espace distanciable. 11 faut envisager un espace dislanciable 
pour généraliser, le plus complètement, les propriétés des ensembles 
<le points et des fonctions de point. 

3. Exemple d’espace (i^^) qui n’est pas distanciable. — Un espace (iS) 
quelconque sera-t-il nécessairement distanciable? La réponse à cette 
question est négative et il est facile de le voir par des exemples. 

Soit l’ensemble de tontes les fonctions x{t) (a<t<b) et adoptons 
pour la convergence d’une suite de telles fonctions vers la fonction 
limite cc{t) la définition usuelle (convergence en chaque point t con- 
sidéré individuellement). On vérifie qu’il est impossible de relier cette 
notion de convergence à une distance possédant les propriétés pré- 


(') Kii pi-uiiant. par exemple (A, B) r- i, sauf si A el B sont identiques, et 
(A, K) - O. 


VOl.TKHRA 


2 




CHAPITRE U. 


i8 

cisées. M. Fréchet, à qui est dû ce résultat (’), ludique aussi que 
c’est pour cela que, dans la théorie des fonctions, la convergence 
ordinaire est souvent peu maniable et que l’on se trouve amené, dans 
bien des cas, à renforcer la convergence en introduisant par exemple 
une condition de convergence uniforme. 

4. Espace complet. — Soit {&) un espace abstrait distanclable. 
On pourrait être tenté d’énoncer un critère de convergence analogue 
au critère classique de Cauchy : pour la convergence d’une suite 
d’éléments de (ê) A,, A.j, . . . , A„, . . . , il est nécessaire et suffisant 
que la distance de deux éléments quelconques de la suite soit arbi- 
trairement petite quand leurs rangs sont assez élevés. 

Ce n’est pas toujours vrai : la condition posée est bien nécessaim ^ 
mais elle n’est pas toujours suffisante^ comme on le voit immédiate- 
ment en envisageant l’ensemble d(!S nombres rationnels, avec la défi- 
nition habituelle de la distance. 

Lorsque le critère de Cauchy est applicable, l’espace {&) sera dit 
complet. Dans le cas contraire il peut arriver que (ê) puisse être 
rendu complet par un changement de la définition de la distance, ou 
encore par l’adjonction d’éléments nouveaux (éléments impropres) : 
le lecteur le concevra sans peine d’après l’exemple des nombres 
rationnels. 

3. Les notions précédentes étant acquises, les principales propriétés 
des ensembles de points se généralisent sans peine. 

Voici un exemple : les éléments limites d’un ensemble E (‘x trait de 
l’ensemble distanclable sont ceux qui peuvent être obtenus 

comme limite de suites infinies d’éléments distincts appartenant à E. 
11 forment un nouvel ensemble E' {premier dérivé de E). Un ensembh^ 
qui contient son premier dérivé est dit fermé. On reconnaît immé- 
diatement que Vensemble E', dérivé de E, est fermé. 


(^) Fréchet, [35]. La démonstration est assez simple pour pouvoir être reproduite 
ici. Si Tespace considéré était distanclable, tout ensemble dérivé d’un ensemble de 
ses éléments serait fermé (c/., infra, n®5). Or il est facile de voir qu’il n’en est pas 
toujours ainsi. Prenons pour ensemble celui des fonctions continues; l’ensemble 
dérivé E' est formé par les fonctions de classes zéro et i de Baire [8] et il y a des 
fonctions de classe 2 , c’est-à-dire qui appartiennent à l’ensemble dérivé de K' sans 
faire partie de E’. 




19 


CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 

t>. Ensemble compact. — Les ensembles bornés de points de 
l’espace ordinaire jouent un rôle important dans la théorie des fonc- 
tions et ils Interviennent par la propriété suivante : n'importe quel 
sous ensemble infini d'un ensemble borné admet au moins un 
élément limite. 

M. Fréchet a justement souligné l’intérêt de cette propriété dans le 
cas des ensembles abstraits. Il nomme ensemble compact tout 
ensemble d’éléments d’un espace (/?) qui : ou bien ne contient qu’un 
nombre fini d’éléments, ou bien, s’il en contient une infinité, est tel 
(|ue tout sous-ensembl(! infini que l’on en extrait admette au moins 
un élément limite. 

7. Nous verrons le concept iVensemble compact intervenir, au 
paragraphe suivant, dans l’étuch* <le la continuité des fonctionnelles 
eide leurs maximum et minimum, la* même concept joue aussi un 
rôle essentiel dans d’autres questions : il faut rappeler au moins que 
l’on peut y relier la notion de famille normale de fonctions (une 
famille de fonctions est dite normale dans un domaine si, de toute 
suite infinie de fonctions de la famille, on peut extraire une suite par- 
li(^lle convergeant uniformément dans le domaine); on sait que. grâce 
principahîinenl aux travaux de M. I*. Monlel, la notion de famille 
normale a trouvé d’importantes applications à la Théorie des fonctions 
analytiqu«*s. 

8. Exemples d’ensembles compacts. — Dans le cas d’un ensemble 
de points de l’espace ordinaire il y a identité entre les notions 
d' ensemble compact et d' ensemble borné. Dans le cas d’ensembles 
<le fonctions et en général d’ensembles abstraits, il convient d’avoir 
des critères permettant d’affirmer que l<‘l ensemble est ou non com- 
pact. Nous envisagerons quelques exemples : 

a. Espace de fonctions holomorphes de Fréchet. — 11 est cons- 
titué par toutes les fonctions qui sont holomorphes à l’intérieur d’une 
même aire fixe A du plan complexe, (*n convenant de dire qu’une 
suite de telles fonctions fn{^) converge vers une limite f{z) quand 
fn{z) converge vers f{z) uniformément dans toute aire intérieure 
à A. M. Fréchet établit [3S] que l’espace ainsi défini est dislan- 
ciable et complet. Il démontre do plus que : pour qu’un ensemble 
extrait de {3C) soit compact, il faut et il suffit que les fonctions de cet 



CHAPITRE 11. 


•iO 

ensemble soient également bornées (') dans toute aire intérieure à A. 

b. fonctions également continues (Ascoli et Arzelà). — Les 
résultats de Ascoli, puis de Arzelà ('-*) (lequel avait pour but l’étude 
des maxima et des mininia d’une fonctionnelle) ont été obtenus avant 
qu’ait été introduite la notion d’ensemble compact. Ils impliquent en 
particulier l’énoncé suivant : 

Plaçons-nous dans l’espace ((?) des fonctions continues x{t) 
{a"^t<b) en prenant pour définition de la convergence la conver- 
gence uniforme. Pour qu'un ensemble de fonctions de (< 5 ) soit 
compact.! il est nécessaire et suffisant que ces fonctions soient éga- 
lement bornées et également continues. 

Vu l’importance de ce résultat nous en esquisserons la démonstra- 
tion. 

Rappelons tout d’abord que des Fonctions xft) formuiit un 
ensemble E sont dites également continues si à tout nombre 
positif £ on peut faire correspondre un nombre positif a tel que. 
tu et ^2 étant arbitraires et vérifiant 

1 l\ — /•« i < a, 

on ait 

î. 

quelle que soit la fonction x{t) de l'ensemble Iv 

Ceci posé ^érifions que les conditions posées sont suffisantes. Pre- 
nons pour cela une suite dénombrable de valeur de / 

(i) /i, t>, ..., ... 

denses dans tout intervalle du segment (a, b) [par exemple les \aleurs 
obtenues en divisant (a, b) en 2. 2-, 2', . . . parties égales]. Si 
l’ensemble E des fonctions considérées n’est pas formé d’un nombre 
fini d’éléments, on pourra, de tout sous-ensemble infini, extraire une 
suite 

..., x\y(t), ... 

convergente pour t~t^ [ceci parce ({ue les valeurs x{t^) sont 


(‘) C’esl-à-dire bornées dans leur ensemble. 

(-) Bibliographie [7], [ 1 |, [2]. Il convient de noter que Ascoli n’avait pas Tidée 
de fonctionnelle et ne considère que des ensembles de lignes dont il étudie la 
limite. Arzelà^ dont les travaux sont notablement plus récents, applique au con- 
traire le concept de fonctionnelle. Le but de ses travaux était la justification du 
principe de Dirichlet et il a précédé Hilbert dans cette voie (cf. Cdiap, V, n* 'i). 




CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES, ai 

bornées]. Puis, on tirera de celte suite une autre suite qui converge 
aussi pour t — t-2 et ainsi de suite. On parviendra enfin à une suite 

... 

convergente pour t =: t = . . ., t = La succession 

oc'.^Kt), ..., ••• 

esljévideminentconvergentepour l’infini lé dénombrable des valeurs (i). 

Or, t étant quelconque, on a 

(2 ) 1 t ) ~ x'IJ* ( n K 1 ( h ) - h ) I 

H- I X,[‘ ( t) ~ x'//' ) — X%> (/,)!, 

quantité arbitrairement petite, quel que soit f, si m et n sont choisis 
assez grands : on prendra on effet <,• tel que 

ce qui peut se faire, quel que soit /, en utilisant seulement un nombre 
fini des ; puis on prendra ni et n assez grand pour que 

pour chacun des /, en ([ueslion; d’après l’égale conlinuilé le second 
membre de ( 2 ) est inférieur à 3c arbitrairement pelil, 

La suite converge^ donc uniformément \ers une fonction 

continue ^{l) et les conditions précitées sont bien suffisantes. On 
vérifiera aisénumt ipi’elles sont de même nécessaires, 

9, Extension du théorème de Borel-Lebesgne, — On sait le rôle* 
essentiel que joue, en Théorie des fonctions, le théorème de Borel- 
Lebesgue, dont l’énoncé est le suivant : 

Soit, .sur un segment Jini, une injinitè d’intervalles tels que 
tout point du segment soit intérieur à l’un au moins d’entre eux. 
On peut remplacer ces intervalles par quelques-uns d’entre eux, en 
nombre limité, jouissant de la même propriété, 

M. Fréchel a montré [44] qu’on peut généraliser ce théorème en se 
plaçant dans un espace abstrait distanciable et en remplaçant le 
segment par un ensemble E compact et fermé. L’énoncé devient : 

S’il existe une famille ïï* d’ensembles I, formés d’éléments de 



22 


CHAPITRE 11. 


V espace considère^ telle que tout élément de ^ soit intérieur à V un 
au moins des I, on peut extraire de S* une famille jouissant 
de la même propriété et formée par des ensembles I en nombre fini. 

Justifions ce résultat, que nous aurons l’occasion d’utiliser. Il faut 
d’abord préciser le sens du mot intérieur : suivant M. Fréchet, un 
élément de E sera dit intérieur à I s’il appartient à I et ne peut pas 
être obtenu comme limite d’éléments n’appartenant pas à I. 

La démonstration repose alors sur les deux lemmes suivants : 

«. Si un élément A intérieur à I est limite d'une suite A,, 
Aa, . . . , A„, . . . , les An sont intérieurs àV à partir d'un certain 
rang. 

Sinon en effet il y aurait une infinité de valeurs de n tel que A„ soit 
limite d’une suite A'*', A*,f’, . . . d’éléments qui n’appartiennent pas 
à I. Mais l’ensemble dérivé de l’ensemble des A'f’ est fermé (n" 5 ), 
A appartient donc à cet ensemble, ce qui contredit l’hypothèse : A inté- 
rieur à I. 

[ 3 . L'ensemble E étant compact, on peut, pour toute valeur du 
nombre positif e, former des ensembles K, , Ka, . . . , K, y, en nombre 
fini, tels que la distance entre deux éléments quelconques de K,- 
soit inférieure ht et tels que tout élément de^soit intérieur à V un 
au moins des K;. 

Prenons pour cela rj tel que les conditions (A, C)><ï 3 et (G, B)>< rj 
entraînent (A, B) •< e, puis prenons un nombre w <; tq. A, étant un 
élément de E choisissons, s’il en existe, un autre élément Aa de E tel 
que (A,, Aa) dépasse w, puis un élément A3 tel que les distances 
(A,, A3) et (A3, A3) dépassent w et ainsi de suite. Nous formons 
ainsi une suite A,, Aa, . . . d’éléments dont les distances mutuelles 
dépassent co. Or cette suite est forcément limitée car, dans le cas 
contraire, on pourrait, l’ensemble E étant compact, en extraire une 
suite A',; convergente et l’on aurait alors (A'- , A)) inférieur à w pour i 
et / assez grands ( ' ). 

Au moyen des Aj on formera les ensembles K, en prenant, pour K,, 


(*) Notons en passant le résultat suivant (Frérhet) : dans un espace distanciable 
complet il est nécessaire et suffisant, pour qu’un ensemble E soit compact, que, 
quel que soit w, tout ensemble formé de points de E dont les distances mu- 
tuelles sont supérieures à o) ne puisse contenir qu’un nombre fini de points. 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 2 3 

tous les éléments C de l’espace pour lesquels (A,-, G) < y}. Tout élé- 
ment B de E sera intérieur à l’un des Kj, si w a été choisi assez petit 
pour que des conditions (A,-, B)-<c«) et (BB')<;w entraînent 
{A/,B')<y). 

Pour établir enfin le théorème, prenons $ = ^ et formons pour cette 
valeur de e les ensembles K,, Kq, . . - , K.^. Si le théorème est en 
défaut, il sera également en défaut pour la partie de E qui appartient 
à l’un des ensembles K, lequel sera désigné par T^. Désignons par A^ 
l’un des éléments de E qui appartiennent à T,,, p prenant toutes les 
valeurs entières nous aurons une suite d’éléments Ap dont nous pour- 
rons extraire une suite partielle A'- convergente vers un élément A 
de E (ensemble compact et fermé). A est intérieur à l’un des 1, 
soit lo. Désignons d’ailleurs par T'- l’ensemble Tp qui correspond 
à A'-. Si l’on constate que, pour i assez grand, T'- a tous ses éléments 
intérieurs à lo il y aura contradiction avec le fait que le théorème 
doit être en défaut pour la partie de E appartenant à T'- et la démons- 
tration sera achevée. Mais, dans le cas contraire, on pourrait trouver 
une infinité de valeurs de i telles que, dans chaque T'-, il y ait un 
élément Ci non intérieur à lo. Or ( A' , A) et (A' , G/) tendent vers zéro ; 
la suite des G/ tendrait donc vers A ce qui contredit l’hypothèse : A 
intérieur à lo {lemme a). 

II. - CONTINUITÉ ET SEMI-CONTINUITÉ 
D’UNE FONCTIONNELLE. 

10. Soit une fonctionnelle Ü[A] définie dans un espace abstrait d» 
qui soit un espace (X?). Elle sera dite continue pour l’élément A si 
l’on a 

lim Uf A„] = U1 A) 

/I = » 

toutes les fois que la suite des éléments A„ de & donne 

Uni A„ = A. 

00 

Si l’espace abstrait est distanciable la continuité en A s’exprimera 
par les inégalités habituelles : à tout nombre e arbitrairement petit 
on pourra associer un nombre rj tel que 


<3) 


1U[A']-U[A]|<e 



soit entraînée par 

(4) 


CHAPITRE II. 


i A, A'X Ti. 

11. La notion de continuité uniforme s’étend de même. Si la pré- 
cédente (4) entraîne (3) quels que soient A et A' dans un certain 
champ, il j aura continuité uniforme dans ce champ. 

Seulement une fonctionnelle continue pour tout élément d’un 
champ n’est pas forcément uniformément continue dans ce champ 
et c’est là une différence importante avec le cas des fonctions d’un 
nombre fini de variables. Mais M. Fréchel a montré qu’il y a bien 
continuité uniforme si le champ de définition de U [A] est un 
ensenible E compact et fermé : dans ce cas la continuité pour tout 
élément de E entraîne la continuité uniforme dans E. 

12. Indiquons rapidement la démonstration, tout à fait analogue à 
celle que l’on donne pour les fonctions ordinaires. Si la fonction- 
nelle U[A], continue en chaque élément de son champ de défini- 
tion E (qui est supposé compact et fermé) n’était pas uniformément 
continue, il existerait un nombre positif a tel que. n étant arbitrai- 
rement petit, on ait dans E des couples A' A" dont la distance est 
moindre que yj et qui donnent 

(5) I UfA'|-lJ|.V||^a. 

l’renons une infinité de valeurs do tendant vers zéro et, pour 
chacune, un couple d’éléments A' A". Puisque E est compact et fermé, 
il existerait un élément Ao qui soit un élément limite de l’ensemble 
des A! A" ainsi choisis; mais l’inégalité (5) contredirait alors la conti- 
nuité en A„, ce qui justifie l’énoncé. 

13. Remarquons que la définition de la continuité d’une fonclion- 
nelle dépend de la définition de la limite d’une suite contenue dans 
l’ensemble E ou encore de la convention adoptée pour mesurer la dis- 
tance (A, B) de deux éléments. Par un changement de cette conven- 
tion une fonctionnelle peut donc cesser d’être continue, ou vice-versa. 
On en verra un exemple plus loin (§ III, n"* 18-20). 

14. Extremum d’une fonctionnelle. — Beaucoup de théorèmes qui 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. >.5 

valent pour les fonctions de variables réelles peuvent être étendus à 
des fonctionnelles définies dans un espace abstrait. 

Soit, par exemple, le théorème bien connu, dù à Weierstrass, et 
qui peut s’énoncer ainsi : une fonction d'une variable, définie pour 
un ensemble fermé et borné e de valeurs de cette variable et con- 
tinue sur cette ensemble, jouit des propriétés suivantes : i” elle est 
bornée sur e; 2*’ elle prend au moins une fois sur e une valeur 
égale à sa limite supérieure (maximum) et une valeur égale à sa 
limite inférieure (minimum). Ce ihéoréinc se généralise iiiimédia- 
lement aux fonctions de plusieurs variables. 

Pour avoir le résultat analogue du calcul fonctionnel, il faut bien 
entendu utiliser encore la notion d’ensemble compact. M. Fréchet a 
établi le théorème suivant 

Toute fonctionnelle U [A] uniforme et continue dans un 
ensemble fermé et compact E : i"ca'^ limitée sur E; 2" prend les 
valeurs de ses limites supérieure et inférieure au moins une fois 
dans E ( ' ). 

La démonstration calque exactement celle de Weierstrass. Si la 
fonctionnelle n’était pas limitée il y aurait une suite d'éléments de E 
pour lesquels U prendrait d(‘s valeurs croissantes à l’infini. Cette 
suite aurait au moins un élément limite An appartenant à E et pour 
le(|uel U ne saurait être continue. Soit d’autre part M la limite supé- 
rieure (ou inférieure) de la fonctionnelle. Si celle limite n’élail pas 
eflectivement atteinte en un élément de E, on pourrait trouver une 
suite d’éléments pour lesquels les valeurs de tendent vers M : mais 
alors, d’après la continuité, la valeur de U en un point limite de celle 
suite serait effectivement M. 

lo. Nous avons déjà fait allusion (page 2) au Calcul des varia- 
tions et nous y reviendrons ultérieurement. Le Calcul des variations 
concerne l’exlrémum de fonctionnelles particulières de sorte qu’il 
peut apparaître comme un Chapitre particulier du Calcul fonctionnel 
ayant peut être ses méthodes propres, mais où il y a aussi grand 
intérêt à utiliser les théories générales sur les fonctionnelles : dans 


(') On trouvera aussi un réei|>ru<|ue de ce lliéorèine dans le Mémoire de 
M. Fréol.et, (Sôl. 




i6 


CHAPITRE 11. 


son beau Traité de Calcul des variations, M. Hadamard a justement 
insisté sur ce dernier point (^) qui a élé développé par M. Tonelli. 

On pourrait donc croire à première vue qu’un théorème tel que 
celui que nous avons établi au n“ 14 doit dominer le calcul des varia- 
tions. Il n’en est pas tout à fait ainsi parce que la condition de con- 
tinuité imposée à la fonctionnelle U[A] est trop restrictive : les 
fonctionnelles les plus importantes au point de vue du Calcul des 
variations ne sont pas continues^ mais présentent seulement la semi- 
continuité supérieure ou inférieure. 

Cette notion de semi-continuité, introduite par Baire pour les 
fonctions ordinaires a été étendue par M. Tonelli aux fonctionnelles (■^). 
Elle joue un rôle primordial. 

16. Semi-continuité. — Reprenons la fonctionnelle U[A]; elle sera 
dite semi-continue inférieurement {supérieurement) pour l’élé- 
ment A St, étant donnée une quantité arbitraire positive e, on 
peut lui associer a telle que l’inégalité 

( A, A') < a 

entraîne 

U[A']> U[AJ-e, (U[A'1< Ul A]+ 

11 est clair qu’une fonctionnelle qui est semi-continue à la fois supé- 
rieurement et inférieurement est continue au sens ordinaire [avec une 
définition donnée de la distance (A, A')]. Ceci posé le théorème du 
n® 14 s’étend aux fonctionnelles semi-continues et l’on a les résultats 
suivants, dont la démonstration est d’ailleurs très simple : 

a. Si la fonctionnelle Ü[A], définie dans un ensemble E de valeurs 
de A, y prend une valeur maximum (absolu) ou minimum (absolu), il 
y a semi-continuité supérieure ou inférieure pour la valeur corres- 
pondante de A. 

b. Si la fonctionnelle U[A]est semi-continue supérieurement dans 
l’ensemble E compact et fermé : i" elle est bornée supérieurement 
dans E; 2 ® elle atteint son maximum en au moins un élément de E. 

c. Enoncé analogue à b pour la semi-continuité inférieure et le 
minimum de Ü[A]. 


(') Cf . Hadamard, [61 ]. 
(=) Tonelli, [99], [100]. 




CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 




IH. - LE CAS DU CALCUL FONCTIONNEL; 
DISTANCES ET CONTINUITÉS ÉLÉMENTAIRES. 

17. Nous supposerons luainlenanl que l’ensemble E soit celui des 
fondions définies dans l’intervalle {a, b). Étant donné deux telles 

fonctions æ^it) nous pourrons définir leur distance comme 

égale au maximum du module de'Xi(f) — quand a'^t^b. Les 

conditions posées au n" 2 sont évidemment satisfaites, une suite de 
fonction xi^t) ne devant être dite convergente que s’il y a conver- 
gence uniforme pour a</^b. 

La définition précédente de la distance est la plus immédiate et la 
plus commode lorsqu’il s'agit d’étudier des fonctionnelles définies 
dans un ensemble de fonctions continues, ou même seulement 
bornées. C’est elle que M. Volterra a utilisée dès le début de ses 
recherches. Nous dirons qu'elle donne la distance élémentaire 
{^d’ordre zéro) des d<Mix fonctions considérées. Il est utih* d’intro- 
duire cette dénomination parce que, comme nous le verrons, d’autres 
définitions de la distance fonctionnelle sont possibles. 

La fonctionnelle 

définie pour tout ou partie du champ E et continue avec la définition 
précédente de la distance sera dite posséder la continuité élémen- 
taire (^d'ordre zéro) ('). 

18. Soit, par exemple. 

F|^^.r(nj = jf f\t. 


(‘) Dans plusieurs traites cette continuité est dite continuité liée au voisinage 
uniforme : le mot uniforme rappelle seulement qu’une suite des fonctions .r„( /) 
doit être considérée comme a>ant une limite x(t) (tue s’il y a convergence uniforme. 
Mais celle dénomination peut entraîner confusion avec la continuité uniforme de 
la fonctionnelle. On pourrait employer la désignation de continuité absolue qui 
ne présenterait pas le même défaut. Comme pourtant il y a une notion, toute diffé- 
rente, d'absolue continuité {Cf- Chap. V, ir’G), nous préférons la dénomination du 
texte. 

Il faut préciser distance ou continuité élémentaire d'ordre zéro^ parce que, comme 
on le verra, on doit introduire les notions analogues pour un ordre entier quelconque. 



28 


CHAPITRE II. 


fonclionacUe qui a im sens si les fonctions / cl x sont continues par 
rapport aux variables qui y figurent; elle a alors la continuité élémen- 
taire d’ordre zéro. 

Au contraire, soit 

i)j =îîm.r'(n ( ' ) 



qui a lia sens dans le champ des fondions dérivables. Elle n\;sl 
évidemment pas conllnm» an sons qui vient d’étrc précisé. Primons, 
en elfet 

1 ( O — ^ ? 

X / ) = A -f- Ê Slll — — 9 


nous aurons 


I .>6*1 ■ 


X* 


d’où, avec la définition précédentir de la distance 

lim .r.i( t ) — X\{ t 


Or 


d’où 


.C\ — 

, i-t 

,r.,( t ) — cos » 


(;|.r,(<)| = O, 

G| /)! = 


ce qui montre bien qu’il n’y a pas continuité élémentaire d’ordre zéro. 


19. Avec la définition précédente de la distance, d(Mix fond ions, /•, (/), 
doivent être considérées comme très voisiiuîs si leur jdifi’énïnce 
reste en valeur absolue très p(!tiu; quel que soit t. On peut définir b» 
voisinage {élémentaire) d’ordre zéro, correspondant au nombre 
positif e, d’une fonction donnée Xx{t) comme l’ensemble des fonc- 
tions x{t) appartenant au champ fonctionnel considéré telles que 

I x( ! ) — x^{ t) \ 

qmd que soit t{a‘^l‘^b). 

Cette notion de voisinage jom* un rôb; (‘U Calcul des variations ( - ) 
ainsi que d’autres types de voisinage, faisant intervenir non seulement 


(*) liin désignant la plus grande des limites. 
(2) IIadamard, [61], p. ^0- 




CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. H) 

la (lilléroiict! x{t) — mais aussi les dérivées successives de celte 

dill’érence. 

20. Bornons-nous à des fonctions j;(t) définies, ainsi que leur 
dérivée première^ dans l’intervalle (a, b). Nous pourrons convenir 
que deux fonctions de ce genre siéront Irès voisines lorsque seront 
très voisines, non seulement leurs valeurs pour un même t d’ailleurs 
(juelconqmï, mais encore les valeurs correspondantes des dérivées. 

Nous arrivons ainsi à la notion de voisinage {élémentaire) du 
premier ordre, défini par les inégalités 

I .r ( / ) — .*• I C < ) ! ; s , I x' ( / ) — ./-’i ( / ) I < c i a ). 

aiupud cori’espond une nouvelle définition de la distance fonction- 
nelle de deux fondions .e, (/ ),æ.‘j(/). Ce sera la distance élémentaire 
du premier ordre, égale au maximum de 

1 .r,( n — ./-id) i et I ./•',(/) — ! (e'^f^b). 

La continuité corres|)ondant<* sera dite continuité élémentaire 
du premier ordre. 

La fonctionnelle précédent** (i qui n’avait pas la continuité élé- 
mentaire (l’ordre zén* admet la continuité du pn'inier ordre. 

21. Plus générah'inenl considérons comiiu* très voisim‘s deux fonc- 
tions qui difi'ên'nl très peu «*n tout point de l’inlersalle {a, h) ainsi 
qui* leurs dérivées d’ordre i . a, . . ., />. Nous serons conduits à de nou- 
velles définitions du \oisinage (voisinage* élémentaire d’ordre p). delà 
distance (la distance élémentaire d’ordre p sera égale au maximum, 
dans {a, h) d<*s expressions 

' ./’i ( / ) — ./• ■( / )'. ! ( n — .rije / 1 ' ]./■/'(/) — d ). 

La continuité correspondante sera dite* continuité élémentaire 
d’ordre p. 

Les diverses continuités éleMuentairos, d’ordres o. i. ■>. p. sont 

évidi'mmi'ut de plus en plus restrictives. 

22. L’introduction di* la continuité éléiiu'utaire permet de pré- 
ciser, comme l’a r(*marqué Gateaux ('), le passage signalé au début 
(( jliap. 1, lÿ I) des fonctions de n variables aux fonctionnelles. 

( ' ) (Iatk.m X, I •'■>7 J. 




3o 


CHAPITRE II. 


Soit en effet une fonctionnelle 


définie dans le champ des fonctions bornées et continues (o 

et continue élémentaire d’ordre zéro dans ce champ. 
Remplaçons /(<) par une fonction ri(t) telle que 

= pour<=^ (A = i, 2, 


et qui varie linéairement pour 

i\<t<!L±l 

/i ^ n 


(/( = 1 , 2 , 


n —i) 


{n ôtant un entier positif). h'[To(Oj fonction ordinaire des n 

variables y ,,r 2 , 

P'hCOl y-i, ■ 

fn étant évidemment continue par rapport aux variables y., . . 
Puisque j'(<) est fonction continue de t on a 

liin ■o(<) =y( t) 

H — X 

et, du moment que la fonctionnelle a la continuité élémentaire d’ordre 
zéro, il vient 


La convergence est uniforme dans tout ensemble compact de fonc- 
tions continues. 

Donc : les fonctionnelles ayant la continuité élémentaire 
d'ordre zéro s'expriment comme limites de fonctions continues 
de n variables lorsque le nombre de ces variables augmente indé- 
finiment. 


IV. -- L’ESPACE DES FONCTIONS MESURABLES. 
DIGRESSION SUR L’INTÉGRALE DE LEBESGUE. 


23. Nous aurons à étudier dans la suite un autre mode de conti- 
nuité des fonctionnelles, également très important : la continuité en 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 3t 

moyenne. Celle nolion repose sur une définilion de la dislance 
disltncle de celles du paragraphe 111 el qui ne prend loulc sa valeur 
que par l’emploi de l’inlégrale de Lebesgue. L’inlégrale en queslion 
esl d’ailleurs mile dans de nombreuses queslions d’Analyse fonc- 
lionnelle. Nous en reprendrons donc ici la ihéorie en nous plaçanl à 
un poinl de vue qui ne nous (^carle pas de l’objel du présenl ouvrage : 
l’ëlude des diverses dëfînilions de l’inlégrale esl Télude des champs 
fonclionnels dans lesquels on peul définir la fonclionnelle 

t) dt. 

En parlant d’un champ fonctionnel très simple, quelques propriétés 
iminédiales conduisent à un prolongement qui donne, très nalurel- 
leinent. l’inlégrale de Lebesgue ( ' ). 



24. Soit l’intervalle («, h) divisé en un nombre fini d’intervalles 
partiels, d’ailleurs quelconques el soit une fonction x{l) constante 
dans chacun de ces intervalles; nous dirons que c’est une fonction 
simple. Il n’y a aucune difficulté à définir, comme somme de rec- 
tangles, l’intégrale 

I = f ./•( ()dt. 


La fonclionnelle I est donc définie, de façon immédiate, dans le 
champ des fonctions simples. 

Pour étendre sa définition il faut d’abord se rendre compte du 
mode de continuité de l dans le champ précédent. Or on voit de suite 
que deux intégrales peuvent être très voisines sans que les fonctions 
correspondantes soient partout très voisines : Xt{t) et x.,{f) étant 
deux fonctions simples, on a en ell’el 


II - I. 


HX' 




-f' 


Xî(t) dt 


g/e -H MI, 


en désignant par l l’étendue totale des intervalles dans lesquels 
\xi — ar-j I <[ £, en prenant L = 6 — a — / el nommant H le maximum 
de I Xi I -1- I iPj I* Le second membre esl très petit avec s et L. 


(') La méthode donnée ici pavM. Pérès s’inspire très directement de celle «le 
Fr. Ries* [93]. 




CHAPITRE il. 


3î 

25. La convergence en mesure. — Rappelons ici qo’un 
ensemble E de points du segment (o, b) est dit avoir une mesure 
inférieure à yj si l’on peut enfermer ses points dans des intervalles en 
nombre fini ou dénombrable et dont la somme des longueurs est 
inférieure à n. L’ensemble E sera dit de mesure nulle si les intervalles 
précédents peuvent être choisis de façon que la somme de leurs lon- 
gueurs soit arbitrairement petite. 

Introduisons enfin la notion de convergence en mesure (*) : une 
suite de fonctions définies dans l’inlervalle {a. h) 

(6) ocx{t}, x„(0. ••• 

est dite converger en mesure dans cet intervalle vers la fonction 
si, £ et y) étant choisis arbitrairement petits, on peut leur associer N 
tel que, pour n > N on ail 

1 ./•«( /) — \ ( / ) I < î, 

sauf sur un ensemble En, \ariable avec n mais dont la mesure reste, 
quel que soit « > N, inférieure à 

X(<) sera dite limite en mesure de la suite (6). 

Il est clair que l’on peut modifier X(<) d’une façon quelconque sur 
un ensemble de mesure nulle sans modifier sa propriété d’être limite 
en mesure de (6). Inversement d’ailleurs, si deuï fonctions X(<), 
X'(<) sont limites en mesure de la même suite (6), elles ne peuvent 
différer que sur un ensemble de mesure nulle. 

Soit en effet E l’ensemble des points où X(/) et X'(<) sont diffé- 
rentes et E(£) l’ensemble des points où |X — X'|>e. Prenons une 
suite de valeurs e<, Sj, . . . , Sp, ..., tendant vers zéro. Tous les 
points E se relroiivenl dans l’ensemble formé par les points di* 

E(si), E(3,), Eiîpi, 

Or, d’après la convergence en mesure, l’inégalité 

OÙ l’on prend n assez grand, prouve que | X' — Xj est inférieur à Zp 
sauf sur un ensemble dont les points peuvent être enfermés dans une 


(».) Cf. Fhkciiëï, [47], 




33 


CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 

infînité dénombrable d’intervalles dont la somme des longueurs rj;, est 
arbitrairement petite. Prenant la série tJi 4- ïJaH-. . . + rï, . 
convergente et de somme arbitrairement petite, on voit que la même 
propriété appartient à E. 

En résumé la limite en mesure X(<) n^est définie qu'en faisant 
abstraction des valeurs sur un ensemble, d’ailleurs quelconque, 
de rhesure nulle. Mais nous allons voir que V intégrale corres- 
pondante est bien définie. 


Intégrale d’ime fonction bornée. — Soit une suite Ae fonctions 
simples x,(t), j:.2{t), . . . , Xn{t), ... bornées en module dans leur 
ensemble par un nombre H et qui converge en mesure vers X(<). La 
fonction X(<) peut évidemment être prise bornée en module par le 
nombre H. 


La suite des intégrales 1 .in(t) dt est convergente. 

•J n 

Prenons. en effet m et n tous deux supérieurs à N ; on peut affirmer 
que 


i — J’m i < 1 — X I -e 1 .r 


X 


sauf sur un ensemble E' appartenant à l’ensemble E„i-|- £« et dont la 
mesure est donc inférieure à av/. Mais, d’après la nature simple 
de x,x et x,n, les points de E' forment un nombre fini d’intervalles 
dont la longueur sera moindre do arj. 

Donc 



.r 


m 


Mit 


•i{b — (/ ) ï -4- { T, Il 


arbitrairement petite avec ^ > puisqu'il en est ainsi de i etyj. 

Il est naturel, dans ces conditions, de poser par définition 



sous réserve de vérifier que : 

a. Si X(Z) est une fonction simple, la définition précédente n’est 
pas contradictoire: 

b. La limite au second membre ne dépend pas de la suite Xn{t) 
considérée, pourvu qu’elle converge en mesure vers la même X(^). 


VOLTKRRA 


3 



34 


CHAPITRE U. 


Or le premier point est évident en reprenant, pour et X, le rai- 
sonnement qui vient d’être fait pour x,n et Pour établir h on rai- 
sonnera de même sur Xm et y,, \^yn{t) appartenant à la seconde suite 
qui converge en mesure vers X(<)]. 


27. La fonctionnelle intégrale définie est ainsi déterminée dans 
le champ (i?) des fonctions bornées qui peuvent être obtenues comme 
limite en mesure de suite de fonctions simples. 

Le champ {(S) est d’ailleurs clos en ce sens que l’opération qui 
consiste à prendre une limite en mesure ne fait pas sortir du champ. 
Vérifions en effet que : 

Étant donnée une suite X,(f), \ fit). ..., ... de fonctions 

quelconques du champ (i?) bornées en module par le nombre M et 
convergente en mesure vers une fonction \{t) : 


2 


O 


Cette dernière fonction appartient au champ ( C*); 
On a 






La première partie résulte de ce que l’on peut associer à 'K, fl) 
une fonction simple xfit) telle que 

i hK I ^ X ,f{ t) \ • —, 

sauf aux points d’un ensemble E', dont la mesure est inferieure à ^ ■ 

On peut d’ailleurs adm<}ltre que | .<:?„(/) | < aM car. dès que n est 
assez grand, les points où | Xn | > 2 M appartiennent à E', et il est loi- 
sible d’y modifier la valeur de .r,,. Dans ces conditions 

| \ 1^. c-t-— 5 

n 

sauf aux points d’un ensemble contenu dans E„ -f- E', et dont 
la mesure est donc inférieure à yj-l-i* X(f) appartient doue au 
champ (i?). 

La deuxième partie sera conséquence immédiate du lemme sui- 
vant : deux fonctions du champ (X?), X(/) et Y(<), bornées toutes 
deux en module par H et telles que | X — Y j <; s sauf aux points d’un 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 36 

ensemble E dont la mesure est inférieure à yj sont telles que 

h 

X( t) (Il — 

lemme qui est évident eu introduisant les fonctions simples qui con- 
vergent en mesure vers X(f) et Y(<), 


J 


Y (/U// 


{h 


a\i 


7. U T,, 



28. Les règles usuelles du calcul des intégrales définies s’appliquent 
pour la définition précédente. Par exemple : 

a. Si X(f) est une fonction du champ (JS) partout positive ou 
nulle ^ il en est de même de son intégrale définie. 

(3. X(/) et Y(t) étant deux fonctions du champ (fS), leur 
somme appartient au même champ et a pour intégrale la somme 
des intégrales de X(^) et Y(t). 

{3'. Enoncé analogue à (3 pour une différence ou, en général, 
une combinaison linéaire, à coefficients constants, de fonctions 
du champ (iS) (en nombre fini). 

D’autre part étant donnée une fonction X(/) du champ ( iS) nous 
dirons qu’on la borne supérieurement (ou inférieurement) au 
nombre c si on ramène sa valeur à c pour tous les t qui sont tels que 

X(n r (\(t)-^:c). 

Y- La nouvelle fonction obtenue appartient au champ (JS) et 
l'intégrale ne peut que. diminuer (augmenter) ( ' ). 


29. Il est aisé de relier aux notions précédentes celle de mesure 
d’un ensemble due sous sa forme première à M. Borel, puis de passer 
à la définition de l’intégrale due à M. Lebesgue (-). 

A tout ensemble E de points du segment (a, b) associons une fonc- 
tion E(< ) nulle sauf aux points de E ou elle prend la valeur i ; on sait 
que la mesure de l’ensemble doit être l’intégrale 

mes. K = / 
dn 


(‘) Pour s’en rendre compte, on notera qu'en bornant de nu^ine au nombre c une 
fonction x{t), fonction simple d’approximation en mesure de X, I X(<) — x{t) j ne 
peut que diminuer. 

( = ) Cf. |(i81. 



36 


CHAPITRE II. 


Nous pouvons donc dire que l’ensemble E est mesurable si E(i) 
appartient au champ (i?). Son complémentaire E^ (ensemble des 
points du segment qui n’appartiennent pas à E) a pour fonction 
associée i — E(<), il est donc également mesurable et sa mesure 
vaut {cf. |3'). 

b — a — mes. E. 

Il convient de vérifier, et le lecteur le fera sans peine, qu’il n’y a 
nulle contradiction entre la définition précise qui vient d’étre donnée 
de la mesure d’un ensemble et la notion, introduite au .début 
du n® 2o, d’ensemble dont la mesure est inférieure à un certain 
nombre. 

Faisons aussi la remarque suivante. Soit x{t) une fonction simple 
qui approche en moyenne E(i), on a 

1 E(«) — 37(01 < £, 

sauf aux points d’un ensemble de mesure inférieure à yj. Puisque E(0 
ne prend que les valeurs o et i, la fonction simple x{t) prendra, 
dans les divers intervalles (où elle est constante) des valeurs comprises 
entre ±: s ou i ±: g. En ramenant ces valeurs respectivement à o et i , 
on aura une nouvelle fonction simple y'(/) telle que 

E(0— 7(<) = o. 

sauf aux points d’uii ensemble de mesure inférieure à v). On passe 
facilement de là à la définition habituelle de la mesure. 

Etant donnés des ensembles en nombre fini ou dénombrable 
E,, Ea, . . . , E„, . . . l’ensemble somme (formé de tous les points qui 
appartiennent à l’un des E,) a pour fonction associée la somme des 
fonctions E,(i), qu’il faut borner supérieurement à i si les ensembles 
ont des points communs. On en tire aisément l’énoncé classique, 
qu’il suffira de rappeler 

é. L’ensemble somme E E, + Eo + . . . -i- E„ + . . . est mesu- 
rable et Von a 

mes. E ^ mes. Ei -h mes. Ea -t- . . . -t- mes. E„ -i- . . . , 

l’égalité ayant sûrement lieu quand les Ej sont sans points com- 
muns deux à deux. 

On vérifie de même que : 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 


e. Soit E' l’ensemble des points qui appartiennent à tous 
lesl£.i{i— 1,2, ...). Il est mesurable, sa mesure étant au plus 
égale à la borne inférieure des mes. E/. Sa mesure est d’ailleurs 
égale à la borne inférieure en question si chaque E,- contient tous 
ceux d’indices plus grands. 

lU), Convenons alors, avec M. Lebesgne, qu’une fonction X(<), 
bornée ou non., sera dite mesurable si, quel que soit le nombre /, 
l’ensemble des valeurs de t pour lesquelles \{t)'^>l (') est me- 
surable. Les fonctions mesurables seront dites appartenir au 
champ (Jll). Il est aisé de voir que toute fonction bornée du 
champ (OTl) appartient nu champ ( C). 

Pour s’en rendre compte il suffit de montrer qu’on peut approcher 
en mesure une telle fonction X(<) par des fonctions simples. Or, 
admettons qu’on ait constamment 

//I < \ (t) - ; M 

et divisons l’intervalle (m, M) en intervalles partiels d’étendue moindre 
de 2e. L’un de ces intervalles partiels, numéroté i est noté mimi^.i 

et nous désignons par Ej l’ensemble (mesurable) des points l pour 
lesquels m,<X(f) <; mi,.y. En introduisant la fonction associée E,(<) 
(*t en désignant par pi, la moyenne entre m, et m,vi on a évidemment 

\( O E,( M 

/ 

quelque soit t. On se rend compte d’ailleurs aisément que chaque 
L,(<) peut être approché par une fonction simple e,(^) avec 

K/l t) — r,( / » = O. 

sauf en des points formant un ensemble dont la mesure est inférieure 
à m donné arbitrairement. La fonction 

/ ) 

i 

approche alors en mesure X(<). 

(') Auquel cas, d’ailleurs, seront aussi mesurables les ensembles pour lesquels 





38 


CHAPITRE II. 


Désignant par /, la mesure de Ej, on vérifie de suite que 


y 2 < >.H^ Yif = all-n 


[d’après ( 7 ) du n" 27]. Prenons alors une suite de subdivisions de 
l’intervalle (m, M) telles que les valeurs correspondantes de e tendent 
vers zéro et associons à chacune une fonction simple 




t) 


choisie de façon que 1 ] = iyjj tende aussi vers zéro. 11 est clair que 
l’intégrale 

f 

^ n. 


définie comme il a été dit nu n“ 26, est aussi la limite de 

«f 

/ 

Nous retrouvons ainsi, pour les fonctions mesurables bornées, 
la définition même de M, Lebesgue. 


31. D’après le n" 27, si une fonction X(;) peut être définie comm(? 
limite en mesure d’une suite de fonctions X„(<), bornées dans leur 
ensemble et mesurables, son intégrale est la limite de l’intégrale 
de X„(i). 

Une question se pose naturellement ici. Peut-on, dans l’énoncé 
précédent, remplacer la limite en mesure par une limite prise au sens 
ordinaire? La réponse est affirmative, comme cela résulte immédia- 
tement du lemme suivant : 

Lemme I. — Etant donnée la suite des fonctions mesurables, 
bornées ou non, S.n(t), suite convergente dans {a, b) vers X(«), 
on aura 

iX„(o-X(0|<*, 

dès que n > N sauf sur un ensemble dont la mesure tend vers 

, I 

zéro avec • 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 89 

X(f) est mesurable (cela résulte de 8 et e, n" 29 ). 

Désignons par Bp l’ensemble des valeurs de t pour lesquelles 
1 ^/>(0 — 1 < e et par &p l’ensemble commun à tous les 

,.2, .... L’ensemble + (<^2 — ) + (ê;, — &■,)+... contient 

tout (a, b). On peut donc prendre assez de termes dans la série pour 
que la somme des mesures de ces termes, qui est mes.^v, diffère 
de h — a d’aussi peut que l’on veut. A ce moment on aura 

1 \„(o — Xfo 1 • A 

pour rt >> N, sauf sur le complément de qui a une mesure arbitrai- 
rement petite. 

Si la suite des X„( /) est bornée, X appartient au champ ( iS) et 

\(^ / ) = lim \„( t ), 

n » 

la limita étant prise au sens usuel, entrât ne 

f \(t)tff = Uni f \„( <)<//; 

. /„ H X 

c’est là une propriété très importante de l’intégrale de Lebcsgue. 


32 . Fonctions sommables. — Il reste à indiquer la définition donnée 
par M. Lebesgue pour l’intégrale des fonctions mesurables non 
bornées. 

Soit X(<) une telle fonction, bornons-la supérieurement au nombre 
d et inférieurement au nombre c, nous obtenons la fonction mesu- 
rable bornée 

\( /. C. )/) 

définie par 

\{ f. r. (f ) = \{ f) >\ r \[f.) ,/. 

\{ t, r. (t ) — (t '•i \{ 

\ ( t, r, </) = <• si \ ( ^) c. 

Ceci posé, si 

J(c’, ^/)= / 


tend vers une limite J lorsque c et d tendent vers — oo et -4-00 sui- 
vant des lois quelconques, la fonction X(/) sera dite sommable et 
on aura, par définition, 

f \{t)(lt = i. 



40 


CHAPITRE II. 


33. Pour la suite, il est utile de rappeler les propriétés suivantes : 

Ç. La somme de deux fonctions sommables est également 
sommable et les intégrales s’ajoutent. 

Ç'. Propriété analogue pour une combinaison linéaire de fonc- 
tions sommables. 

yj. Étant donnée une fonction sommable X(i) et la fonc- 
tion Xi(f) égale à X(«) quand elle est positive, nulle quand X(f) 
est négative, X,(f) est sommable. 

Cela résulte de la considération de l’intégrale J(c, d) où c est pris 
nul et où d tend vers l’infini. Par suite : 

0. Si X(i) est sommable il en est de même de | X(^) |. 

La réciproque est d’ailleurs vraie, pourvu que l’on sache que X (0 
est mesurable. 

On notera enfin 

T. Si X(f) est sommable, il en est de même X(f) |; cela 

résulte d’inégalités évidentes entre les intégrales J (c, d) correspon- 
dantes envisagées pour c = i , d tendant vers •+• oo, et pour d — — i , 
c tendant vers — oo. 


34. Le résultat de la fin du n" 31 sur l’intégrale d’une fonction 
définie comme limite d’une suite bornée de fonctions mesurables ne 
s’applique pas à la limite d’une suite de fonctions sommables. 

Pour étudier la question nous avons besoin de définir l’intégrale 
d’une fonction X(f) sur un ensemble E mesurable et quelconque de 
points du segmenta, b. Envisageons la fonction Y(i) égale à X(f) 
si t appartient à E, nulle si E appartient à l’ensemble complémen- 
taire Ef. Y(f) est évidemment mesurable et, en comparant les 
sommes o de Lebesgue (fin du n“ 30) relatives à X(<) et Y(<), on 
reconnaît que, si X(<) est sommable, il en est de même de Y(/). Par 
définition nous écrirons 


( \{t) (it ~ f X(t)dt : 
J n J V. 


c’est V intégrale définie de la fonction sommable X(C sur V en- 
semble E. 

Toujours par comparaison des sommes a et en admettant que E 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES BT QUESTIONS CONNEXES. 4l 

dépende d’un paramètre £ de telle façon que sa mesure tende 
vers h — a quand s tend vers zéro, on a le 

Lemme II. Siyi.{t) est sommable, on a 

Hm f \{t) lit f \(t.) fit. 

D’où enfin 


Lemme III. X(/) étant mesurable et telle que 



\(f ) \ dt 


existe et soit bornée pour e tendant vers zéro, X(£) est sommable 
et, d’après le lemme précédent, 



\( t) dt — liin 

£ 0 



\(t) dt. 


Ces préliminaires permettent enfin d’établir le résultat suivant, que 
nous avions en vue : 

Si les fonctions \„(t), sommables sur (a. 6), ont une fonction 
limite, au sens habituel, X{t) et si les intégrales 


f \\„{t)\dt 


sont bornées par un nombre M, quel que soit n. la fonction X(^) 
est sommable . 

D’après le lemme I on a en cfict 1 X„(f) — X(/) | < £ pour n > N, 
sauf sur l’ensemble dont la mesure tend vers zéro avec La fonc- 

iN 

tion \„{t) — X(<)Gst intégrable sur de même X„(^ ) donc aussi 
X(0et|X(0|. Or 

f \\(t)\dti f \X„(t)\dt-h f \\{t)~\„(t)]dt^M-h — 

t/K •y E 

r.y rsy 


d’où, d’après le lemme III, l’existence de 



42 


CHAPITRE U. 


Le théorème précédent ne permet pas d' affirmer que 



est la limite de 1 \.n{t)dt. El il est facile de voir en prenant des 

cas particuliers (par exemple X„(/) = ne~"‘) qu’il n’en est pas tou- 
jours ainsi. 


V. - AUTRE DÉFINITION DE Lh DISTANCE DANS LE 
CHAMP FONCTIONNEL ; DISTANCE EN MOYENNE. 
CONTINUITÉ EN MOYENNE. 

3o. Si nous revenons au cas d'un espace à n dimensions, la distance 

euclidienne de deux points x-î. . . ., u-,,) y,,) sera 

une grandeur d telle que 

(8) = (.r, — ..-h (a-„ — y„yK 

Un voisinage du point (a?|, u?.., . . ., x„) est alors obtenu en limi- 
tant d, mais on peut aussi le définir d’autres façons, pratiquemcnl 
équivalentes, par exemple en limitant toutes les diflérences j Xi — j'i j : 
au point de vue géométrique cela revient à définir respectivement le 
voisinage par une hypersphère ou par un hyperparallélipipède de 
centre (xf, æ.,, x,,)- La définition de la distance fonctionnelle 

donnée au n” 17 se rattache au second point de vue; elle est à certains 
égards la plus simple mais il eut été également naturel, partant de (8) 
et appliquant le principe de passage du discontinu au continu, de 
définir la distance fonctionnelle de deux fonctions /{t) et g'(t) par la 
racine carrée de l’intégrale 

( 9 ) / — 'h; 

c’est la distance en moyenne que nous allons maintenant étudier. 

36. Dans l’espace à n dimension la distance de deux points [définie 
par (8) ou bien définie par le maximum des | x-, — r, |] n’est nulle que 
si les deux points coïncident. Les distances fonctionnelles élémen- 
taires envisagées au paragraphe 3 sont de même nulles dans le seul 
cas où les fonctions considérées sont identiques : elles vérifient ainsi 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 43 

la deuxième des conditions posées au n" 2 pour toute distance dans un 
espace abstrait quelconque. La distance en moyenne ne vérifie pas 
cette condition : elle sera nulle des que f {t) et g {t) ne différent entre 
elles de zéro qu'aux seuls points d'un ensemble de mesure nulle. 

C’est là un inconvénient auquel on pallie en faisant la convention 
■suivante, qu’il convient d’accepter dans presque toutes les questions 
où intervient la distance en moyenne : 

Deux fonctions f(t),g{t)ne seront pas considérées comme diffé- 
rentes si f{t) — g{t) n'est différent de zéro qu'aux points d'un 
ensemble de mesure nulle. 


37. Pour l’intégrale définie (jui figure dans ( 9 ) il est naturel d’adopter 
la définition la plus large possible, c’est-à-dire celle de M. Lebesgue. 
Remarquons d’autre part que si une fonction est sommable il n’est 
pas forcé que son carré soit également sommable. Par contre 
d’après 9 et t du n" 33, si une fonction est mesurable et de carré 
sommable, elle est ellc-mème sommable ainsi que sa valeur absolue. 

Nous nous bornerons au champ (JC) des {oncùona mesurables et de 
carré sommable ; on va voir que dans ce champ il n’y a pas de diffi- 
cultés à prendre la distance en moyenne. 

Deux fonctions /(O elji^(C appartenant au champ (JC), on vérifie 
sans peine que leur produit est sommable et que l’on a l’inégalité de 
Schwarz 

-S f 

* a * 



' (I 


(10) 




Toute combinaison linéaire de f et g a 
sommable; en particulier 





donc aussi son carré 


qui, par définition, donne le carré de la distance en moyenne de f {t) 
cl g{t). L 'espace fonctionnel (JC) est donc distanciable en prenant 
pour distance 






t) — jï 


distance en moyenne. On adopte.^ bien entendu, la convention de 
la fin du n” 36. 



CHAPITRE II. 


38. Dnns le champ (^) ainsi distancié, la définition de la conver- 
gence sera évidemment la suivante (c/. n° 2); une suite /i(0' 

. . . , tend vers/(f) si 

Hm f [fnit) dt = 

« = » J a 

on dit alors qu’il j a convergence en moyenne vers f{t). 

Il est clair alors que toutes les conditions posées au n" 2 pour la 
distance abstraite seront satisfaites par la distance fonctionnelle en 
moyenne. Notons seulement que pour établir rapidement l’inégalité 

(11) (/, .A’-)S(/» ^0 ^0- 

où h{t) est une troisième fonction du champ (c^C), ou remarquera 
que l’on peut toujours supposer h(^t) nulle et l’on se ramène alors à 
l’inégalité de Schwarz. Observons aussi que (i i) entraîne la suivante 

( 12 ) (/, / o -+ 2 ( a ''. h y 

qui se ramène à l’inégalité entre nombres 

( rt -4- 6 )-^ 2 n- -t- •>. h- 

et qui est souvent d’un emploi commode. 

Un voisinage en moyenne de f{l) pour le nombre e sera l’ensemble 
de toutes les fonctions g{t) telle que 

(./'. é') < - 

Enfin une fonctionnelle U[/(f)] sera continue en moyenne 
si, lorsque fn{t) tend en moyenne vers f{t), U[/n(<)| tend 
vers U[/(«)J- 

39. Quand la suite /«(Q converge en moyenne vers f{t) il est 
évident, d’après (i i) ou ( 12 ), que 

(13) lim / \fnM)—fn{t)ydt = v. 

ni, n — 'x, 

Il est intéressant pour la suite d’établir que V espace fonctionnel {SC) 
est complet, c’est-à-dire qu’on y a une généralisation du critère de 
Cauchy : 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 4^ 

Si une suite /n{t) vérifie (i3) elle converge en moyenne vers 
une fonction f{t) appartenant à{3C) et qui n’est définie, bien 
entendu, qu’en faisant abstraction de ses valeurs sur un ensemble de 
mesure nulle ( ’ ). 

Pour établir ce fait, nous passerons par l’intermédiaire de la con- 
vergence en mesure. D’après (i3) on voit que, s et rj étant choisis 
arbitrairement petits on aura, dès que m et n sont assez grands. 


1 f ni it) f H {t)\ . ^ ? 


sauf sur un ensemble de mesure inférieure à tj. On s’en rend comple 
eu observant que, d’après la définition même de l’intégrale, si 


il est certain que 



(O— /«(Ol* d/ 


a. 


\fni^ t ) f n{ t ) , 


ne peut dépasser une limite [3 que sur un ensemble de points dont la 
mesure est inférieure à on prendra m et n assez grands pour que « 
soit égal à puis (3 = £. 


40. Montrons ensuite que, étant donné une suite telle que, 

s et rj étant arbitrairement petits, on ail 

/„( m ^ î. 

sauf sur un ensemble de mesure inférieure à rj dès que m et n sont 
assez grands, cette suite f,i{t) converge en mesure vers une fonc- 
tion f(^t). 

Pour délinir f{t) nous prendrons l’entier N, tel que, pour m > iN,, 
on ait 

|/m(O-/x.(0l< îl, 

sauf sur un ensemble de mesure inférieure à rj, ; puis, k étant un 
nombre inférieur à l’unité, nous prendrons N., de façon que 

\fni{t) —fsft) I < A s, (m > 

sauf sur un ensemble de mesure inférieure à yî-j, ...; en général 


OC/. Ribm, 1 !)t |. 



46 

pour m > N,,, on aura 


CHAPITRE 11. 


sauf sur un ensemble d’étendue inférieure à rip. 

La suite 

(i4) A(0> / n ,( 0 , •••' /spit), ••• 

est convergente, au sens usuel, en même temps que la série 

/n,(0 ■+■ f/N,(<) — /ni(0] -•-•••-+- 1/n,,+,(<) — fypi 0] “*■••• î 

dont le terme général est inférieur en module à sauf sur un 

ensemble é^, de mesure inférieure à rip. 

En tout point t qui n’appartient pas à une infinité d’ensembles E,, 
la suite (i4) ® donc une fonction limite /(<). Tout autre point appar- 
tient à l’ensemble &p t»/, + . quel que soit p] l’ensemble 

correspondant a donc une mesure inférieure à y);, -f- ^(]p.^.^ quan- 

tité qui sera arbitrairement petite avec ^ si, ce qui est toujours possible, 
on choisit les rip de façon que la série rji iQa + • . • soit convergente. 

Il reste à vérifier que la suite fn{t) converge en mesure vers la 
fonction /(<) dont l’existence vient d’être établie. C’est évident car 

/— /v/. = (/>> • . — A- ) -+■ ^fyp 

d’où 

infiniment petit sauf en des points formant un ensemble dont la 
mesure est arbitrairement petite avec il en est de même 

pour |/„ — dès que n dépasse N^. 

41. La fonction /(t) ainsi obtenue est limite de la suite sauf 
aux points qui appartiennent à tous les Sp. Or l’ensemble S' commun 
à tous les Sp est évidemment de mesure nulle ; en modifiant conve- 
nablement les valeurs de /(t) et des aux points de S', modifi- 

cation qui est évidemment sans importance, on aura 

lim/N (0=/(0 
/; =: 00 

en tout point de l’intervalle (a, b), la limite étant prise au sens usuel. 
La fonction /(t) est donc mesurable. 



CONTINUITÉ DES FONCTIONNELLES ET QUESTIONS CONNEXES. 47 

Pour prouver qu’elle est de carré sommable on appliquera le théo- 
rème du n" 34. L’inégalité ( 12 ) du n" 38 conduit à 

b pb P b 

n n 

et le premier terme au second membre est borné quel que soit A, 
donc aussi le premier membre. 



42. Reste enfin à voir que /(<) est bien la limite en moyenne de 
la suite fn{t). Or on a, comme ci-dessus, 


^ n ^ a 


I ) ]- dt -+- 


-/"l/v.'- 

''a 


— /„{ tf^-dt. 


Le second tenue à droite peut évidemment être rendu arbitrairement 
petit. Nous n’avons plus à considérer que l'intégrale 

(| 5 | f d/. 


Or, sur le complémentaire d'un ensemble &q du n“ 40, la suite 
/ni’/x,’ '•"! <îonverge uniformément vers /(O^ sorte que la partie 

correspondante de l’intégrale (i5) tend vers zéro avec -• 11 reste à 

établir que l’on peut prendre q assez grand pour que 

soit arbitrairement petit quel que soit p assez grand; mais 


f [/(f )-/s,(t)Ydt >. I \/(f)-/.„{n\^dt + 9 f \Mt)-/s,{t)Y-df: 

• ./fs- .J 

pour m et N,, assez grands le second terme à droite sera arbitrairement 
petit; m et N,, étant fixés, le premier terme à droite tend vers zéro 

avec ^ puisque, dans ces conditions, la mesure de 3q tend vers zéro. 

Le théorème du n“ 39 est ainsi établi. 



CHAPITRE lü. 

FONCTIONNELLES LINÉAIRES. AUTRES TYPES SIMPLES 
DE FONCTIONNELLES. 


I. - FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


1. Après ces considérations générales, nous allons examiner 
maintenant divers cas particuliers notables et, d’abord, celui des fonc- 
tionnelles dites linéaires ou du premier degré (homogène). Les plus 
simples d’entre elles sont déduites des formes linéaires à n variables 

n 

y») 


en appliquant le procédé général de passage du discontinu au continu 
(Chap. 1, n" 5); elles seront par suite de la forme 


(0 


Fl 



b 


OÙ k{t) est une fonction donnée (fonction-coefficient) et où >'(^) est 
fonction-argument. Une fonctionnelle du type(i) sera dite Un(hiir<> et 
régulière. 

En posant 

(2) /(U = + 

il vient 

(3) Fi[r(Uj = >‘F,[j,(01-H|xF,[j,(0J. 

Sous des conditions très larges pour k{t) et pour le champ de 
variation de l’argument j(f) les fonctionnelles définies par (i) pos- 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


49 

sèdent la continuité élémentaire d’ordre zéro. On peut d’ailleurs (*) 
leur attribuer la continuité en mo^^enne : les fonctions considérées 
étant prises dans le champ (0C) des fonctions mesurables et de carré 
sommable on a, d’après l’inégalité de Schwarz, 

I Fif.Ki I — J AHtjflt I — 

d’où le résultat. 

2. Avec M. Hadamard, nous nommerons fonctionnelle linéaire 
tonte fonctionnelle telle que : 

a. mile soit distributive^ c’est-à-dire 

-t- = U(_Ki(0! J: 

b. c étant une constante quelconque, on ait 

t;( = r ( j. 

Ces deux conditions entraînent la précédente 
rî t F|,k( F|^K|(/)| -I- ,u I 1 V2(/)J; 

en posant loujour.s 

K( / ) = À Kt ( / ) -H }Jt ^»'2< t >■ 

[j’expressiou précédente (i) définit bien une fonctionnelle linéaire. 
Mais il est clair que (i) ne donne pas tontes les fonctionnelles 
linéaires; elle ne donne même pas toutes celles qui ont la continuité 
d’ordre zéro. 

En (îffet, considérons par exemple 

('») Ax /).»■( O -eV a, •)•(-, I. 

I 

où les T, représentent des valeurs fixes choisies entre a et b et les a,- 
des constantes, (^ette fonctionnelle est continue d’ordre zéro si la 
série ^ | «/ i converge, elle ne peut pourUnl pas être mise sous la 
forme (i). Les fonctionnelles de type (4) joueront un rôle assez 
important dans la suite. L’intégrale an second membre sera dite 

Kréchet, [33]; Stki\h.\is, i!)8). 


VOLTBRHA 


5o 


CHAPITRE III. 


représenter la partie régulière d’une telle fonctionnelle ; la série en 
représente la partie exceptionnelle et nous dirons aussi que la 
fonctionnelle dépend exceptionnellement de y{t) aux points excep- 
tionnels Xi', la contribution finie iXiy{xi) apportée par chacun de ces 
points à la fonctionnelle est d’un ordre de grandeur plus élevé que 
la partie infinitésimale k{t)y{t) dt venant d’un autre point du 
segment («, h'). 

De même 

/ /• 

si 2 I I converge 

/ 

élémentaire d’ordre un; sa partie exceptionnelle comporte des 
termes où figure la dérivée première de y calculée aux points excep- 
tionnels ô,-. Il sera facile de définir de même des fonctionnelles linéaires 
ayant une continuité élémentaire d’ordre quelconque. 

3. Les types précédents de fonctionnelles linéaires sont assez 
généraux pour la plupart des applications. Ils n’épuisent pourtant pas 
tous les cas possibles. 

Mous avons donc à examiner ici le problème de la représentation 
analytique de toutes les fonctionnelles linéaires. Ce problème n’est 
bien posé et ne peut être traité (ju’en précisant le champ fonctionnel 
de définition et le mode de continuité des fonctionnelles cherchées. 

4. Rappelons an préalable quelques propriétés simples des fonc- 
tionnelles linéaires et continues ('), en admettant, pour fixer les 
idées, qu’il s’agisse de la continuité élémentaire d’ordre zéro. 

Si une fonctionnelle linéaire est continue pour une valeur y i (ï) ch* 
la fonction-argument, c’est que 

(G) iJly-iCol-lMj.COI 

tend vers zéro avec la distance (yi, yo). Or en posant 

5y = yî — .»■>, 


^ la continuité 


sera fonctionnelle linéaire avec 


( 


(*) Vf. F. Hiesz. f'J2]. 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


:ji 

la différence (6) est égale 

et doit tendre vers zéro avec max |ôr(<)!. 

La condition ainsi obtenue no dépend plus de la fonclion-argu- 
uienty,(i) de sorte que : la continuité pour une valeur de l'argu- 
ment entraîne la continuité pour toute valeur de cet argument. 

Désignons d’autre part comme domaine borné du champ fonc- 
tionnel de définition de U la portion de ce champ caractérisée par le 
fait que 

max ! _)'( t) I 

reste inférieur à un nombre M. Nous allons voir que : 

Toute fonctionnelle linéaire et continue, est bornée dans un 
domaine borné du champ fonctionnel . 

Sinon, en ell’et, on pourrait trouver une suite de fonctions »,((<) 
telles que 

ma\j,)M(/) 

et 

' t '[.)•/( ( / ) 1 X* ( X = I . 

.Mais alors la série 



1 


si"nc de l ( ) 7 - 1 


convergerait uniformément vers une fonction du champ et l'on 

aurait 

ce qui est absurde. 

Remarquons enfin que le fait que L est bornée en module par le 
nombre P dans un domaine du champ fonctionnel 

max ],»■(/ ) 1 • M 

entraîne, d’après la propriété b du n" (|ue 


I 7 ) 


I < ' >1 ! = '^1 '»ax I t ) I, 


quelle que soit p(f). Il en résulte que la fonctionnelle L est continue 
au voisinage de o. donc pour toute valeur de l’argument > (/). 



CHAPITRE III. 


5 * 

Il est donc équivalent de dire que la fonctionnelle linéaire est 
continue ou de dire qu'elle est bornée pour tout domaine borné 
du champ fonctionnel. 

Toutes ces propriété, établies ici pour la continuité d’ordre zéro, 
s’étendent, mutatis mutandis., aux autres types de continuité. 


5 . Revenons au problème, posé dans le n" 3 , do la représentation 
analytique des fonctionnelles linéaires. Une première solution fut 
donnée par M. Hadamard en 1908 (*). Elle s’applique aux fonction- 
nelles linéaires définies pour les fonctions continues et ayant la 
continuité élémentaire d’ordre zéro; elle s’appliquerait aussi au cas 
où l’on admet seulement la continuité élémentaire d’un ordre p 
quelconque. 

La fonctionnelle cherchée étant linéaire, si 

/ 

on a 

i 

et, passant de la somme à une intégrale, on a 

^ [ X V( >• ) ^ [n (01 


Ramenons l’intervalle (a, 6) à (0,1) et prenons en particulier 




•^0 

C ^-^«(0-/)» ^/o 

^ O 


expression dans laquelle y'(X) joue le rôle qu’avait plus haut /(X). 11 
vient, d’après (8), 

ufrix(0]= IX) 

• 0 


(') Cf. ( 60 ] et ( 61 ]. 




avec 


FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


PyK f^)=--ü 


«-^0 


53 


qui est indépendante de l’argument variable ^(f). Mais il est classique 
que tend uniformément vers y{t) quand (x tend vers l’infini. 

Nous aurons donc, à cause de la continuité postulée pour la fonc- 
tionnelle 

(9) L)|.X< = lÛH f’f.Ku.( O) = •'»' f PO', (IX. 

- « Jlrr 3C 


Telle est la formule générale de M. Hadamard : mais il est clair 
que la représentation ainsi obtenue n'est pas unique. Toute formule 
analogue à (8) et donnant, sous forme d’intégrale où figure j'(/), une 
fonction qui tend uniformément vers yit) pour jui infini, 

donnera pour ü[ )'] une- expression analytique analogue à (9) avec 
une F(X, ix) convenablement choisie. 


6. Une autre expression des fonctionnelles linéaires a été donnée par 
M. F. Riesz ( ' ). Elle suppose seulement la fonctionnelle linéaire 
définie pour les fonctions continues dans V intervalle (a, b) et pos- 
sédant la continuité élémentaire d’ordre zéro, donc bornée. Mais 
comme la démonstration utilisera des fonctions ayant des discon- 
tinuités de première espèce, il convient d’abord do prolonger à de 
telles fonctions la définition de la fonctionnelle. 

C’est ce qui est aisé par les remarques suivantes : étant donnée une 
suite de fonctions continues, suite croissante, c'est-à-dire telle que 

(l<>) • • •> 

quel que soit t, suite ayant une limite u{t) bornée, mais qui n’est 
pas forcément continue, je dis que, pour n ce, U[y,, (f)] 
une limite. Soit, en effet, la série 

(il) 1 1 1 i I — i 

dont les sommes partielles correspondent par l’opérateur U à celles de 
la série 

(.>■•-’ — (/:i — y* ) • • • 


(') Riesz, [ 90] et [95 |. 




CHAPITRE III. 


54 

avec des signes convenablement choisis. Mais, d’après les inéga- 
lités (lo), les sommes partielles de la dernière série sont en module 
inférieure à 

j'î — ri -+-(^3 — ^2) -+-...= u—yx 

bornée supérieurement par un nombre C. Puisque la fonctionnelle U 
est bornée, les sommes partielles de (i i) sont elles-mêmes bornées et 
la série 

uiril + (U[r2j-u[ri])+..., 

dont les sommes partielles sont U[r'„J, est absolument convergente; 
donc U[yrt] a bien une limite. 

Par définition cette limite donnera U[m(<)], valeur de la fonc- 
tionnelle U lorsque la fonction argument est u{l). 

Reste à vérifier qu’une seconde suite z„{t), également croissante 

et tendant vers la même limite n(f), donnera 
(12) lim U[3„] = lira Ufr» | = 

// = 00 fl — » 

En effet, en remplaçant au besoin les suites par >'„(^) — ^ » ^«(0 — 

ce qui ne change pas les limites, on peut les prendre croissantes au sens 
étroit 

y i <c y 2 <.•••? ^ ^ 2 • 

et, yn étant un élément quelconque de la première suite, on aura, 
pour m assez grand, Zm^yn, car sinon les points tels que 

yn^Z], yn^Z-Xi ... 

formeraient une suite d’ensembles dont chacun contient le suivant, 
ayant donc au moins un point limite pour lequel on aurait yn^ u, ce 
qui est absurde. 

De même, m’étant fixé on aura yu-'> ^ès que n' est assez grand. 
Dans ces conditions on peut extraire des suites yn et Zn une suite 
analogue 

yni<^ S/,, <> • . • 

tendant vers u. On en déduit ( 12 ) et cotte même égalité permet 
d’affirmer que la définition de U[w] n’est pas entachée de contra- 
diction dans le cas où u{t) est elle-même continue. 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


55 


Remarquons enfin que si h cl v sont deux fonctions du type consi- 
déré (limites de suites croissantes de fonctions continues), a -t- e esl 
du même type et que 


U — n’est pas forcément du même type, mais il n’y a pas de diffi- 
culté à prendre, par définition, 


parce que l’égalité 

cntraini* 

d’où 


U ( 1/ — (• I = i' I M 1 — ^ U *’ !• 
u{t } — i’( / » = m'( t) — v'{ f) 

= Ufe] 


La fonctionnelle U ainsi prolongée reste linéaire et l’on vérifie sans 
peine qu’elle reste également bornée. 


7. Représentation de Riesz. — Considérons alors la fonction O 
égale à i pour et nulle pour t ■< f ^ 6 , fonction qui appartient 
au champ fonctionnel ainsi prolongé et posons 

(i3) U|yt( n| =/(T). 

Celte fonction de ~ est à variation bornée, ce qui veut dire que, 
f,, t-i. . . ., lu i étant des points de division quelconques de l’inter- 
valle {a. b), la somme 

■J = \f{t\ ) — /{>! ) I -4- \f^ Il t — t\ ) ; -H ... -H \f^ h I — — \ t I 

est bornée, quelle que soit la subdivision considérée ; on le voit en con- 
sidérant une fonction égale à £ 3 . . . ., £„ (valant ±: i) dans 
chacun des intervalles (a, <,), (/,, On a 

Ü f ^ = s, (/( /, ) —/(a)) -H . . . -I- £„ (/; A ' — /( /„ -1 )) 

qui se réduit à <j pour un choix convenable des £,• et c est bornée par 
M, module maximum de U lorsque la fonction-argument est bornée 
en module par l’unité. 

Soit alors une fonction continue quelconquey'(<), nous la remplace- 
rons par ïî(/) définie de la façon suivante : on divise (a, b') en n inter- 
valles partiels et dans chacun d’eux («,_., , ti) on prend yj (/) égale à l’une 



56 


CHAPITRE III. 


des valeurs ^(7i) prise par dans l’intervalle en question. La fonc- 
tionnelle étant linéaire, on a 

f ïi( O] = 

/ 

et, puisque U est continue, 

U[/(«)l = Uni U[7i(01 = Jimy y{Tt) [fiji) -/(//-.)]. 

I 

la limite étant obtenue quand l'amplitude maxima des intervalles 
partiels tend vers zéro. 

Il est naturel de désigner la limite 

(i4) 

par la notation 


c’est une intégrale de Stieltjes, et l’on a ainsi la représentation de 
Riesz : Toute fonctionnelle linéaire ayant la continuité élémen- 
taire d’ordre zéro, peut s'exprimer par une intégrale de Stieltjes, 

(l5) \]\y(t)\= f y{t)df{t), 

^ a 

l’argument y (<) étant supposé continu. 

8. L’intégrale du second membre de (i5) a d’ailleurs un sens, et 
définit par suite une fonctionnelle linéaire de y quelle que soit /(t) 
à variation bornée. Pour s’en rendre compte il suffit de reprendre le 
raisonnement par lequel on établit l’existence de la limite de (i4) 
lorsque f{t) Qty{t) sont données quelconques, la première à varia- 
tion bornée, la seconde continue. 

La fonction continue y{ t) est uniformément continue, on peut donc 
prendre les intervalles (/t_i, ti) assez petits pour que, dans chacun 
d’eux, l’oscillation de la fonction soit moindre de £ arbitrairement 
fixé. Subdivisons alors les intervalles ti) par de nouveaux points 
de division t],, . . ., t';i., le terme général de (i4) sera remplacé 

par la somme 


(/(^•)— /< '<-1 )) 
y{t)df{t), 




FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 57 

dont la différence avec le terme correspondant de (i 4) est évidemment 
moindre de 

1 ^/,i ) ) I \f^ ^ — .A H ■+■ • • • ! ■< 

en tout la somme (i4) subit une variation moindre en valeur absolue 
ejue sV, où V est la variation totale de f{t) pour l’intervalle (a, b). 
Etant donnée enfin une nouvelle subdivision de l’intervalle (a, b) par 
des points Ôa, . . . , les nouveaux intervalles étant assez petits 
pour que l’oscillation dey(<) dans chacun d’eux soit encore moindre 
que £, la différence entre les deux sommes (i4) correspondantes sera 
inférieure en module à 2 s V, comme on h; voit en envisageant la subdi- 
vision que donne l’ensemble des points /iet 04 . lien suit bien, comme 
il était annoncé, que (i4) tend vers une limite lorsque l’amplitude 
maxima des intervalles partiids tend vers zéro. 

9. Si la fonction f{t) définie par (i3) est continue et dérivable 
dans l’intervalle (a. 6), la fonctionnelle se réduit au type 

l’intégrale de Stieltjes étant remplacée par une intégrale ordinaire. 

Si f{t)'A des discontinuités, nécessairement de première espèce 
(puisqu’elle est à variation bornée) eten nombre fini ou dénombrable, si 
nous désignons par a, le saut de la fonction à l’un de ses points de dis- 
continuité Tj, si enfin la fonction reste dérivable aux autres points 
de (a, 6), la fonctionnelle prendra la forme 

1 * 171 = J /'< ny{t)<b -h^Xiy(Xi\ 

dépendant exceptionnellement des valeurs de y aux points de discon- 
tinuité de f (t). 

Dans le cas général, enfin, /(f) peut n'avoir pas de dérivée sur un 
ensemble de points non dénombrable, mais qui a nécessairement une 
mesure nulle. La fonctionnelle se décompose alors en trois parties (') 


(') Cette décomposition est due à M. P'héchct, [3!)]. 




58 


CHAPITRE III. 


on a 

(i6) u[j]=jr' /'( »t,v{ ■‘■jT 

La première est une fonctionnelle régulière, la seconde une partie 
exceptionnelle, la troisième est un nouvel élément, où figure l’intégrale 
de Stieltjes de façon essentielle, cette intégrale faisant intervenir une 
fonction ç(t) dont la dérivée est nulle, sauf sur un ensemble non 
dénombrable de mesure nulle. 


10. Cas de la continuité en moyenne. — Nous noterons les simpli- 
fications qu’apporte l’hypothèse que U possède la continuité en 
moyenne dans le champ (c^). U possède a fortiori la continuité 
d’ordre o dans le champ des fonctions continues de sorte (jue la for- 
mule (i6) s’applique, mais elle est réduite au premier terme 

Iff/J = f ./'< 

a 

car les deux autres termes sont incompatibles avec la continuité en 
moyenne {'). 


11. Cas de la continuité élémentaire d’ordre j>. — Admettons 
maintenant que la fonctionnelle ü est définit; dans le champ des fonc- 
tions continues ainsi que leurs dérivées jusqu’à l’ordre p et qu’elle a 
la continuité élémentaire correspondante (d’ordre />) ( ■). 

La fonction argument y'(<) peut alors être mise sous la forme 

yit}— y{-)-^( t — -)/{-) -H. . 

■+■ I J- v^f'U s) rts 

(/>— I)! - 

(formule de Taylor avec le reste sous forme d’intégrale), t étant 
choisi ad libitum dans l’intervalle («, b). La fonctionnelle linéaire 
U[y'(<)] s’écrit alors 

L [^(<)] = any(-) -h at y'(z) -i- . . .-h y^r-'Hx) -+■ 1 


(') Fréchet, [33]. 

(>) C/. P. Lévy, [7:jj, p. 5 g . 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


59 


avec 


et 




■yU>) (s }ffi. 


Celte dernière expression est fonctionnelle linéaire de^<^>(/), con- 
tinue d’ordre zéro au sens élémentaire. Elle a donc une représentation 


où il est clair que 


V[yi/>)(()\ = j y^/>)l s } d/( S ), 


/{s} = 

ys{t) ayant les valeurs suivantes ; si s <; r, 

it— s I’ 


y.i(n 


pour a < / £ 


y,(1)=zO 

si S > T, 

pour s 

: f<b: 

. . ( / — ■: )/' 
VA 1 ) = : — 

P- 

pour 


, ( < — T )/' 

r,( / ) = j — 

/>! 


pour s 

On a donc enfin 



U \y( / ) 1 = (7cy^(-: ) -(- ai > '( 

T *- 4 - 



où l’intégrale de Slielljes peut, comme plus haut, ^e décomposer en 
trois parties. 

La représentation ainsi obtenue n’est pas unique puisque les coef- 
ficients «, aussi bien que la fonction f dépendent de r, qui peut être 
pris arbitrairement dans l’inl<*rvalle (a, b){'). 


II. - FONCTIONNELLES DU SECOND DEGRÉ 
ET DU DEGRÉ SUPÉRIEUR. 

12. Fonctionnelles régulières. — Au début du Chapitre nous sommes 
passés de la considération des formes linéaires à n variables à celle 


(*) Cf. P. Lévy, [75], p. 60. 




6o 


CHAPITRE 111. 


des fonctionnelles régulières. De façon analogue nous pouvons passer 
des fonctions homogènes du second degré à n variables 

( 17 ) P-i (71 > • • • > yn ) = 22 

r n 

aux fonctionnelles F2[y(0]» nous nommerons homogènes et 
régulières du second degré, données par l’expression générale 

(18) F,l/U)l= r* f' m,-r\)yi\)y{-r\)d>kd-r^, 

• n • 


où la fonction-coefficient (ou noyau) K(?, yj) est donnée. 

Dans (17) nous pouvons toujours supposer que h',s~ hsri car dans 
le cas contraire on pourra écrire 


P.,: 


22 


avec 


l' rs — 




De même si le noyau K(?, yj) n’est pas symétrique en ^ et yj, il suf- 
fira d’écrire 




avec 


^■Ayit}]^ f f K'(Ç, •ri)j(?)j(yi)dM-'l 

d,, 

KtJ. T, ) -4- K( T,, ï) 


K'($, T.) = 


pour être amené à un noyau symétrique. 


13 . Plus généralement nous nommerons fonctionnelle homogène 
et régulière de degré n la fonctionnelle donnée par l’expression 


(19) 


F„ 


[ 7 ( 01 = /'•••/' 


K($i, $2, 

X d\\ d\<i. . . . d\n. 


dans laquelle, comme ci-dessus, nous pouvons sans restreindre la 
généralité admettre que le noyau K (Hi , ^2, • . •, ®st fonction symé- 
trique des variables qui y figurent. 

Les fonctionnelles du type de F„ apparaissent comme extension 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


6l 


des formes de degré n pour le cas d’une infînité continue de variables. 

14. Nous appliquerons enfin le terme de fonctionnelle régulière 
de degré n aux fonctionnelles telles que 

( •>.')) G„(j(<)l = Ko Fl [j( F„[r( <)J 

qui sont sommes de fonctionnelles homogènes régulières dont le degré 
le plus élevé est égal à n. Elles généralisent dans le calcul fonctionnel 
les polynômes de degré n de l’analyse ordinaire. 


lo. Une propriété notable de ces fonctionnelles régulières de degré 
n est qu’ell«*s peuvent être utilisées pour obtenir une approximation de 
n’importe quelle fonctionnelle continue. Nous avons en eflet le théo- 
rème suivant dû à M. Fréchet ( ' ) : 


Toute fonctionnelle G[jy(<)], continue d'ordre zéro dans le 
champ des fonctions continues peut être représentée par 
V expression 

G [>•( n] = lim G, J7( n). 


c'est-à-dire désignant une fonctionnelle régulière de degré r„) 
( îi) G|^(n] = lini f A-„,i(?i Iji'i Wîi 

«=» L 

C f A';|,2(5i, ) K( ;i Çi ) '/îl • . 

pl' J' 

/ ■■■ / îi ' 


où les noyaux . . ., c») sont des fonctions continues que 

Von peut déterminer pour la fonctionnelle G indépendamment de 
la valeur de l’argument y {t). 

Nous donnerons une démonstration due à Gâteaux (^). Nous avons 
déjà vu (Chap. Il, n“ 22) que la fonctionnelle F[y^(/)] continue au 
sens élémentaire peut être considérée comme limite, pour n infini, 


(') Cf . Fréchet, [37]. 
(’) Cf . Gateaux, [57]. 




62 


CHAPITRE III. 


d’uné fonction continue /„ jKa, les variables r(,y3 ...,.rn 

étam les valeurs que prend j(<) pour les abscisses 


a -f- 




Cl -4- 


nib — a) 
n 


Ce résultat reste évidemment valable siy,, Ja • • •» représenlenl 
des valeurs quelconques prises par^(f) dans les intervalles respectifs 


[a, a -I- 




et ■+* 


2(6 — a) 
n 



D’autre part, d’après le théorème de Weierslrass sur les fonctions 
ordinaires, on peut remplacer les fonctions continues {y ^ , (Ka, . . . , y„) 
par des polynômes par rapport aux variables PrSj'\> .Ta» • • •• Xn), 
polynômes d’approximation dont /•„ désigne le degré. 

Choisissons alors, pour chaque valeur de n une fonction «„(f) con- 
tinue dans l’intervalle (a, è), nulle en chacun des points de division 

i(b — a } 

«H (/ = I, 2, ..., n), 


positive dans chacun des intervalles que forment ces points et telle 
que les intégrales 


/ 


a -y. - 


/-I 


!ln{t)dt (l = l. 2, .... n) 


[h — a) 


soient égales à un. Nous pouvons profiter de l’indétermination des t, 
pour choisir 

a-f- ~ (ft—t*) 

yt= J a„{t)y{t)dt 

n -+• - — — 
n 

et, dans ces conditions, le polynôme ja, • • • , J») =*6 ™et sous 
forme d’une fonctionnelle régulière de degré /■„ : c’est ainsi que les 
termes du premier degré de ce polynôme 


Cifi -¥■ Cif-i c„y„ 



donneront 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


63 


lii fouclion A*, 1,1 étant égale à Ci(Xn{t) dans l’intervalle 

I I » V ' , 

a H {h — a), a-\ (b — a). 

n n 

Le théorème est ainsi établi. 

Notons que les nojaux , ) sont des fonctions continues 

que l’on pourra donc remplacer dans la formule ( 21 ) par des 
polynômes d’approximation. 

16. Ce ihéoréme généralise le théorème de Weierstrass (') sur les 
fonctions conlinues considérées comme limites do polynômes. 

D’après ce que l’on a vu au Chapitre H (n” 22) la convergence 
sera uniforme dans tout ensemble compact de fonctions continues. 
Cela correspond à la convergence uniforme, dans le cas du théorème 
d(^ Weierstrass, si les fonctions sont envisagées dans des domaines 
Unis. 

17. Oénéralisations du résultat de Riesz sur les fonctionnelles 
linéaires. — Nous avons vu précédemment qu’il y avait d’autres 
fonctiounelles linéaires que celles qui sont régulières et nous sommes 
arrivés à la notion de fonctionnelles linéaires générales en les carac- 
térisant par des conditions {a. A du n"2) que vérifiaient en particulier 
les fonctionnelles régulières : 

11 est aisé de développer dos considérations analogues en partant 
des fonctionnelles régulières homogènes d’un degré quelconque. 
Pour abréger, nous traiterons en détail le seul cas du second degré 
et nous donnerons seulement de rapides indications sur le cas général. 

18. Toute fonctionnelle régulière et homogène du second degré 

vérifie la condition suivante : 

( •>-•>. ) F[X^Ki( t) ■+■ aH/.a ■+■ (’.fx-, 

A, B, C étant des fonctionnelles de yi (< ) et de y' 2 (<) et la relation 
étant valable quelles que soient y'i(<),y'i(<) et les constantes 7. et /ji. 
La relation (23) entraîne d’ailleurs 

A = F[y.(Dj, 
r. = Fly.,{t)] 


<') Cf. I119J. 



64 

et l’on a enfin 


CHAPITRE in. 


aB = F[j,(0 — F[^i(/)] — FfjsCOJ. 

B est d’ailleurs une fonctionnelle bilinéaire de jk, et de y^, ce qui 
veut dire qu’elle est linéaire par rapport à chacune d’elles quand 
l’autre est fixée. Enfin B se réduit visiblement à F quand on prend 
les deux arguments dont elle dépend égaux ky(t). 

Mais il existe d’autres fonctionnelles que les régulières qui peuvent 
se déduire d’une fonctionnelle bilinéaire on égalant les deux argu- 
ments : ce seront, par définition, les fonctionnelles homogènes 
entières (du second degré). Nous allons voir [42] qu’elles admettent 
une représentation analytique tout à fait analogue à celle que Riesz a 
donnée pour les fonctionnelles linéaires mais où intervient une inté- 
grale multiple de Stieltjes (intégrale double dans le cas du second 
degré). 

i9. Soit donc une fonctionnelle bilinéaire dépendant de deux 
arguments y et Y 

<I*[r(î), Y(î')]. 

Reprenant la méthode du n" 7 nous désignerons par fonc- 
tion égale à un pour a<t<i: et nulle pour r < 6 et nous introdui- 

rons de même Y^,(^'). Nous poserons enfin 

définissant ainsi une fonction ordinaire des deux variables t cIt'. 11 
restera enfin à remplacer j(<) et Y(<') par deux fonctions approchées 
H(«) définies comme au n" 7. Les points de division ne sont 
pas forcément les mêmes pour les intervalles de variation de t et de e' \ 
nous les désignerons par tj et t\. 

Dans ces conditions 

‘l*[''l(D, = (7^(0— i, 

2 ^ ^ î ^ ) I j 

qui, d’après la bilinéarité se réduit à 
(•i3) 2-^{/")y(c.) <Â) -/(</, 

ik 



FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 65 

*[r(0, Y(o] est la limite de cette expression quand les intervalles 
partiels tendent vers zéro. 

La limite d’une somme telle que (a3), indépendante des intervalles 
partiels considérés, est, par définition, V intégrale double deStieltjes 
étendue au carré 6, a^l''^b du plan 2, l'. Si nous remarquons 

que dans (aS) les termes dans les parenthèses constituent une double 
différence de f obtenue en faisant varier t puis t'. il est naturel de 
noter l’intégrale double de Slieltjes 


P f» ^ h 

/ / y{t)\{t')dtdrf{t, t'). 

Nous aurons donc 

Y(<')]= f f y(f)\it')d,d,’/(t, t’] 


et, enfin, pour la fonctionnelle homogène générale (du second degré) 

/-* r'’ 

(^4) f y{t)y{t')dtd,.f(t. t'), 


où l’on peut toujours, comme plus haut, supposer /(<, <') symétrique. 

20. L’intégrale double de Slieltjes peut se noter de façon un peu 
différente en faisant intervenir l’expression 

\\{S\=J J' dtdt’/{t, e'), 

où l’intégrale double est étendue à une aire S quelconque du 
carré a^t'^b, a^ t''^ b. H est en somme une fonctionnelle de l’aire S ; 
c’est une fonctionnelle additive en ce sens que, si l’on réunit deux 
aires S et S' sans partie commune 

H[S -t- S'J = HfS j-i- H[S'l. 

L’intégrale de Slieltjes précédente peut s’écrire alors 



ou, si elle porte sur une fonction quelconque ©(f, /' ) 

f t')dli. 


(a5) 



66 


CHAPITRE III. 


Intuilivement on peut dire que représente la valeur de H 
pour une aire infinitésimale autour du point tt' du carré. On démontre 
que (aS) a un sens si <p(^, t') est continue et si la fonctionnelle H est 
à variation bornée ce qui veut dire que, pour toute décomposition 
du champ d’intégration en domaines élémentaires, la somme des 
valeurs correspondantes de H, chacune prise en valeur absolue, reste 
bornée. 


21 . L’intégrale double de Stieltjes qui figure dans la formule pré- 
cédente (24) peut être décomposée en termes de nature diverses, de 
même que, au n“ 9 , l’intégrale simple de Stieltjes donnant l’expression 
d’une fonctionnelle linéaire. Seulement la décomposition est plus 
compliquée. 

Sans insister sur cette décomposition pour laquelle nous renvoyons 
le lecteur au livre de M. P. Lévy (’) nous indiquerons seulement la 
forme des termes les plus simples, qui s’expriment par des intégrales 
ordinaires; ils seront du type 


(18) 







déjà rencontré et 


intégrale prise sur une courbe continue G intérieure au carré et pour 
laquelle sont des fonctions continues d’un paramétre s. 

Très souvent celle courbe se réduit à la diagonale du carré ei (26) 
prend alors la forme particulière 

(260 f K(Ç)70?W?. 

a 


M. P. Lévy nomme fonctionnelles normales celles où ne figurent 
que des termes du type (18) ou (26'). 


22 . Des considérations analogues s’appliqueraient aux fonction- 
nelles entières homogènes d’un degré n quelconque. Contentons- 
nous d’indiquer que de telles fonctionnelles seront dites normales si 


(•) P. Lévy, [75]. 




FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 


67 


les seuls termes qui y ligurcnt sont de forme 

(27) f ...f K(Ç,, Ç,, ... 

’^a ^(1 

h 

OÙ les ai, a-2, . . . , sont des entiers quelconques dont la somme est 
égale à n : ce sont les fonctionnelles régulières et les fonctionnelles 
normales qui sont les plus importantes pour les applications. 

Dans ce qui précède nous avons suivi la marche qui nous conduisait 
le plus vile aux développenienis que nous avions en vue. Mais nous 
devons an moins signaler le point de vue fort intéressant auquel s’est 
placé M. Fréchet pour définir les fonctionnelles de degré n ('). 

Un polynôme P(-r) de degré n vérifie identiquement la condition 


( 28 ) I* ( -H -t- . . . .r rt ,-i ) 

— 2 l*(.r/,+ .r,„ 1-4- ( — I )" S P('x‘/ ) -t- ( — 1 )«"*■' P(o) = 0 . 

OÙ les sommes concernent les combinaisons des lettres a^i, 
x-i , , (îl M. Fréchet a démontré qu’inverseinenl toute fonc- 


tion continue qui satisfait (28), quelles que soient les valeurs de Xx, 
x.,<! .... Xn + [, est un polynôme de degré n au plus. Il caractérise de 
même une fonctionnelle de degré (‘utier n par la continuité et 
l’équation 

(2()) l! [y 1 I 

— ï I, r/,- 4 -. . I - 4 -. . .-t- t — 1 )"■*-' l'I o] = O. 

qui doit être satisfaite fjuels que soient les arguments ly (/), )'2(/ ), .... 
A partir de (29) il peut enfin étudier les fonctionnelles homogènes 
(qui doivent de plus satisfaire à U [Xy | =: XA'U[y ] et montrer qu<* 
toute fonctionnelle de degré n s'exprime comme somme de fonction- 
nelles homogènes des degrés /i, n — 1 , .... 


IIl. - SÉRIES DE FONCTIONNELLES IIOMOGÈNES. 

23 . Il n’y a pas de difficulté à introduire des séries dont les divers 
termes sont des fonctionnelles homogènes que l’on supposera être 
régulières ou encore normales. 


(') Cf. Fhéchet, [37 |. 




68 


CHAPITRE 111. 


Examinons le premier cas ( ' ). La série sera de forme 

(30) 

0 ^ 

•^a 

r* r'' 

a a 

f ■ • • / ?2) • • •> Ç«) 

''a '^a 

^ yi%x) ■ ■ ■ y{U) dh ..-du- 


Si, par exemple, les modules maximum des divers noyaux sont 
inférieurs aux nombres positifs Kq, K,, . . . , K„, ... et si la série 

( 3o*) Ko “H K( X -4- ... -I- K H x'x -t- . . . 


a pour rayon de convergence R, la série (3o) sera absolument et uni- 
formément convergente pour 

et définira, pour ce champ de valeurs de y, une fonctionnelle continue 
d’ordre zéro. Cette fonctionnelle n’est pas d’un degré fini. Elle peut 
être considérée comme obtenue, par le passage du discontinu au 
continu, à partir d’une série de puissances de plusieurs variables, 
c’est-à-dire à partir d’une fonction analytique de plusieurs variables. 


24. Les fonctionnelles données par la série (3o), que l’on peut 
appeler série fonctionnelle de puissances, avaient été nommées, par 
divers auteurs, fonctionnelles analytiques. Nous préférons aban- 
donner cette dénomination pour éviter toute confusion avec les fonc- 
tionnelles analytiques qu’a étudiées récemment M. Fantappié (^). 

Si, dans le champ de convergence de la série (3o), l’argument y (<) 
est fonction analytique d’un paramètre « que nous écrirons y (^, «), 
alors 

G[.r(<, «)]=/(«) 


(') VOLTEBRA, [108]; Frécihbt, [37]. 
{'■) Cf . Fantappié, [27]. 




FONCTIONNELLES LINÉAIRES. 69 

étant la somme d’une série uniformément convergente de fonctions 
analytiques de a est, elle-même, analytique en «. Des fonctionnelles 
telles que (3o) conservent donc V analyticité par rapport à un 
paramètre qui figure dans leur argument. C’est cette propriété 
fondamentale, qui appartient non seulement aux fonctionnelles 
précédentes, mais aussi à d’autres types de fonctionnelles, que 
M. Fantappié a adoptée comme caractérisant les fonctionnelles 
analytiques. 

ün étudiera de façon tout à fait analogue les séries de fonction- 
nelles normales. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir à 
propos des équations intégrales non linéaires (Ghap. XI, § III). 



CHAPITRE IV. 

OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


I. - DÉRIVÉE ET DIFFÉRENTIELLE 
D’UNE FONCTIONNELLE. 


1 . Après les délinilions elles exemples précédents, la question se 
pose d’établir un calcul fonctionnel général, analogue au calcul con- 
cernant les opérations sur les fonctions ordinaires. Cela sera possible 
par l’introduction d’opérations convenables s’appliquant aux fonc- 
tionnelles. 

Si nous reprenons une fonction de n variables • • • . )'«), 
les deux notions fondamentales sont colles de dérivée partielle et 
celle de différentielle totale. Celle dernière peut être définie, à 
partir des dérivées partielles, par l’expression 


(U 


n 



I 


mais elle peut aussi être caractérisée, directement, par les propl■iété^ 
suivantes : 

C est une fonction linéaire des variables dyi. 

2® Si l’on pose dyi—t^i et que l’on prenne £ comme infiniment 
petit principal, la différence entre df et A/ (celte dernière notation 
désignant l’accroissement de / correspondant aux accroissements zO, 
des variables) est un infiniment petit d’ordre supérieur à l’unité. 

Passons maintenant au cas d’une fonctionnelle K J donnons 

à 7(0 un accroissement ôj'(f); nous sommes conduits à définir la 
différentielle de F, soit ôF, comme une fonctionnelle dépen- 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


71 


dant de ày{t) ^ et aussi de y{t), de sorte qu’on pourra la noter 
j j telle que : 

a. Elle soit fonctionnelle linéaire de dy; 

b. En prenant Sy = £9(t), où t est toujours Vinfiniment petit 
principal, elle ne diffère que par un infiniment petit d'ordre 
supérieur à un de l'accroissement AF qui correspond à l'accrois- 
sement $y de la fonction argument, ce qui revient à dire que 
l'on a 

AF — 5 Ff v( « >. £ 0( <)1 . 

Iim ! = O 

£ 

ou encore, en tenant compte de a. 

( 7 .) Iim I — — 0 Ffj'f < ), 0(^ O J I = O ( ‘ ), 

£=n( e ) 

AF ayant la valeur F[y 4 - eô] — F[jk]‘ 

L’extension aux fonctionnelles de la notion de dérivée partielle est 
non moins importante et a été obtenue par M. Vollerra dès ses 
premiers travaux sur le sujet (^). Il montrait en même temps com- 
ment, pour une fonctionnelle ainsi dérivable, on pouvait calculer 
elFectivement, en généralisant la formule (i), une différentielle jouis- 
sant des propriétés qui viennent d’être dites. Ce sont ces résultats 
que nous exposerons d’abord. 

2 . Extension de la notion de dérivée partielle : dérivée fonction- 
nelle. — La définition de la dérivée partielle implique un accroisse- 
ment donné à une seule des variables y,-. Pour passer au cas d’une 
dérivée fonctionnelle il serait peu indiqué d’envisager un accroisse- 
ment donné à y{t) en un seul point de l’intervalle {a, b) : ce serait 
sortir de propos délibéré du champ simple et important des fonctions (*) 


(*) M. Hadamard [OO], puiÿ M. Fréchet ont insiste sur Tiiitérùt d’une définition 
directe de la différenliclle. M. Fréchet a fait sur cette question, tant en ce qui 
concerne les fonctions ordinaires que les fonctionnelles, des travaux très impor- 
tants : [38], [40J. Sa définition delà difTércntielle fait intervenir la distance de 
Fespace fonctionnel; elle est un peu plus restrictive que celle <lu texte. Nous la 
retrouverons ultérieurement : nous avons préféré garder au début le point de vue 
qui a été celui de M. Volterra dès ses premiers travaux ([108] et [109]). 

Au sujet des diverses définitions de la différentielle, cf, P. Lf:vY, [75], p. 5i. 

('-) [108], [100]. 




CHAPITRB IV. 


7» 

continues; de plus ce serait inopérant pour les fonctionnelles, les 
plus usuelles, dont la valeur ne change pas quand on modifie l’argu- 
ment aux points d’un ensemble de mesure nulle. Il conviendra donc 
de donner un accroissement à l’argument en tous les points d’un 
segment contenant un point ^ de l’intervalle (a, b). En faisant tendre 
vers zéro l’accroissement et le segment considéré on obtient, et c’est 
là la généralisation cherchée de la dérivée partielle, la notion de 
dérivée fonctionnelle au point 
En voici la définition précise. 

Soit AF l’accroissement d’une fonctionnelle 

F[r(ô] 

lorsqu’on donne ky{t) un accroissement arbitraire (intégrable) 

2/(0 = w (<) 

d’un signe constant et concernant uniquement l’intervalle de valeurs 
de t (Tn<t<n)y intervalle d’amplitude n — m = hel contenant à son 
intérieur le point Ç fixé sur le segment (a, b). Posons 

<J = / 0>(t) lit. 

^ m 

A K 

Admettons qu’il y ait une limite bien déterminée et finie de — 

lorsque p [maximum de | «(<) |] et h [étendue du segment (m, n)] 
tendent simultanément vers zéro, le segment {m, n) contenant tou- 
jours ^ à son intérieur. La limite en question .sera, par définition, 
la dérivée fonctionnelle de F par rapport à l'argument y{t) au 
point 

D’après sa définition cette dérivée ne dépend pas de mais 

on doit préciser dans chaque cas quel est le champ des fonc- 
tions <•)(<) ('). La dérivée dépend du paramètre ^ qui joue le rôle de 
paramètre de dérivation : c’est une fonction ordinaire de Enfin 
notons qu’elle sera aussi üne fonctionnelle de y{t) définie dans un 


(‘) II pourra arriver que l’oo ait à remplacer, dans la définition de la dérivée 
fonctionnelle, p, maximum du module de b>(f), par une autre quantité dépendant de 
la définition de la distance dans le champ des fonctions ia{t). 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


73 


certain champ (à préciser lui aussi) : nous la noterons donc 

3. Passage de la dérivée fonctionnelle à la différentielle. — La 

formule précédente ( i ) conduit à rechercher si la différentielle 6F ne 
s’exprime pas, à partir de la dérivée fonctionnelle F', dont on suppo- 
sera l’existence, par la formule 

( 3 ) 

Nous allons envisager d’abord le cas où le champ des argumentsy(f) 
(donc aussi celui de leurs variations) est l’ensemble des fonctions 
bornées et continues ('). Suivant toujours l’analyse de M. Volterra, 
nous établirons (3) sous les conditions suivantes, qui ne sont évi- 
demment pas les plus larges possibles ; 

Dans le champ fonctionnel considéré : 

AF 

I. Le rapport — ^ est borné en module par le nombre M; 

^ AF 

II. La limite de — est atteinte de façon uniforme par rapport 
ù^(a<|^6) aussi bien que par rapport à y {t); 

III. F'[y'(<), est uniformément continue par rapport à ? et 
à y {t). 

L’expression (3) étant évidemment fonctionnelle linéaire de 6y'(<), 
il suffit de vérifier la formule ( 2 ). 

A. Cas où la variation de l’argument a un sigpae constant. — 
Introduisant, pour vérifier ( 2 ), la variable positive et très petite £, 
nous donnons àj'(f) la variation ày(f) d’un signe constant, positif par 
exemple, inférieure à £ et que l’on peut toujours écrire ày{t) = eO(t), 
la fonction ô(t) ayant pour borne supérieure un. Evaluons 

AF = FbK-i-£01-F[7]. 

Nous passerons d’abord de y(t) à la fonction représentée par 

(‘) Des considérations analogues s'appliqueraient, mutatis mutcuidis^ à d’autres 
champs fonctionnels; c/. d’ailleurs infra n® 9. 




chapitre IV. 


74 

la courbe sinueuse de la figure, fonction continue qui coïncide 
avec /(<) + e9(<), dans les intervalles tnt\, avec y{t) 

aux points a, r,, Ta, .... et qui délimite, avec la courbe y{t), des 
aires o-,, crar • • • • 



Effectuant d’abord la variation (T| , y {t) devient Vi (/) <>t F devient F, 
avec 

F, - F = cr,(F'[7(0, S.l + TTi,). 
effectuant ensuite la variation a-,, il vient de même 
Fa - F, = aa(F'fj-(0, 
et ainsi de suite jusqu’à 

1* // F/;_ I = ^ l‘ I ^ lit), $//)“'“ '^(// ^ ' 

s’il y a P intervalles a t,, T| Ta, . . . , T/>-i b {p est égal à quatre dans 
le cas de la figure). Les \ peuvent être pris quelconques, respective- 
ment intérieurs aux intervalles susdits; leur choix sera d’ailleurs pré- 
cisé à l’instant. Enfin, d’après II, rji est très petit avec e et avec /<,• 
(longueur de l'intervalle t,_,t/ sur lequel se répartit la variation a,). 
Les formules précédentes donnent 

F/, - F = 7, ( F' [ J ( O, Ç. ] -H -n, ) + cr.. ( F' fj, ( / ), Ça | h- r,, ) -t- . . . . 

Mais, F' étant uniformément continue on peut remplacer 


5/mJ par F'[ $,+, ] 



OPÉRATIONS SUR LBS FONCTIONNELLES. 


en introduisant un terme correctif Çi très petit avec t. Notons enfin 
que, pour un choix convenable des on aura, d’après le théorème 
de la mo)renne 

Dans ces conditions, en notant tB l’accroissement de y qui corres- 
pond à la courbe sinueuse de la figure YtB{\) d\ = on aura 




-t- ■»(I -+- ) ■+■ (ff-j vi -H flf.i Ïj -4-... ). 


Passons enfin à F[y + eô J, que nous désignons en abrégé par F. 
F — F;, correspond à des variations moindres que £ et concernant des 
intervalles a tt, t\ /.j, ... ; d’après I, il est donc limité en module 
par 

£ !M £ I — a) -i- (t> — ^ , 

tandis que 
1 r'' 

^\J ^ <K£^(/i — a \ -h ( (■> — 


K désignant une borne supérieure de | F' ]. On en déduit que 
(\) ç]0(5)./S 

''a 

52r,5-4-.. . 1 ^ I 

_ _ 

~ £ £ 

■4" ( “4“ K ) ^( ^, — O j “4“ ( — t J ) -4“ • • ^ 

et il reste à vérifier que le second membre de (4) est arbitrairement 
petit avec £. Or en désignant par vj et Ç les plus grandes des quan- 
tités |Y), j et I Çi I et on observant que cr, -H ff 2 + • • • <(& — «)£> on 
voit que le second membre est inférieur à 

(h — <?) (t, -h Ç) -t- (M -t- K) ((./i — a) -4-(/..— . .). 

Le résultat annoncé s’en déduit puisque, d’après II, yj est arbitraire- 
ment petit si l’on prend £ assez petit et les points de division t, , r-j . . . 
assez serrés, d’après III, Ç est arbitrairement petit avec £ et enfin que 
la dernière somme (f, — rt) -f- ) + • • • peut être rendue arbi- 

trairement petite par un choix convenable des points ^ C, . . . . 



CHAPITRE IV. 


ia 

5 . Cas où la yariation. de Pargpument change de signe. — Suppo- 
sons, ce qui ne restreint pas la généralité, que | 9 ( 0 I soit constam- 
ment inférieur à l’unité. On posera 

( 5 ) 6(0=81(0 — 61(0 


avec 



0,(0 


I — 0(n 

———9 


les fonctions 0 \{t) et 6 ^{t) étant partout positives et bornées par 
l’unité de sorte que le calcul du numéro précédent s’appliquera à 
chacune d’elles. 

On a alors 

èE F[j-- îO]- iq.rl 
« 2 

F[.r-4-sQ,|-Ff.K| FfK-<-£0i I- F|j-!-î0,-£0, | 


Lorsque £ tend vers zéro la première fraction tend vers 


f F'I 


d’après le n" 4» la seconde tend vers 


ft 


parce que, d’une part on peut trouver, pour 


F[.r^ sO, I- F| r-esQ, -£0, I 


— Ç ‘8| — $0,, J J Ojf ç ) r/j, 


une limite supérieure arbitrairement petite avec s et qui ne dépend 
pas de la fonction-argument y (o® 4 ) et que, d’autre part, 

on a évidemment 


lira r' F'[ J -t- ^Oi - £0,, $] 6,(SX5 = f V'\y;i\ 0,(S) 

S_.0 *y ff 

Il en résulte bien que, dans tous les cas. 

AF 

= / nr. 510 ( 5 )^/^ 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


77 

6. Formes plus générales de la dijVérentielle. — Dans le cas d’une 
fonctionnelle linéaire la dilTérentielle coïncide avec la fonctionnelle 
elle-même de sorte qu’il est bien clair que les fonctionnelles précé- 
dentes, pour lesquelles la différentielle a la forme (3) 

SF=f 

ne sont pas les fonctionnelles les plus générales ayant une différen- 
tielle. 11 exist(!ra des différentielles du type linéaire le plus général 
et se mettant donc sous la forme de Uiesz [Chap. III, n® 9 , 
formule ( ib)]. 

M. Voltorra a envisagé, en même temps que le type précédent ( 3 ) 
le cas — pratiquement suffisant — où il ne figure pas d’intégrale de 
Stieltjes dans la difi'éreiitielle laquelle se réduit alors à 

(0) ol' = I' > dï H- V O/ o.»-( 

(l 

l 

8F comprend daus ce cas une partie rèi'ulii'rc analogue au second 
membre de ( 3 ), mais elle dépend aussi de aux points excep- 
tionnels H/. Ou en trouvera de nombreux exemples dans la suite. 

Lors(jue ôF est du type (fi) les conditions précédentes 1 , II ne sont 
plus vérifiées au M)isinage d’un point exceptionnel ci. H est aisé de 
voir comment on pemt les modifier. 

Obstu’vons d'abord (pie 1 ne peut subsister pour un intervalle con- 
tenant le point exceptionnel . Admettons pourtant (jin* les conditions 
1,11,111 subsistent pour tous les intervalles ne contenant pas à leur 
intérieur et supposons de plus (pie. pour un intervalle d’amplitude h 
contenant - , , on ait 
/ I- At' 

( 7 ) lui) - - r= O, 

/,--o 

(IzzO 

la limite étant obtenue de façon uniforme par rapport aux fonctions- 
arguments. Le raisonnement du n® 4 s'applique en prenant pour 
Tun des points T), Tj, ... et avec des modifii'ations insignifiantes : la 
différentielle garde la forme régulière ( 3 ). 

Supposons alors que la condition ( 7 ) soit rem|)lac('*e par la suivante : 



78 CHAPITRE IV. 

il existe une constante a telle que 


( 7 ') 


liml^ 

A = o( |X 
(!. = » 


a'-Zlll)î = o 


uniformément comme plus haut. La fonctionnelle F — véri- 

fiera (7) et aura une différentielle régulière. D’où 

W—f F'fjK, 

En général des conditions telles que (7') pour les intervalles qui 
contiennent les points exceptionnels jointes aux précédentes I, II, 
III pour les intervalles auxquels les ne sont pas intérieurs, permet- 
tront d'affirmer V existence d'une différentielle âF du type (6). 


7. Remarques sur les deux points de vue possibles dans l’étude des 
dérivées et différentielles. — On peut aborder l’étude infinitésimale 
d’une fonctionnelle soit en cljerchant sa dérivée fonctionnelle en 
chaque point de (a, 6), soit en cherchant en bloc sa différentielle. Il 
ne faut pas opposer les deux points de vue et nous ne voyons pas 
de raisons d’affirmer la supériorité de l’un d’eux : la di lièrent ielle 
synthétise ce qui se passe aux divers points de l’intervalle («, b) et, 
s’il s’agit d’une fonctionnelle assez simple, on l'atteindra immédia- 
tement (’); dans des cas plus complexes l'autre point de vue pourra 
s'imposer parce qu’il permet de diviser la difficulté. Lorsqu’il en est 
ainsi, les précédentes I, II, III donnent des conditions locales (qui 
ne sont évidemment pas les plus larges possible) permettant de 
conclure à l’existence d'une différentielle pour une variation de y 
intéressant tout le segment (a, b). 

Du point de vue de l’étude directe de l’existence de la différen- 
tielle. il serait d’ailleurs intéressant de dégager des conditions suffi- 
santes assez larges. Il ne semble pas que l’on s’en soit beaucoup pré- 
occupé, aussi donnerons-nous un exemple très simple de telles 
conditions. 

Admettons, ce qui ne restreint pas la généralité, qu’il s'agisse 
d’étudier la fonctionnelle F[j'] pour les fonctions jvoisines dcy''(<) = o. (*) 


(*) C^est ce qui arrive pour les fonctionnelles qui interviennent clans le calcul des 
variations : on en calcule directement la différentielle (ou variation). 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


79 

En désignant par x{t) l’accroissement 5^, l’accroissement de la fonc- 
tionnelle AF sera une fonctionnelle 

G [a?( # )] 

que nous supposons, comme plus haut, définie dans le champ des 
fonctions x{t) continues et bornées en module par le nombre M. 
Introduisons deux hypothèses de quasi-linéarité : 

Hypothèsk a. — I ar j ;i£, I A' ( ^ I , o/i a 

G| kx I = A ( G I x I -I- •!> ), 

<|> ^ 

— tendant vers zéro avec s uniformément par rapport à et à k. 

Hypothèse B. — .S/ | a-’ I IjK j 5 £, on a 

G(x -f- y| = Gf.r]-y Gi k 1-4- ‘r. 

— tendiint vers zéro avec s. 
e 

Nous eu déduirons l’existence d'une diHérenlielle de la fonction- 
nelle considérée pour la vahuir zéro de l'arguinent. D’abord : 

l . ( )uel que soit ./• ( f ) , 


a une limite n[a.'] quand z tend vers zéro. 

Nous pouvons en ed'el admettre que ] x . i en reniplaeanl au 
besoin £ par Or, pour démontrer l’énoncé, il suffit de vérifier que 

Gfe;rl Gh'./-| 


peut être rendu inférieur en module à a arbitrairement petit pourvu 
que £ et z' soient inférieurs à £| convenablement choisi. Mais 


GlE.rl 


£ 





« 1 > 


(d’après A). 4> correspondant à la fonction £,.i’ inférieure en module 



8o 


CHAPITRB )V. 


à £^ et à Ar = — ; de même 


G[e'a;l _ i «!>' 

correspondant à la même fonction et à k' — 


D’où 


G[^^] G[^| . |«I.l _ l«î.'| 


qui tend bien vers zéro avec s, d’après A. 

Écartons le cas banal où H[a?] serait identiquement nul et vérifions 
que : 

II. H[jj] est une fonctionnelle linéaire^ c’est donc la différen- 
tielle cherchée. 


D’abord 


G[eA\r I AGfex] 


donne à la limite, pour e = o, 


D’autre part 


H[Aj;] — All[;r] = O. 
Gre(;r-<-j)1 _ G\zx\ _ G\iy] _ '1* 


et, d’après B, il en résulte 

H[x+y] = \l[x] + Hly]. 

La différentielle ainsi obtenue ôF = H[a7] [avec j;(f) — ây(<)] 
n’est pas forcément bornée. Ajoutons aux précédentes conditions la 
suivante : 

Hvpothèse C. — ^ H [j?] est bornée pour | x \ borné., donc c’est une 
fonctionnelle continue de æ 

Hl Æ?] admettra alors une expression analytique du type de Riesz 


r'’ 


(•) Chap. m, n» 4. 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


8l 


Dans un intervalle où /(Ç) est dérivable et a une dérivée 
continue la fonctionnelle considérée sera elle-même dérivable 
au sens du n” 2, sa dérivée fonctionnelle étant f'(X) au point 


8. Cas où la fonction-argument a des dérivées finies et continues. 

— Jusqu’à présent nous nous sommes placés dans le cas où les argu- 
ments elôy(<) sont des fonctions bornées et continues. Le cas 
où F[j(0] n est défini que pour des fonctions y(t) bornées et 
continues ainsi que leurs p premières dérivées mérite quelques 
développements. 

Soit la fonctionnelle particulière 

F=r y'HDdt, 


pour laquelle p est égal à i . Donnant à y un accroissement £ 0(/), il 
vient 


(«,i 


lim 

i — 0 


AP 


>. Ç fit) 0 '( t)flt. 


On a ainsi une expression qu’il est uaturel d’appeler difiérenlielle de 
la fonctionnelle considérée. Dans le cas o\i y\t) existe on a 

r ’’ r '' 

■>. I y'( f) fi' (t ) (it = ■>. y'i h) h ) ■ - -^yi a) Q{a ) — ■>. / yi t)fi(t) dt. 


expression de la dill'érontielle avant la forme précédente (fi), avec les 
valeurs exceptionnelles a et b. D’autre part, pour obteivir la dérivée 

fonctionnelle di* F comme limite du rapporl > il faudra ajouter à 

l'existence <le p' et dy' d’autres conditions (existence par exemple de 
y" et ôk") qui viennent restreindre le champ dans lequel F était 
définie. 

C’est là un point qui paraît assez général : dans les cas où F[j-(0] 
n’est défini que sous des restrictions de dérivabilité pour y^ on sera 
amené à de nouvelles restrictions concernant y et ôj' dans l'étude de 
la dilFérentielle ou de la dérivée fonctionnelle de F. 

Admettons en efl'et que P’ est défini pour les fonctions ^'(<) ayant 
leurs dérivées bornées et continues jusqu'à l’ordre p. Nous pourrons 
définir l’argument y' (^) par la donnée de v‘^i(<) et des valeurs Ca, 


VOLTBRRA 



82 


CHAPITRE IV. 


C^i, . . . , C de y' . . • en un point a choisi une fois pour 

toute arbitrairement sur le segment (a, h). La fonctionnelle F peut 
alors s’écrire 

c«, c«, .... cr'], 

fonctionnelle de fonction ordinaire de C*, C’*, . . L(! 

changement d’argument au lieu àe y{t j\ ramène au cas déjà 

traité et il pourra exister une différentielle de F de forme 

(9) F, 8Ca-^FaSG;,+ ...-H /* c&lj'/'), C^, . . . : Sy/')($) O, 


en se bornant pour simplifier au cas régulier. Mais si l’on veul 
dans (9) faire apparaître, commedansla précédenle (6), un(* intégrale 
definie où figure â.F(ç) au lieu de il faudra des intégrations 

par parties et l’existence des dérivées de O par rapport à ç. Ces 
dérivées n’ont aucune chance d’exister en général, à moins que l’on 
ne restreigne encore le champ de variation de l’argument 

fortiori pour définir la dérivée fonctionnelle comme limite de 
en gardant 

rs ~ I ^ y{ t ) fit. 

des exemples aisés montrent qu’il faudra, non seulement les restric- 
tions précédentes du champ des arguments y, mais des restrictions 
analogues pour 5 ^. 


9 . On sera donc amené en général à restreindre le champ de varia- 
tion do l’argument y (<) se bornant aux fonctions telles que 

/(t), •••• 7'"K0 (n -p) 

sont bornées et continues et imposant les mêmes conditions à la 
variation 5 

Le champ de l’argument étant ainsi réduit, il n’y a aucune difficulté 
à retrouver (-) des résultats analogues à ceux qui furent établis aux 


(^) Bien entendu, c’est seulement en apparence que les valeurs de y et de ses 
dérivées pour t ~ ol jouent un rôle spécial. Cf, Cliap. III, fin du n" 9. 

(-) Cf, VoLTERav, |108] et |110]. 


OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


83 


n'*’‘ 3, 6 précédents pi)ur nue fonctionnelle définie pour des arguments 
seulement continus. 

Admettons remplies les conditions 1, II, III du n" 3, /x désignant 
maintenant le maximum des quantités 


Nous pourrons encore en conclure l’existence d’une différentielle 
donnée par 


Le raisonnement fait plus haut se conserve sans modification : il 

faudra seulement choisir la fonction 0(t), qui définit les aires er,- de la 
figure, de façon qu’elle ait des dérivées finies et continues jusqu’à 
l'ordre n inclus, £ d{t) étant alors dans un voisinage d’ordre n de la 

courbe initiale y{t). Mais cette restriction au choix de 0(0 ne gène 
nullement pour le choix des points de division t,, t] et £,. 

Si les conditions I, 11, lïl sont satisfaites pour tout intervalle ne 
contenant pas le point exceptionnel , et si, pour un intervalle conte- 
nant ce point, on a la condition ( 7 ), l’expression (3) de la difiéren- 
lielle reste valable. Si, enfin, il existe des constantes telles que 

.. ( AF — (70 ô c(?i » — S k'( ïi ' — . . . — 5 (Çi V/ 

( 7 ) lim : : î : ï — = O. 

Il 0 ( ’ 

— 0 

limite uniforme par rapport à la fonction argument^', on aura 


3 F 



O. 


n 

0 


avec une partie régulière et un point exceptionnel t\. On pourra de 
même envisager plusieurs points exceptionnels. 


U. - DÉRIVÉES ET DIFFÉRENTIELLES D’ORDRE SUPÉRIEUR. 
EXTENSION DE LA FORMULE DE TAYLOR. 

10. Dérivées successives. — La dérivée fonctionnelle première 
F[y(f), ï|] est une nouvelle fonctionnelle de )'(0 <Itii peut être éga- 
lement dérivable. Dans ce cas sa dérivée fonctionnelle prise au pointas 



CHANTRE IV. 


84 

de l’intervalle {a, b) sera la dérivée seconde de F, que nous noierons 

F'[7(Î), 5t, b]. 

De même, après n dérivations fonctionnelles, on aura la dérivée fonc- 
tionnelle que nous noterons 

^->5 • • • > désignant les points de l’intervalle (a, b) où ont été 
effectuées les dérivations successives. 

11. Sous des conditions assez larges, on démontre (Cf. infra 
n®' 13 et 26) que F" est fonction symétrique des paramètres Ei, çj 

î..S--j = F"LK(0, 5., I, 

ce qui généralise le théorème d’analyse sur l’inversion de deux déri- 
vations partielles 

<r-f ^ 

si f dépend des variables X|, .... Xn* 

De même sera en jçénéral foiiclion symétrique des paramètres 
^ 2 > • • - 5 \n- On peut encoi-e énoncer ces résultats en disant que 
l’ordre dans lequel on effectue des dérivations successives fonction- 
nelles est sans importance. 

12. Différentielles successives dans le cas où elles sont régulières. 

— La définition précédente de la différentielle revient à 

et il sera naturel de définir de même les différentielles successives 
par 

32F[y,o7] = jj^Ffj + s8yjj 


o/>F[j, 8jJ = j^,Ff7-HsSK]j^_^ 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


85 


les dérivées aux seconds membres étant supposées exister et donner 
des fonctionnelles entières et homogènes en ày de degrés respectifs 
• • • ? .... 

L’expression (3) de ôF se généralise aux différentielles suivantes. 
Supposons, pour nous borner à des hypothèses simples, que les 
conditions I, II, III du n‘’3 restent satisfaites dans les dérivations suc- 
cessives (le F’. Dans ces conditions (3) appliquée à F' donne 


(i c'‘ 

^r'I r-t-sor, ;, != / l'I.) +ÎOK, S,. 

et, puisque 

I ipi *' I ‘ 1 = (jp / ^ '■ I 


il vient 


0-iF= I' j ( ï: i O , S u/;i 


On montrera de même que 

(K,) zi>v=zj ...j F'/'ii ,-( o: L */, J a.i( î, »... 


Sous les conditions posées les dilVereiilielles successives sont donc 
des fonctionnelles régulières et homogènes ayant pour noyauæ l(‘s 
dérivées fonctionnelles successives. 


13. Extension du théorème de Taylor (’), - Si, dans la fonction- 

nelle F[r + £ 9 ] nous considérons y( et ^ij) comme llxées. la fonc- 
tionnelle devient une fonction ordinaire de £. soit /(s), qui sous les 
conditions posées au numéro précédent, sera dérivable jusqu’il 
Tordre p par rapport à £, les dérivées étant données par les 
formules (lo) où y est remplacé par £9 et ày par 9 . Appliquant 
à /(£) le théorème de Taylor, il vient 



où Q (‘St compris entre zéro et un. 13’après les formules précthientes il 


(‘) C/. VOLTEUaA, [I08j. 




CHAPITRE IV. 


vient donc 

(II) F[7 + ?] = F[7]+y i f\.. r'F<0[j(0;$.,Sî, 

^ X 9(Çi) ... 9(5<)rfÇi... rfç< 

+ r'... f F</»[j(r)H-0 9(O;5.,52, .••Ç/.J 

P • a 

X 9( Çi) . . . 9i.'ip)d%x . . . d^p, 

formule qui étend aux fonctionnelles dérivables la formule ordinaire 
de Taylor pour les fonctions de n variables. Si la fonctionnelle est 
dérivable d’un ordre quelconque et que les conditions qui permettent 
d’écrire (i i) soient satisfaites, quel que soit p, si enfin la limite du 
dernier terme est zéro pour p infini, nous aurons le développement 
en série 

(iii) S,] 

X 9(50... 9(5,). /5,... f/5,; 

y{t) étant fixé cette formule nous donne une série de puissances fonc- 
tionnelles pour définir 

G[9(/)] = F(7-t-9j (•)• 

Pour /? = I , la relation ( 1 1 ) se réduit à 
(u') F[y-t- «1 = F[j]-t- / F'1 >(O-h 09(O, 5]?(Ç)(/î, 

'^a 

qui constitue la généralisation fonctionnelle de la formule des accrois- 
sements finis. En supposant que la fonction 9 (/) ne change pas de 
signe dans (a, b), on en tire 

(il") F|y-4-<p| — F[7! = F'[j-(<)-h 09(O, 5'ir 

E' ayant une valeur comprise entre a et 6. 

Cette dernière formule permet de justifier le principe de symélrie 
des dérivées fonctionnelles énoncé au n" 11 ('*). Il suffit évidemment 
d’établir cette symétrie pour la dérivée seconde, c’est-à-dire de 
montrer que 

F"|7(/),Ç.,$,1 = F“[7(<), 5,. 5,]. 


(*) Cf. Chap. III, n- 23, 21. 
{^yCf. VOLTEHRA, [105]. 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


87 

Or soient («<,60 et deux intervalles int('‘rieurs à (a, b) et 

contenant respectivement ^4 et ^2 et envisageons une fonction cp4(0 
nulle à l’extérieure de («<, 64) et positive dans cet intervalle ainsi 
qu’une fonction nulle, sauf dans («3, 63) où elle est positive. 

Formons l’expression 

IVt = F I r ©I -t- ®. ! — F I J' f I ] — F f J-" -H 9; ! -t- F j j 


qui peut s’écrire 

(12 ) M = «1 -I- ®.. I — « I y 1 

ou bien 

(l'i') M = fl <p, | — 


en posant 
et 


ii[y I = 1 

‘‘1 y \ = y ?î i — •■'i 1- 


Posons, pour abréger, 

1 P ^'3 

Ÿi( S., == / v..( Ofh. 

• d* 

En prcnanl M sous la forme (12) Il vient, d’après (1 1"). 

M = ii’\ z{ t ) ^ 0'^, 9i(/ ), î'3 I.Sj. 

Cl. en utilisant encore (ii") pour transformer la dérivée fonction- 
nelle II' , 



formule dans laquelle 0 \ et 0’^ sont compris entre zéro et un et - , . 
ï'y respectivement intérieurs à («,, 64) et («3, 63). En partant de ( 12 '). 
on aura de mémo 


M = F"( y. 0'; O, (• O + 0 ; ?,( n, Ç'I , 1 • ^ . S... 

Faisons enfin tendre vers zéro les segments («,,6,) et («3.63) 
ainsi que le maximum de ] ?i(0| |92(0|> tendent vers 

^’a et vers £3, et l’on a à la liinil»* 


F'[7(0, 5. i = , 



88 


CHAPITRE IV. 


pourvu que cette dérivée seconde soit continue par rapport à l’argu- 
ment y (i) et aux variables ^ 2 . 

14. Différentielles successives. Cas plus généraux. — Dans les 
numéros précédents nous nous sommes limités au cas où *es dérivées 
successives de F vérifiaient des conditions du type 1, II, III du n" 3. 
Les difTéreniielles successives étaient alors des fonctionnelles régu- 
lières. Ce n’est évidemment pas le cas le plus général : on pourra 
avoir des difTérentiellcs s’exprimant par des intégrales multiples 
de Stieltjes (en admettant que ces dilTérentielles, définies comme au 
n“ 12, ont la continuité élémentaire d’ordre zéro). Le développe- 
ment de Taylor s’étend sans difficultés. 

Les cas particuliers les plus importants sont d’ailleurs celui 011 la 
différentielle ô^F a la forme régulière et celui où elle a la forme 
normale (Ghap. III, n” 21). 


13. Prenons, par exemple, le cas de />= 2 , une difi’érontielle 
régulière sera du type 


(i3) 5-iF= Ç' 


et une différentielle normale du type 


(I4)8'-F=:r \\{%)\^y{%)Y‘d^+ f f 

n ^ n. ^ n 


Lorsque, pour une valeur déterminée de l’argument jk(^)? o*' ** 
obtenu une différentielle seconde du type (i3) ou (i4)i ü est naturel 
de considérer K(^j, ^ 2 ) comme une dérivée fonctionnelle seconde. 
Lorsque, (i3) ou (i4) étant valable pour différentes valeurs del’argu- 
ment^'F(^), K(? 4 ,^.>) et H(^) seront des fonctionnelles dey, on pourra 
poser 

5i, $•>] =K|^y(0; ç., - 


il faut seulement noter que c’est là une définition de la dérivée fonc- 
tionnelle seconde un peu plus large que celle du début. 

Dans le cas où la différentielle seconde a la forme (i4)» ü faut 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES, 
ajouter la remarque suivante : 

K[r(o; ç., h] 

joue le rôle que jouerait la dérivée partielle 


•ivi <iyk 


(i f^) 


pour une fonction de n variables; suivant le cas, Tune ou l’autre des 
deux fonctionnelles 

et 

K[r(0; ?, 5 J 


pourra tenir le rôle des dérivées partielles prises en dérivant deux 


fois par rapport à la même variable. En particulier, comme l’ont 
montré les travaux de M. P. Lévy, l’équation 



réalise une extension intéressante, dans le champ fonctionnel, de 
l’équation de Laplace à n variables ('). M. Volterra a montré [115] 
l’intérêt que présentaient des équations telles que 




16. Différentielles de M. Fréchet. — Nous avons dit que la 
définition précédemment adoptée pour les différentielles d’une fonc- 
tionnelle n’étail pas exactement la même que celle donnée par 
M. Fréchet (-). 

M. Fréchet fait en effet dépendre la définition des dift'érentielles de 
la distance dans l’espace fonctionnel considéré : il définit ôF comme 


(') Bibliographie [75], p. 86 . 
(*) Page 71 , note (‘). 




. CHAPITRE IV. 


90 

une fonctionnelle linéaire de ày telle que 

F f y -H Sy ] — F [ y 1 — SF 

' H «r 11 ’ ’ 

où II ày II désigne la distance fonctionnelle entre y + ôy et j', tende 
vers zéro quand || ây || tend vers zéro. De même la différentielle 
seconde sera une fonctionnelle entière homogène et du second degré 
en vérifiant 

F[y + 8y]-F[yJ-8F- 

lim — — — O] 

iiôvii=o i|6/ir- 

de même enfin pour la différentielle avec la condition 

F[y -4- Sy ] — Ff J J — SF — i S2 F — . . . i-, O/' F 

lira — r — - — — = O. 

l|Srll==« IhjlK'- 

Ces définitions sont un peu plus restrictives que les précédentes. 
Posons, comme au n" 1, ôy = e9 (t) et remarquons que, pour toutes 
les définitions de la distance, l|ôjy }| a un facteur e : dans ces condi- 
tions il est clair qu’une différentielle au sons adopté plus haut sei'a 
différentielle au sens de M. Fréchet, si la limite qui la définit [for- 
mule ( 2 ) par exemple] est obtenue uniformément par rapport à 0(t). 
La restriction ainsi introduite est d’ailleurs utile dans bien des appli- 
cations. 

17. Dérivation d’une fonctionnelle composée. — Pour généraliser 
par exemple le théorème sur la dérivation d’une fonction composée, 
il sera commode de se placer au point de vue de M. Fréchet ('). 

Admettons que la fonction-argument, que nous désignerons par 
y(t, a) dépende du paramètre a et supposons que, dans les iuUîr- 
valles a^<a^a 3 , a^t^è, la fonction a) ait une dérivée bornée 
et continue par rapport à oc. Il est facile de vérifier que, dans ce cas, 
si la fonctionnelle 

est différentiable au sens de M. Fréchet, alors la dérivée ^ de la fonc- 


C) Fr^:chrt, [38]. 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


91 


tion 

/(aj= «)j 


existe pour a compris entre ai et a.j et que 


Posant en efrot 

Av =ri a -t- Aï ) — .v( f, a ), 
l’existence de la difiérentielle implique que 

F [ K -+- Av I — F(,v I — 2 Ff V. Av | 

il A)- Il 

ce qui peut encore s’('*crire 

( l’I V + Ax 1 — F| )'] ^ f A)'1; I 

Aa 0^ Aï L Aï j Av ü 


Aï 


et le rcsultat annoncé en découle parce que ' reste limité d’après 
les hypothèses faites. 

La formule (là) généralise la règle de dérivation d’une fonction 
composée <le la variable a, /( avec y, = >',(3!), 

(„i, -y _v 


y =y ''L vii 

</oL tf y, doL 


Dans le cas particidier où la dill'érentielle oF est régulière, (i5) 
devient 

(r/) = f F'|_v(/, ï); ai'/;. 

• it 

déduite de (ib) par le principe de passage du discontinu au continu. 


18. La formule (là) a la conséquence suivante : si F[y'(^)] a un 
minimum ou un maximum relatif pour la fonction 

y«i f ) = >■( f, xn ). 

c’est-à-dire si l’on a toujours 

F[^Vo(/*|< >F|v(/)j 


(M On se rappelle (fue oK est fonctionnelle des deux arguments oy. Ces deux 
arguments doivent, dans le dernier membre de (i5), avoir les valeurs y(t^ a), 

y a). 




92 


CHAPITRE IV. 


poury assez voisine de Ko » alors la quantité ^ doit être nulle pour a = «o . 
En d’autres termes la première différentielle 

( 17 ) 2F[r(0>?(0] 

d'‘une fonctionnelle doit être nulle^ identiquement par rapport 
à <p(t), pour les fonctions ^'o(^) qui rendent la fonctionnelle 
maximum ou minimum ). Lorsque (i 5 ') est valable (fonctionnelle 
dérivable) nous avons comme conséquence que la dérivée fonctionnelle 

( 17 ') 51 

est identiquement nulle en \ pour les fonctions yo{t) qui rendent 
F maximum ou minimum (2). 

19 . La condition (17) ou (17’) étant remplie, le signe de la dift’é- 
rentiellc seconde peut donner des conditions suffîsantes pour le 
maximum ou minimum : st, pour l'argument y(<), ôF est identi- 
quement nulle et sHl existe un nombre positif k tel que 

a-jp > A-|! oy l!^ 

pour les fonctions ây pour lesquelles || ày || est assez petit,, F a un 
minimum relatif pour l'argument y{t). 

En effet, on sait que 

Y\y + -oy]-V[y\-U-'-¥ 

i|5rll=‘ 

tend vers zéro avec le dénominateur; on en lire 
V\y^^y]-F[y\> 

et, pour II ô^ll assez petit, ^ — e sera posilif, d’où le résultat. 

Le champ d’application de ce théorème est plus restreint qu’on ne 
pourrait penser à première vue : en ce qui concerne les fonctionnelles 
du calcul des variations, il ne serait applicable que dans un champ 
fonctionnel trop restreint (cf. d’ailleurs n" 8). On sait combien est 


(') VOLTERHA, [108]. 

(’) (17) OU (17') ayant lieu, il n’y a pas forcément maximum ou minimum; on 
peut dire que là fonctionnelle est stationnaire. 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 93 

délicate, en calcul des variations, l’étude des conditions du deuxième 
ordre déduites de la considération de 


111. - EXEMPLES. 

20. Prenons une fonctionnelle régulière de degré n 

n 

F(^(/)] = a-oh-V f ... f 

^ ^ a n 


où l’on peut, comme nous l’avons vu, supposer que les noyaux sont 
symétriques par rapport aux variables qui y figurent. La différentielle 
sera 

; I , .... ç £ — 1 > Ç ) 


f f‘... fk-dh 


y ( ï \ ) * • ' .k(;£-i ) ffh • • • /• 


et la dérivée fonctionnelle sera 


K'Lr(n, = r ■■ f 5) 

^1 J„ j„ 

X ,Kl ;i ) . . . ,K( ï,-i ) d\\ . . . 

fonctionnelle régulière en y de degré n — i . En général, après p déri- 
vations, on obtiendra ... fonctionnelle de degré n — p 

si n > /?, égale à « ! An (^i ? . . . . E« ) si n = /?, nulle enfin si n < p< 

21. Prenons maintenant une fonctionnelle normale, du second 
degré, pour abréger, soit 

• ^ n 




f f a- 2(Ç,, d;,, 


nous aurons la différentielle 


8F = /'’A.(05^(S)dÇ-K-^ 

a a 

/'* /** 

-I- 2 J j k:i(^, r])y(^)3y( ri)dSdrt 



CHAPITRE IV. 


94 

et la dérivée première 

Z'* 

?1 = 4:i(?) + 2/t(Ç)7(Ç)-H2 / 

^ a 

fonctionnelle du premier degré en y qui dépend spécialement de la 
valeur de au point 


22. Notons en passant que, lorsqu’on écrit qu’une fonctionnelle do 
l’un des types précédents est stationnaire en annulant la dérivée F', 
quel que soit on obtient, pour le cas régulier du second degré, 


(i8) 


( $ ) 



Ç)r(0 d( 


et, pour le cas normal, 


(19) 


.r(?) = — 


Ai(S) 

2 A(5) 



\)y{t)({t. 


Los équations de ce genre seront étudiées ultérieurement : ce 
sont des équations intégrales linéaires par rapport à la fonction 
inconnue y'(/), respectivement de première espèce (i 8 ) et de seconde 
espèce ( 19 ). 


23. Soit la fonctionnelle 

p\y(n\ = / y"Kt})df, 

a 


du type qui apparaît en calcul des variations. Nous supposcu'ons la 
fonction y finie et continue ainsi que celles de ses dérivées partielles 
dont nous aurons besoin. F a un sens pour les fonctions y{t) déri- 
vables jusqu’à l’ordre /i inclus; mais, pour mettre ôF sous la forme 
habituelle, il faut se placer dans le champ des fonctions y{t) déi'ivables 
jusqu’à l’ordre 2/1 inclus et l’on obtient pour ôF 



dt tjy 


dt^ 


() f , r/" <)f 

dy ' ’ dt'^ 


oy{t)dt 


les points désignant des termes qui dépendent de dy, . . . , ^y"~' aux 
points exceptionnels a ai h. 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


95 


La dérivée fonctionnelle première est 




d âf 
{ Oy dt ày' 



c’est une fonction ordinaire de y-, • . • , calculés pour / = 

Si on l’annule on obtient, pour déterminer les fonctions y{t) qui 
rendent stationnaire la fonctionnelle, Véquation différentielle 

ày dt ày' 

(équation d’Euler). 


24. Soit enfin 


r * 

^ a 

•+• J f /-'(f. •'i, .K(5', .K< r, ), y'v(,^) d’-dr^. 


OÙ fi est supposée symétrique en t et n quelle que soit y. Sa diflTé- 
renlielle sera donnée par la formule 


ôi; 


--r 


ô.K( ; ) d^ 



di ày' \dy{^) 


d àfi 
d'- ày'i 



en négligeant des termes qui dépendent des valeurs de ôy en d et h. 

Eu égalant à zéro sa dérivée fonctionnelle nous aurons, pour déter- 
miner l'inconnue y, l’équation fonctionnelle suivante ; 


'^y 


d; 'fy' 


d dfi \ . 

, 7 I dr, = O. 

d; à y ( ; I / 


L’inconnue y y figure à la fois par ses dérivées et sous le signe 
d’intégration. C’est donc une équation qui participe à la fois du 
caractère des équations intégrales et des équations différentielles. 
M. Volterra a nommé les équations de ce type équations intégro- 
différentielles. Nous aurons à les étudier ultérieurement (' ). 


(') On trouvera d’auli’üs exemples dans les Lei;onssur les fondions de lignes [113J 
«le M. Volterra, Cliapitrc III. 




96 


CHAPITRE IV. 


IV. - L’INTÉGRATION DES FONCTIONNELLES. 

25. Bien des problèmes se posent à ce sujet. Certains d’entre eux 
paraissent d’ailleurs fort difficiles et ont été à peine abordés. 

Dans le présent paragraphe nous réunissons l’exposé de quelques 
questions concernant l’intégration des fonctionnelles et qui peuvent 
montrer les divers points de vue. Nous aurons d’ailleurs l’occasion, 
dans les volumes suivants de l’Ouvrage et à propos des applications, 
de compléter l’élude que nous abordons ici. 

Nous signalerons un important Mémoire de M. Fréchet [•il] où il 
donne une définition très générale de l’intégrale d’une fonctionnelle 
abstraite sur un ensemble abstrait. Il serait certainement intéressant 
de chercher à tirer parti de cette définition en se plaçant au point de 
vue du calcul fonctionnel. 

26. Détermination d’une fonctionnelle dont on connaît la dérivée. — 

Un premier point de vue consiste à rechercher V opération inverse 
de la dérivation fonctionnelle ( ’ ). 

D’une façon précise le problème peut être posé de la façon 
suivante : on donne une fonctionnelle 

G 1^/1 C' çj » 

où figure un paramètre \ définie, par exemple, dans le 

champ des fonctions y{t) finies et continues. Reconnaître si G est la 

dérivée fonctionnelle d’une définie dans le même champ; 

lorsqu’il en est ainsi, calculer F. 

Le principe de passage du discontinu au continu guidera ici de façon 
très efficace. Le problème d’analyse ordinaire correspondant est le 
suivant : reconnaître si n fonctions des variables y,, y.j, .... y„, 
soient \i(y,, y.j, . . ., y,,), sont les dérivées partielles d’une fonc- 
tion f{yh, y^, ..., .Vn) que Von déterminera. Or ce dernier 
problème peut être traité par l’application de la formule de Stokes, 
qu’il s’agit donc d’étendre aux fonctionnelles. 


(') VOLTERRA, [113], p. 43. 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


97 


Soit à cet effet, dans un plan auxiliaire (w, p), une aire simple « 
limitée par le contour fermé c. Faisons correspondre à chaque point 
de l’aire une fonction-argument que nous noterons 


et désignons par s) celle de ces fonctions qui correspond à un 
point du contour de w, point repéré par le paramétre s. On démontre 
que 

( 20 ) f 

= ]-f(hnhf f (G'[^(f; M, c); ï), $] — G'i M, fj; ï, r,]) 

r>( n, v ). r( 7); m, i?;) 


formule qui généralise la formule de Stokes. Dans cette formule G’ 
désigne la dérivée fonctionnelle de G prise au point ( - ou rj ) qu’indique 
la dernière variable; 

r)( r( ; : U, e), y( t) : //. c ») 

I > ( a, V } 


est le déterininanl fonctionnel des deux fonctions ) (^ ; «, e). > (tj ; u, v) 
par rapport à « et e. 

On établit ( 20 ) en appliquant la formule de Green 


à la transformation de l’intégrale curviligne du premier membre. Le 
calcul est immédiat; on doit supposer que la fonctionnelle G est déri- 
vable et que sa différentielle a la forme régulière (n® 3) 





La formule ( 20 ) permet de résoudre le problème posé. Pour cal- 
culer F[jt'(f)] on pourra choisir arbitrairement sa valeur quand y{t) 
prend une valeur Vo(^) appartenant au champ fonctionnel considéré, 
puis on construira une fonction de deux variables s) qui prenne 
les valeurs yo(f) gI y{t) lorsque s prend les valeurs et et qui 
reste dans le champ fonctionnel où l’on s’est placé. 


VOLTKRRA 


7 



CHAPITRE IV. 


On aura enfin 

j ^«i dy(r[' s) 

ds Gl7(<; i); 

c.. 


Encore faut-il que l’expression précédente ne dépende pas de la 
loi y{t’, s) adoptée pour passer de /o(<) à f{t), lorsque s varie, 
de ^0 à Cela entraîne que le premier membre de ( 20 ) soit identi- 
quement nul quels que soient co ety(<; u, e), d’où la condition 


( 22 ) 


G'LKO; n, M = G'|/(<); 5. -^.1 


nécessaire et suffisante. Cette condition étant remplie, F est 
déterminée à une constante près 

{nyoit)])- 

Notons que G’ est la dérivée fonctionnelle seconde de b de sorte 
que nous établissons ainsi le théorème déjà donné (n" 11 ) : V ordre de 
deux dérivations fonctionnelles n'a pas d'effet sur le résultat. 

Comme cas particulier on a le résultat suivant, dont la démonstra- 
tion directe est d’ailleurs aisée : si F'[_;k(^), est identiquement 
nulle, la fonctionnelle F se réduit à une constante. 


27. Cas où la différentielle de F n’a pas la forme régulière. - Le 
calcul précédent concerne en fait la détermination d’une fonctionnelle 
dont on connaît la différentielle, laquelle est régulière. Mais il n’esi 
pas difficile de passer au cas général. 

Donnons-nous la fonctionnelle 

I' 

dépendant des deux arguments y (<), ày{t) et linéaire par rapport 
à iy(^t). Nous chercherons à déterminer une fonctionnelle 

dont r serait la différentielle. 

Puisque F est linéaire en ày, il n’y a pas de difficulté à la diffcren- 
tier en faisant varier le seul argument üy. Nous admettrons que 
lorsque, en maintenant fixe ôy', on donne à y une variation Ar la dilfé- 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


99 


renlielle correspondante de T existe également et nous la noteroiis 

r i> b h 1 

L O n « J 

Nous supposerons enfin remplies les conditions nécessaires pour 
que l’on puisse utiliser les dilFérentielles précédentes pour la dériva- 
tion par rapport à des paramètres dont dépendront y et [cy^. 
n" 17 , formule ( i 5 ) |. En reprenant les calculs du numéro précédent 
on constate alors que la formule de Stokes généralisée est remplacée 
par la suivante ; 


,:i, 

,, r , , /; U »’ ) ifyi f: «. i- ) 1 


i/ yi t ; M, y ) J 


Pour l’exisfenci* de F' ci est donc nécessaire et suffisant que 
(3(1 ! = Il 0/ 


quelles que soient les fonctions y\ o >', A >• du champ où l’on s’est 
placé »“t F sera donnéi? par la formule 


Fl.n ni 


^K(.( t ( I 




r ( / ; 5 ) 1 , 


28 . La propriété exprimée par (24) donne, en somme, l’extension 
la plus large du principe d’inversion de deux dérivations fonctionnelles 
{ ef. supra n" 1 1 et fin du n" 26 ). 

Voici, comme conséquence, un résultat énoncé par M. Volterra 
dans un cours professé à Rome en 1926. Admettons (|ue la difléreu- 
tielle donnée 

r p ( t), O » ( t »J 

soit de forme 


t )j oy( 7 .) -i-jT B |^/( / 1, $ 0 j( ^ 


iivec la valeur exceptionnelle (x et supposons que,*- fjuand on donne 



lOO 


CHAPITRE IV. 


(26) 


{■>■!) 

Bi [y(0, ?J 


à y l’accroissement Aj'(f), A et B aient des différentielles de même 
forme, respectivement égales à 

A7(a)H- ^ Aî 1^7(0, 

En remplaçant dans (a 5 ) A et B respectivement par les expres- 
sions (26) et (2^) on a la précédente H et l’équation (24) exprime que 

Aj j7(0, çj Ay(Ç)^?-t- AK(a)y' B. j^r(0, çj S7(ï)^/= 

Bî ■’»] ® 


doit être symétrique par rapport aux fonctions ôy(^), ày{t) quelles 
que soient ces fonctions. On en tire non seulement que Ba est symé- 
trique par rapport aux variables^, Y) (ce qui est le principe d’inversion 
du n” 11) mais encore 

A.[j(0, îl^B, ^7(0, ?j. 

Quand une fonctionnelle F’ donne une partie exceptionnelle de 
coefficient A et une dérivée fonctionnelle B, il y a symétrie entre 
la dérivée fonctionnelle de A et le coefficient d' un terme excep- 
tionnel qui se présentera en diff érentiant B. 

29 . M. P. Lévy a envisagé ( ' ) ^^ cas où la différentielle donnée a 
la forme régulière (^) 


la différentielle de G n’étant plus régulière, mais ayant la forme 

8G = Ao oy -f-. . A;, Ç K(Ç, Tj) 8y( ïj ) c/ti 

da 

avec une partie exceptionnelle dans laquelle ây, ôy', . . . , sont 


(') ['î'5], p. 9«-94- 

(*) Avec éventuellement des parties exceptionnelles concernant les limites de 
rintervalle d^intégration, et dont il est aisé de tenir compte. 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


lOI 


calculés pour la valeur Aq, A,, sont des fondions de ^ ce 

sont aussi, ainsi que K, des fonctionnelles de y, mais nous ni; 
l’indiquons pas pour ne pas charger l’écriture. En posant pour 
abréger 

5G|= M \y{t), ôy(t); Ç 

L rt a 

la condition do symétrie ( 24 ) donne la relation obtenue .direcU'inent 
par M. P. Lévy 

■'Jfj', ÇJ Ay-r ï) r/Ç, 

qui doit être vérifiée identiquement. M. P. Lévy dit alors (|ue 
l’expression M est sa propre adjointe; les conditions |à remplir pour 
cela sont immédiates : en particulier K(^, yj) doit être fonction symé- 
trique en ^ etr) et l'expression dillérentielle 

Afl ÔK -H ... -4- A,, 8y'*/'> 

doit être adjointe d'«‘ll(>-iuême au sens de Lagrange ; elle a donc une 
forme bien connue. 

30. Généralisations diverses. — Les calculs qui précèdent con- 
C(‘raent dans l’ensemble ^l’intégrale curviligne dans l’espace fonc- 
tionnel, une, courbe de cet espace correspondant à une famille de 
fonctions y'(^) dépendant d’un paramètre. Nous avons donné diverses 
formes du théorème analogue au théorème de Stokes concernant une 
intégrale curviligne prise suivant une feriuèe i\e l’espace fonc- 

tionnel. Il n’y a pas lieu d'insister sur les généralisations faciles 
relatives à des intégrales prises sur des multiplicités de l’espace 
fonctionnel, multiplicités dépendant d’un nombre quelconque, mais 
/ini^ de paramètres. Nous aurons d’ailleurs l’occasion d’y revenir à 
propos des applications. 

Nous donnerons, pour terminer ce Chapitre, quelques indications 
sur un problème bien plus diflicile : l’extension de la notion d’intégrale 
à iune portion de l’espace fonctionnel qui ne dépend plus seulement 
d'un nombre fini de paramètres. 




Mly, Ay-; 


-f 


31 . L’intégrale multiple et la notion de moyenne dans l’espace fonc- 



102 


CHAPITRE IV. 


tionnel. — Pour une fonclion de « variable f ( r» , J'j, • • • , ^>'/i ) il n’y a 
pas de difficulté à définir l’intégrale multiple d’ordre n : par exemple 


j çl>i 

• • • / /(7> , .l'ï .*• • • ) 7» ) - 

«1 '■'an 


l'intégration étant efi'ectuée pour un parallélipipède P„ do l’espace 
à n dimensions. En divisant ï par le volume de ce parallélipipède 

= ( *1 — «I ) ( — a» ). . . ( 6„ — a ,, ). 


on a la valeur moyenne de / dans P„. On peut cliorcher à intro- 
duire des notions analogues pour les fonctionnelles en utilisant le 
procédé habituel de passage d’un nombre fini à une infinité de 
variables : il s’agit donc de définir l’intégrale ou la valeur moyc'une 
dans un champ fonctionnel à une infinité de dimensions. 

Une première difficulté se présente lorsqu’il s’agit de définir le 
volume ou la mesure d’un champ fonctionnel de telle sorte qu’il 
jouisse de la propriété d’être une fonction adJitive de cet (msemble. 
Prenons, par exemple le champ de toutes les fonctions >'(^) pour 
lesquelles 


av(!c — y',(/)>.o, champ qui peut être considéré comme un 

parallélépipède de l’espace fonctionnel : le volume, produit de toutes 
^es différences possibles 72 (^) — serait nul si 


et infini si 


y-.(t)~ y\{t) i 
y..( f I --yi(f) I. 


Galeaux évite celte difficulté en définissant direcloment la moyenne 
d’une fonctionnelle dans un champ donné. Ses travaux (') sur ce 
sujet vont dans plusieurs directions (|ue nous indiqiu'rons ici (-). 


32. Première méthode de Gateaux. — Observons <[uo, dans le cas 
des fonctions ordinaires /’()•,, l'.j, . . la moyenne coïncide avec 


(') Gateaux, [55], [57]. 

(*) Les travaux (te Galeaux ont été poursuivis par M. F. Lévy, (jui a beaucoup 
perfectionné les méthodes, et a développe d’importantes applications, telle la belle 
théorie des fonctionnelles harmoniques. C/i75]. Nous y reviendrons dans le second 
\olumo du présent Ou>rage. 




OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


l’inU^grale si lo champ considéré est le cube à n dimensions 

• (/= I « t, 

(iaie.iiix se limite d’abord à une fonctionnelle 



prise dans le champ des fonctions qui restent, quel que soit /, com- 
prises entre o et i . 

Prenant quelconque <lans le champ précédent et un 

nombre /i(o<C/*<i). notons y (/, //) la fonction définie par les 
égalités 

ÿ( f, h ) ~ >•( t) -k- h lorsque v'{ t ) -h h ^ i , 

= Y{ t) h — 1 lorsque y( -4- /» > i, 

F| >'(/, A)] est une fonction onlinaire «l(‘ h, définie dans 

l’inlrrvalle O, i. Calculons alors 

Si nous «lésignons par L et l respectivement la borne supérieure et 
la borne inférieure de la fonctionnelle F dans le champ, l’intégrale l| 
est nécessairement compris(‘ entre Lot /et, si v(/) estfixée, elle repré- 
sente la moyenne de F pour l'intinité simple des fonctions >'(^, h). 

Désignons par li, et /| les bornes supérieures et inférieures de I| 
(juand >' varie dans le champ considéré, nous aurons 

/ : /li Lii I- 


]=/■ 


l'[ v( /» 


Divisons alors l’intervalle {<(, b) on deux parli(‘s («, c) et (c, h) l'I, 


d'une fonction choisie i'(/) déduisons > (/, b,, h.,) égale à )'(/)4-//, 
dans l’intervalle (a, c) et à >'(/)-!- /i^ dans l’intervalle (c, b) (en 
convenant toujours de retran<‘her i si les valeurs obtenues dépassent 
l’unité ). 


|.^ I v( /) — f f 1‘ 1 v* t. />i- />i t] dA| i//i , 

L « 1 .'o 


représentera la valeur moyenne de F pour l’ensemble à deux para- 
mètres des fonctions >'(/. A,, h^)- Elle aura pour bornes L.j et l-, et 



CHAPITRE IV. 


io4 

l’on vérifie sans peine que 

En divisant en deux chacun des intervalles (a, c) et (c, b) on aura 
de même une intégrale quadruple dont les bornes et L3 seront 
comprises entre L et Lo et ainsi de suite. 

Il peut arriver que la suite non croissante des Lj et la suite non 
décroissante des li aient une limite commune X : ce sera alors par 
définition la moyenne de la fonctionnelle dans le champ considéré; 
ce sera aussi V intégrale puisque -dans le [cas présent il est naturel 
d’identifier valeur moyenne et intégrale. 

Il advient malheureusement que la convergence des deux suites h 
et Lj et la valeur de leurs limites dépendront en général du procédé 
de division de l’intervalle («, b) en intervalles partiels. Cette première 
méthode appelle donc de nouvelles recherches. 


33 . Nous donnerons un exemple très simple, où la méthode con- 
duit d’ailleurs à un résultat satisfaisant. 

Soit la fonctionnelle linéaire et régulière 


^ a 

où /(^) est donnée. On a 

-h h r /{t) fit — r /{ t) t/f. 

^ lu 


en désignant par l’ensemble des points du segmenl (0,1) pour 
lesquels > i — h. II en résulte 


I 



f)(tt f /{t)y{t) 


,/( — 


f (Ib f fit) <ft, 


mais le dernier terme n’est autre qu'une intégrale -double de /(O 
étendue à l’aire de la courbe .>'(^), il disparaît donc avec le second. 
Ii est indépendant de ;>'(/), on a 

i r* 

/, = L, = - / f(t) dt. 


Toutes les autres intégrales ont la même valeur, la moyenne de F 



OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 


io5 


est donc 

.7 


C’est C(î que l’on pouvait attendre : pour la fonclion 

fnyn^ 

rintégrale étendue au cube <‘sl 


I 

( 


f \ -t-/» 


34. Seconde méthode de Oateaux. - Son point de départ est plus 
naturel : elle généralise, de façon immédiate, la remarque précédente. 
Envisageons une fonctionnelle 



dépendant lic l’argument dans l’intervalle ( o, i) (ce (jui ne 

restreint pas la généralité). Toute fonction y{t) peut, sous des con- 
«litions très larges, ètnî approchée en moyenne par une fonction 
simple pnmant des valeurs constantes • ■ -j.' /i dans les n inter- 

valles 


-,-'1, 


In- 

1 n N 

\ , 

5 1 y 

n n J 

• • • î 

l n 

- y — 

J 

r 


l'approximation augmentant indéfiniment avec /<. Or une telle fonction 
simple correspond au point de coordonnées j',, v.j, . . . , r„ d'un 
espace E„ à n dimensions. Le domaine considéré D de l’espace fonc- 
tionnel donnera, pour 1»‘S fonctions simples d’ordre n qui lui 
appartiennent, un certain domaine D„ de l'espace E„, la fonctionnelle 
devenant une fonction ordinain» de r,, . . ., )’,i dont on peut éva- 

luer, par des intégrations ordinair<?s, la valeur moyenne Oïl,, dans D„. 
Si JTL,, tend vers une limite pour n — c», cette limite définira 
la valeur moyenne de la fonctionnelle. 


3.3. Un cas simple est cidui où D est le domaine intérieur à une 
sphère fonctionnelle. On cherche alors la moyenne d(‘ F pour toutes 
les fonctions »'(/) qui vérifient 



y-{t)i{t = \\- 



I 06 CHAPITRE VI. — OPÉRATIONS SUR LES FONCTIONNELLES. 

(sphère de rayon R). Les fonctions simples donnent alors, dans E„ 
le domaine D„ intérieur à l’hypersphère 

.r'i -t- r 2 

de rayon R^/t. 

Le volume de la splière de rayon p dans l’espaci' à n dimensions est 


"1 9-'" 

p\ 


7ZP 'AP ^ 


I .3. J. . .(2/? -4- 1) 


SI n = 2 p, 

o-P * * si n = •> /> 4- I . 


En remplaçant p par R et utilisant Texpression as> mptotique des 
factorielles on constate que, pour n très {çrand, le volume est équi- 
valent à 

n 

( 2 TL r )“ R" 

/■" ■ 


On ne peut donc, par le procédé précédent, définir le volume de 
la sphère fonctionnelle ni, par suite une intégrale étendue à ce volume ; 
il faut .se borner à la notion de moyenne. 


36. Une autre extension de l’intégrale inultiph* aux champs fonc- 
tionnels a été donnée par M. Daniell qui envisage une fonctionnelle à 
variation bornée définie dans un champ à une infinité dénombrable 
de dimensions et étend dans ce cas le concept d’intégrale multiple de 
Stieltjes. L’intégrale de Daniell a été appliquée par N. Wiener à 
l’étude du mouvement brownien ( ' ). 


(’) Cf . Daniei.i., Wikneb. [ 1 ' 20 J. 




CHAPITRE V. 


\.E CALCUL KONCTIONNLL ET LES MÉTHODES NOUVELLES 
I)i: CALCUI. DES VARIATIONS. 


l. - KEMAUQUES GÉNÉRALES. 

1. Nous avons déjà eu l'occasion de dire qiu* le (-aïeul des varia- 
tions n’était qu’un chapitre de la théorie générale dos fonctionnelles, 
chapitre qui se déliiniu* par les deux réserves suivantes ; 

rt. On ne considère que des fonctionnelles qui sont exprimées par 
des intégrales définies (simples ou multiples) portant sur une fonc- 
tion ordinaire de la fonction-argument et de ses dérivées; 

b. (^n n'étudie que les problèmes de maximum ou de minimum de* 
ces fonctionnelles. 

Le développement du (-aïeul des variations a précédé de beau- 
coup celui du (’-alcul fonctionnel et il s'est effectué, jusqu’à la fin du 
<lernier siècle, de façon autonome. 

La méthode principale était celle des équations différentielles (ou 
aux dérivées partielles) dans laquelle les pas successifs étaient les sui- 
vants : 

i” Obtenir les équations qui expriment que la variation première 
est nulle (équations d’Euler, cf. supra. Chap. IV, n" 23). 

a" Déterminer les lignes ou surfaces qui vérifient les équations et 
qui satisfont aux conditions aux limites imposées par le problème. 
Démontrer tout au moins l’existence de ces lignes ou de ces sur- 
faces. 

3" Éitudier si ces lignes ou ces surfaces donnent efïectivement un 
maximum ou un minimum. 

2. Les premières liaisons entre le Calcul des variations et le Calcul 



io8 


CHAPITRE V. 


fonctionnel générîil furent établies par M. Volterra (') en vue de 
l’extension qu’il a développée de la théorie de Hamilton-Jacobi. On 
sait que cette dernière théorie, qui joue un rôle notable dans l’inté- 
gration des équations de la mécanique, a son origine dans le fait que 
les équations différentielles de la mécanique sont les équations d’Euler 
d’un problème d’extremum concernant une intégrale simple (action 
hamiltonienne). Dans le développement de la méthode, on a à consi- 
dérer cette intégrale simple comme fonction de sa limite supérieure, 
et c’est une fonction de point. Mais, si l’on passe à un problème de 
Physique mathématique dépendant de l’extremum d’une intégrale 
multiple, il faudra considérer cette intégrale comme fonctionnelle de 
la multiplicité frontière du champ d’intégration : il sera impossible, 
sans l’aide du Calcul fonctionnel, d’obtenir une généralisation de la 
théorie de Uamilton-Jacobi. C’est ce qu’a montré M. Volterra dont 
les travaux sur ce sujet ont été suivis par ceux de M. Fréchet. On 
peut y rattacher encore les belles n'cherches de MM. Hadamard et 
P. Lévy sur la fonction de Green (-). 

A peu près dans le même temps divers travaux marquent l’essai de 
méthodes directes rigoureuses pour traiter les questions de Calcul 
des variations. Essais très importants car, dans la méthode indirecte 
dont les grandes lignes sont indiquées au n” 1, il est toujours aisé 
d’écrire les équations d’Euler, mais l’étude dos deux autres questions 
— et surtout celle de la troisième — présente le plus souvent de 
grosses difficultés. C’est ce qui fait l’intérêt des méthodes nouvelles 
lesquelles prennent appui sur les notions générales de l’Analyse fonc- 
tionnelle pour la recherche directe du maximum ou minimum. 
Calcul des variations en a été renouvelé. 

3. Les conséquences sont d’ailleurs notables dans toute la Physique 
mathématique. On sait que, au cours du développement historique 
de cette Science, il s’est très souvent révélé la tendance à réduire les 
problèmes naturels à des questions de minimum, ceci par suite de 
ridée — plus ou moins consciente — que la nature tend, dans ses 


(') Cf, Volterra, [110]. Sur toutes les questions envisagées dans ce para- 

graphe, voir Volterra, [118] où Ton trouvera une biographie détaillée. 

(^) Nous reviendrons en détail sur res divers sujets, en traitant dans le 
volume suivant les équations aux dérivées fonrtionnelles. Cf, [113], Chap. III; 
P, UiVY, [75]. 



CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


109 

manifestations, à épargner le plus possible ce qu’elle dépense dans 
l’accomplissement des divers phénomènes. 

Les travaux se rattachant à celte tendance ont contribué à mettre 
plus d’unité dans l’édifice de la Physique mathématique. Ils eurent, 
à d’autres points de vue, une heureuse influence : c’est ainsi que 
l’emploi des formes variationnelles rend plus aisé les changements do 
variables et conduit naturellement à envisager l’invariance des équa- 
tions par changement du système de référence. Mais, sauf en ce qui 
concerne la théorie de Jacobi, tous ces progrès restaient en marge de 
la solution même du problème, qui dépendait toujours de l’intégra- 
tion d’équations difl'érentielles avec des données aux limites. Depuis 
le développement des méthodes directes^ chaque principe variationnel 
de la Physique mathématique peut être pris pour base d’une solution 
complète du problème correspondant. 

d. C’est d’ailleurs rélude de l'un di‘ ces principes, le principe de 
Dirichlet, qui fut l’occasion du premier essai, auquel nous faisions 
allusion plus haut, des méthodes directccs. 

Rappelons que le principe de Dirichlet postule l’existence d’une 
fonction 9(3?, jy) continue ainsi que ses dérivées dans un domaine 
plan prenant des valeurs assignées à la frontière de iî, et réalisant 
le minimum de rinlcgrah* 



L’éipiation d’Euler correspondante est 

‘<t- 9 _ 

dont il faut une solution continue prenant des valeurs assignées sur 
la frontière de 12 : c’est le problème de Dirichlet. 

Lorsqu’il énonçait son principe, Dirichlet, suivi en cela par Rie- 
mann, pensait que, l'intégrale J étant toujours positive ou nulle, 
l’existence de la fonction 9(^7, )') était par cela même assurée. 

Weierslrass montra les difficultés que soulevait la question et. 
après ses critiques, l’elTort se porta sur la solution du problème de 
Dirichlet. 

On suivit des voies qui n’ont aucun rapport avec le C.alcul des 



1 lO 


CHAPITRE V. 


variations : méthode de Neumann, qui fut perfectionnée par plusieurs 
auteurs et étendue à beaucoup d’autres cas ; méthodes de Schwarz ; 
méthode du balayage de Henri Poincaré; enfin les procédés .fondés 
sur les équations intégrales, employés d’abord par Fredholm. Ces 
derniers procédés ont donné lieu à un grand nombre de travaux et ils 
ont été d’une grande fécondité. 

Puis un courant se forma pour revenir à l’étude des vieux concepts 
et s’appuyer sur le principe de Dirichlet. Arzelà fut l’initiateur et, 
directement inspiré par les idées sur les fonctionnelles, chercha à 
donner une démonstration rigoureuse de l’existence du minimum 
sous certaines conditions. Ses travaux définitifs remontent à 1897 (*) 
bien que ses vues et ses éludes soient plus anciennes. 

En 1900, Hilbert (■^) donna une démonstration complète et rigou- 
reuse, obtenant un résultat définitif que n’avait pas atteint Arzelà. 
Mais c’est en suivant la voie frayée par celui-ci que Hilbert pu réussir. 
De nombreux travaux de B. Levi, Fubini, Lebesgue, Zaremba et 
d’autres vinrent après celui de Hilbert. 

5 . Mais la généralité de la méthode n’apparut qu’après que l’on se 
fut aperçu que la réussite des procédés employés était due à la pro- 
priété de l’intégrale J de posséder la semi-continuité {cf., Chap. 11 , 
n*' 16 ). 

Ce fut M. Tonelli qui, usant systématiquement de l’analyse fonc- 
tionnelle, mit à la base de l’étude directe des problèmes de maximum 
et minimum le concept de semi-continuité et est ainsi le véritable 
fondateur des méthodes nouvelles (*). 

Pour en donner une idée nette, il suffira de se limiter ici au cas le 
plus simple, celui de l’intégrale 

r’’ 

Ce cas sera envisagé dans le paragraphe suivant que M. Tonelli a 
bien voulu écrire à l’intention du présent Ouvrage. Les Auteurs sont 
heureux de lui exprimer ici leurs vifs remerciements. 


(*) Arzelà, [3]. 

(’) Hilbert, [66]. 

(^) On en trouve un exposé d’ensemble dans le traité de M. Tonelli [lOt]. 




CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


III 


II. - MÉTHODE DIRECTE POUR L’ÉTUDE DU MAXIMUM 
OU DU MINIMUM D’UNE INTÉGRALE SIMPLE. 

6. Généralités. — Nous nous limilerons, dans ce qui suit, à la con- 
sidération du problème de minimum pour l’intégrale 

r'' 

{" / fi-r. y'(T))dx. 

Pour siniplilior nous prendrons u\\ champ A formé par tous les 
points du plan (.r. > ) satisfaisant à la condition 

^ .r ^ 

av(‘c et uni» fonction y f* y^) i*l continue, ainsi que 

ses dérivées partielles des deux premiers ordres pour tous les points 
(.r, y) du champ A et pour toutes les valeurs finies de y^ 

Nous désignerons par C rensemble (ou classe) de toutes les fonc- 
tions absolument continues (’),)'(*/) défini(*s chacune sur un inter- 
valle propre (a, b ) avec a^<a<h<b^ et telles 

soit intégrable au sens de Lebesgue dans ^Intervalle (a, 6). Appelant 
C la courbe 

y == y{ ,r ) a ^ X ^ fj 


(‘; I^a iiolioii (lu foiK'liou al)‘«oliiment ronliniiu a cIk introduite par Vitali, 
Kappelons la définition. L ne fonction /(.r) fiéfinie poura<x<^ sera dite dhso- 
iiiment coniinite si, à tout t positif on peut associer un nombre 5 éj^alement positif 
et tel (ju<‘, (a,, b^) = ni) étant un groupe quelconque d’intervalles de 

(a, />), en nombre fini, sans parties communes et vérifiant l’inégalité 


on ait 


m 



1 


2 


Kn particulier une fonction 


pour laquelle le rapport des accroissements 




est 


borné est ab.solument continue. 

(3n vérifie de suite, à partir de la définition, qu’une fonction absolument c ontinue 
est à variation bornée. En désignant alors par y {x) la variation totale de f(x) 
ilans l’intervalle (a, a?), pour que f(x) soit absolument continue, il est nécessaire et 
-suffisant que V(a:) le soit. 




U ^ 


CHAPITRE V. 


qui représente géométriquement la fonction a?) de la classe (2, nous 
désignerons par la même lettre (2 la classe de toutes les courbes C. 

Nous nous servirons dans la suite de la notion Aq voisinage élémen- 
taire d’ordre zéro (c/. Chap. II, n“ 19) avec un léger complément 
venant de ce que les diverses fonctions considérées n’ont pas forcé- 
ment le même intervalle de définition. Etant donnée une courbe 
de la classe (2 


Co : y=yoi^), «c^.'r<6o, 

nous dirons qu’une autre courbe de la même classe 

C : y - y{x), a <x<h 

appartient proprement au voisinage (p) de Co (avec p >■ o) si : 

1° I «0 — « l^p, 1 6o — 6 l^p; 

2° — y(a;)|<p pour tout x commun aux deux intervalles 

(« 0 , bo) et {a. h)\ 

3“ i jKo(«o) — 1 ^ P pour toute valeur de Jc appartenant à {a, b) 
et qui serait, éventuellement, inférieure à a» ; 

4“ lro(6o)-/(-^-)i <p pour tout X appartenant à (a, b) cl qui 
serait supérieur à hn. 

7. Li’intégrale I[C]. — Soit une courbe C : j — y(a;), a'^x^b, 
de la classe (2; nous désignerons par If G] l’intégrale (i) correspon- 
dante : c’est une fonctionnelle qui, du point de vue géométrique', est 
fonction de la ligne G. 

Cette intégrale sera dite régulière positive {négative) si, pour 
tous les points (æ, y) de A et pour toutes les valeurs finies de y', on 
a constamment 

(■î) /r'v'(-r, JK, r') > O (<o) <’); 

elle sera dite, par contre, quasi régulière positive {négative) si, pour 
les mêmes x, y et y, on a 

(2') /r'v'(a:, 7, 7')^0 (^O). 


(^) fytyi désigne la dérivée seconde de /prise deux fois par rapport à la varial)ley'; 
de même plus loin sont des dérivées partielles par rapport aux variables- 

mises en indice. 




CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. Il3 

8. Semi-continuité et continuité. — Soit (5* une cla.sse de courbes 
appartenant à <3. D’après les définitions du Chapitre II, l’intégrale I[C] 
sera, dans (3*, semi-continue inférieurement {supérieurement) sur 
la courbe Co de (3* si. e > o étant pris arbitrairement, on peut lui 
associer un nombre p > o tel que 

I|Cj l|Go)- s n[C]< l|Cn|-+- ei 

pour toutes les courbe.-» C de <3* qui appartienmmt proprement au 
voisinage (p) de C». 

Si l|C] est, dans (3*, semi-continue inférieurement {supérieure- 
ment) sur toute courbe de la classe, on dira qu’elle est semi-co/itinue 
inférieurement (supérieurement) dansC?*; et si C?* coïncide avec 3. 
on dira, sans plus, que IfC] est semi-continue inférieurement 
{supérieurement) . 

Comme il a déjà été dit la continuité (sur la courbe Co, ou 
dans (5*, ou dans (?) résultera de la coexistence des deux semi-conti- 
nuités inférieure et supérimire. 

Supposons maintenant que, dans (?*, l’inlt'grale l[C] admette un 
minimum : cela revient à dire qu’il existe une courbe Co de (?* telle 
que 

pour toutes les courbes C de (?*. Dans ces conditions I[C] est, 
dans (?*, semi-continue inférieurement sur Co- L’existence d’un 
maximum entraîne de meme la semi-continuité supérieure de l’inté- 
grale. Cela nous conduit à rechercher les conditions de semi-conti- 
nuité de I [ C ]. 

î). Condition nécessaire de semi-continuité. — -1 fin </«<?, pour une 
courbe quelconque Co de (?, l'intégrale l[C] soit sur Co semi- 
continue inférieurement dans la classe (?o de toutes les courbes 
de (? qui réunissent les points ejctrêmes de C„, il est nécessaire 
que I[C] soit quasi régulière positive. 

A cause de la continuité de il suffira de démontrer {-a') pour 
les points X, y intérieurs au champ A. 

Supposons, s’il est possible, qu’en un point Po(-Po- ^o) intérieur 
à A, on ait, pour une valeur 

Ci) -Po, ro. v;,)< O. 


VOLTERRA 


8 



CHAPITRE V. 


u4 

On pourrait alors choisir deux nombres yj et â, supérieurs à zéro, tels 
que le segment rectiligne PoP< issu de Po avec le coefficient angu- 
laire y'g et la longueur d, soit intérieur à A et tel que, on chacun de 
ses points et pour tous les y' compris entre y', — ô et + <5, on ait 

Désignons alors par Cq la courbe formée par ce segment (P,, I*,), dont 
l’équation est 

y = 7o( .r )=_/(, -h y'o ( .f — J-0 ) O- ^ , ). 

en désignant par Xi l’abscisse de P<. Construisons, pour chaque ii 
entier positif, la courbe C,, 

de la façon suivante : nous divisons PqPi en n parties égales et, sur 
chacune d’elles prise comme base, nous construisons un triangle qui 



ait ses deux autres côtés de coefficients angulaires H- <î, j)',, — o. 
Tous ces nouveaux côtés formeront une ligne brisée, qui sera la 
courbe C,j et qui a les mêmes extrémités Po et P, que C,,. 

Si n tend vers l’infini, G„ tend uniformément, dans tout (æ^oi ) 
vers Co et par suite appartient proprement, à partir d’une cer- 
taine valeur de n, à un voisinage (p) de la courbe (]„. 

Observons enfin que, dans tout (j?,,, .« 4 ), on a 

(5) /o<'-^o=/o, y» - 


et que Cn appartient à la classe (3o 



CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. m5 

tivaluons alors la différence 1[C„] — l[Co]. AjouUinlelrelranchanl 
l’intégrale de /(a;, y, (^)) appliquant le développement 

limité de Taylor, nous avons 


(|(> ) 1 1 c„ I — 1 1 ( ;„ I = r /( ./•, y„. r„ , ,ix — f /( X, y„ ) (ix 
= j (/( -r. .Vn, y„ )—/<-<*, Ko, y„ )) dx 



)/, '( ./•, yn, Ko } dx 


.v'o )-/, 


où y, variable avec ,r, est compris entre y'^ et dz ô — y',. 

Si n tend vers l’infini, la première intégrab' du dernier membre 
de (b) tend vers zéro et la seconde, qui peut s’écrire, en intégrant 
par parties 


% t’i 

/ < y» — y’o >/' '< .t'o- .Ko ) dx 

' 0 

~ ~ f •.K» — .»■» I l/l < -r. .) o. > 0 ' -^-.»'’o/i .K»- é'o ^ J dx 


tend aussi vers zéro. D’après les précédentes (4 ) et ( 5 ) on a d’ailleurs 



X. Ko, y ) dx < 


0 - 

- '-r. 




d’où enfin 

O 

(7 ) I l I — 1 1 bo I — , ( ./'t — xn ) r,, 

4 


pour toutes les valeurs de n supérieures à un certain entier n,). Ceci 
contredit la semi-continuité inférieure de I[G] sur Co dans la 
classe Cy, puisqu’alors, pour des valeurs assez grandes de n on 
devrait avoir l’inégalité contraire 0(7). Le théorème énoncé est ainsi 
établi. 

Comme corollaire nous avons : 

une condition nécessaire pour la semi-continuité inférieure de\\C\ 
est que cette intégrale soit quasi régulière positive. 

11 est évident que, en .substituant la quasi-régularité négative à la 



CHAPITRE V. 


llC) 

quasi-régularité positive, on aura une condition nécessaire pour la 
semi-continuité supérieure. 

10. Condition pour la continuité. — Gomme, d’une part, la conti- 
nuité résulte de la présence des deux semi-continuités et que, d’autre 
part, les deux inégalités 

/>'.«■'( J, J- X O 

donnent 

y, y') = O 

et, par suite, 

/(•''•, y') ^ y) -t- N(r, y)/, 

les résultats du numéro précédent entraînent donc que 

Une condition nécessaire pour que I[C] soit continue est qu’elle 
ait la forme simple 

(8) f I M(a;, /)-+-./ N(.r,/); ^/.r. 

* Wt 

On voit bien ici la nécessité de faire intervenir dans le calcul des 
variations la semi-continuité et non pas la continuité : si l’on voulait 
n’envisager que des intégrales possédant la continuité fonctionnelle, 
on serait réduit au seul type très particulier (8). 

La condition précédente reste nécessaire même si l’on se borne à 
demander, pour toute courbe Co de C, la continuité de I[C) par 
rapport aux seules courbes qui ont les mêmes extrémités que C„. 

D’ailleurs la condition susdite est aussi suffisante pour la con- 
tinuité de I[G]. 

Supposons en effet que I[G] ait la forme (8) et soit une courbe 

< Jo : y = y^^ ■>' )> «O £ .r ^ ^»o 

de la classe (3. Si 

G: y= y{^ }■, no'^x<f>o 

est une courbe quelconque de (2 ayant, sur l’axe des a?, la même pro- 
jection orthogonale que Co, on aura 



CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


117 

£ > O étant pris arbitrairement, il est possible de déterminer p > o 
tel que, si C appartient proprement au voisinage (p) de Gu, la pre- 
mière intégrale au second membre de ( 9 ) soit, en module, moindre 
que £. Quant à la dernière intégrale, elle donne, par la formule de 
Green 


J' ^ (•<’, r ) tiy —J \ (.r, y) dy 

C(, 

= - / dx I y dy f N ( y 1 <ly — 1 \<ôo, y) dy î , 


qui peut aussi être rendu inférieur à e pour p assez petit. On a donc, 
dans ces conditions. 

|l[Gl-llColl 


pour toutes les (i de C appartenant au voisinage (p) de Go et ayant 
sur l’axe Oa?, la même projection orthogonale que G„. (ieci prouve 
la continuité <le I[G] sur la courbe G,, relativement à la classe des 
courbes (i ainsi définies. 

La continuité de 1[G] sur (io> relativement à toute la (dasse C* 
s’obtient enfin en substituant à G,, la courbe G„ (jui s’obtient en lui 
ajoutant les segments rectilignes 

y = y«( au ), a , '' .r < 

et 

I r,,( /ju ./• <6, 

en opérant de mênn; pour toutes les et appliquant le résultat pré- 
cédent ( ' ). 


II. Condition suffisante pour la semi-continuité. — V intégrale 
l[G|, si elle est quasi régulière positive, est semi-continue infé- 
rieurement. 


(') l*our les intégrales suus forine paramétrique 



y, .r', y') ds, la forme 


analogue à (S) 

( 8') / ■> M ( r, .)') r -t- N ( x, j ds 


est nécessaire, mais non suffisante pour la eontinuilé. 
nécessaire et suffisante est donnée par la forme (8') av 

dans tout A, ce qui revient à dire que est 

tout A. 


Dans ce <‘as la condition 

, . dM dN 

et: la conoition — “ -r* 
Oy ôæ 

dirterentielle exacte dans 



n8 


CHAPITRE V. 


Pour exposer rapidement le principe de la démonstration, nous 
supposerons que la courbe 

Go: 

sur laquelle il s’agit de prouver la semi-continuité, admette, pour 
les dérivées etyl(x) finies et continues ('). 

Un artifice analogue à celui utilisé au numéro précédent nous per- 
met de nous borner à considérer les seules courbes G de la classe (3 
ayant, sur l’axe des a:, la même projection a„bo que Go- Posant tou- 
jours 


nous pouvons écrire 

I [ G] — I [Go 1 = / /(a-, y ( ), y ( x ») ^/x -- / /(x, jo( ./• ), y » ( x i) rfx 

^",0 

= f (/{■r, r ( y( -r )) - /( .r, v{ X ), 7 ; ( X )) 

-+-/(•'% )> /((Gr'))) dx 

-I > , /o(x), y\(x))dx. 


Mais le développement de Taylor 

f{^, y, y, y») 

= (y' — y'o }/v'( X, y, y'o )-+-“(/ — y„ ’ ' ’( y, y ), 

où fy.y. est toujours ^o, donne 

/(•^, y, y}~f( y, y'o )l(y- y'o )/y'(-^, y, y' >, 

d’où 


(10) I[GJ-I[Go] 

^ / l/(^,y,yo(^))->-(y(-J^>~yo(-^'))/r’(-^>y,yo(-^))*y^^ 

-f. > , yJ^), JoGr)) dx. 


(*) On trouvera dans le traité de M. Tonelli ([101], vol. I, chap. XI) la démons- 
tration générale, indépendante des hypothèses particulières admises ici. 




CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


Or, d’après le n“ iO, l’intégrale 

' ( fl f'o (^)}— .y'o < ' {■*•, f, y» <^))-^y y , ( >) ! 

ffù 

qui figure au second membre de l’inégalilé précédente, une fois 
pour la courbe C ^c’est-à-dire en prenant == et une fois pour 

la courbe (îo (y — .>'ü(-r)^, est continue. On pourra donc déterminer 
un P de façon que, si (1 appartient proprement au voisinage (p) deCo, 
le second membre de ( lo) soit en module moindre de e et, par suite, 

La semi-continuité inférieure de I[ O | sur C„ est ainsi établie. 

En particulier toutes les intégrales I| ('- ] régulières positives sont 
semi-continues inférieurement . 

Le simple <‘hangemen( de f{x, y. y') en - y,y') montre que 

1 [C| est smni-conlinue supérieuremonl si elle est quasi régulière 
négative. 


12. Extension de la semi-continuité. — Supposons l’intégrale l 
quasi régulière positive et considérons une fonction quelconque abso- 
lument continue cp(x) définie dans un intervalle (a, b) avec a^‘^a~b'Sb^. 
Nous adim'tirons que cette fonction n’appartient pas .à la classe (S de 
sorte que la fom'tion ? (•^)) n’est pas intégrable, au sens de 

Lebesgue. sur {a, h). R étant un nombre positif (juelconque, soit Er 
l’ensemble des points de (a. b) sur lesquels \ 9 (-r) j <C R: la fonction 
9 (.c). étant bornée sur Er est intégrable sur cet ensemble 

<*t les hypothèsi's faites entraînent que 

(iii lim I .r ). o't'.r )) f/.r = -(- X. 

Il . « Jy ,; 

Posons en efi'et 


< • • /( -r, r, r' I = /( .r, y, y' 1 — - |/( .r, .r, o » -t-y'f '(x, y, ml; 

la condition y, et le développement 

f{ X, y ) = /( .r. r. O > y /} '< -r. O ) -+- M x, r, y' 1 



120 


CHAPITRE V. 


entraînent f{x, y, y)^o. En outre cp(Æ?) étant absoluinenl continue 
sur (a, b), cp'(a?) est intégrable dans cet intervalle au sens de Lebesgue 
et par suite aussi 

(i3) /{^x, o) -+- çi.r), o). 

L’hjpothèse que /(^x, ^(x), n’est pas intégrable entraîne 

alors que/f^x, cp(^). ne l’est pas non plus et, puisque /^o, 


(i/i) 



o'{.r)j dx 


-t- »; 


(i i) en résulte à cause de ( 12 ) et de l’intégrabilité de (i3). 
La formule ()4) conduit à poser 


et aussi 

(là ) 


jT /(æ’, 9'('.r r/./’ = -H X 

J /(x, o{x), 9 '(x)) dx = -t- ». 


Or la démonstration générale du théorème du n" H sur la semi- 
continuité des intégrales quasi régulières positives — démonstration 
pour laquelle nous renvoyons au Fondamenti de Tonelli — prouve 
également que, étant choisi arbitrairement un nombre K, on peut 
toujours trouver un nombre p >- o de façon que toute courbe O de la 
classe (3 appartenant proprement au voisinage (p) do = 
a^x^b donne 

l[C|>K. 

Cette propriété, pour le cas où l’on a la formule (i5), donne une 
extension de la semi-continuité inférieure. On peut l’énoncer en 
disant que l’intégrale quasi régulière positive I[C] est scmi-continu(^ 
inférieurement même sur la courbe = ^{x)i pour bujuelle 

elle prend la valeur infinie. 


13. Existence du minimum. — Indiquons maintenant comment un 
peut profiter de la semi-continuité inférieure pour établir l’existence 
du minimum ('). Démontrons à cet efi'et le théorème suivant : (*) 


(*) Des considérations analogues valent pour l’existence du maximum dans le cas 
de la semi-continuité supérieure. 




CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


21 


Soit I[G} une intégrale quasi régulière positive et admettons 
qu'il existe trois nombres a > o, /a > o, v tels que 

(•<>) y, y )Zv-\y' 

pour tous les points {x, y) du champ A et pour tous les y' Jinis. 
Alors dans la classe <3o de toutes les courbes de (3 qui joignent 
deux points donnés P 3 = (a, />), Q == (6, q) de A, avec a < 6 ^ 6,, 
il en existe une (fui réalise le minimum (absolu) de I[C]. 

(16) oiilraîiie, pour loute courbe C d»; (?„, 

■ [ 1 = r /* y y y ) — a ) 

et la Ilmile inférieure i de I[C] sur (5» esl certainement finie ^supé- 
rieure ou égale à v (b — a)^. Soit alors 'une suite de courbes de (?„ 
(suite minimisante) 


telles que 
' >7) 


Ci. C,. 


C„. 


l|C«'i5 /■-+- 


I 

n 


et désignons par r —y„(x). n ^ 6, l’équation de C;,. Nous aurons, 
d’après (ib), 

1 1 C„ 1 ^ ;a Ç ^ dx 'ii.h — a) 

*^cï 

et, par suite, 

(18) f ! / -t- - -H 1 V I ( 6 — rt 

f, \x \ n ) 

OÙ 

Il = — a) [ 

ne dépend pas de n. 

Le pas essentiel consiste maintenant à établir que la suite des^',i(x) 
forme un ensemble de fonctions également continues et également 
bornées. D’après le théorème de Ascoli-Arzelà (Chap. II, n" 8, 6), on 
pourra alors en tirer une suite uniformément convergente qui a bien 
des chances de réaliser le minimum cherché. 

Or envisageons un groupe quelconque d’intervalles partiels de (o, b), 
soit («,, bt), (a- 2 ^ 6a), .... («»., 6m). intervalles en nombre {fini et 



122 


CHAPITRE V. 


non empiélanls. Formons la somme 



yn{br) 


y n( Clr ) I S 



1 y'n I 


et appliquons l’inégalité connue de Schwarz-Hôlder (’ ), il vient 

m 

1 

m . 

y \y'ii\*i-^ 


[ m br -11-+ a / 

ZX (Z.''*'-"'- 


g 

I -+-a 


d’où, d’après (iS), 


(19) 


'^^\yn{br)—y„{ar) 1 g 2 (6,. — a,-) 


g 

J -4- a 


Si nous prenons r — i nous voyons que, pour tout Intervalle (a, , 6,) 
contenu dans (a, b) et quelque soit n 


\yn{bi') — yn{ax)\ < — rt, 


1 a__ 

1 -f- g 


ce qui prouve bien que les sont également continues dans («, b)\ 

yn{ci) étant toujours égale à p ces fonctions sont aussi également 
bornées dans (a, 6). On peut donc appliquer le théorème, rappelé plus 
haut, de Ascoli-Arzelà et extraire de la suite des jK/i(»<?) une suilej)^'„^(iF), 
y„^{x), . . ., convergeant uniformémenl, dans tout (a, b), vers une 
fonction continue y ,5 (a;). 

Les dernières vérifications sont fort simples. On 'aura -évidemment 
( 20 ) yja) = p, 7 «(*)=</, 

et, d’après les (19) appliquées aux J'„,(a 7 ) et en passant à la limite 


(>) C/. [101], vol. l,p. i65. 




CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


ri3 

pour s — oo^ 

X 

fn ^ m iH-a 

^ (br—a,) , 

1 \ 1 T 

inégalité qui prouve ({ue;>'^(.r) est absolument continue dans (a, b). 
Si la courb(! 

(■’••) y — y ^ a <x ^ fj 

n’appartenait pas à la classe (5. d’après le résultat du n" 12 toutes les 
courbes C de (5 appartenant proprement à un voisinage (p), assez 
petit, de la courbe (ai) devraient donner à l’intégrale I une valeur 
plus grande que f -f- 1 . En particulier on aurait 

pour .V assez grand, ce qui serait contradictoire à ( 17 ). 11 est donc 
certain que la courbe i), que nous désignerons par C«, appartient à 
la classe C et donc aussi, d’après ( 20 ), à ( 2 „. 

Util isons enfin la ^emi-conlinuilé inférieure de I [G], semi-continuité 
<|ui est assurée par le théorème du iV’ 1 1 puisque, par h_ypothèse, notre 
intégrale est (piasi régulière positive. 13c ( 17 ) suit 

liin I [ (]„. I = i 

s r » 

et, par la semi-continuité inférieure de 1 [C]. on doit avoir 

liiii 

.V - « 

d’où mais puisque / est la limite inférieure de l[C]dans la 

classe (5„, il vient 

La courbe donne bien le minimum absolu. 

13’autres théorèmes d’existence, plus généraux, se trouvent dans le 
Traité de L. Tonelli (vol. II). Ici nous obsei'verons que, dans la pro- 
position démontrée, au lieu du minimum de 1[C] dans la classe (5„ 
de toutes les courbes de (3 qui unissent les points P et Q, on pourrait 
considérer le minimum dans des classes bien plus générales. 

En maintenant, par exemple, la condition que les courbes consi- 
dérées appartiennent à C et ont toutes les points extrêmes P et Q, il 



CHAPITRE V. 


124 

suffît d’ajouter une condition qui assure que <2* fait partie des courbes 
pour lesquelles on cherche le minimum. 

En particulier, on pourra remplacer C„ par (2, formé par toutes les 
courbes de Co pour lesquelles la nouvelle intégrale 



-4-^' N( .r, 


prend une valeur constante. 


14. Li’équation d’Euler. — Soit C„ : a<x^b une courbe 

de (2 q qui rend minimum 1[G] dans (2,,. Nous avons démontré son 
existence dans des conditions précises. Nous allons constater que 
n'est pas seulement [absolument continue, mais jouit d’autres pro- 
priétés notables. On a en efl'et le théorème suivant : 

Si I[C] est régulière positive et si, dans toute région bornée du 
champ A, il existe des constantes a, p, v, p» , v, , [avec « > o, p > o, 
p, > O, de manière que, en tous les points de la région considérée 
et pour y' quelconque, on ait 

(22) I \fyix, y, 

\ \fr(x, y, y')\<\i\y'y^-^'i, 

la fonction y„{x) précédente a partout des dérivées y ^{x) et y'[,{x') 
finies et continues et satisfait à V équation d'Euler 

(.3, = 

Observons d’abord que la première des ( 22 ) entraîne 

(24) / lyo 1'""* — { I(Co) — vi(6 — a) j, 

de sorte que la seconde et la troisième des ( 22 ) assurent que 

/r(^, 7 o(a;), /oCar)) et fy'iy., y^{x ), y^(x^ 

sont intégrables sur (a, 6). 

Notons aussi que si cp(x) est une fonction continue dans (a, 6) et si 



CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


125 


le rapport des accroissements est borné ( ‘ ). de l’inégalité 

iyü-+-?'r*^(iyo 1 

résulte, à cause de (24), l’inlégrabilité sur (a. h) de 1 > + 9'!''*'“ 
donc, d’après la première des (22), celle de 

/(a;, y(,(x)-h ç(x), y„(.r ) -4- s'(.t: )). 

(jeci posé soit fo(a:) une fonction continue et ayant un rapport 

incrémental ^ borné sur (a, 6), telle que oi{a) = a)(^>) — o et con- 
sidérons 

y,i x) =y^{x) -f- ^ ( 0 (a:), 

OÙ t est un nombre réel quelconque*. A cause des remarques faites, il 
est clair que la courbe correspondante C, appartient à C-^. 

Nous avons 

( 26 ) - ( 1 1 C, 1 — 1 1 Go I ) = / { (O fy ( a-, >'o ->r / 0(0, r',, -+- 1 0(o' } 

a 

■+■ 10'/, -( X, y'o-t- <6(0, y'„ -f- /Oto' ) j (/x. 

Lorsque* t tend vers zéro, yV et fy, qui figurent sous le signe d’inte*- 
gration, tendent presque partout vers /yix, Ko, y'é) el JKo, /o) 

respectivement et comme, d'après (20), un a, lorsque | / | ^ i , 

!,)-o -I- /0(o' !' • »< •*,'-*-»( l *-;, I' • I eo' 

l’intégrale*, sur (a, h), de + tOu) ; est, pour tous les t inférieurs à un 
en module, e’igalcment absolument continue et telles sont aussi, 
d’après (22), les intégrales de fy{x^ r,, + et 

dey;.-(^,7o+ î5^ùj,y',+ 

13 ’après un théorème connu sur l’intégration des séries, dû à 
Vitali (■•'), la limite de l’intégrale au second membre de (26) est, 
alors, égale à l'intégrale de la limite de la fonction sous signe d’inté- 
gration; (26) entraîne donc 

/ ’> 

I (o/,.r a-, .Ko. ) -I- w'y; -( .r, ) | dx. 

(') 9 (x) est donc absolument continue; cf. note de la page iii. 

(’) Cf. d’ailleurs [ 101], tome II, p. 91 . 



CHAPITRE V. 


ia 6 


Puisque Co est une courbe qui donne le minimum de 1[C]. il vient 

f \ ^0, y„ ) -+- 7». /(• > I 

'^a ' 

d’où, par une intégration par partie, 

J' f Ko, yo)|t/•^• = "• 

Celte inégalité ayant lieu quelle que soit la fonction fji{x) du type 
indiqué entraîne, d’après une remarque classique de P. du Bois 
Reymond [21], 


(-*7) 


/ y y» m/x — .r , Ko, y„ ) = < ; 

^ a 


presque partout, sur (a, 6), C étant une constante. 

De (27) nous tirons toutes les propriétés de indiquées dans 

l’énoncé du théorème. 

y'o(.r) étant absolument continue dans (a, b') y admet, presqiuî 
partout, une dérivée finie. Indiquons par E l’ensemble de tous 

les points de (a, 6) pour lesquels existe cette dérivée finie et pour 
lesquels (27) est satisfaite. La mesure de E est égale à (6 - - «). Soit 

alors X un point de (a, bi) n’appartenant pas à E et soit un point x de E 
qui tend vers x^ il est clair que la limite dey‘,/(a;, ro(^) y 'o (^) existe 
et est finie. 

Comme I[C] est une Intégrale régulière, ce qui revient à dire 
que fy<y\x. y, y') > o, la fonction fy{x^ y, y') est fonction croissante 
de y' . Dans ces conditions l’existence de la limite de 

pour X tendant vers x sur E entraîne l’existence de la limite corres- 
pondante de y^{x') que nous désignerons par y* (a?) et entraîne de 
plus que la limite de 

fy{x, yo{x), est fy{x, yoix }, y* Cx )) si _k*(.ï ) est liiiie. 


Mais, X étant un point de E, nous avons 
f{x, yo(x), y'„(x )) = /(.r, y„( x), o') -+- (x)/yÇr, y„(x ), y' (x)), 



CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 




oùy'^x) esi une valeur comprise eiiire oet et par suite, d’après 

la première des (22), 

Vo, ÿ') —f(x, ya, O) 

^ î^t I y» l‘ ’ “ 'O — /( -r, Jo, O ) 

et aussi 

<28) rl) .Ko, y,) 5 O) 

parce que, du l'ait que .K« J'*) est fonction croissante de y' 

résulte 

'( y», y»' > JKo- y ). 

l'^t l'équatiou (28) moulre «juc, pour æ --.r. la limite de/^,'(-^’,j^^o, 
devant être finie, il en est de même de la limile y'{x) de 

Si enfin nous posons y' {x) =y[^(x) pour tout x de E, le raison- 
nement que nous avons fait montre que la fonction y (y est continue 
dans tout (a, h) et, puisque 

r,i( .r ) — Kdi ) -s- I y\,( .r ) </.r r=z yn{ a ) ■+■ f y'{x)(Lr, 

il eu résulte que admet dans tout («, h) une dérivée première 

égale à y* (a:), donc finie et continue. La (2“) est donc vérifiée 
partout. 

I.>e premier terme du premier membre de (27) admet une dérivée 
• inie et continue; donc aussi le second terme et l’on a 

/, .v'fl( r i. .Vol .r >) = .Col ). .v'„( .r )) 

dans tout (r/, b). De cette équation on déduit enfin, par une observation 
connue de Hilbert (')• quf-.K,, (•' ) existe elle aussi, finie (;t continue, 
dans tout (a, b). 

La proposition ainsi établie s’étend à toutes les intégrales régulières 
positives, indépendamment de la condition (22) et sous la forme 
suivante : 

Si 1 [C] est rè^difière jwsitii e, la fonction y ^x) <}ui définit une 
courbe C(, rendant Iffi) rnini/nuin dans la classe admet les 


(') ('/■ [101 J, I. Il, p. n<i. 




128 CHAPITRE V. — CALCUL FONCTIONNEL ET MÉTHODES NOUVELLES. 


dérivées y'^{x) et finies et continues^ à V exception au plus 

des points d'un ensemble E fermé et de mesure nulle, en tout 
point duquel y ^{x) existe mais est infinie. L'équation d'Euler est 
satisfaite sauf aux points de E, s'ils existent. 

La courbe Go est ainsi composée d’un nombre fini ou d’une infinité 
dénombrable d’arcs satisfaisant à l’équation d’Euler et ayant une 
longueur totale égale à celle de la courbe elle même. 

Il existe d’ailleurs des conditions plus générales que celles du 
théorème établi qui assurent aussi que toute la courbe satisfait à 
l’équation d’Euler. 

IS. Extensions. — La théorie exposée ici très rapidement et seule- 
ment dans ses premiers développements s’étend aux intégrales de 
forme paramétrique, aux intégrales dans lesquelles la fonction sous 

le signe j' dépend aussi de dérivées d’ordre supérieur au premiiîr, 

enfin aux intégrales qui dépendent de courbes de l'espace à un 
nombre quelconque de dimensions et aux intégrales multiples. Lllc 
s’étend aussi aux problèmes de Lagrange et de Mayer. 

Après la publication des Fondamenti de Tonelli, ont contribué à 
cette étude, avec L. Tonelli, H. Hahn, M. Lavrentieff, N. Bogo- 
liouboff, L. M. Graves, M. Nagumo. S. Cinquini, E. ;J. Mac Shane, 
A. Del Chiaro, B. Manià et d’autres auteurs. 



LIVRE II. 


THKORIE 

DKS 

ÉQUATIONS INTÉGRALES 


CHAFIÏHE Yl. 

GÉNÉK.VLITÉS. ÉQUATIONS INTÉGHALKS DE VOLTEUKA. 


1. - PRÉLIMINAIRE : 

INVERSION D’UNE TRANSEOUMAÏlON FONCTIONNELLE. 


l. Rappelons un résultat précédemment établi (^Chap. IN , n" 18) : 
étant donnée une fonctionnelle 



les valeurs de l'ai-jifument ) ( t) qui rendent F maximum ou minimum 
doivent être cherchées parmi celles «pii rendent la diirérenlielle <5F 
identiquement nulle quel que soit âj'. 

Admettons que cette difTérenlielle ail la forme régulière 

3F = 




les fonctions y{t) chercht^es devront vérifier la condilion 



VOLTKRRA 



i3o 


CHAPITRE VI. 


qui exprime que la dérivée fonctionnelle de F est identiquement 
nulle. 

2. Nous allons montrer maintenant que des équations de ce type 
peuvent être obtenues comme généralisation d’un système ordinaire 
de n équations à n inconnues 

> 

/niy\i y* y n) = Zn 

ou, plus brièvement, 

(2') fi(yx, y-t, yn) = Zi (< = 1. 2. n'. 

Il suffit, pour s’en rendre compte, d’appliquer le principe général 
de passage du discontinu au continu (Chap. I, 11 “ 5). Des rela- 
tions telles que ( 2 ) définissent une substitution des variables aux 
variables zi. Si l’on remplace les indices par des paramètres continus x 
ou t et la fonction J'-j, .... yn) par une fonctionnelle de/(ï) 

dépendant également du paramètre x (qui remplace l’indice f), on 
est amené à considérer la substitution fonctionnelle 

(3) = 

entre les fonctions y{x) et 2(^). Si la seconde de ces fonctions est 
connue et la première inconnue, on a à faire l’inversion de la substi- 
tution fonctionnelle (3), problème qui correspond, dans notre théorie, 
à la résolution du système ( 2 ) de l’analyse ordinaire. Et il est bien 
clair que les équations du type |( i ) rentrent comme cas particulier 
dans la forme (3). 

Pour aborder le problème ainsi posé (inversion d’une substitution 
fonctionnelle), il est naturellement nécessaire de préciser la forme de 
la fonctionnelle F. 

Un cas particulier notable sera celui où 



est une fonctionnelle régulière de degré m {cf. Chap. III, § II). 

Ce cas correspond dans l’Algèbre ordinaire à un système ( 2 ) dans 
lequel les /,• sont des polynômes de degré m. 




GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. l3l 


Un cas plus particulier encore, mais fort intéressant (parce (jue 
son étude est le préliminaire indispensable de l’étude des cas plus 
compliqués) est celui ou F est fonctionnelle linéaire de y; il corres- 
pond à un système ( 2 ) linéaire. 

Et il faut encore fragmenter ce cas. Si la fonctionnelle linéaire F 
est régulière et sans points exceptionnels, on pourra la mettre sous la 
forme 



/) KC/, .r ) (it, 


OÙ K( x) est une fonction donnée et l’éqnation (3) s’écrira 


(4) 


Ç yi t t, X ) <lt = z{ r )\ 


elle sera dite équation intégrait; linéaire de première espèce. 

Si la fonctionnelle a le point exceptionnel t — l’équation sera 
du type 

J' y{ t\K{ty X ) (It //(,( x)yix) = z(x) 




(s’il y a continuité d’ordre zéro) on en général 

r'' 

(G) / y(t) K(/, X) df a^,(x ) yix a ,(x \y ( X ) -y . . . = z[x) 

• (I 


(s’il y a continuité d’ordre n). 

L’équation (5), où a^^^x) est supposé ne pas s’annuler, est dite 
équation intégrale de seconde espèce, ou équation de Fredholm. 
Si a^i^x^ s’annule dans l’intervalle de variation de x, il y a des diffi- 
cultés particulières; M. E. Picard, qui a traité le premier des équa- 
tions de ce genre, les désigne sous le nom d'équations de troisième 
espèce. 

Enfin l’équation (6), dans laquelle la fonction inconnue apparaît 
à la fois sous le signe d’intégration et par ses dérivées, participe des 
équations différentielles : on la nomme équation intégro-différen- 
tielle; nous avons déjà rencontré (Chap. IV) des équations de ce type. 
Leur étude systématique sera faite dans le second volume du présent 
Ouvrage. 

3. Supposons maintenant que la fonctionnelle linéaire F dépende 



i32 


CHAPITRE VI. 


seulement des valeurs de jK(f) dans l’intervalle a^tSx avec aSx'^b. 
Nous aurons des équations dites équations de Volterra {') <\\xi seront 
de forme 

( 4 ') f y{t)K{t, x)dt= z{x), 

équation linéaire de première espèce ; 

(5') Ç y{t)K{t, x) dt -i- aü{x)y{x) = z{x), 

équation linéaire de seconde espèce. 

4. Ces équations de Volterra, dans lesquelles la limite supérieure 
d’intégration est variable avec le paramètre a-’, ne diffèrent pas ou 
substance des précédentes (4) et (5) pour lesquelles la limite supé- 
rieure d’intégration était fixe (et égale à b). Si nous admettons en 
effet que la fonction connue K(^, peut être discontinue, avec des 
discontinuités de première espèce, il suffit de prendre dans (4) ou (à) 

K( ic) = O pour t'y>x 

pour que ces équations se réduisent aux équations correspondantes 
(40 ©*• (50 Volterra. H a pourtant dans les résultats concernant 
les deux cas des limites fixes et des limites variables des différences 
telles que nous devrons les traiter séparément. 

Nous envisagerons, dans ce Chapitre et dans le suivant, les équa- 
tions à limites variables. 


II. - L’ÉQÜAÏION LINÉAIRE DE VOLTERRA 
DE SECONDE ESPÈCE. 

5. Changeant légèrement les notations, nous écrirons cette équa- 
tion 

( 7 ) <s{x)-i- f ^(t)Kit, x)dt=f[x). 

do 

La fonction K(f, x) est donnée et s’appelle le noyau de l’équation 


(‘) Ce furent les premiers types traités d’équations intégrales. Cf, [123]. 




GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. l33 

iQt(^grale. Nous admettrons d’abord que ce noyau est (îni et continu 
dans le domaine 

O ^ < X* < f/, 

a étant une quantité finie. Il est donc connu dans li» triangle limité 
par Taxe des x. la bissectrice des axes .r — ^ et la parallèle x — a k 
I axe des t i); nous désignerons par M le maxiiniiin du module 



d(‘ K dans ce Iriangle. [-.e second membre f(x) (‘st une fonction éga- 
lement connue, finie (‘I continue pour 

o(,r ) est l’iuconnuo. 

Il bien clair que l’cquatiou prcccdonle ( 5 ') se ramène à la 
l'oriiK» (-), avec un noyau qui reste (lui cl coiUiuu pourvu que rt„(a:) 
ne s’annule pas dans l’intervalle de variation de x; le cas où ao('^) 
s'annulerait sera envisagé ullèrieuremcmt. 

6. Le problème à n inconnues correspondant. - Pour résoudre 
l'équation (7), M. Volterra s’appuie sur le principe général de passage 
du discontinu au continu et env isage cette équation comme cas limite 
d’un svstcme de n équations à n inconnues. Nous suivrons ici son 
analyse ( ' ) : 

Divisons l’intervalle (o, a) en n intervalles partiels //,, /t.j, .... /i„ 
et soient . . ., x,,- des valeurs de x respectivement Intérieures à 

ces intervalles. Le système linéaire correspondant à (7) est évidem- 


(') C/. VOLTEHIIA, |1231, [113] et aussi [1121-[lli] de la Ribliograpliie 1. 



i34 

meni 


CHAPITRE VI. 


<p(a:2)-+- tp(a:i)K(a;,,a;i)A, z=f{Xî), 

? 

Ÿ(aîn) -+- ?(iri)K(a;,, a;,,) Al -h . . 9 (a;„_i)K(a;„_i, J7„) /t„_i =/(a;„ ), 

d’où, en posant 

<f{Xi) = <fi, f{Xi)=fi, 

K{Xr,Xi)hr = Ar,i 

le système 

?i =/i, 

?î ”t~ ?i a.), 2 = y», 

> 

9/1 “H 9 i ,W 92 9//~l 1 ,/t — /n^ 

qui peut encore s’écrire 

/-I 

(8) 9,-+.^ 0;.A,,f = /i (t = I, 

1 

La solution de (8) par rapport aux inconnues <pt <!Sl obtenue par la 
règle de Cramer. Le déterminant du système est 

I O O O O 

A 1,2 I O O O 

Al, 3 Aï,;, I O O 

A,,;, Aï,/( A3,/| . ... A,| — ,,;j 1 

et l’on a donc, pour l’inconnue cpy, 

t O ().../, 

Ai.ï I O ... fi 

Al, y Aï, y . •••fi 

expression linéaire par rapport aux dont les coefficients 
s’expriment à l’aide des Ar,/, il vient 

A,,.,^-i I O 

Aj,Sh-î Aj_,-1,.<,-ï I 

(lo) Gï,, = (— 

A., .1-1 A., +1,1—1 
A$.i A.,+1,1 







i 35 


GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 

polynôme de degré i — s par rapport aux coefficients A;.,». Nous 
décomposerons ce poIynomc en une somme de polynômes homogènes 
de degrés respectifs 1,2, . . . , e — s 

(10') . .+ Aj/j ■**. 


et il reste à préciser l’expression des divers termes homogènes 
Or, en développant par rapport à sa dernière ligne le déterminant (10), 
nous obtenons 

f — 1 



.<-+-1 


que nous écrirons encore 

fl O A.«,i 


i-\ 



<n. 


En remplaçant, dans (i i), Gj,, et Gj,r pur les valeurs tirées de (10') 
et en identifiant les termes des divers degrés, on a enfin 


( ri ) 


Ax.V = -Ax,(, 


<-i 


a‘;v=2 


Ai^;=y al:*.- 


a 


1 1 > 

t\l » 


'A 


( I ' 

» 


Le système d’équations (8) est donc résolu par les formules (9) où 
les coefficients Ggj sont donnés, en fonction des \r,i par (10’) et (12). 

7. Passage à l’équation intégrale (7). Imaginons maintenant 
que le nombre des intervalles partiels /ii, /i.>. . . .Jin augmente indé- 
finiment, chacun d’eux tendant vers zéro. Los indices t, r, s sont 
remplacés par des variables continues, les sommes précédentes par 
des intégrales et l’on peut tlonc prévoir, d'après les calculs du n" 6, 


(‘) (il) s’obtient aussi en portant, dans les équations (8), les expressions (o) des 
inconnues. 



i36 


CHAPITRE VI. 


que ( 7 ) sera résolu par la formule 

(i3) ç(a;')=/(.-r)-4- r f{t)S(t,a:)dt, 

le noyau S qui est dit noyau résolvant ou réciproque de ( 7 ) étant 
donné par la série 

00 

S(^ :r)=y JC) 


(l4) 

avec 

(i.'i» 


K(»(/, x)=-K{t, X), 


KW{t,x)=J‘^ î)Ki')(ï, ^c)d;, 


8 . Vérification. — 11 reste à vérilier la solution précédente et à 
constater qu’elle est unique. C’est ce que nous ferons en montrant 
que toute la théorie s(; résume dans la démonstration des trois prin- 
cipes fondamentaux suivants : 

I. Principe de convergence. — Pour l’obtenir nous rechercherons 
d’abord des limites supérieures des fonctions x') définies par 

les formules (i5) et qui sont dites noyaux itérés de K(<. x). 

Puisque dans le triangle 

K(f, x) est continu et borné par M en module, on aura 

x)\^f =m{x—t\ 

i 

\Kr‘)(/, x)\$ f M.M 2 (e_<)rft = ivj:) , 

J, 2 . 


( £ / i/t -î l P / \k—\ 

I K(*)(/, x)\< 1 * V ^ = M* -1; — -L— 


WHx — t)'‘- 

(A-«)! 


, = M e»*»-'-'» 


La série 
M 


— IVl3(a; — <)- 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 187 

étant absolument et uniformément convergente, il en est de même de 
la série (i4) des noyaux itérés et la somme de cette série (i4) 
représente, dans le champ considéré, une fonction finie et con- 
tinue S(/, x) {noyau résolvant). 

“II. Principe de réciprocité. — Notons d’abord (jue le noyau 
itéré peut s’écrire aussi 

(i()t .r)=z f K'/)(7, 

J étant l’im quelconque des nombres 1.2,. .\ . (A — 1). 

En effet (16) est évidente pour h~2 et l’ou peut donc, pour 
l’établir, la supposer vérifiée par le noyau 
11 vient alors 

K'*)»'/, Xj-: f K'"- >>u, 

•J t 

f. ^ 

K">(ï, .rx/' f K'iU I. 'H'n, dr^ 

t « O 

-C T, ) //t, r T„ ïj K"H;, ./■ (') 

• f r, 

j K'/^ t, Tj ) X ) 


c’ost-à-clire précisément 

En particulier les formules (i 5 ) peuvent être remplacées par les 
suivantes : 

(iV l .r ) f/;. 


Or si Ton ajoute membre à membre les(i 5 ) et que Ton tienne compte 
(le (1 4 )? on a 


S( ^ .r ) = Kl 



Si/, x)d\ 


(‘) Kii employant, pour échanger l’ordre des signes d’intégration, la formule bien 
connue de Dirichlet 


f\ll pdr^Vil.T,)- r\ln 




qui sera utilisée plusieurs fois dans la suite. 



l38 CHAPITRE VI. 

et les ( 1 5 ') donnent de même 

S{t, x)=—K(t, x)—J'^ K(^, Ç)S(Ç, 

Ces deux formules, que nous écrirons 

(17) Kii, x)-+-S{t, x)=—J^ S(f, Ç)K(Ç, 

= OS(,S.r)rfÇ, 

se déduisent l’une de l’autre en échangeant le rôle de K et S. Elles 
expriment la réciprocité entre le noyau K de V équation {'j) et le 
noyau résolvant S correspondant. 

Comme corollaire on pourra calculer K à partir de S par des 
expressions en tout semblables à (i4) et (i 5 ) 

« 

= 5 j 

^Êâfi 

1 

avec 

S(n(/, ^)=:— S(/, x), 



S(*)(/, x]= f S'/)(/, Ç)S(/'-/)(î, x)<r:„ 


III. Principe d' inversion. — Les précédentes (17) donnent 
V inversion de la relation intégrale 

(7) t)^i t, x) (ft =/(x) 

et établissent V unicité de sa solution qui est donnée par 


(18) 


?(^) =/i^) r x\dl. 


Soit, en effet, une fonction qui vérifie (7); multiplions cette équa- 
tion, où a; a été remplacé par?, par S(^, x) et intégrons par rapport 
à ^ entre les limites zéro et x. Il vient 


Ç 9(5) S(5, a:) -+- / d^S{^,x)f <f(t)K{t, ^ult 

= f /(5)S(5, 

n 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. iSg 

d’où, en permutant l’ordre des intégrations du second terme et en y 
échangeant ^ et t 

jr‘ï<E)rfsjs<5,»)+jr’K(s, /(Ç)S(Ç, 

ou, d’après Tune des (17), 

-f ?(Ç)K(Ç, .r)rfç= r /(Ç)S(Ç, .r)dç 

* 0 «^0 

et enfin, d’après (7), 

<?(x)=/{x)^ 

Si donc l éi^uation (7) ® une solution, cette solution est nécessaire- 
ment unique et donnée par (18). Mais un calcul de tout point ana- 
logue, fait en parlant de (18) que l’on multiplie par K(^, a;) après y 
avoir remplacé x par amène à l’équation ( 7) et vérifie donc la solu- 
tion (18). Ce calcul est d ailleurs superflu, vu la réciprocité entre S 
et K. 


9. Récapitulation des trois principes. — l. La série ( i4) des noyaux 
itères est convergente et définit le noyau résolvant S(«, x). 

II. On a la formule (17) 

(«71 K(t, x)-i~S(t, f S(^ 5)K(Ç, 


- f K('<, Ç) S(Ç, X) 


III. La solution unique de 


(7) f ^(t)K{t,x)ftt~f{x) 

est donnée par la formule 

Les résultats prévus au n" 7 sont ainsi entièrement justifiés. 

La méthode précédente et les trois principes se retrouveront pour 
les équations à limites fixes avec la seule différence que, le déier- 



CHAPITRE VI. 


140 

minant du système linéaire aux inconnues <p,: u’étant plus égal à 
Tunité, l'expression du noyau résolvant est moins simple. 

Dans les deux cas c’est le principe général de passage du dis- 
continu au continu qui sert de guide pour la résolution. 

10. Ajoutons une remarque concernant les deux noyaux K(^, x) 
et S(^, x). 

Nous pouvons considérer S(^, x) comme une fonctionnelle dépen- 
dant de toutes les valeurs qui prend dans le domaine 

et écrire 

S(5, = FfK(r, x')\ 

; < ^ .r' < .r 

avec, d’après ce qui précède, 

00 

1 

La même opération fonctionnelle, qui fait passer de K à S, fera passer 
également de S à K; on aura 

oc 

K(|, ir)=y .-rj = F[S(Ï', ,r')!. 

1 ‘ 5<''<.t'<.T 

Cette opération fonctionnelle, appliqué une fois à K., donne le 
noyau résolvant S; appliquée deux fois à K, elle reproduit K lui- 
même 

F[F[K||^K. 


11. Méthode des approximations successives. — L’équation (t) 
peut également être traitée par la méthode des approximations 
successives ('). Écrivons-la 

J /-* 

(I 

nous en lirons 

ç(x)=/(x)-~ f /ri)K(^, f K(Ç, /"ç(Ti)K(n, 


(') Cf . Le Roux, [62]; Picard, [77]; Bôchbr, [8]; Lalesûo [53]. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 


» 4 l 


puis 


/(C)K(Ç, r K(^^,x)d^f /(r^) K{ r^, d-r^ 

^ */o «/o 

-f m, x)d^ f'Kir^,^i)dr^ f ?(OK(;, ïi)rf;, 

^0 «A 


«l ainsi de suite, en remplaçant chaque fois sous le signe d’intégra- 
tion (p par le second membre de (7 )• Après i substitutions et en 
échangeant convenablement l’ordre des signes d’intégration, il vient 


<f(x)=/{x)-i- f x)-h .f ) -H . . . -H Kt')( /, .r ) J dl 

•'0 ^ 

- 4 - r oi t ) X ) fft 

^ fl 


et, faisant tendre i vers l’infini, nous retrouvons la solution sous la 
forme (18). 

On peut aussi introduire dans l’équation un paramètre en l’écri- 
vant 

(7") o(x)=f{x) — \f z(t)Kn,x\dt 

' U 

et chercher la solution développée suivant les puissances de >. Ou 
obtient immédiatement 

< ' ? ( .r ) = /( a- ) -t- À / /i f ) S ( f, ./• : À I dt 

avec le noyau résolvant 

» 

S(/, .r; 1, z=y^ \fi-i f, x 1 

^/i 

I 

qui, d’après le principe de convergence, est évidemment une fonction 
entière de X, de sorte que la solution donnée sera valable quel que 
soit X. 

Ajoutons enfin que l’on peut établir directement l’unicité de la 
solution. Si (7”) par exemple avait deux solutions, leur différence 
u(.r) vérifierait l’équation homogène 

M( .r) -H X r «( /) K( f, X ) dt = O, 


d’où, par application du procédé d’approximations successives, on 



l42 

tire 


CHAPITRE VI. 


U(X}=1‘ r uit)K^i)(t, X) dt. 

^ Tk 


Admettant que j u(j:) | est borné par le nombre N, nous aurons 




M'Na.-' 


qui tend vers zéro quand i tend vers l’infini; u{x) est donc identi- 
quement nulle. 


12 . La notion de composition. Forme intuitive de la solution 
précédente. — Les relations (i 5 ) qui définissent les nojaux itérés 
mettent en évidence l’opération fonctionnelle 


x \ 


Ç)M(Ç, x)d^i, 


qui, à partir des doux noyaux L et M, en donne un troisième 

M. Volterra, qui a nommé cette opération composition, a remarqué 
qu’elle obéit à des règles de calcul très analogues à celles qui régis- 
sent le produit de nombres ordinaires. 

Nous examinerons ultérieurement ( ' ) les nombreuses applications 
de cette notion de composition. IVlais dès maintenant nous donnerons 
les propriétés les plus simples et nous montrerons comment la nota- 
tion de l’opération (19) comme un produit symbolique permet de 
présenter sous la forme intuitive la résolution de l’équation (7). 

Pour ne pas alourdir inutilement l’exposé, nous restons dans le 
champ des fonctions finies et continues. 

Remplaçant respectivement par x cA y les variables t ei x précé- 
dentes nous définirons par 

( 20 ) k{x,y)^ r/(^, î)fAÎ,y)d^ 

^ X 

la composition à limites variables, ou composition de première 
espèce des deux fonctions / et^. Nous écrirons en abrégé 


(') Livre IV, second volume du présent Ouvrage. Cf. aussi VoLTEnnA, [113] de la 
bibliographie I, Chap. IX, et Voi.terra et Pérès, [133]. 


GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 


143 


OU simplement 

Il est clair que, si / et ^ sont définies dans un triangle tel que celui 
que représente la figure, qui a pour sommet un point quelconque A 
du plan (^x = a, y = b) et dont les côtés sont les parallèles aux axes 

y 


Fig 5. 

et la droite y — x, leur produit de composition sera défini dans le 
même triangle. D’autre part ce produit est évidemment distributif 

/( a ' ■+■ h) 
et 

{ /i)/= a/ -H bf \ 

il est de même associatifs c'est-à-dire que l’on a 

'Âëb)^{fg)h, 

ce qui s’écrit encore 

j /(-r, y)dr^ 

}.ri 

b{i\, r)df\J 5)^(5, 

formule évidente en appliquant, une fois encore, la règle d’échange 
des signes d’intégration. 

Le produit de composition n’est pas en général commutatif 

* ¥ ¥ * 
fë 5^ ëf 





<44 

Lorsque l’on a 


CHAPITRE VI. 


* ¥ * * 

U = (if 

les fonctions f g sont dites permutables et leur produit de compo- 
sition est permutable avec chacune d’elles : on a en elTel 


(A)7=/(;^)-/(/é-: 


Dès lors, si l’on se limite à un groupe de fonctions permutables entre 

elles, le produit de composition f g obéit aux mêmes règles de calcul 
formelles que le produit algébrique ( ' ). 

Si les fonctions envisagées ne sont pas permutables, lu notation de 
la composition comme un produit symbolique reste avantageuse, il 
faut seulement ne pas changer l’ordre des facteurs. 


13. Ajoutons quelques remarques simples qui permettent de 
déduire d’une fonction/( y) tout un groupe de fonctions permu- 
tables, On pourra d’abord composer f un nombre quelconque de fois 
avec elle-même et l’on aura ainsi les puissances entières de compo- 
sition 

f f-, ■■■■ 

qui sont toutes permutables avec J {cf. n" 8, II). Sera de même per- 
mutable avec y tout polynôme à coefficients constants des puissances 
de composition de / et aussi toute série 

* é 

a i/-(- ao/i -4- . . . -t- « „/" -r- . . . 

des puissauces de composition de f, sous réserve de sa convergenci? 
uniforme. Ajoutons que, pour étudier cette convergence, on tirera 
parti des inégalités suivantes : on a 


* 

f 


n ^ ]VI« 


ly — ,r 
( /I — I j î- 


(*) Il s’agit bien entendu, des seules règles de calcul spécifiées plus haut et de 
celles qui en résultent. Si l’on envisage, d’autre part, la propriété d’après laquelle 
un produit de facteurs n’est nul qu’avec l’un de ces facteurs, cette propriété pourra 
s étendre a la composition, sous des conditions assez peu restrictives pour les noyaux 
envisagées, en se plaçant, bien entendu, dans le cas où le produit de composition 
est Identiquement nul par rapport à x et y. 


i45 


GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 

•s/, dans le domaine de définition de f, on a 

!/!<;'!; 

ces in^'galilés s’établissent en reprenant le raisonnement qui nous a 
conduit plus haut au principe de convergence. Toutes les fonctions 
ainsi obtenues (puissances, polynômes, séries de composition) sont 
permutables entre elles. 

A 

Nous aurons enfin besoin du symbole puissance nulle de com- 
position, défini par la règle do calcul suivante : 

/"A-- ■-= a/'’^ Kl, 

(|uelle que soit la fonction ", permutable ou non avec /(-r, y’). Ce 
symbole, qui joue le rôle d'unité, est donc permutable avec toute 
fonction y). De plus son eirel est indépendant de f do sorte que 
nous pouvons poser, (pielle que soit la fonction ^ 

/« = 

Comme la fonction égale à Tunité et ses diverses puissances de 
composition 

» y — ./• • ( )' — X y- * {y — .r )'* ' 

il ‘2 ! { n — n ! 

jouent un rôle assez important par la suite, nous utiliserons ordinai- 

* ¥ 

remenlpour l unitc f le symbole i". 

11 est clair que l'on pourra composer de même des fonctions 
symboliques de forme 

« 

où a est une constante qui multiplie i” et où f est dite partie régu- 
lière de F. Si les parties régulières sont permutables^ il en est de 
même des fonctions symboliques correspondantes : dans tout autr»? 
cas il faudra distinguer l'ordre de composition de deux fonctions 
symboliques. 

14. Considérons alors les deux équations intégrales que nous 


VOLTBRRA 


10 



t46 CHAPITRE VI. 

dirons associées ou adjointes 

(>l) (îo_/)ç = /t, 

(22) 9(Îo_/) = A, 


qui s’écrivent encore 

(2i) /(^. Ç)9(Ç, = 


Dans l’une ou l’autre équation f{x, y) (noyau) et A(a?, y) (second 
membre) sonl donnés , permutables ou non, et l’inconnue est 9(37, /). 
Leur résolution revient à définir 


(i“ — /) ’• 

Or l’identité algébrique 

— J) = l 

conduit, en remplaçant z par / et les produits de z par des composi- 
tions de /, à l’identité 

(23) (i"— i-) (l*» — /) = I» 


avec 

(24) -- A' =/-+-/- -+-/•' 


Il n’y a aucune difficulté de convergence, la série (24) étant majorée 
par 


M -h M'- 


. \y — x\ 


M» 


Ir — ^1* 


2 ! 


D’ailleurs,/ et^ étant permutables, on a également (fin du n" 13) 

(»* — /) («®— <?) = I*r 

de sorte que l’on peut poser 

(-3') 


cette définition étant valable quel que soit l’ordre des facteurs de 
composition. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 


147 


Dès lors toute solution de (21 ) vérifie aussi 


d’où 



9 = (i« — 



et la valeur ainsi obtenue pour 9 est bien 'solution de (21) parce que 

(«“—/) (î*— = h. 

On fera un calcul analogue pour (22) et l’on a, en résumé, le 
résultat suivant : les deux équations associées 

( >.i) (io_/)9 = /j, 

(22) 9(îo_/) = /i, 


sont respectivement résolues par 
( 21, ) 9 = (|0_ ^r)h, 

(22î) 9 =A(iO— 

le noyau résolvant g étant le même, a^^ant la valeur 

(24) -A' =/+/-+/•■* + .,.• 

<;l vérifiant les égalités ( 23 ) et ( 23 ') qui peuvent s’écrire 

( 25 ) g = h J.*- 

Le lecteur a déjà constaté que les équations qui viennent d’être 
traitées, (21) et (22), sont du type (7) et que la solution qui vient 
d’en être donnée est identique à celle du n” 8, les identités ( 25 ) 
revenant, avec des différences de notations insignifiantes, aux précé- 
dentes (17), de sorte qu’elles expriment /e principe de réciprocité ('). 

La variable x de l’équalion (7) correspond à y de l’équation (22), 
mais (22) contient de plus un paramètre x, limite inférieure d’inté- 
gration. Dans (21) la variable est x et le paramétre Si dans (21) 
ou (22) on prend respectivement le paramètre constant, nul par 


( * ) Les noyaux K et S du n® 8 s’appellent maintenant — / et — ^ de sorte que ( 17)^ 

★ -R * * 

laquelle peut s’écrire K h- S = — SK= — KS^ donne bien ( 26 ). 




l48 CHAPITRE VI. 

exemple, on a des équations de forme 


o{x)—f /(jf, Ç)o(ï)rfÇ = /i(a;), 

9 ( 7 )—/ 9(5)/(?, 

•'0 

résolues respectivement par 

o{y) = h{y)— f h{%) gi’ê,, y) d^, 

♦^0 

exactement comparables à la précédente ( 7) résolue par (18). 


15. Cas où le noyau n’est fonction que de la différence y — x. 

Il arrive quelquefois que le noyau r) d’une équation intégrale 

de l’un des types précédents (p. 1) ou (22) n’est fonction que de la 
difTércnce y -- x. 

C’est un cas qui se présente en particulier dans la mécanique héré- 
ditaire du cycle fermé ( '). 

Il est aisé de vérifier que le noyau résolvant g est alors de la même 
forme et peut s'écrire g {y — x). 

Puisque g est formé à partir des puissances de compositions de 
il suffit pour s’en assurer de vérifier que, étant données deux fonc- 
tions {y — x) et ffy — x)^ leur produit de composition ne dépend 
lui aussi que dejK — x. Or 


-* A 






Ai'^)My — X — -)d-., 


ce qui établit la proposition. 

Incidemment notons que, en posant y — x = t^ la seconde inté- 
grale de la formule précédente s’écrit 

f'/d')A(t--)d- 

^'0 


(M VoLTERRA, [i3ol, P' ^2 et i5o. Cf. aussi [iiS] de la bibliographie I, 

Chap. VIL Nous reviendrons sur ce sujet dans le troisième volume du présent 
Ouvrage. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 
qui, par un changement de variable évident, s’écrit aussi 


i49 


f ) ti' 

A ★ 

et est donc égal à f^Jf 

Nous obtenons donc le résultat : toutes les fonctions de la seule 
différence y — x sont permutables entre elles. Nous verrons ulté- 
rieurement qu’elles forment un groupe de fonctions permutables 
donnant toutes jles fonctions permutables avec l’une d’entre elles, 
groupe que M. Volterra désigne sous le nom de groupe du cycle 
fermé. 


K). Plaçons-nous dans le cas où le noyau f{y x) est une fonction 
de la différence ( y — x), développable en série entière 


( '>0 ) 


f(r 


= A (I -I- A 1 


(.K — ./■ 


A„ 


( V — .r )" 


convergente lorsque y — x est assez petit ; on peut alors donner des 
développements analogues des diverses puissances de composition 
<le f et du noyau résolvant g. 

Pour obtenir rapidement ces développements, il suffit de remar- 
quer que. d’après les valeurs (n” 13) des puissances de composition 
de l’unité, on peut écrire ( 26 ) 

fy — j-)— \o 1 -+- A, 1- A,, 1"' ' -r- 

D’après les remarques du n" 13, les puissances de composition de y se 
calculeront à partir des puissances de la série 

I 27 ) A(^ 3 ) — A„ Z -H A I 3 “ -H . . . -+- A/l 3 ^' 

que l’on ordonnera par rapport à 5 et où l’on remplacera z>' par 

{y~jc)P-' 

(/> — II! 

Pour la fonction g, nous noterons qu’elle est donnée par 



l 5 o CHAPITRE VI. 

on aura donc à développer suivant les puissances de z le quotient 

A(^) 

I 

Soit 

(28) 


I — 

Bc2 •+• Bi Z--I-. . .-H B, J 3"+' H-, . 


la série obtenue, il viendra 


A’' — Bo -(* B 1 B n 


(y — X )« 


n ' 


Il convient de noter que la convergence de la série (26), qui a 
été admise a priori, n’entraîne pas nécessairement celle de la 
série A.{z). Si cette dernière série a un rayon de convergence nul, le 
calcul des puissances de A(5) ou le calcul de — -j — pure- 
ment formels. Mais les séries obtenues deviennent convergentes 
quand on y remplace par ' • et elles donnent toujours les 
puissances de composition de f et le noyau résolvant g. 

17 . La méthode du numéro précédent peut être commode pour le 
calcul effectif d’un noyau résolvant. 

Dans le même but nous ^signalerons une méthode due à Evans ( ' ) 
et concernant le cas où le noyau f{x, r) vérifie une équation diffé- 
rentielle, par exemple 


(29) 


O. 


En différentiant l’équation que vérifie le noyau résolvant 

y)-^ f{(x, i)/(^,y)^l 

i fois par rapport à y, il vient 


àif 




(>) Cf. Evans, [ 26 ]. 




GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. l5l 

Mullipliant celle équalion par cii{y) el faisanl la somme par 
rapporl à l’indice le lerme inlôgral disparail à cause de (29) el il 
resle une équalion différenlielle en g{x, y) qui délermine parfai- 
lemenl^(Æ?, y) en lenanlcomple des condilions iniliales, pour y — 
lesquelles se déduisenl des équalions ( 3 o). 

Celle mélhode de Evans esl parliculièremenl commode dans le cas 
du cycle fermé. Si, par exemple, 


alors on a 


fi X, y) = — si»(^K — X I. 


±f 

ày"- 




el le noyau résolvant esl, comme on s’en rendra comple aisémenl, 

, I . , 

X, K ) — - J- siii V ■-< ( >' — -r ». 

\ < 

ïiO cas du cycle fermé a aussi élé étudié par Whittaker ( ' ). 

Tedone a enfin envisagé le problème ('*) de déterminer les noyaux 
f{x, y) dont les résolvants peuvent être calculés au moyen d’opéra- 
lions élémentaires et d’opération de dilTérentialion el d’inlégralion. 

18 . Cas des intégrales multiples. — Des considérations tout à fait 
analogues s’appliqueront à une équalion du type suivant (•*) 

rii") 9(ji,rî .)'•« I 

^ y’n 

— I ... I d-n 0( )/< îl, .rn ) 

•^0 «-^0 

= hiy\, y-i, .... y,, »- 

La fonction inconnue 9 dépend maintenant de n variables el l’inté- 
grale simple qui figurait dans (7) esl remplacée par une intégrale 
multiple à limites variables. 

En reprenant le mode de calcul du n" 8 on établira, pour ( 3 i) trois 
principes de convergence^ de réciprocité, d’inversion qui en 
résument la théorie. On pourra d’ailleurs introduire une nouvelle 


(') G/ Whittakkr, [135] et aussi Voltkhra et Pérès, [133] p. 112. 
(’) Cf. Tedone, [108]; Volterra.[1>1 I. 

(’) VOLTKRHA, 1125]. 




02 


CHAPITRE VI. 


notion de composition^ définie par 

^5 ••• / dlnf{-C\, JCi- ■■■, x»\’i ?« i/i. •••, J'« < 

et en faire le même emploi que plus haut. 


ni. - ÉQUATION DE VOLTERHA DE PREMIÈRE ESPÈCE. 

19. Nous la prendrons sous la forme 

(32) f ®(?) K(Ç, 7)^5 =/(j I, 

l’inconnue étant cp()K). Ea fonction f{y) est donnée dans l’intervalle 

intervalle dans lequel on cherche également cp. Le noyau K(j?, jt ) 
est donné pour 

O < j:; 

Nous nous limitons d’abord aux fonctions bornées et continues, mais 
nous aurons de plus à introduire l’hypothèse de l’existence de certaines 
dérivées. 

Le système d’équations linéaires correspondant à (32) s’obtient, 
comme au n'’ 6, en subdivisant l’intervalle (o, <?) eu intervalles par- 
tiels A|, h-i, . . . h,i et, en reprenant les notations du n” 0, il s’écrit 

?i A,, =/i, 

?! A I , î -t- ç-> Ai, .J = J 11 

J 

\ Ç l A ; ^ -ï- y 2 Ai, // -f- ... O fl \ 11^ rt — ,/*«• 

Il est possible de le traiter comme h^ système correspondant à l’équa- 
tion de seconde espèce, mais son déterminant est 

A|i Aii ... A/l/, 

de sorte que nous sommes amenés à faire d’abord, sur le noyau K, 
l’hypothèse K(y', j^)^o. Dans cette hypothèse on peut procéder, 
comme au paragraphe précédent. 




i53 


GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 

20. Le cas simple où K(^, y) ne s’annule pas. — On peut alors, 
sous des restrictions de dérivabilité, passer de la solution du svslèine 
algébrique à celle de l’équation intégrale ( ' ). 

Transformons en ell’et le système (Sa) en retranchant de chaque 
équation la précédente ; la équation du système s’écrit 


?i ( A|,/ — ) -t- Ÿ 2 ( Aa,! — Aîj_, ) -t- . . . - 1 - 9 / A,- ,• =y; — fis, 


or, les dilTéronces (A,.,,- - A,,,-. ,) et font intervenir à la 

limite les dérivées K^(.e, y) et f'y(y) et, en divisant l’équation 
précédente par A,-,,- (.r; — ), il apparaît que l’on pourra transfor- 

mer le système (Sa/) en le système analogue concernant l’équation de 
seconde espèce 



K( y ) 
K(y. yi '' 


fr^.y > 
K( r, )• » 


(iOlto dernière équation doit pouvoir remplacer la proposéi*. 

Il est facile de le vérifier directement ( -)'. Admettons que, dans le 
domaine considéré, hïs dérivées K'y(Æ:. y) et f\{y) existent et soient 
bornées et continues, l/équation entraîne nécessairement 

/(O) = O 


et, cette condition étant remplie, elle est équivalente à celle que l’on 
en déduit par dérivation par rapport à y, à savoir 


(33) 

ou encore 

(33/ 


K( 






y } i/; 


/; 


t) K( 


y ) 


o{ y ) ■ 


r\iv 


t)y 


kty, y I 




■/’>' t .y > . 
K(y, )■ I ’ 


c’est là une équation de seconde espèce. 

Si K.(y,y) ne s’annule pas dans le domaine do variation de y, 
cette équation a son noyau et son second membre bornés et continus 


( C’est ce qu’a fait M. Volterra dans ses premières recherches sur la question, 
[ 123] Note I, obtenant ainsi les formules d’inversion données plus bas et vérifiant 
directement, apres avoir étudié la convergence des séries qui y interviennent, l’exis- 
tence et l’unicité de la solution. 

(*) VoLTKRRA [ 124 1. 



CHAPITRE VI. 


et les méthodes du paragraphe II en donnent la solution. Posant, 
pour abréger, 

â K(x, y) 

HU,^)= , 

V.(y,y) 

^(r,y) 

puis 

S(a:, ^ ) = — ( H -f- H* H" -4- . . . ), 

on aura 

o{y) — h{y)—f A(Ti)S(-fi, 7)rf-ri, 

formule donnant la solution, unique, de (Sa). 

Au lieu de dériver (Sa), on peut aussi y prendre pour inconnue 


^(y) = f ® 

n 


U )<1t 


et l’écrire, après une intégration par parties. 


K ( 7 , y ) 0 ( j) - r' 0 ( Ç ) K 5 ( Ç, y ) f/ç = /(y ), 


J, K(7,7) ' K(7.7)' 

tout à fait analogue à (SS'); on en tirera Q{y), puis, par dérivation, 
on obtiendra la fonction cp( 7 ). 


21. Nous reviendrons ultérieurement (Chap. VII, § II) sur le cas 
où K (y, y) à des zéros isolés. Plaçons-nous dans l’hypothèse que 
K(y, y) est identiquement nul. L’analyse précédente est alors en 
défaut, l’équation (SS) se réduisant à 




qui est du même type que (Sa). Mais on pourra recommencer sur elle 
le raisonnement qui nous avait permis de passer de (Sa) à (SS); il est 
bien clair que l’on sera amené ainsi, sous des conditions assez larges, 
à la solution de l’équation proposée. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. lâS 

Admettons en effet, pour fixer les idées, que 1<! noyau y) soit 

identiquement nul pour y = x ainsi que les dérivées successives K',., 
K",, la dérivée suivante y') .n’étant jamais nulle 

pour x=y; supposons de plus que K'"„tV(a:, y') soit bornée et con- 
tinue. Dans ces conditions, l’équation (32) ne peut admettre de 
solution que si le second membre donné /(y*) a des dérivées finies et 
continues jusqu’à l’ordre n -f - 1 inclus; on devra avoir de plus 

/(Oj =/'(o) = (O) = o; 


et, ces conditions étant remplies, on passera, par n + i dérivations 
par rapport à y, de l’équation ( 82 ) à l’équation équivalente 




9< ç ) 


K( 5, r ) 

Il 


=fy'n'ty(yh 


tout à fait analogue à (33) et qui donnera la fonction 9 (y') cherchée, 
d’ailleurs unique. 


22. Le symbole K.“'. — Dans ce qui précède la limite inférieure 
d’intégration zéro peut être remplacée par une constante ou même 
par un paramètre x qui figurera aussi dans la donnée f et dans 
l’inconnue 9 . 

L’équation (32) s'écrit alors 

(36) Ç 91 .r, ; ) K( r > =/i .r, ,)' > 

ou encon; 

çk =/, 


les données K «‘t / étant des fonctions de x et )• définies par exemple 
dans le domaine 

« ^ J’ ^ y ^ 6 ; 


la fonction /(.r, y) doit être identiquement nulle pour y = .r et, en 
supposant que R(y') y) ne s’annule jamais on sera amené à l’équation 
de deuxième espèce 


o(x, y ) ■+■ 



V 


.K» fr 


/.'■ < -r, .K > 

K(y, y.) ’ 


Dans tous les cas on peut écrire symboliquement la solution de (36) 
sous la forme 

» ♦ * 

O =/K--', 



i56 


CHAPITRE VI. 


l’analyse précédente définissant en somme (sous les restrictions 

posées) l’opérateur K~'. 

On traiterait de même 

(37) J' Ç)?('Ç,r) ^5 =/(■*•, /) 

ou 

* ¥ 

Ko =/ 

que l’on ramènera à la seconde espèce en dérivant par rapport à x. et 
sa solution pourra se noter symboliquement 

* it 

Ç = K-I/. 

■k 

La question se pose de savoir si c’est le même symbole K”' qui doit 
servir, par composition à droite ou à gauche de f, à résoudre les deux 
équations associées (36) et ( 37 ). La réponse est afp,rmatwe comme 
nous le verrons quand nous aurons donné les représentations et les 
règles de calcul des symboles en question ( ' ). 


23. Il est facile de ramener au type (32) des équations de forme 
un peu différente. Soit par exemple, l’équation 

(38) / ?(ï)K(Ç, = F(j), 

où l’inconnue est toujours cp(y) (-). 

Posons /( J) = et admettons que l’on en puisse tirer, de façon 

univoque, y= g{x), l’équation (38) s’écrira 

(38') jT 9(Ç) K(s, 

de même forme que (32). 


24. Équation de première espèce où figurent des intégrales 
multiples. — Nous avons vu plus haut (n*" 18) que la méthode d<» 
résolution des équations de deuxième espèce s’étend immédiatement 


(^) Pérès, [76]; Voltkha et Pérès [1331, p. et io6. 
(-) VOLTFRRA, [126]. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 


l'>7 

au cas des intégrales multiples. Pour le cas d’une équation de 
première espèce, la même extension est possible (* ), mais les calculs 
sont un peu plus compliqués. 

Bornons-nous au cas de deux variables (l’analyse étant analogue 
pour le cas général) et soit l’équation 


< '^9 ) 


^0 '^0 






avec l’inconnue J'î)- H est naturel de dériver (dq) par rapport 

à Yf et à y-i pour la transformer en une équation de seconde espèce. 
Après ces deux dérivations, il vient 


I i<>) 


.>'2 \yy, .Yi ' y-ü ' 



f)K , 


( Z 

()y\ ’’’ 

y2 lyi, y-2 


, ^2 i Kl, .>'2 »'/Ï2 




^ >)■ K( l_ri. y-i I 

* .» ) ■' ' ' "" 

f) r\ Ow 


Jll-, 

0y\ Ovi 


équivalente à (^q) si. comme il est nécessaire, /(.>'), J'j) est nulle 
pour y, = O et pour y.j — o, ~ el ~ étant respectivement milles 
pour y 3 = O et )', = o. 

En admettant que R(k,, y.j |y'i, )'•_.) n'est jamais nul, (4o) prend 
la forme 


<1') ?(y\,yi^ 


- f ?< ï>> A-* • ; .t'i 1 .Yi ' 

• 0 

•f ?<yi. $2 >C'«t îï: .Ko y-i > 

-f f 9< Si' Ï2 I H( Kl, y., u/;i 


= /'»yo y2 1, 


b'. G, H, h ayant des valeurs évidentes. C’est une équation où la 
fonction inconnue figure dans des intégrales simples et dans une 
intégrale double. 

On peut appliquer ci (4 1 ) la méthode des approximations successives 
en isolant le terme 9(.>y, y-i)- 


(') Noi.tkrua, [1‘2.')|. 




l58 


CHAPITRE VI. 


On peut aussi procéder de la façon suivante : conservons les deux 
premiers termes à gauche et faisons passer les autres au second 
membre que nous désignerons alors par H vient 

f Jî)^Çi=T(ri, 72 ). 

•^0 

Si nous envisageons y-t comme un paramètre et T{yt, y-i) comme 
connu, c’est une équation ordinaire de seconde espèce dont on tirera 

?(rt) Js) = TCr,, jj) -t- f T(Ç,, 


étant le noyau résolvant de F. Remplaçons T par sa valeur, nous 
obtenons une équation de même type que (40 mais où a disparu la 
première intégrale 


S 

oC/i, ?î)G,(5î; J,, 

/ Yi ^ r% 

Al f $2; 71, 7->) ?‘2) = 74I 


En procédant de même après avoir isolé les deux premiers termes 
de <5*1 aboutit à 


(41") ?(7i,72> 


I ./Çt / 2 

A 


Ai Î-.; 7 i, 


72(9 <Îi> 


Î2 


= h 


ï'7i, J'-U 


qui est du type (3i) (n" 18). 

Dans le cas où il n’y a pas deux mais n variables, il faudra dériver 
l’équation une fois par rapport à chaque variable. On aura ainsi une 
relation où figurent des intégrales simples et multiples jusqu’à 
l’ordre n. Pour la traiter on pourra éliminer les diverses intégrales 
par des calculs tout à fait semblables au précédent. 


IV. - SYSTÈMES D’ÉQÜATIONS DE VOLTERRA (»). 
25. Nous prendrons d’abord le système de deuxième espèce 

y n 

(42) y)A—fi(y) (i = i, 2, n), 


(1) VoLTERRA, [124 J. 




GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. iSg 

OÙ les inconnues sont les n fonctions cpi, cjpa, •••, <p/i. On peut appliquer 
à ce système une méthode analogue à celle des n““ 5-9 en faisant 
dépendre encore sa solution de trois principes de convergence^ de 
réciprocité^ d'inversion. 

Construisons les fonctions suivantes : 

= — y) t', y = I, 2, n), 

n 

J) (l =2,3,...,*). 

l 

Il est facile de vérifier que le second membre ne dépend pas du 
choix de A' (5 = 1 , 2, ... Z — 1) et que 

en désignant par M un nombre supérieur à jKy,(x, y' ) | quels que 
soient i et j pour x et r arbitraires dans le champ 

o'ix ^ l, 

où nous nous plaçons. 

Il en résulte que les séries 

00 

( 44 ) .Sy,( .r, Y > = 2 ^ *'■/!'' y ' 

1 



sont absolument et uniformément convergentes dans le champ 
envisagé et définissent n'^ fonctions bornées Sji. C’est le principe 
de convergence. 

En étudiant la forme des restes de ces séries, ou constate, tout à 
fait comme dans le cas d’une seule équation, que 


Sy,( X-, y ) -4- .r, v ) = — > Sy,. K,.,( x, y ) 

1 

n 

= — Ky,. S,.,(x, y\ 


et que, en posant 


Syî’(,^, y)—-~ -r, .K't, 




( 13 ') 



i6o 


CHAPITRE VI. 


on a 

90 

U4') J), 

i 

c'est le principe de réciprocité. 

Enfin, par des calculs analogues à ceux du n" 8, lll, il viendra 


f S, 7 ) A 

= f 9/*5)(Sm(5, 


d’où en simplifiant, 

r’y 

./q 

= ~ f y ?KÇ)K//,(?, 7)rf$ = 0 /,(j)— 

c/o 


c’est-à-dire que l’inversion du système d’équations intégrales ( 42 ) 
sera nécessairement donné par le système des équations 


( 4a' ) 


?/'>) =/(^7) -t- f 


La réciproque est évidente par un calcul analogue et l’on a ainsi 
le principe d'inversion. 


26. On peut passer à un système de première espèce ayant la 
forme 

// 

(45) fi^r)=f y ?/<?)Ky((Ç, (/=I, 


les cpy étant toujours les inconnues et les données J) et Ky,- étant 
dérivables par rapport à y. Le système (45) entraîne fi{o) = o et est 
alors équivalent au système des équations dérivées par rapport à y, à 
savoir 


(46) i;. V‘y) 9,'< E) «5 =/;■/.• 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. 


l6l 


D<^signons par D(a?, }') le délerininanl 


hi .r, y)~ 


J) ri 


K„,i.r, _r) 


K| „ ( J?, J ) 


k„„( Jî, y) 


SI U{x, x) est différenl de zéro on pourra résoudre les (4l>) p**»' 
rapport aux qui figurent dans la première somme du membre 

gauclie. On obtiendra ainsi des équations exactement analogues 
aux (4?) et <pii se traiteront par la méthode qui vient d'être donnée. 


27 . Cas des intégrales multiples. — Prenons par exemple le sys- 
tème de première espèce 



I k / 1 1 ^ ' 5/. 0 ■ 1 , . ... Vf, ) 

... /il 


(inconnues 9/). i\ous dériverons successivenumt par rapport à 


r.,, Si 1 (‘ déterminant des fonctions K, •••*,>>)> 

soit 

k,, k ... k,,. 

( pt I l>i ./'t, •/••i, r,, I l t'f, I = , 

k /H k /I 


où l’on fait x^~ t't, x >=)■•> x,,~ y,,, n’est pas nui, les équa- 

tions (47) entraînent 

< l'.t I ?|< .!> t-e ?l 9« I = • • •- J'n *. 

où ïF, représente une somme d’intégrales simples, doubles, multiples 
qui contiennent linéairement les inconnues. Supposant connues 
92. . . .,9/,, on tirera 91 de la première équation (4<)) P»*' Itt méthode 
du n" 24 , puis on portera cette valeur dans les équations restantes qui 
ne contiendront plus qm* 9.J, ..., 9/i. En continuant ainsi on se 
ramènera à une seule équation avec une seule inconnue. 

Ce qui précédé indicjue aussi la marche à suivre si le système (“st 
de deuxième espèce. 


VOLTKRRA 


11 



162 


CHAPITRE VI. 


V. - LIEN ENTRE LES ÉQUATIONS DE VOLTERRA 
ET LES ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES. 


28. Parlons, pour fixer les idées, de l’équation de première espèce 

(5o) f ?(S)/(Ç, = /<(/) (^h{a} = o), 

où l’inconnue esl ^(y) et, en supposant finies et continues les dérivées 
dont nous aurons besoin, x'cprenons les dérivations successives qui 
nous ont servi pour traiter l’équation lorsque le noyau [ici fi^x, y')] 
est identiquement nul pour y = ic (n“ 21 ) ; nous obtenons les équa- 
tions suivantes : 

(5‘>i) 9(y)f^y, y) f ?<?)/!■( 5. 


/ \ / \ 


r>-e /* ot?)/,.'» /) = /''“* 'Mjj (*) 


et (5o) est visiblement équivalente à l’équation {intègro-dijfèrcntùdle) 
(5o/i+i) pourvu que l’on y joijçne les conditions déduites des pré- 
cédentes (5o<), .... (5o,t) en y faisant y = a. Lorsque /(a, «) n’est 
pas nul ces conditions déterminent les valeurs, pour y = a de 9 et de 
ses n premières dérivées; l’élude de l’équation ( 5 o„ 4 .i) avec ces 
conditions aux limites est un problème équivalent à la résolution de 
l’équation (5o). 


29. Dans le cas particulier où f(^x^ y) est un polynôme en y de 
degré n, l’intégrale qui figure dans (5o,^^.^), disparaît et la résolu- 


(‘) Ici, et aussi dans la suite, des notations telles que fy{y, y), y) dési- 

gnent les dérivées partielles /'.(x, y), fynUx, y) dans lesquelles on a remplacé x 
par y. 



GÉNÉRALITÉS. ÉQUATIONS INTÉGRALES DE VOLTERRA. l63 

lion de (5o)se n^duità l’intégra lion de \'éi{\\inùon différentielle 

r')-^ + 

?<JK ) y ) = ) 


avec les données aux limites usuelles pourj^= a. 

Si le noyau /est un polynôme en jc de degré n, on aura un résultat 
analogue. On peut écrire 


r » = /'.K, .r ) -(- 


.r 


-f'.r^y^ y ^ 


{ X — y )'< 


/r"'(r, y) 


et. eu portant celle expression dans l’équation (5o) et Introduisant 
la fonction 


on (‘St ramené à réijualion diÜérenlielle eu 

< >'>, ) f[y, ,)• l'V"' , ,H f;i,(y.y)-\> — h( y). 

<lont ou devra chercher une solution nulle pour y = a ainsi que ses 
dérivées .... on passera ensuite à ç(.r) par (ra + i) déri- 

vations. 


30. Il (^st clair que d(‘s r(‘marques analogues vaudront pour les 
équations de Volterra de s(!cond(* espèce. 

Inversement d’ailleurs la détermination de l’intégrale d'une 
équation différentielle 

. <1" O . f/" 'o 

< * ) • A„( >' ) -J— -+- /\i ( r ' -4-. . . -4- A„( r ) 9 = Il ( r ) 

fiyn 

qui, pour = rt, prend des valeurs assignées ainsi <pie ses dérivées 
jusqu’à l’ordre n — i, revient à la résolution d’une équation intégrale 
de Volterra, que l’on déduira de (53)par re ou (n + i) intégrations (' ) 
successives entre les limites a et >' et en faisant disparaître les 
dérivées de cp par des intégrations par parties. 

Tout ceci s’étend à des systèmes d’équations différentielles : on 
passe alors à des s>stèmcs d’équations de Volt<;rra C^). Prenons par 


(*) Suivant que l’on veut obtenir une équation de deuxième ou de première 
espèce. 

(=) Cf, SiNIOALUA, [104']. 



i64 

exemple le système 


CHAPITRE VI. 


doi 

I =y/<r » 

( /, A- = 1 , 2, ..., n), 

une intégration donnera le système de Volterra de deuxième espèce 

9dy)-^f ^ «/*( 5) = ?<< « » -t- r /,( ; ) f/s. 

Des considérations analogues s’appliquent enfin à des équations 
aux dérivées partielles ou à des systèmes de telles équations, pris 
avec des données aux limites convenables. Sans qu’il soit besoin 
d’insister, on voit que de très nombreux problèmes de l’analyse 
pourront se ramener à des équations intégrales de Volterra. 

31. Nous avons vu que dans des cas particuliers (noyau |)olyuomo 
de degré n en x ou en y) on pouvait ramener l’équation de Volterra 
à une équation différentielle d’ordre n. 11 est à prévoir que, dans le 
cas général, l’équation de Volterra pourra être rattachée à une 
équation différentielle d’ordr<î infini. Nous nous contenterons sur ce 
sujet d’indications très rapides ( ' ). 

L’idée la plus naturelle consiste à envisager une équation diffé- 
rentielle d’ordre infini comme étant du type 

, . . / V L , ^ do . dP O , 

(54) Ao(y)o A,(y)-~ A (y ), 

OÙ le premier membre est une série. Une telle équation peut être 
remplacée par le système suivant : 

l Âo(y) 9 o(y) -4- A, (jj 9 ,( 7 ) . .-I- ,\,,(y ) 0 ;,(y) = /((y), 

f 54 ') \ do„ 

j lîp (y = O, I, . . ., =c) 

avec cp(7)=^çpo(j)- 

L’équation intégrale de Volterra ( 00 ), où l’on suppose le 
noyau /(ar, y) analytique et donné par la série 

P P- 



(') Pour plus (Je détails, Cf. Lai.es(X), f55J. 





Icji <^p (^lant milles pour j' = a. 

11 est impossible d(ï ramener le système ( 55 ) au type précédent (54'); 
il y a pourtant entre eux une analogie formelle de sorte qu’il est très 
naturel de dire que (55) représente aussi une extension, pour l’ordre 
infini, de la notion d’équalion différentielle d’ordre fini. Nous avons 
ainsi, de cette notion, deux généralisations différentes et c\ist la 
seconde qui se relie à V étude des équations de Volterra. 





CHAPITRE VIL 

COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 
AUTRES TYPES D’ÉQUATIONS DE VOLTERRA. 


1. - NOYAUX INFINIS POUR y=.x. 

1. Dans toul le Chapitre VI nous avons supposé que les fonctions 
considérées (et aussi leurs dérivées, lorsqu’il était nécessaire) étaient 
bornées et continues. Il est naturel de se limiter à ce cas dans une 
première étude afin de dégager, sans complications accessoires, les 
méthodes essentielles. Mais il convient d’examiner ensuite si ces 
méthodes restent valables avec des hypothèses plus larges. 

Il est tout d’abord évident que la condition de continuité est tout 
à fait accessoire. On pourra admettre qu(! les fonctions envisagées 
ont des discontinuités pourvu que les intégrales que l’on est amené à 
écrire gardent un sens et pourvu que, les noyaux restant bornés., 
on ait, pour leurs puissances de composition, les limitations qui ont 
permis d’établir le principe de convergence. 

Passons au cas de noyaux non bornés. Un type particulièrement 
Intéressant pour les applications est celui des noyaux qui deviennent 
infinis pour y = x comme (y — -c)*"', « étant un nombre compris 
entre o et i. Mais, avant d’en aborder l’étude, nous rappellerons 
quelques notions qui se rapportent à la théorie de la composition et 
dont nous aurons besoin. 

2. Ordre et diagonale d'une fonction /(a?, y). — Soit une fonc- 
tion /(a:, y) définie dans un champ tel que 

(D ) ^ ^ ^ = b. 

M. Volterra dit ( * ) qu’elle est d’ordre a (a étant un nombre positif) 
si l’on peut y mettre on facteur {y — .r)*~' . le quotient étant une fonc- 


(■) Cf. [1.3.31, P- *0. 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


167 


lion de x et de y finie et continue dans (D) et non identiquement 
nulle pour y = x. En introduisant, pour la commodité, un dénomi- 
nateur r(«), oii r est la fonction eulérienne de deuxième espèce, une 
fonction d’ordre a s’écrira 


(I) 


r, ~ ■*' 1- / 


r) étant finie et continue et F(a7, x)^o. F(Ær, k) sera diicamc- 
tèristique de /, F(a7, x) en sera la diagonale. La fonction f u’esl 
borné(î que si a > i . Pour o < « <C i elle devient infinie pour v' = x. 
Soit une autre fonction d’ordre positif (3 

c.î) .r, y)=^ '' ■ — C,ix,y), 

1 ( ) 

* * 

la composition fg garde évidemment un sens, même si a et P sont 
compris entre o et 1 et l’on a 



ï — .r I»-' ( V — c 


Vi X » 


!'( >) 


F( J-, y)(/^, 


d'où, par un changement de variables évident, 


( 3 I 
avec 


fir J, 


i y — .ri 


a-e 3- ' 1 


« a -d- ) 


H i x, y I 


( 4 • ii(x, J) = - 


r ( a -f- "j ) 


l'( a ) Tf 
^ \ 

/ 

X 


I K ^.r, j'-y y — jr\\ G (^x-yfAy — .r), y \ i — dt. 

Jn 


On voit immmédiatemenl que : 

a. Les règles de calcul du Chapitre VI, n" 12, s’appliquent même 

si les ordres sont inférieurs à 1 , pourvu qu’ils restent positifs; 

♦ ★ 

h. fg a pour ordre la somme a -t- (3 ; 

c. fg a pour diagonale le produit F(j;, ^)Ci( x, x) des diagonales 
de/el »• ( ' ); 


(*)Ceci résulte de l’évaluation connue de l’intcgrale eulérienne de première 
espèce 



/« !(,._ t)^ Ult 


r(a)r(^) 

I' ( a -h jü ) 



i68 


CHAPITRE VU. 


d. Si dans le chiimp considéré on a | F | <; M, | G | <; N, on a 


l’inégalilé 

(5) 




3. Puissances quelconques de l’unité. — Nous avons vu (Ghap. Itl. 
n" 13) que. pour z entier positif, on a 

♦ _ I r — .r • iy — .r ’ 

{Z — 1)1 Vi Z ) 

Mais, set z' étant positifs quelconques, la formule 

¥ * ¥ 

(6) 1= I='= 1='=', 

qui est évidente pour les valtmrs entières, subsiste d’après ce qui 
précède. Il «;st donc naturel de poser, par définition de i '. pour s 
positif quelconque. 


4. Équation de seconde espèce dont le noyau est d’ordre a (o < a < i )• 

— Ce sera par exemple l’équation 

(8) ç( .r, / ) — ?/( Y I = A( ./■, y i 

[inconnue cp(a7,^)] ou bien, en prenant pour lixer les idées x e\. a 
nuis, 

( 8 ') r ri, y xt; = toy ) 


[inconnue Le noyau /est donné par (i) avec 

donc infini pour y — a:- d’ordre i — «. 

D’après ( 5 ), on a 



[ y — .r 
I'( «a ) 


VI» 


a < Z I : il est 


et la série 

— (/ -4-... H- 


(*) La formule ( 7 ) peut d’ailleurs être justifiée par application de la théorie de 
M. Volterra concernant les puissances quelconques de composition ([1331, Ghap. V). 
Nous y reviendrons, nous contentant pour le moment des remarques du texte. 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. l6g 

dont le terme général est d’ailleurs une fonction finie et continue dès 
que n dépasse la partie entière de ^ est donc uniformément et absolu- 
ment convergente. Elle définit le noyau’résolvant g et la relation fon- 
da mon ta le 

subsiste, donc aussi la solution donnée au Chapitre V I. 


.'). Cas d’une équation de première espèce. - Nous l’écrirons 

♦ * 

( () 1 9 f{ X, K ( ^ //( y I 

ou bien 

(()') / 01 Ç t/l //' = //( K I. 


l.(>s cas traités précédemment sont les suivants : noyau du premier 
ordre (n” 20) l't noyau d'ordre entier (juelconque (n" 21). Nous allons 
envisager le cas où le noyau eal'd'ordre positif quelconque (').' 

Prenons d’abord pour le noyau / l’expression précédente (j) avec, 
toujours, O <; <C • • 

Nous remplacerons l’équation (q) par une é(pialion équivalente 
dont le noyau est du premier ordre. 11 suffit d’en composer à droite 
les lieux membres par une fonction d’ordre i u. par exemple 

.1 

r. I — :( < 

On passe aiii.si à 

¥ ♦ ¥ 

Ilot o/, r= /i I '—a 


avec, d’après (3) et (4).' 


/,=/î' ^ = 


l'i a l 'Tl 1 --ai. 


I 


/'ail—/ 


li’équalion (io) est bien équivalente à (q), car, en composant à 
¥ 

nouveau à droite par i*, on en tire 

9/i'-*ii*= h i*‘-*i**, 


(‘) \f»i/rKRnv, Noie 11. 



CHAPITRE VII. 


170 

c^est-à-dire, puisque les règles de composition s'appliquent 


ou encore 


ç/i = Ai 


f 9 /^^. = /* h{x,%)dr^ 


et enfin, en dérivant par rapport k y 

¥ * 

?/<^> y) = hix, y). 

Tout revient donc à résoudre (10); or on se trouve dans le premier 
cas traité au Chapitre VI. Le noyau est dérivable par rapport à y 
s’il en est ainsi de F et le second membre 



( r ■ 


l'( 


ot I 




s’écrit, avec une intégration par parties 


h( X, 


( y — .r 
^ l' 12 — a » 



( y K )l— a 

J'( 2 — a ; 


<n, 


en admettant l’existence de Aj {x, ^). Sous cette dernière forme il est 
clair que le second membre [que nous noterons y) \ est nul 

pour y* = X et admet une dérivée par rapport à y. Cette dérivée n’est 
pas bornée, mais elle n’est infinie (pour y = x) que d’ordre a, de sorte 
qu’il n’y a pas de difficultés. 

L’équation déduite de (10) en dérivant par rapport à y, soit 


<f(x, y)F(x, X) 


f: 


o(x, Ç; 


() f. e?. y > 


d^c = 


<} h I .r. 


donnera ^(x, y) par la formule habituelle pourvu que F(j?, x) ne 
soit jamais nul. 


6. La méthode précédente conduit également à la solution de (9) 
ou (9') si l’ordre « du noyau est ph'is grand que un (‘t non entier. 
Posons 

a = /I -t- ( n entier positif, o < 'fi < i ). 

Nous passerons de (9) à l’équation 

(101) 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


171 

■A ^ 

dont lo noyau est d’ordre entier « + 1 . On terminera 

comme au Chapitre V 1 (n" 21 ) et, si h est d'ordre au moins 4- ^ + 1 , 
on aura une sohition finie et continue de (9). 


7 . Équation d’Abel. — La première équation intégrale, qui fut 
envisagée et résolue par Abel('), appartient précisément au type pré- 
cédent. 

Abel l’introduit à propos de la question suivante de Mécanique : 

Déterminer une courbe située dans un plan vertical^ telle qu’un 
mobile pesant obligé à la parcourir arrive au point le plus bas O 
dans un temps (jui soit une fonction li{y) donnée de la hauteur 
initirde y au-dessus de O. On suppose qu'au départ le mobile a 
une vitesse nulle. 


Prenons un systèm(‘ d’axes de coordonnées a:, y tlans le plan de la 
courbe, x étant horizontal, y vertical et dirige ^ers le haut. L’équa- 
tion de la courbe sera ,<• ~ et, s étant son arc. on aura 


(II) 

en posant 






En appliquant b* tbéorème de la force vive, on trouve, pour le 
tiMiips h{y) de la chute 


- , , 

\ ■>. i- /< ( K > = / — ■' ■■ (/T, 

•4 \ y - r, 


(pii peut s écrire 



0( T) ' 



(ér„ 


* 

du t ype (9') avec le noyau y’— i *. La 
donc : il suffit de composer à droite 


méthode du n" o s’applique 
( 

par I les deux membres de 


(>) Ahm., [Il cl [2]. 



CHAPITRE VU. 


l’équation précédente pour avoir 


^ r’' 


©( -/J ) //tj. 


d’où, puisque 


\ il r' lu 1] ) th, 


Jiî _ (' IL 


y — fi 


Le problème est ainsi résolu. Dans le cas particulier où l’on cherche 
la courbe tautochrone, h {y) doit être une constante c. On trouve 
alors 


0 ( JK ) = 


\Li " c 


et, par une intégration très aisée de l’équation différentielle (i i). on 
constate que la courbe est une cycloïde. 

8. Abel a aussi traité le cas de l’équation intégrale plus générale 




iV — )' 




pour laquelle il a employé la méthode des développements en série. 
Cette équation est également du type (9') avec le noyau 1 ' 

le second membre devenant traitera donc en composant 

¥ 

à droite par i* et, compte tenu de ce que 


on aura 


r(a) rü — a ) = -r-^ — , 
sinar 




La dérivation peut s’effectuer comme il a été indiqué à la fin du n“ 5 
et l’on trouve ainsi 

siuas J /<(o) r' h'i-r\)di\ ) 


Ç(^) = __ 


•i-f 




la solution n’étant finie, pour y' = o, que si /t(o) est nul. 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 17^ 

9. Équation de Liouville. — [ndépendamnient d’Abcl, Liuuville, 
en étudiant une classe étendue de questions géométriques et 
physiques par la méthode des dérivées à indices quelconques ( ' ), 
avait été conduit, en i832, à résoudre l’équation d’Abel. Nous allons 
traiter l’un des problèmes de Liouville. 

Une droite indéfinie y, sur laquelle il y a une distribution de 
masses uniforme et symétrique par rapport à l’axe des a?, est attirée 
par un point A situé sur cet axe à la distance x. L’attraction sur 



• ‘•K. '>• 


cluupie point de r dépend de la distance à A, mais la loi en est 
inconnue. L’attraction totale étant connue, déterminer l’action 

élémentaire F’(/') du point A sur un point M de la droite, situé à la 
dislauce r de A. 

Ou peut écrire 


Fl r I — (iv — ■< / Fl I - (ir 
r ' y r ‘ 


et, par la transformation 

<jui donne 
en désignant eulin 



il vient 

( r> ) 


r: — par çl i I = — par /oc), 

\ \ = 


_ r' 

K 


( ^ ) LiOL\ ILLE, IG,")], [()()], [07 1. 




CHAPITRE VII. 


174 

équation que Liouville traite par des développements en série. Nous 
remarquerons qu’elle se ramène à l’équation d’Abel, par la Iransfor- 
mation z ^ - et l’on en tire facilement la solution 

1 (f 

9(3)— / -=-• 

Observons aussi que l’on peut traiter (12) direcleinenl. On obtient 


'A v' 5 - = ^; 

et, en échangeant l’ordre des dérivations, 


V O s 




r'^ r ' li’’- r " 

/ -=^==^7; 01?), /^ 

V -'z. V(5-- 3)Cr, — J. 


Ce calcul suppose la convergence des intégrales, c’est-à-dire que h 
est inliniment petit d’ordre^ +£(£>-0) lorsque la variable, prise 
pour infiniment grand principal, tend vers l’infini. 

Par les calculs dont nous venons de parler, Liouville avait en vue 
de fonder la théorie des dérivées à indice qu(,•lconqu(^ L’clégancc de 
son analyse a conduit plusieurs géoinèlres, comme Hieinann, 
Holmgren, Letnikofl, Hadamard, Pincherle, à employer les dérivées 
qu’il a introduites. Les dérivées à indice quelconque ont d’ailleurs 
été l’objet de travaux récents (Scalizzi) et nous aurons à y revenir. 

R.appelons-en pour le moment la définition. Une dérivée d'indice 
quelconque a delà fonction j'(. a;) sera définie par 


et 


Djyt X ) = 


^ f 

' I— 


( X 


dP 

dxP 


D' 


yjx) 


t ) ^ ^ y{ t ) dt |)()iir a o 


pour O < OL <; P I P entier) 


OU par dos formules équivaleatos ('). On voit la ridation avec IVludo 
des (équations intégrales de Volterra ( -). 

La notion précédente a permis à M. Mandelbrojl une élégante 
extension du calcul des variations ( ‘). Au lieu de considérer une 


(‘) cy. [ 93 ], | 44 !, [ 38 1 , 
(2) Cf. ScATIZ/J, ( 101 L 

C) M A N DEL ’ mo . 1 T , 1 09 I . 




inlégrale 


COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 




qui concerne une fonction ordinaire de x eide («+ i) variables 
((z=o, f , .... «), il considère, par application du procédé usuel de 
passage du discontinu au continu, une fonctionnelle 

qui dépend de x et de toutes les valeurs de 

y^{ X ) = X I 

lorsque a est variable dans un inlervalb? (O, A), puis l’intégrale 


J = ^ 0L\dx. 

•X n 


Pour étudier l’exlrenium de celle intégrale, il faut d’abord en 
annuler la variation première âJ. En appliquant, pour transformer ôJ, 
la règle d<‘ Diriclilet (') au lieu de l’intégration par parties, on est 
conduit, pour r(a:), à une équation fonctionnelle du l^pe suivant ; 

J" ) : .r I = O, o^a<A, -f ) = I* 

c’est une é(juation qui peut être A\Ui iuf nation différentielle continue 
par rapport à l’inconnue ) (./ ). 


10. Des équations intégrales plus générales que celles d’Abel et de 
Liouville avaient été envisagées par Sonine (-) : les équations de 
Sonine sont du type ((/), le noyau f{x^ y) étant fonction de la seule 
variable y — et développable (‘n série. Mais tous ces travaux sur 
des é(jualions intégrales particulières, traitées par des méthodes 
diverses et souvent laborieuses, restèrent isolés jusqu’au développe- 
ment de la théorie générale. 

Les notations introduites précédemment pour la composition nous 
permettent d’ailleurs d’exposer très rapidement les résultats de 
Sonine. 


(') Noie «le la page 
(-) SONINK, 1105], llOfi]. 




CHAPITRE Vil. 


Ce dernier considère l’éciuaiion [du l}'pe (9^)] 

'^0 

laquelle, eu reinplac^anl 7 par 7 - .r et faisant un cliangeineul dc^ 
variable sous le signe d’intégration, devient 

( 1 3 ) 91^ — a- » — ï ) f /? = /<( 7 — ./• ) 


ou bien, avec nos notations, 


?/= 


qui est du type (9), l’inconnue <p et le second membre A étant, comme 
le noyau, fonctions de 7 — j ^'. Le développement en série qu’adim*! 
Sonine pour y peut s’écrire, avec nos notations, 

♦ / ♦ ♦ ♦ \ 

J I ^ y I A I I -+- jV 2 I * -+" , . . / , 

les A, étant des constantes multiplicatives. L’équation (i 3 ) donne 
alors 

(i4j 9 1 ( I" A 1 1 — A 1 ' 

Mais, si l’on elï'ectue le développement l'u série, qui peut être pure- 
ment formel, 


1 “H Al 3 -4- A 2 -4" . . . 


— I -4“ I > I Z - 4 - . . . -4- 15,^ Z** - 4 - • . . , 


il est clair, d’après les propriétés de la composition (Ghap. V 4 , 11" 1 * 2 ), 
que le produit de composition. 

( I “H A t I —I— A 2 1 " -H . • . ^ ( I -H l> t I "S" . , . ^ 

¥ 

se réduit à i". On tire donc de ( i/j) 


el, eu posaul 


♦ ¥ * / * * ¥ \ 
O l = A |4 T- !>, I -f- 1)2 I- -H. . .) 

1’ - *( l<>-4- 1^1 l -4-. . .) = SiJ — X ), 


il vient, pour solution do (i 3 ) 





COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


177 


d’où ais('*ment 

On voit que les méthodes suivies réduisent à de pures identités 
algébriques les formules de Sonine. 

M. Whittaker a également envisagé un cas analogue. Nous ren- 
voyons, pour les formules qu’il obtient et qui, comme celles de 
Sonine, peuvent èlre d’un emploi commode pour la résolution pra- 
tiqiK^ de l’équation, à nos Lerous sur la composition ([133], p. 1 12 ). 


1 1 . Équations de première espèce à noyaux logarithmiques. — Un 
autre type, traité par M. V'olterra et qui lui a servi dans le dévelop- 
peiiKUit de sa théorie» des logarilhm(»s dt‘ composition (•), est celui 
d’é(pialions d(î preunière espèce 

duiil l»‘ noyau f usl inlini pour y =: x par suilo de la prô.sunce du 
((‘rincs lo<'aritlimi(pio.s : |)ar cxeiuplo 

— .ri 

I^a lésolution d’iim» telle écpiation, et civile d’autres équations plus 
g(Miérales, [)eut élia» déduite des principes sui\an[s. 

La formule 

c'est-à-dir(‘ 

^ ^ a i , r 1 , ,a - i 1 

( I , , f ^ -- — , 

/ l( 3 C> l(./i l< 3 C -f- J > 

^ t' . . 


donne, j)ar une int(‘gralioii par inpport à ^ et une dérivation par 
rapport à a, 


I i() I 



f) ( 2 la 1 

()x l'( a I 





;->r « 




/ y rr: 


, J' ‘ 

I < y. — 1— I 


(*l, i»n [>arliculier, pour a (3 


( i()' ) 


/ 




.r I -H 


X ), 


(‘} ^ auquel on pourra se reporter pour plus de détails. 


VOLTKRUA 


12 




178 CHAPITRE VU. 

C étant la constante d’Euler : 


G = — r'(i) = o/»772i 

On a ainsi construit une fonction finie et continue 

* 

dont la composition avec log(j' — .a?) + C donne — i On en déduira 
immédiatement la solution de 

(18) f Ç) I log (7 — Ç) -+- G I r/s = /»( jK); 


il suffit de composer les deux membres à droite par X()' — .r) pour 
avoir 

f 9(ar, Ç)(> — 5)'/; =— r /'(.r, 

*-'.V 

d’où, sous la condition que h est nul pour = x, on tirera 


y ) 


fH n 


La double dérivation de (19) ne peut s’elfecluer sans précautions, 
la dérivée première de X étant, comme on le vérifie aisément, infinie; 
comme |,L, pourjr=x(^). On constate (0 que (19) 


s’écrit 


{y — as) io'y-iy — x) 


(ly') <^(x, y}=— h'yix, x)X{y — x)—J /»?,( j-, ï ) >.(7 — t ) 


12 . La méthode se généralise. Remplaçons (i 5 ) par 


-1) 


Jy 1 ( a ) I ( ) I ( a -H ,J ) 


où q est une constante quelconque et faisons le même calcul, puis 


(^) Log2 désigne le carré du logarithme, de même plus loin log^ en désignera la 
puissance 

(2) Cf, [133], p. i3^^. 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


«79 


prenons, dans la formule obtenue (3 = i . 11 vient 


0 . 1 ) 


/'•'(t-.r)* ■« (, _ _ r(a)) , ^ (y-x)=>- 


avec 


, Z’ ( V — .r )-. , _ 

a(y — x)— f e'i-. dX- 

On eu déduira en particulier, pour a = i . la solution de l’équation 

J 9(./-, ï I ; loîîi/ — ; i-f- M [ dl = /i(x,y}, 

analojiue à (iH), mais où G a été remplacée par une constante quel- 
conque M; l'expression de cp sera la même que ( 19 ) ou ( 19 ’) mais 
en V remplaeaut). pary. el en prenant 

y = M — C. 

13. Ou peut aller plus loin, f'n dérivant (ai ) par rapport à a el en 
ajuutaul. à l'équaliou obtenue, l'équation (ai) elle-même multipliée 
par la constante k, ou a 


( ■> > I 


avec 


a 


( ; - ./• 1 

1 - 1 - 

M loi: 

G - 

lo*:( K “ 

- X 

) - 4 - //# . 

( 

) 

Y - 4 - /» : 

— > 

r'i a ) 

+ Ml, 


Tl a ( 

r 

^ 1 ^ 

t V" 

( or \ 

— M. - 

' -Am 

f 1 

- - 4 - 

\ Jv 9 

— ■ - i - 

- Ml ,, 

’( X 

) l'i 

i a ) 

/// . = 

k- 

Vi a 

H- I 1 

Tl a 

-4“ l ) 




M., 


Kn ap|)liquaiil la même méthode à (aa) et ainsi de suite on aura, 

it 

I ( ; — ^ i ^ — x \ [Xi y — ; ) 

* 9 

n — I 

1 y — J' V' I 

~ : > //?/ loi:'' 


(‘U général 


>•] 


ft - 1 - - /[ 


{ y — X 



i8o 


CHAPITRE VU. 


n étant un entier quelconque ; les coefficients m* et q se calculent à 
partir des M/^qui peuvent être pris arbitrairement (on a en particulier 

Wo — Mo). 

La formule (a 3 ) permet de traiter l'équation 

y l “ ) 

(24) J' Ç ) I < J — ? ^ iVL' log"-*(7 — Ç ) -H ( K — 5)“ F( Ç, ^)| 

= h {x, y), 


où F est une fonction donnée finie et continue. Il suffit de composer 
les deux membres par p {y — x) pour obtenir 



<I> ayant une valeur évidente. L’exposant de la plus haute puissance du 
logarithme est ainsi diminué d’une unité et en répétant n fois la 
transformation on fait disparaître les logarithmes. On aboutit ainsi 
à une équation dont le noyau est une fonction d’ordre a + n <!t 
qui se traite par l’analyse des 11““ o-G. 


14 . Soit, par exemple, 


J' 0(X, Ç ) f logi K — ; I -(- M -H {y -- ; ) K( y ) I = /(( ./•, y 1, 


on se ramènera a 


f 5 ) < J — ? ) “ ^7 — î é r 
J,,. I 1 ' 

xjT ;i , - c ,[) f(e, ; * i.K - s < j -/= 

En dérivant deux fois par rapport à 7, on trouvera une équation de 
seconde espèce 

o(x,y)—J q{x, = H(ic, 7), 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. iSl 

OÙ Cl H ont des valeurs évidenles et sont des fondions fînles et 
continues dans l’hypothèse que F et h ont des dérivées premières et 
secondes par rapport à y également finies et continues. Cette équa- 
tion se résoudra comme il a été vu au Chapitre VI. 


II. KQUAÏIONS DE PREMIÈRE ESPÈCE 
DANS LE CAS OÙ LA DIAGONALE DU NOYAU 
A UN ZÉRO ISOLÉ. 


15 . Reprenons l’équation de premièiaï espèce 


i •>/) ) 



= /071, 


le noyau f étant d’ordre positif quelconque. Si l'ordre n'est pas entier 
nous savons (n"' 5 - 6 ) nous ramener au cas de l’ordre entier, puis, par 
dérivation (Chap. V’I, n^Ül), nous pourrons toujours nous réduire au 
cas où l’ordre est égal à l’unité. Nous pouvons donc, sans perdre en 
généralité, supposer {|ue f{x, y) est du premier ordre, c’est-à-dire 
que f{y, y) n’est pas identiquement nul. 

L’é<|uation ( aà) se réd«iit alors, sous les conditions habituelles, à 


( -.Ui ) 


9( K I 




/'r> 


//( y I 
: , 

> y> 


équation de seconde espèce qui se traite sans difficulté si /(y. y) 
(diagonale du noyau) ne s'annule jamais dans l’intervalle considéré 
o'CyC/. 

Lorsque la diagonale a un zéro isolé pour y=rzy^, l’équation (26) 
a un noyau infini pour yz=zy^, <*1 <jui n'est pas du t\pe envisagé au 
paragraphe précédent. Si y» n’est pas nul, on peut au moins définir 
la solution de (26) pour o<.r <;y'o ^ faudra en général se borner 

à cMit intervalle. Fxceplionnelh*menl| la solution obtenue pourra être 
prolongée au delà d(‘ : admettons par exemple que l’intégrale 


IL y ) 


/ y’o 




(où la fonction cp est connue, comme on vient de le voir, pour o 

ait un sens pour o< >' <C.yti avec y', !>y'o: la détermination de cp(_y) 



i 82 


CHAPITRE VU. 


pour <C se ramènera à la résolution de 


Jy^ y^y,y) 


k'iy ) H- ll(^y ) 

7J7F) 


> j«). 


el, en prenant pour variable y — on est réduit finalement à une 
équation qui a exactement la forme (26), le dénominateur étant nul 
pour la valeur zéro de la variable. 

Il reste donc à étudier le cas où =; o, cas pour lequel les 
résultats obtenus ne permettent mênu; pas d’affirmer l’existence 
de cp (y) dans un intervalle restreint o <^y d £. C’est ce cas que nous 
étudierons dans le présent paragraphe. l.ies résultats qui le concernent 
ont été donnés par M. Volterra en 1896 ( ' ). Plus tard M. Lalesco (-) 
a repris la même étude en reliaut le problème à la théorie des équa- 
tions difTérentielles linéaires. C’est la méthodiî de M. Volterra, avec 
un complément dû à M. llolmgren ( '), que nous exposerons d’abord 
en détail. 


16 . Précisons d’abord les hypothèses à faire sur / (-c, ,)') et sur 
h(^y). Nous sommes dans le cas où f (y, y) a un zéro isolé )' o et 
nous admettrons que ce zéro a l’ordre de multiplicité eniier n. 

11 n’en résulte pas nécessairement qu’un développement limité (h; 
f{>r,y) suivant les puissances de x et y (développement que nous 
supposons exister pour un instant) doire commencer par des termes 
de degré n', il pourrait fort bien avoir des termes de degré inférieur 
à n, pourvu que ces termes admettent le facteur y —x. Nous 
supposons que cette circonstance particulière ne se produit paset^ 
en général, que les termes principaux de /{y-, y) viennent des 
termes principaux de f{x, y) {x et y petits). 

Dès lors l’intégrale 

où la solution ch(;rchée 9(9') est supposée continue, admet au moins 
le facteur y""^' et nous devons faire la même supposition sur le second 
membre h ( y). 


f) Cf. V 0 LTKU 1 I.\, [ 123 ], Notes III el IV. 
(^) Cf. Laf.hsco, [ .jS] et [ 55 ]. 

( 3 ) Cf. HoLMortE.v, [ 45 ]. 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


i83 


Nous poserons donc les hypothèses siiiviintes : 

A. On a, dans le domaine o< }*< l 

n 

/(x,y)==^ a,x‘y"-‘-^f(x, f) 

0 

ai^ec 

n-h\ 

7=2 .r' J" * mi(x,y), 

0 

les a-, étant des constantes dont la somme n’est pas nulle 

/I 

0 

les nii des fonctions finies et continues ainsi que leurs dérivées 
par rapport à y. De plus 

/( y. y ) = y" ^ it,-h /[ y ) 

n’a, dans l’intervalle o < r ^ L pas d’autre zéro (pie >• = o. ce zéro 
ayant la multiplicité exactement n puisque 



B. On a, pour o< y<l, 

/i{y ) = y" ’ ' tiiy ). 

/t( )') étant finie et continue ainsi que sa dérivée. 

Nous établirons alors un premier théorème q«ii donne les conditions 
pour qu(; l’équation (aS) ail une seule solution finie. Les théorèmes 
suivants II et 111 donneront la résolution ellective de l’équation (aS) 
quand les conditions posées sont satisfaites. Il restera enfin à mon- 
trer que, dans tout autre cas, (aà) a une infinité de solutions dont il 
faudra préciser l’arbitraire. 

17. TuèoRÈME I. — Sous les conditions A ef B il existe une et 
une seule fonction cp {y), finie et continue, vérifiant (a5), lorsque 



l84 CHAPITRE Vil. 

toutes les racines de Vèquation algébrique en X 


(E) 


Oo n\ an 



ont leur partie réelle positive. 

Dans la suite nous supposons que ces racines sont toutes distincles. 
LVquation (20) est d’abord équivalente à 


(■>/>) 

avec 

et 


y)-+-f ; )/!< r » = fi'iy] 




J- Jy 


En supposant pour un instant la fonction 9 (juelconque, nous pose- 


rons 


= 0(7 )/( r, j)-+- o'ii/ï'?, — 


[^(y) est donc nulle identiquement quand 9 vérifie (20')] et nous 
calculerons 


( 27 ) 




<^( K fty, 


les X,ç étant les racines de (E), les des constantes qui seront choisi(*s 
ultérieurement. 

T.,es parties réelles de étant positives, les termes sous le signe; 
somme sont finis ou, tout au plus, infinis pour y = o d’un ordre 
inférieur à un nombre plus petit que i. li’intégrale (27) a un sens et 
l’on peut utiliser la règle de Dirichlet pour en transformer chacun 
des termes. On arrive ainsi à mettre (27) sous la forme 


( 28 ) 


/' 


oiy) P(y, zxty — H( z) 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


l85 


( 29 ) ll(’z) j' h' (y )/*•-"-' dy, 

1 * ^ 

(3<)) ;K(7, /:' r, ^ rf!; I . 


Nous transformerons F tni y calculant d’abord les termes qui 
d<'pendenl des «/. Après des calculs faciles ces ternies s’écrivent 

2 '^'"'iTiTTzrT* 

iS /V 

La j3remiére somme disparaît puisque les X^soiit les racines de l^^ua- 
tion (E). I.a seconde somme peut ètnî réduite à ses termes corres- 
pondants à i — O à condition de (dioisir l(*s de façon qm» 


V 

À, — / 


O |)<mr / = I . i>. . . . , — I . 


I^es équations (3i) expriment que ^ admel \os zéros 

ÆÊÊm s Z /. V 

2. .'i, . ... n. Prenons 


< ( — *>1(3 O ) . . . ( J — // » 

As i Z — Ài I A/, > 


nous aurons pour la valeur 

.1 X.v — •> I I À, — ’i I ... I / s — // ) 

(i 3 ) , : T 

( A, — A, I ... * A,-- A„ ) 

avec au dénominateur toutes les dilVérences 1, — X/ipour,ç^A. Eu 
prenant les parties principales des deux membres de (3i>.) pour z ~ 00 . 
on aura 


(3',) 2/'"^ 

et, aisément, on établira aussi que 

( 3,1 ) > — = c- = 


y. O. 


(// -h i) 




in — i > : 


( Al — n . . . ( X, — n nav 



i86 


CHAPITRE VU. 


Les Kf étant ainsi choisis, les termes de F qui dépendent des ai se 
réduisent à ifai. Les autres termes s’écrivent 

( 3oi ) K, /(/, y)-^J' /î v> C'*-'-" ; 

on les transformera par une intégration par parties et, tenant compte 
de (34), on aura ainsi 


(3o') V{y,z)= 


/(.r, 3 ) 


0 

n 


-2^ K,( x,~ « - </:■ 


18. Après ces préliminaires le théorème l s’établit par le raison- 
nement suivant. 

Toute solution de (aS) vérifie (ao') et, d’après le calcul précédent, 
satisfait aussi 

(35) f 9(^) F(jk, 3) = H( 3 ). 

Or c’est là une nouvelle équation de Volterra à laquelle s’applique la 
méthode du Chapitre précédent. Le second membre H ( 3 ) est fini et 
continu ainsi que sa dérivée. De même, d’après (3o'), F ( )', z) et 
Fj(j', z) sont finies et continues et la diagonale 


ne s’annule pas pour o<j^< /; (33) a donc une solution unique. 

Reste à vérifier que cette solution satisfait bien (a5'). Or. pour une 
telle solution, l’expression (a'^) est nulle; multipllons-la par dz 
puis intégrons de o à w (o^u^/). En donnant à q l’une des valeurs 
a, 3, . . . , n et échangeant les deux signes d’intégration il vient 


^ ''(r — jT ) jK'/-"-' ^ <iy- 

D’après les relations (3i) le dernier terme disparaît et, posant 


K, 3 


-X.+I f" 

•A 


^Hy)y>>-'‘-' dy, 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


187 


il reste 






= O 


(q = n), 

auxquelles on joindra [puisque (27) est nulU; | 

- 4 “ (’i -+- . . . -f- t’/j = O. 

Le d('‘lerininanl du syslcine linéaire ainsi formé n’élant pas nul, on en 
tirera 

Pç = O, (l’où ‘1>( r ) = 0 , 


c’esl-à-dire l’équation ('-*5'). Le théorème I est ainsi établi. 


19. L’étpiivaleuce (jiu* nous veuon?» de reconnaître entre les équa- 
tions intéf'rales (aS’) et (35) donne le 

Théorèmf il - - Sous les conditions posées pour le théorème \, 
l'équation ( 25 ) se ramène à V équation de première espèce (35 ) à 
laquelle s'applique la méthode du Chapitre précèdent. 

H pourrait sembler, de ce qui précède, que la résolution de (2,5) 
suppose, pour écrire ( 35) la détermination des racines de l’équation 
(K). Il n’en est rien. ,M. Volterra montre en ellet comment trans- 
former H (, 3 ) et F ( y, 3 ) de façon (pie n’y apparaissent plus expli- 
citement les X,ç. Ou a 


2 

1 


K.y U*» = ^ K.v( I - 4 - // — I 


^ ( « — I )"' v I.- 1 ' 


Mni fn\ mmBs 
0 1 


1 A ~ - 4 “ I ) 


el, de même, 

// 

K 4 - ( X,,. — n — 1 1 II' • 


V* (u — \ vy 1 ,- -, ' 

=Zé,. -sn— L. 


, ( X,— m ■+■ 1 ). 


Dans l’un et l’autre cas les coefficients de (a — i)"* sont des fonctions 
symétriques des racines X,, (jui s’expriment rationnellement au moyen 



l88 CHAPITRE VII. 

de ao, «<, . ... a,, : soient 

^ l. ... y ^n)y O'Oy y ... y ) 

ces coefficients. On aura 




(K — I 

m ! 


A;,i(ao, (Il J . . ., On) a,, 1 /A ) 


et 


2 K.,( X.,.— n — i)</X. 

1 
X 

^2, 


. iiv : N 

^ -j • • M (<7o, fïi, . . ., a,, \ U), 


m\ 


Théorème IIÏ. — Sous les conditions du théorème 1, Vècjua- 
tion (25) est équivalente à 


m 


Of 


f^y. 

y" 




(^aoy ....<>„ dy. 




{y)dy 


20. Passons au cas où (E) a des racines à parties réelles néga- 
tives ( ' ). 

]\ous ferons d’abord la remarque suivante : X,, X.>, ..., X,- désignant 
les racines de (E) à partie réelle positivcy on a le 

Lemme. — U équation ( 20 ) a le.'i mêmes solutions finies et con- 
tinues que 


f o{y)F'(y, z)dy = H' (Z) 

r 

(3y ) H'( 2 ^'s .s f I h! { y) dy 

./rt 


( 36 ) 

avec 


(') Nous suivons maintenant l^analyse de M. Holmgren qui a complété le résultat 
(indétermination de la solution) obtenu pour ce cas par M. Volterra. 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


i8t) 


et 

( 


37') V'{y,z)= o'iyi J»-/--» - 4 - 

0 

r 

— ^ k;» — // — I ) 3-/..+«-/h-i Ç ^ 

i/v 


/(?.î étant définis par 

r 

K’, 


( 38 




O ( y = // — ^ /i 


//at permet de prendre 


I A,. — /M . . . ( A„ — // -4- ;• > ) 

K^. — : ^ ; , 


Av— A, ) . . . ( Av™ A, I 


les (î- avant les valeurs 


(If = ( // — t )a, / ; ; 

Av — f — I 


et Véquation algétbrique 

I V n <1 

( h I 


JJ. — 1 a ~ ( /I — r) — I 


admettant pour racines les autres racines de (E). soient ).,+( /;i. 

La (ItWnonslralioa so fait en n'prouanl les calculs prècédenls (u"' 17, 
18). Il suffira ici d’indiquer que. pour juslilier l’énoncé concernant (E'), 
l’on ('crira cetUî équation 





1 ) ( A, 




O. 


Or Xv et jUL étant des racines distinctes de (E) on peut remplacc'r le.^ 

ti — r n 

sommes ^ par ^ (ui clian^eanl les signes des divers termes : celte 

substitution fait tout disparaître, à cause des (38). 

L’énoncé précédent permet de remplacer l'équation proposée par 
une* équation aiifilogue pour laquelle l’équation (E) n’a plus de 
racines à parties réelles positives. 

Nous allons donc nous placer dans la suite dans le cas où l’équa- 



CHAPITRE VU. 


190 

lion (E) a toutes ses racines à partie réelle négative. Les développo- 
nients ultérieurs supposeront d’ailleurs seulement que 

Y et y... restant bornées et intégrables dans le champ et 

ce sont là des conditions satisfaites parle noyau de l’équation (3()). 
noyau qui. quand on utilise le lemme, remplace le noyau /. 


21. Revenons alors à (aS) où nous admettons que toutes les racines).,, 
ont leur partie réelle négative. Il ne peut plus être question de 
calculer l’expression ( 27 ), mais on peut calculer l’expression analogue 
où la limite inférieure d’intégration est remplacée par un nombre 
fixe (o <C - 0 ^ l) soit 

H 

{ 39 ) ^ K,,. j <I>I y )yl-.-n-\ ,fy^ 


les Kj ayant les mêmes valeurs que plus haut. 

L’équation (20) entraîne que (^9) soit nulle, ce qui s’écrit 

11 

K,, S"*'»*^* j' h' {y) y^ (ly 
1 

n 

= 2 K., I y ?( r)/( 

C© 0 

d’où enfin ( ' ) 

n 

( 4o ) J dy 

r* _ 

= J ?('J)F( J, z)dy 

J" 9(y)(fy J' ? I. 


(') Pour échanger l’ordre des intégrations on notera que 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


19I' 


Les termes du second membre qui contiennent les cti s’explicitent 
aisément et conduisent à 


avec 

(in 


9(r 


Pour transformer les termes restants on adoptera, en ce qui concerne 
ceux (jui proviennent de F, l’expression (3o, ) (n“ 17); en remplaçant 

l’intégrale dX, de (3oi) par ^ rfÇ + jT et réduisant, on met 

enfin (4o) sous la forme suivante : 

( 42 ) H(3, 3„)= f y ) i y, Z, Z„\ ify I oi y \ f y, z, z» \ dy 

d» d. 


avec 


i ft \ Il(;. Kv3~'»“*"‘ j' /i'{ yiy'‘~"~' <iy — a, 

1 

,1., î,.,.. =. 


* I '.K, -, I 




-/.-+-( f{ y. 


V ) 


y,. 


y , r'"' ()h K. w ) ' 

T- 

les «f ayant les valeurs ( 4 1 ). 


22. Il est bien clair que toute solution bornée de (ao) vérifie ( 4-^ )? 
les constantes a, ayant les valeurs données par ( 4 • )• ^l*ds. inversement, 
soit une solution bornée de ( 42 ) où les a, ont des valeurs choisies 
arbitrairement. Mous allons constater que nécessairement les a, sont 
exprimés, en fonction de (p, par les formules (4i); il en résultera, en 
reprenant un raisonnement analogue à celui du n'* 18, que cp(y') 
satisfait (a5). 

Dérivons en effet ( 42 ) par rapport à z. multiplions par 5 * et inté- 
grons de zéro à 5„. Après des intégrations par parties toutes naturelles 



192 


CHAPITRE VII 


il reste seulement ( ' ) 

(-13) -y rc^yuir 

n 

2 3 — 


A, — / — I 


( ; = I, y,, ..../» — I ), 


la formule ayant lieu aussi pour i— o, comme il n^sulte de (4^) f>ù 
l’on fait Z — ^;o- Ce sont là des équations du premier déféré par rap- 
port aux «ç dont le déterminant n’est pas nul et qui ont donc une 
solution unique : or ces équations sont satisfaites par les <‘xpres- 
sions (4i)> comme on le vérifie sans peine (-). 


23, Tout revient donc à résoudre (4^), où les a, sont prises arbi- 
trairement. Or cette équation donne par dérivation l’équation é(jui- 
va lente 


(-14) 


3" 3„) /•' 3" 

0(3)= / -7. 

./(3, 3) l)Z J,, J\Z.Z) 

J. ./( Z, Z) i)Z ‘ ' ' 


,)5 

<)z 


o( r ) (ty 


(') Le terme qui provient de l’intégrale dans II(s, z„) s’écrit 


■ - y r%r'(r)r' 

^0 ^ Zo 


dy 


en changeant l’ordre des intégrations et eirectuant l’intégration par rapport à on 
trouve qu’il est nul, compte tenu des relations (3i). De même on verra (jiie le 
terme qui vient de la seconde somme dans ^ est nul. Enfin disparaissent ensemble 
les termes qui viennent des intégrales figurant dans tîl Il ne reste done t|ue 
les termes du texte. 

(-) On a à vérifier (|ue 


Z 


K. 



(" —j)a, 

\—J — ' 


j O si i y y, 

( Srt, si / -y. 


Le premier résultat est évident parce que 

(À,— 1 )(/— y) _ i y 

— — À,— t — r — y _ , ■ 


Pour obtenir le second on partira de (3y) qui donne 

V K, ( /? — / — I ) ! ( t — 1 ) ! (— > )' ^ 

f— I/- ^ (À,— t — iH'A,— 


et l’on calculera facilement le dénominateur, produit des racines d’une é<juation qui 
se déduit de (E). 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 193 

à laquelle s’applique la méthode des approximations successives 
(Chap. VI, !!• H). 

En écrivant, pour abréger, (44) sous la forme 


O ( « ) 

on aura la solution 


2» ()\\{ Z, 2o ' 

f { Z^ Z ) f)z 




(4S) 


avec 



9,( 3 ) -^ Ai 9,^ i( 2 11. 


(4 >) donne bien la solution pourvu que la série soit uniformément 
conviîrgente : cv sera le cas si 


r' f)tT Z’* 

• 0 ^ ^ 


<{Z -K 



() Z J i Z ^ 3 ) 


dz < A, 


A étau! un nombre^ plus petit que i : ca (|ui arrivera toujours, comme 
il (‘St évident, pourvu qui^ 3,, soit pris assez petit et que l’on se 
limite à l’intervalle 

^ 

Nous pouvons donc énonc(‘r le 

Théorème 1\ . - L\'*(iiiation ( >-">). où toutes les racines ont 
leur [lartie rè(dle nègatia*^ a sa solution de forme 

tt 

çi r I = •^„( I -+-'^ 


les «J étant des constantes arbitraires. Les sont solutions de 

l'èquation homogène 



s fil. .ri//;; = o: 


elles sont linéairement indépendantes. 

Nous n’avous plus à v(';rifier que le dernier point. Or s’il existait 
uin* relation à coeflicients constants 

fl il -4-. . = O. 


VOLTKRRA 


13 



194 

on aurait 


CHAPITRE vu. 


Cl / dx . -<r C„ I x^'b„\x) dx — a (t = o, I, rt— iV 

d n «^0 

mais, d’après les (43), il vient 

2 — Ait-f*) 

Cki >X — I) ^ ^ = O, 

k A*— < — I 

équations dont le déterminant n’est pas nul et qui entraînent que 
les Ck soient tous nuis. 



24. Revenons au cas général et réunissons tous les résultats 
précédents. 

Théorème V. — Sous les conditions du début et .ïf (E) « v racines 
ayant leur partie réelle positive., les n — r restantes ayant leur 
partie réelle négative, la solution générale bornée de (aa) sera 

9 = <1/0 -t- *1 '-^1 

avec (n — r) constantes arbitraires. 


25. Indication sur la méthode de Lalesco ( * ). 

f{x,y) développable on série convergente 


- Lalesco suppose 


J) ="5, 


iV — X)!’ 


les coefficients ap{x) étant eux-mêmes développables en série au 
voisinage de l’origine. Dès lors l’hypothèse Introduite an débui 
(n" IB) que les développements de f{x,y) et /(y, ,k) commencent 
l’un et l’autre par des termes de degré n s’exprime par les conditions 
suivantes : 

a(,{x ) = x'‘( A,, -4- B„iC -t-. . .) 

ai{x) = x'‘--‘{Ai-k- hix -H. . .) (t = I, V, . . n — i), 

le coefficient Ao étant essentiellement dilTérent de zéro. Le second 
membre h(y) de (aS) est enfin supposé développable en une série des 
puissances dey qui commence par un terme en 


(') Loc. cit,, [ 53 ] 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


« 9 ^ 

Dans ces conditions (a.o) équivaut à l’équation obtenue en la déri- 
vant n I fois par rapport à v, équation qui s’écrit ( ' ) 

n 

Lalesco en cherche la solution par approximations successives, 
posant 


la fonction cpn doit satisfaire (4f>) «<• l’on supprime l’intégrale qui 
ligure au second membre; cp^ et <^p-\ sont liés par la relation déduite 
de (4^1) on supprimant et reiupla<;ant (p par (f/, au premier 

membre et par cp,,., au second. Les fonctions 9,,, cp,, . . ., 9^. . , . 
se déterminc'nt ainsi de proche en proche par des équations difl’é- 
renti(dles du type 


(\:) 


dy" ‘ 




Il( r) étant connu. Or les conditions posées plus haut enlraînenl que 
l’équation homogène correspondante à (47) soit du type de Fuchs au 
voisinage de l'origine ( •* ) <‘t l’on vérifie que l’équation déterminante 
relative au point singulier y — o se ramène à (E) en changeant), en — ).. 

Si. dans ces conditions, h*s racines de (E) sont distinctes et telles 
que leurs dill'érences ne soient pas entières, on sait que ( 47 ) •* 
système de solutions fondamentales 

(i = \. ■>., /» ), 

lt“s ) étant régulières au voisinage de l’origine et non nulles en 
ce point. La solution de ( 47 ) s'obtient, à partir des solutions fonda- 
mentales supposées connues, par les quadratures que donne la 
méthode de variation des constantes. 

Lorsque toutes les racines /.^ ont leurs parties réelles positives, 
(47) a une seule solution bornée à l’origine. Dans ce cas les 
termes 90: 91, • . - , 9/1, • ■ . que fournil la méthode d’approximations 
successives sont bien déterminés et l’on établit sans peine la conver- 


(') Cf. Cliap. VI, §V ; les roiulilions aux limites pour — o sont, ici, identique 
ment vérifiées. 

(”) Cf. PicAnn, Traité d’Anatyse, t. III, Cliap. XI. 



CHAPITRE VU. 


196 

gence de la série des (}>«. Qvielques précautious penncltenl do Irailor 
de même le cas général en retrouvanl le théorème V (n" 24 ), 


26 , Comparaison. - Que l’on suive l’une ou rautro méthode on 
peut laisser tomber la restriction d’après laquelle les racines de* 
l’équation (E) sont toutes distinctes. Lalesco indique les modifications 
que subit, dans ce cas, son analyse; le lecteur verra facilement ce que 
deviennent, dans le même cas, les formules de MM. V^olterra et 
Ilolmgren. 

La méthode de Lalesco paraît plus simple que la méthode initiale, 
que nous croyons cependant préférable pour les raisons suivanU's : 

a. M. Volterra détache en fait, dans son calcul, la partie du noyau 

qui, si elle était seule, donnerait, après n i dérivations, l’équatiou 
différentielle du type élémentaire 


(/)]■+- IKy-i 


avec 


Al = ... 


ayant pour solutions fondamentales les fonctions )• Lalesco détache* 
du noyau la partie 


ai,( .r ) -4- «1 (.r ) 


(y 


./• ) 


ff„ ( .r j 


(.r 


.r y 


qui, si elle était seule, donnerait l’équation (47) notablement plus 
compliquée et dont les solutions fondamentales ne .sont pas connues 
en termes finis. Elle aura de ce fait un désavantage s’il s’agit d’avoir 
effectivement la ou les solutions d’une équation du type étudié. 

b. Lalesco introduit effectivement, dans son analyse, l’équation 
différentielle (47)’ Sa méthode s’appliquerait à des conditions plus 
larges que l’analyticité, postulée plus haut, dey(ic, y) et à{y), mais 
elle implique du moins essentiellement, pour amener l’équation (4b), 
(n + 1) dérivations de (20) : il faut donc faire des hypothèses sur les 
dérivées de /(^c, y) et h{y) par rapport à y jusqu’à l’ordre n + 1 , 
hypothèses qui n’interviennent pas dans la méthode de M. Volterra. 

Cette dernière méthode s’applique donc sous des conditions un 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


ptîii plus larges, elle est plus directe et, au fond, plus cléinentaire. 

27. Méthode de M. Pérès. — Tout récemment M. Pérès a donné une 
autre méthode qui se rattache à celle de Volterra-Holmgren et qui a 
les mêmes avantages (elle est cependant moins directe) tout en étant 
d’un exposé irès simple ('). Cette méthodc-permet d’ailleurs d’éviter 
la restriction initiale que les racines de E soient distinctes. 

L’équation (26) du n" l.'l s’écrit 



0( y ) — 

f 

y ) d\ — i\’ ( y ) 



(l 


avec 

.M(.c, j-)= — 

/.> « r, y ) 

V ^ ' 

Y / ,, 1 . — 


.Cy,r) ’ 

> t K ) — .. 

vi Von a 

Mtx, 

y ) = .r, 

y 1 -+- lin .i\ y 1 

avec 


n 


< \\) ) 

lin ./•, y) = 


""'(t) ï,»,’ 


0 


rn(x. y) et iN(,r) Haut bornés d'après les hypothèses du début. 
M. Pérès moiilre «pie l’on peut faire disparaître par récurrence la 
partie non bornée du noyau /«(x. r) en s«* ramenant ainsi à une 
éipialion intégrale à noyau borné, à laquelh* s’appliqueront les 
méthodes du Chapitre précéd<*nt. 

Tout repose sur le leiuiue suivant ; 

Faisons correspondre au noyau ni{x. )• ) donné par (49) 
{ayer Ija,^ o et. ce (fui ne restreint rien, a,,^ o) l'équation 

, a y On 

( ly ) , '■ -f- 7 ' ■ " -4“ ... ~f“ *,"■ ' O. 

— 1 A — > — n — I 

Cette équation., rendue entière (en faisant attention atix lacunes 
possibles dans la suite des «, ) sera exactement de degré p si p des 
coefficients a„, r/, . . . ., a„ ne sont pas nuis. Soit À| l’une de ses 
racines et r le plus grand entier inférieur à n tel que arf o. Soit 


(') Cf. l*i'iiÊs, [7()']; ou se n'porirra î» ce Mémeire pour plus île détails et pour 
les démouslratioiis, seulement iiutiijuées dans le texte. 




CHAPITRE VII. 


198 

les deux noyaux. 

r ) = (>>i — /• — = (/•-(- 1 — >, ) 

r' ^ * 

qui sont résolvant l'un de Vautre, on aura., pouro < a7< r (égalité 
avec zéro exclue), 

i» — m y \ 1“ — [X J = 1" — /«i, 

OU, ce qui est équivalent, 

( 50 -, 

m\ {00, y) étant un noyau de même forme que m{x, > ), 


(5i) 

avec 



0 




q,( it — /) 

X| — /■— I ’ 


O, a', .y O) 


L' équation analogue à (E) formée avec les coefficients a'; coïncide 
avec (E) débarrassée d'un facteur 1 — X<. 

Ceci posé, convenons de désigner par un indice inférieur o, des 
compositions effectuées avec une limite inférieure égale à o. L’équa- 
tion (26') peut s’écrire 

V / » V \ V J!, 

(26") ?\ '" — «»/() = N -t- o «îo 

et, si X, est une racine de (E) ayant sa partie réelle positive, il n’j a 

pas d’obstacle à composer à droite par (1“ — p) et à profiter des 
règles usuelles de composition malgré la limite inférieure d’inté- 
gration zéro. D’après ( 5 o) le premier membre de {26") devient 

i" — m, )# et l’on est ainsi ramené à une équation de même type 
que celle dont on est parti, équivalente mais plus simple, parce que 
la partie non bornée du noyau, m, donne une équation analogue 
à (E) mais avec le facteur X — X, en moins. 

Si (E) a une autre racine, distincte ou non de X< ayant sa partie 
réelle positive, on la fera disparaître de même et ainsi de suite. 
Lorsque toutes les racines de (E) ont leur partie réelle positive, on 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


(’iliminc ainsi enlièremeul la partie non bornée m du noyau M et l’on 
est ramené à une équation de Volterra de seconde espèce dont le 
noyau et le second membre sont bornés et à laquelle s’applique la 
solution usuelle. 

Dans tous les cas le procédé de réduction précédent permet de se 
ramener à une équation de même type que l’équation initiale (26"), 
la correspondante (E) ayant des racines dont les parties réelles sont 
négalives ou nulles. 

Laissons de côté le cas des parties réelles nulles ('), nous avons à 
réduire (26") lorsque l’équation (E) n’a que des racines à parties 
réelles négatives. 

À, étant une de ces racines, on ne peut plus ellectuer la composition 

précédente par ( 1" — p), la limite inférieure d’intégration étantzéro. 
Mais il n’y a point d’obstacle à écrire le premi(*r membre de (26") 
sous la foriiM* 

9( i«— w, )( i« — v) 


et, eu posant pour un instant 

9(1“ — w, )» = cxy' I. 

(ut)") s’écrit 

(•»( r I — r (.)( ^ M /• -f- 1 — X, I ■ ^ ^ ^ (/X — "Si y > — f 3(0 Ç- y 1 

d'où, en posant / f>)(Ç)Ç' rfÇ et désignant par L(y') le second 

membre que l'on suppose connu pour un instant, une équation 
diirérentielle 


-(/•-+- 1 — X | » / - ) ' l >( y 

• ity /■- . . • 


d'où 


y ( K ) — — A, / L( t) ) é/yj - 4 - 

a étant une constante arbitraire. etyoT^o étant choisi ad libitum. 


(*) On constate facilement, comme l'intlique Lalcsco, que, sui\ant la façon dont 
se comporte le second membre pour ^ = o, ces racines peuvent être traitées comme 
des racines à partie réelle positive ou négative. 



200 


CHAPITRE VII. 


Revenant à 9 on a l’équation, équivalente à (26"), 

(26"') <p(i»— mi)o=r Ç(î;)«Ii(s, -+- /* 7m/î; - t- 

où m,, n,, N, sont des fonctions bornées que l’on évalue aisément en 

fonction de m et de N; N, contenant d’ailleurs la constante arbi” 
traire ex. 

La réduction est ainsi efiectuée, le noyau non borné /nj donne une 
équation E où la racine utilisée \\ a disparu; seulement (26'") n’est 
pas exactement de même forme que (26"). 

Mais si l’on applique à nouveau la méthode, les équations réduites 
suivantes re'stent du type (26'"), de sorte qu’on arrivera ainsi à faire 
disparaître le noyau non borné. On aura finalement une équation 
du type 

r r 01 Ç ) /i/, 1 = N/,1.)' ), 

J y 

exactement semblable à l’équation (44) Holingren et que l’on 

traitera par approximations successives en prenant assez petit 
elo<y<x^, ('). 

Chaque racine de (E) ayant sa partie réelle négative donne une 
constante arbitraire de sorte que l’on justifie bien ainsi l’énoncé du 
théorème V. Le fait que l’équation (E) a des racin<'s simples ou mul- 
tiples n’iutervienl en aucune façon dans la méthode de réduction 
précédente. On l’appliquera en prenant successivement toiites les 
racines de (E), chacune avec son ordre de multiplicité. 

28 . Indications sur les cas qui échappent à l’analyse précédente. 

— L’hypothèse du début 2 ,a,-^o est essentielle. On s’en rend 
compte clairement dans la méthode de Lalesco : l’équation difléreu- 
tielle (48), sur laquelle reposent les approximations successives ne 
sera du type de Fuchs que si On retrouvera donc, pour 

traiter le cas où 2,a,- est nul, les difficultés que l’on rencontre dans 
d’étude d’une équation différentielle au voisinage d’un point singulier 
pour lequel elle n’a pas le type de Fuchs. 


(‘) Par le procédé de prolongement du n" 15 on pourra passer à un intervalle plus 
grand de valeurs de la variable. 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


201 


M. Holmgron, puis Lalcsco onl étudié le cas d’un noyau de forme 

/( .r, y ) = m{ y — ,/• ) -+- y i, 

m étant une constanle (‘t y) n’ayant pas de ternies du premier 
degré en x et y de sorte que f{x. v) commence par des termes du 
second degré. D’importantes études sur le même sujet ont été faites 
par M. J. Horn ( ' ). 


lil. KKSÜLTVTS (lÉiXKUAüX CONCERNANT LES NOYAUX 
NON RORNÉS. CAS OÙ LTNTERVALLE I) INTÉGRATION 
EST INFINI. 

'29. Au paragraphe I nous avons étudié une catégorie notahle de 
noyaux non bornés. Nous avons ensuite rencontré d’autres noyaux 
non bornés, de types dillérenls : l’éipialion ('>.') ) (n" 15) de première 
espèce donne, par dérivation, l’équation de seconde espèce ( 26 ) qui, 
sous les conditions A et B du n" 16, a son noyau de forme 

/S* •*’ * _ ' 

/'.>'• A I ~ *' 

K(.z’. r ) élaul bornée dans le champ o^a li 

l)(ï très nombreux travaux ont été consacrés à l’application des 
méthodes générales au cas de noyaux non borné's ainsi qu’à l’étude 
des cas qui échappent à c«*s méthodes. Nous nous bornerons à 
(pudques indications générales. 

5(1. Noyaux absolument intégrables. — .Signalons d’abord les 
recherclu's de M. (}. C. Evans <|ui traite l’équation de seconde espèce 

^ \ 

^(.r I — / ^ V y ' 

on posant dt's condilions a^soz largos concernant los discon- 
tinuités possibles du noyau /( r. y) ol du sci'ond inoinbre h{y)> 
M. Evans démontre que ré(juation on ([ueslion a toujours une scudo 
solution bornéi' sous des conditions telles que les suivantes : 


(») Cf, lIor.MGiu'.x, 145]; Lalesco, [53 1; Horn, i4()]. 




20?. 


CHAPITRE VII. 


a. La fonction /i( J') esi bornée; 

( 3 . L’intégrale J' 1/(Ç, x) 1 est convergente (sauf éventuellement 

pour des valeurs isolées dey) et bornée par un nombre M; 

y. L’intervalle (a, b) peut être divisé en un nombre fini d’inter- 
valles partiels par des points de division «0 = «n • • • i «*= b tels 

que l’on ait des inégalités de type / |/(Ç, j)l<iÇ<Il<i, pour 

Pour plus de détails on se reportera aux Mémoires de M. Evans (') 
où l’on trouvera d’autres résultats analogues, l^e lecteur traitera 

d’ailleurs sans peine le cas où |/(Ç, <; i quel que soit y 

dans l’intervalle (a, 6) : la série que donne la méthode des approxi- 
mations successives (c/. Cliap. VI, n**!!) est absolument et unifor- 
mément convergente et doune la solution bornée de l’équation pi'o- 
posée. 

Dans le môme ordre d’idées supposons (■^) qu’il existe une fonction 
positive et sommable telle que l’on ait (presque partout) 


On a alors 


\J\ x, y ) 1 ^ X), rt ^ X $ )' ^ !>. 

1/- 1 < ‘•ù.r)jr o)(Ç)</;, 


1/3 I < tof.r IjT oiit\) t.)( $ ) p J'^ 


comme on le vérifie de suite, enfin 




0 ) ( X ) 

{ n — I) ! 






La série du noyau résolvant 

À' 

est alors convergente et il n’y a pas de difficulté à vérifier directement 


(') Evans, [23 H 24]. 

(*) K. Hillk et J. D. Tamarkin, [43]. 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 2o3 

que l’on a toujours 

♦ * ^ * * » 

^'+/= AT ./■ = /<?• 

Admellanl enfin que le second ineinbre h est tel que la fonction 
|/i(^)|ûi)(f) soit sommable et en se limitant aux solutions cp qui 
satisfont à une condition analogue, on vérifie que l’équation pro- 
posée a une solution unique donnée au moyen du noyau résolvant : 

r(y} - fi(.y)— f ') A'Cî. 


ill. Noyau non intégrable. — Prenons l’équation (' ), 

f(y)— f Tf ^.> = />( Y), 

J,, "»(;) 


où la fonction y est bornée en module par le nombre II et oii est 
une fonction, continue pour a<c<(}, ayant la racine isolée ^ a 
et telle que 



/«( ; ) 


n’existe pas. iNous pouvons toujours supposer m(E) > o {a <Ct'£b) 
et II < 1 [en modifiant au b«*soin m(^) par un facteur constant]. 
Prenons dans (02), 

<p(,v') = /•(,►') 'î>( J), 


où /•( >') est une fonction qui sera choisie ultérieurement. 11 vient 


(->■>/'» 


I / r' \ /r\ ' J- .. \ 


et l’on peut chercher à choisir #•(_>') de façon que les résultats du 
numéro précédent s’appliquent. Prenons 


_ f'‘ -iIL. 

le noyau de (àa') s’écrira 

f (xy) — -- ---- ^ e X- 

in{x) 


(') G. G. Kv.tNS, [2il. 



'-io4 

d’où 


CHAPITRE VU. 


\/(^, r)\dK< HjT' ^ ^ f: «mI = H f" e'‘ du = n< I ; 

f'A- 

pourvu que li{ y)&'y reste finie quand r tend vers a on aura 
(cf. n" 30) une solution bornée 4 '(jk) d’où une solution 

de (Sa) 

f'’ < 

9(/) = 'V(j)^ -'y 


tendant d’ailleurs vers zéro quand y tend vers a. 

La méthode suivie n’établit pas l’unicité. On peut constater que, 
sous des conditions de dérivabilité de /, elle dépend du signe 
de /(a, a). 


32. Équations où l’intervalle d’intégration est infini. - De' telles 
équations seront de la forme 

(53) ?(,»')— r Ç(S)/(?1 = /<(.'") 

a/_ 3c 

ou bien 

(53') ?('r)— r /(■'-, = />(■>■ >, 

*'.V 

l’inconnue étant (p. Il n’y a d’ailleurs qu’une dilférence de notation 
entre les deux types. 

Nous prendrons d’abord un cas particulier que M. Volterra a 
rencontré dans ses recherches sur l’hérédité ( ' )• Ce sera celui de 
l’équation 

(54) — 

où le noyau ne dépend que de la dilférence y — Ç. Si la limite infé- 
rieure d’intégration était finie et égale à a, on aurait la solution par 
les formules du Chapitre VI en faisant intervenir le noyau résolvant 

(55) ^(r— 


(‘) VOLTKRUA, [ 132 ], 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


•io5 


11 est tout à fait imm(^dial que si l’on pose 

fiy — •■»■) = J — X) 

et, g étant le noyau résolvant défini par (55), si l’on prend de même 

^iy — X ) --- (>-lA+e)i.v-.i') _ r ), 

>. et £ étant des constantes positives, g sera le noyau résolvant de f. 
Faisons alors l’hypothèse que 


<i’où 


\f{y — -r)\' À. o<j — .r<x, 
— .r) 


( /» — I ; 1 


<*t, enfin, de (55), 

I f'iy — .r) I < À 

I.es noyaux f v\ g vérifient alors les inégalités 

\f\ y À ; A- 1 ' ' À e-s'.'"-''», 

r’i/- ,1. f i.c(.r-Oldç< 

-X A -t- i 


Le jirincipe d inversion du Chapitre \ 1 s’applique alors si le 
second niemhn* /<( >') est borné pour — ac <C y'^a et l’on a une solu- 
tion de ( 54 ) sous la forme 


y) — h {y) -- J" /k ^ I ,A'0' — ? I 'C. 


également bornée. 

On peut d’ailleurs vérifier que la fonction o précédente est la seule 
solution bornée de (54). Dans le cas contraire il existerait une fonc- 
tion4'(y'') telle que 1 <!'(,)') i 51 c* qtx- 






d’où, d’après l’une des inégalités précédentes 

X 


-et, en répétant le |)rücédé, 


i <> |< M ^ 


-H £ 


/ >> 



2o6 


CHAPITRE VU. 


n étant un entier positif quelconque. Il en résulte que est for- 
cément identiquement nulle. 

33. Nous venons de voir un cas où l’on pouvait utiliser, de façon 
presque immédiate, le principe d'inversion du Chapitre VI. Il 
pourra arriver qu’il soit commode d’employer un changement de 
variables ramenant l’intervalle à être Uni. 

Nous en avons déjà vu un exemple (n“ 9). Prenons en général 
l’équation (.53) et posons 

Elle devient 

f) 

4.(Y)=- / 

où 1 intervalle d intégration est fini, mais où le noyau n’est pas borné, 
en général, lous les résultats sur les noyaux non bornés donneront 
donc des résultats concernant des équations de type ( 33 ) et ( 53 '). 

Nous pouvons donc nous limiter à de brèves indications. Voici, 
par exemple, un résultat de M. Evans que nous laissons au lec- 
teur le soin de justifier; soit l’équation ( 53 ) dans laquelle : «, A (y) 

et/(a;,y) sont bornées et continues; b, l’intégrale J' \ f{K,y)\dl 

existe; c, il existe une valeur y„ telle que f \f{K^y)\d^i<N<l, 

quel que soit y inférieur à y„. Dans ces conditions, les approxima- 
tions successives convergent et donnent une fonction 9 (y) qui est 
la seule solution bornée de l'équation ( 53 ). 


34. Ici, aussi bien qu’au n" 32, la condition que les solutions 
envisagées sont bornées est essentielle pour runicilé. Il est facile de 
s’en convaincre par un exemple. 

Soit l’équation homogène 

^—30 

Où A et B sont des constantes que l’on a choisies arbitrairement. On 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


on lire, en multipliant par et en d(^rivant 

— A)ç(7) = o. 


•lO^ 


Toutes les solutions de (56) sont donc de forme où k est une 

constante arbitraire et, portant dans (56), on constate que cette équa- 
tion est effectivement vérifi«îe par A pourvu que A soit positif. 

L’équation (56) admet donc la solution unique (p(j^) = o si A <; o, 
une infinité de solutions avec l’arbitraire A* si A > o. 

Or le noyau de (56) vérifie les conditions a, 6, c du numéro précé- 


dent si B >■ O et 


A 

B 


•< I . Dans ce cas nous avons bien toujours la 


seule solution bornée ^(y) = o puisque, si A <; o, c'est la seule solu- 
tion de (56) et que, si A > o, on a A — B -< o et toute fonction 
A c(*““)’ devient infinie poury = — oo. 

L'exemple précédent montre de plus que, si l’on n'impose pas au 
noyau des conditions (dont a. h. c donnent un exemple), une équa- 
tion (53) ou (53') peut fort bien avoir une infinité de solutions, et 
même de solutions bornées (cas A > o. B <' A)('). 


3o. Des conditions plus larges que celles du n" 33 ont été étudiées 
par C. E. Love (-), dont nous indiquerons pour terminer quelques 
résultats. 


Si V intégrale 



s.y i| rfÇ 


converge uniformément dans tout domaine fini de valeurs de y, 
et si elle est inférieure à 9'| /t(y)!, où Q est une constante infé- 
rieure à I et indépendante de y , alors (53) a une solution de forme 

?(>'• = A(^K)p(y) 

où P vérifie V inégalité 

I p(r)i < Tlîl’ 


Il ne peut naturellement plus être question d'unicité. 

Si les hypothèses précédentes ne sont vérifiées que pour des valeurs 


( ‘ ) On pourra consulter à ce sujet d’intéressantes notes de M. Kostitzin [51] et [521. 
(*) Cf* Love, [08]. Pour tonies les questions envisagées dans ce paragraphe, voir 
aussi Davis, [20]. 



2o8 


CHAPITRE VU. 


assez grandes de — par exemple pour 

r <— r« 

on pouri’a procéder par prolongement (comme au début du para- 
graphe II) pour obtenir une solution valable lorsque y dépasse — y». 
On écrira l’équation proposée 

(53,) tp(y) = J f{%, yjd'i, 


.'*0 


Une fonction étant connue pour y <C — y» ou a /i\{y) et l’on 

est ramené à l’équation de Volterra (53,), où l’intervalle d’intégra- 
tion est fini, pour déterminer <^(y) quand y > — ) 


IV. - ÉQUATIONS DITES « INTÉGUO-EONCTIONN ELLES >. 

36. On désigne assez souvent sous le nom à' équations fonction- 
nelles des équations où intervient, non seulement la fonction inconnue 
<p(^), mais les fonctions que l’on en déduit en elfecluant une substi- 
tution sur la variable J' : yftxy dans le cas le plus simple. Cette déno- 
mination peut prêter à confusion avec les équations fonctionnelles 
générales envisagées au Chapitre Vï (§ I). Nous la suivrons cependant 
dans ce paragraphe, où il ne peut y avoir aucune ambiguïté et nous 
nommerons intègro-fonctionnelles des équations fonctionnelles au 
sens précédent et où de plus l’inconnue figure sous un signe d’inté- 
gration. 

La plus simple est la suivante : 

(i) 9^y) — f y i = /<(j' >, 

OÙ a est une constante, que nous supposerons comprise entre zéro 
et I, où P(y), h{y)’, K.(^, y) sont des fonctions données, 'f(y) 
l’inconnue, X un paramètre constant qu’il est commode d'introduire 
pour l’application de la méthode des approximations successives. 

L’équation (i) a été résolue par M. Picard (') qui y ramène le pro- 


(■) PtoAiui, [731. 


COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


209 , 


l)léme suîvaul : détermination d^ine intégrale d’une équation aux 
dérivées partielles du second ordre prenant des valeurs assignées sur 
deux courbes données. Elle a été étudiée, ainsi que des équations 
analogues, par MM. Lalesco, M^^ller, Picone, Popovici, Tamarkin, 
Adams ( ‘ ). 


37. Admettons d’abord que le uovau y) soit nul; il rester 

l’équation « fonctionnelle » 

( ‘> ) 9 ~ ^ > 9 ^ ) =z hi y ) io yx a \ ) 


(|u*il (‘St naturel d’étudier d’abord. 

K(Mnpla(;ons dans (2. ) >' par oc )\ puis a- >', etc. Nous avons la suite 
(récjualions : 

- P( VM oi X y ) =//(),'). 


! rj 


5 ( r > 


, O ( a V' » 


( 3 ) 


IN a K ) o( x'\v ) 

* 1 

/•' a" K ) — 1 ^( a'* K ) a" * v* ) — /h a'' r 


(jui sont touti's satisfaites par une solution f|U(‘lconque d(^ (2). Eu les 
multipliant respectiN eiinnit par i, P(y), P(p)P(ay). .... et ajou- 
tant, il vient 

n i—/ -1 

I I ) I P( X y I. . . x'^ y >o( 

(t ^ /“(» 


l\nir aller plus loin nous poserons l(‘s conditions sui\ antes : /i{ ) ) 
est nulle pour y = o e/, duns Ciriieryallc où nous cher- 

chons une solution de (2), mi a 

( > ) I ) 1 r; Kfs 

K étant une constante, lï autre part nous supposerons (jue le jn'o- 
duit 

11,^ ( )' ) = IN r ) P( x y ). . . P< X'* y) 

est uniformément concergent et a pour limite H (y) dans le même 
intervalle de valeurs de y [c’est ce qui aura lieu, par exemple, s’il 


(‘) r/. î:, 31, 175,1 isanH-i), [I07i, [3!. 


NOI.TKRRA 


i'i 




210 


CHAPITRE Vil. 


existe une constante H telle que 
d’où P(o) = i]. 

Ajoutons enfin une condition pour la fonction inconnue <f{y) que 
nous supposerons continue pour la valeur zéro de la variable et 
donnons-nous sa valeur cp(o)=. a. 

L’équation (4) entraîne alors, si l’on fait tendre n vers l’infini, 


( 6 ) 




« ' 


(11-1= I). 


La série au second membre étant uniformément et absolument con- 
vergente d’après (5 ). On vérifie d’ailleurs sans peine que (6) satis- 
fait bien l’équation ( 2 ) et eu donne donc la solution, unique sous les 
conditions posées, telle que cp(o) = n. 

38. A côté des solutions ainsi obtenues pour l’équation ( 2 ), solu- 
tions qui sont continues pour y = o, on peut former aisémiïnt 
d’autres solutions qui ont pour ^ = o une singularité que l’on peut 
dire essentielle et dont l’existence a été remarquée par M. Popovici ('). 

Il suffit de traiter à ce point de vue l’équation homogène 

Elle a manifestement la solution <p = n(j^). Posons 


il viendra 
d’où 


o{y )= ll(_K » t. 

U{y ) v(y ) — P(.r) Il( oxy ) (’( %y ) = «», 

yiy) = r( aj), 


dette condition exprime simplement que la fonction de t obtenue en 
prenant 

r = 

admet la période T = log«. On poui*ra donc prendre une fonction 
arbitraire V(<) ayant la période T et une solution de ( 2 ') est 

9(v) = Il(^)V(losy). 

La fonction ainsi obtenue ne peut être continue poury' = o (f = — 00 ) 


(*) Nous suivons ici une analyse un peu différente; de même plus bas n® 41. 




COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


211 


que si V se r<'*duit à une constante, ce qui nous fait retrouver l’arbi- 
Iraire de la solution (6). 


39. Revenons maintenant à l’équalion « intôgro-fonclionnelle » (i) 
et recherchons une solution de forme 

9(/)= Çof./ ) -t- X9|(y ) -H. . .-t-X''Ç„(^) -H 

On a, pour dtUerminer les coeflicienis de la série, les équations 
, 9Jj) — P( K)9o(aj»r= 


9i( K) 


I’(ji9i(a/i= / 9(i( 5 ) K( ï, y ) 


?„(.X I — l’(.K t ?»< = / 9„-i( ï )K( 5. ,/j. 


dont chacune est du type ( 2 ). 

En se bornant à la solntiou, coutiuiio p<nir^ = o. oblenue au u'*37, 
on aura 

( 8 ) 9/t( lll^v I -f- ^niy I -f- IN -h -4-... 

ave<! 

I 9„_.| ( C)K( K » '/?, 

'^0 

el, en imposant à la .solullon cherchée de prendre la valeur <i 
pour e = O, ou aura 

9 o' <») c/, 9 „( U ) ~ O i n A O K 

Dès lors la première des (8) ciHraîne qiuî cpn(.>') bornée dans 
l’inlervalle o< r</; posons 

1 9o< .r ) 1 ^ N. 

désignons par M el H des limites supérieures d(‘ | K(.c, )•) | (o <.r < rS l) 
et (le j n,, ( V') |. Nous aurons 

i 'l»i( Kl 1 < NMj^, 

d’où, puisque (o) = o el, d’après la seeonde des (8), 

, , i.iv ,. , NM H K 

I ?! '.X H MM1__^( I -+- a ■+• a* . . . ) — ^ • 



212 


CHAPITRE Vil. 


De même 


La série 


N 




M^H" y" 


a)(i — a* ) • . . ( I — *" ) 


Ço(7)-H X?i(r)-H.. . 


est donc absolument et uniformément convergente et elle définit une 
solution de (i) continue pour y = o et prenant la valeur a 
pour = O. 


40 . Sous les hypothèses de continuité qui ont été faites, la solution 
qui prend la valeur a pour y = o est unique. 

S’il y avait en effet deux solutions, leur différence vérifierait l’équa- 
tion homogène 

(9) 9(/) — P(y )ç(a7) — X r o($ )K(L J > 

•^0 


avec cp(o) = o. Or en désignant par L le maximum du module d’une 
solution de (9) on a, compte tenu de (6), 


I 1 < 


LiMH K 

I — a 


1 


, À" 

^ /t ! ( 1 — a )( 1 — a- ) . . . ( 1 — a" ) ’ 

qui est arbitrairement petit avtîc n’, donc 9 (y ) est identiqueimml 
nulle. 


41 . De ce que l’on a vu pour l’équation (2), il (îst à prévoir que 
le théorème d’unicité disparaît si l’on supprime l’hypothèse de con- 
tinuité de la solution pour y — o. C’est là un résultat notable dû 
également à M. Popovlcl. 

Pour l’établir nous procéderons de la façon suivante. L’équation 
homogène (9) s’identifie avec (2) en prenant 


= X K($, 

^ A 


et elle équivaut donc à 

= nCjKiefj) -4- X^ J o($)K(L 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


2i3 


v{y) étant une fonction arbitraire telle que (n" 38) 


i>( y ) = «M ). 


On obtient ainsi l’équation 
(lo) o( K) = )11(_)'- ) -f- 

<*n prenant 



L( r I = K(^ J) 

^ K($, y)-+- lv( a K ) 


pour ^y<;<y 
pour CL- y < $ < 



K( Ç, CL/ y illy._i / r > 


pour a'*’ \y < $ < cl^ y. 


L’équaliou (lo) r.sl une (‘(jiiation ordinaire de \ ollerra. Le terme 
connu présentera, avec e(.V)> singularité püury = o, 

mais cetli? singularité est sans importance pour rapplicalion de la 
méthode usuelle* de résolution, si, par(*xemple, i^( )')est continue sauf 
pour )* o; (Tautre part le no>au L(;, )') nV\st pas borné en général 
mais les (*xpr(*ssi()ns [)récéd(‘ntes entraîm*nl (|ue 


< IVÎi log*Y 


de sorte qu’il n’\ a pas de difficulté à définir le noyau résolvant. 

On obtiendra donc pour (q) um* infinité de solutions avec la fonc- 
tion arbitraire» i’( x) véridant 

Vi y I — iM OL y I 

et ((ui peut être prise ad libitum élans un intervalle 


42. Des généralisations sont évidentes, en remplaçant par exemplt* 
la substitution y\<xy par une substitution quelconque i' | w( >'), 
où U désigne um» fonction par exemph» finli» et continue. On a ainsi 
l’équation 

^(y)—Piy)o{u(y)) — \ j oi J )K( Ç, v i, 

qui pourra se traiter de façon assez analogue à ( i ) (‘t qui a été envisagée, 
en particulier, par MM. Myller et Picone. 



CHAPITRE VU. 


n4 

On peut enfin envisager des équations où figure la substitu- 
tion y I u{y) itérée. Posant pour abréger 

y^=u{y\ ), ..., 

les équations seront du type 

(1-2) ç(7) —P, (7)9(jKi — f = 

( 12 ) se réduit à ( 1 ) pour k = i Qi y^z= ocy. 

' Nous n’insisterons pas sur leur étude, nous contentant de remarquer 
que l’application des approximations successives conduit à des 
équations « fonctionnelles » de forme 

(12') — )—•••— P-t-(j )?(>*) = h(y), 

pour lesquelles M. Popovici note un parallélisme intéressant avec les 
équations différentielles linéaires telles que 

(i-S) _ F, ^ = 

La solution de (i3) dépend linéairement de k constantes arbitraires. 
Celle de ( 12 ') dépendra de même de k fonctions arbitraires [analogues 
à la fonction c(y) introduite au n" 38 pour /r = i]. 

V. - ÉQUATIONS DE VOLTERRA 
AVEC LES DEUX LIMITES DE LTNTÉGRALE VARIABIÆS ( ' ). 

43. Soit d’abord l’équation de seconde espèce 

ii't) Çljj-t-/ 7 )^/; =/(/), 

—y 

où f est donnée dans un intervalle — b <i y c^b et où K(a:, y) est 
donné pour 

— b ~y = ~^ b, 

— J? 7- 

En reprenant (i4)î où l’on sépare en deux parties l’intégrale et en 
écrivant la même équation avec changement de 7 en — y, en changeant 


(') Cf. Voi.TEnnA, [ 126]. 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


oniin quand il convient ^ en — on a le système 

V r 

9^ — y)—f ?<Ç)K(Ç, — r ?(— Ç)K(— y')r/Ç=/’(— 7), 


où l’on peut supposer 7 positif {o dy <i 0). 
En posant 


o( 7 ) = 9 ,(>), ç( — 7 , = 9.,(7 I, 

./'</)=/'< J'. f^—y)^ftyY) («< 7 </>), 


/ K,,(Ç,7)= K($,7), K,.(t,7)= K( — f,7i, 

<iù') I K.,,($,7) = — K(5, — 71 , K....(ï,7) = — K(— Ç, — 7 ) 

< <> <_ t < K < 6 », 

on aura le système d’èqnations, de secondt* espèce, 



9i ( î ) 


^'1 




r..' 

/->■ 

?d7 ' -+- / 

9i ( ï ) Koj 

(Ç, 7»di^/ 9 j(ï 


d’un type déjà traité (Chap. VI, n" 25). 

Les fonctions considéré<‘s étant bornées et continues ( ou simplement 
intégrables) on formera, comme au Ohapiire VI, les noyaux résol- 
vants S , 7 (t, y = 1 , 2 ) et l'on aura la solution 

^0 *-'0 

,• 

?i<>' > =/2' V I -^ / /i'Ç)Sii(?,7ldï-f- / /i(?»Sj.(Ç,7»dî. 

En introduisant une seule fonction S, définie pour 

— — /■> <7 


par les formules 

y , j S,, ( 5 , 

<«9) L, ,, 


Sii( 5 , 7 )= S(Ç, 7 ), S, 2 (Ç, 7 i= S(“^ 7 )> 

SiitÇ, 7 ) =— S(Ç, — 7 », Ss 2 (Ç, 7 ) = — S( — ï, —y). 



2I6 


CHAPITRE VH. 


la solution prend la forme 

(20) ç(_^) y* /($)S(Ç, 


44. On traiterait île façon analogue une ikjuation do forme 
(•il) 9(7)-+-/' 9 (Ç»K($, 7)iiÇ =/(7) 

• 'a>- 

avec I a I ■< I . 

Si Cf. est positif, elle se ramène à l’équation ordinaire de seconde 
espèce pour laquelle le noyau K(^, y) est nul lorsque ^ •< <xy(y >> o). 
Si a est négatif on se réduira à la précédente (i4) en prenant 

K(5, 7) = o pour — 7 <?<3t7 ( 7 >o) 

et pour ay < ; < — y 1 7 '* '• 

Les fonctions précédentes définies par les (i()') sout alors telles que 
celles qui ont des indices dilférenls (Kij et K^i) soient nulles 
pour — <xy <. ; <7* lien résulti; que les fonctions itérées el 
sont nulles dans le même champ. On a en elfet, par exemph' 


KV2(?>7) 


-u: 


K'',V'>(S, T) ylf/r, 


et les points de coordonnées (-, n). (yj. y) (coordonnées écrites dans 



l’ordre abeisse-ordonnée) décrivent, quand yj varie, les segments 
qu’indique la figure. Il en résulte que, dès que ^ dépasse — a y, l’inté- 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


217 


gralti est nulle, l’un des facteurs sous le signe d’intégration étant 
nul. Comme conséquence immédiate, S, 2 et S2< sont nuis dans les 
mêmes conditions et, si l’on en déduit S(^, y) par les (19), cette 
fonction est nulle dans le même champ que K(^. )'). La solution 
de (21) s’écrira donc 

(2-i) f 

45 . La même méthode s’applique à une équation telle que 

r''-' 

(2't) 9(/i-e/ =./( J). ( i/>| < 1 , 

et. plu?< généralement à 

(■.4» 

où les deux fonctions -1(9') et ^.>(9') sont définies dans un inter- 
valle* ( — />, />) et sont telles que l’on ail constamment 

' = 1 '/) ! < 1/1. I --ù/il c ’/i- 


40 . Équation de première espèce. — Une équation intéressante, 
qui int(*rvient dans ceîrtains problèmes de la théorie des é(|uations 
aux dérivées partielles, est la suivante* (') • 


( 25 ) 


Ç' 9($)K.?,/)e/^==/.^r). 

' l>y 


Nous supposerons que ^ 


<" I , le cas où - > I s’y ramenant 
'/ 


immédiatement et nems noierons que, par la substitution <// i )-, e)n 
ramène (2.5) à la forme 


( 26 ) 




Prenons d’abord a positif et posons la condition K(/', ) ) 7^ o. 
Pour avoir une solution finie ele (26), il faudra que /(o)=:o 


(') Celte équation a été envisagée et résolue par M. Volterra [12()]; en ce qui 
concerne les applications signalées élans le texte cf. Goiirsat [iU ]. 




ii8 


CHAPITRE VII. 


et (26) est alors équivalente à l’équation obtenue par dérivation 


('■>.7 I 


avec 


Vif) 


?</)- Viy\<f(c[y)-h f 9(5 7) 




g K( g K, y ) 


F(Ç, 7 .^- 


KV( 5, 7 ) ^ 
•<■' 7 . /) ’ 


,A'< 7 ) 


•<-< 7 > 71" 


C’est une équation intégro-fonctionnelle qui est du type de la jiré- 
cédente (i) (§ IV) et à laquelle s’applique la méthode du n” 30 bien 
que les conditions imposées aux données ne soient pas les mêmes 
qu'au paragraphe IV. En particulier le second membre p;{y) ne 
satisfait plus une inégalité telle que ( 5 ), nous le supposons seulement 
borné et continu; d’autre part la fonction 11(7) <lu n'* 37 est nulle 
parce que 


lim P(g"“ 


7 » = 


lim g 

n — X 


K(a"7, g"-' 7* 
K( g" -'7, g''-'7) 


(27) sera résolue par la série des approximations successives 


( 28 ) 


9 — ? b ^ ^ 9 < ^ ^ ^ ^ • • * 


avec 


en prenant 
et 


?'éf> =2/I»/.<*''7dl/-i(7) 

O ^ 

<I)„(7) = /i(y) 

cp„(j)-— r I<75, 7)9 „_i(5)-'/5. 


On vérifie de suite, comme plus haut, la convergence de ces 
approximations et l’unicité de la solution. 

Le cas où « serait négatif : — 1 <; a <; o se traitera de façon tout à 
fait semblable et-nous n’y insisterons pas. Mais nous dirons (juelques 
mots du cas de a — i . 

L’équation (26) devient alors 




f"'\(î)m.y)d^ = /ir), 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


•-<19 


(*t peut être réduite au système de première espèce suivant : 

r’?i(?)Kn(Ç, 7 )</î+ f 9 .(?)K,,(?, =/,( K), 

^ () ^0 


(•'• 9 ) 


en prucé<lant comme au n" 43 et en définissant 
K,, (^, 7'). . . . par les formules (ifi) et (i6'). f^es .sjsiémes de pre- 
mière (‘spèce ont été étudiés plus haut, mais la solution donnée 
(('diiij». V I, n" 20) ne s’appliquerait à ( v.y) (pie si le déterminant 

K,,( )•,)■) K|j('/, )') 

l)( K, .)')= , V ,- / 

K..| ( r, n -iO'- ’’ * 


était dillérent de zéro. Or. on tenant compte des valeurs (if3') des k, ,, 
on voit (pie l’on a D(o, o) -- r». Dans l'élude du système {'M)) on 
reucontr(‘ra donc des diflicullés analogues à celles que présentait 
l’éipiation de |)remière espèce lorsipie la diagonale du noyau était 
nulle pour I' — o. On |)()urra utiliser les méthodes ipii ont servi dans 
ce dernier cas (ce Chapitre, n" 1 1 ) ( ' )• 

■47. Une ('*qualion particulière à limites constantes, envisagée par 
Abel, mais (pi’il n'a pas résolue, se ramène à (a.)). C’est I cHpiation 


r 


c ( .r ^ ) K( ./• ) = /\ .r ». 


(^ ) L'aiialoj^ic sif^naléc* iio doit paî> masquer des dilîêreiues nttlahle-s eiUre les deux 
cas. Pour mettre le lecteur eu j^arde contre d(‘s coiuhisions liAtivcs, il m>us suffira 
d’indi(|uer qu’il peu! arriver ((ue la solulitm f^éncrale de ( >9) [dont aussi t tdle <le 
( >()')] depemie d’une fonction arhilraire. 

M. Popovici donne* rcxempit* simple de réi|ualion 

y 

y(;) /(X^> 

y 

qui u’adrnettra de solutions (|ue si /(y) est fonction impaire de y et qui donne 
alors 

/ f 

?0') ' 'ÿ;. 

OÙ g(y) est une fonction impaire (|uelcont|ue. Les deux équation.s ( »9) corresptm- 
ilantes ne sont compatibles (jU(’ si /(.)') est ft>n(‘tion impaire et se réduisent alors 
à une seule. 



220 


CHAPITRE VU. 


Il suffil d’y poser 


pour la réduire à 


? puis i K =!!(?, 

j o(Ç )II( =/i ^ ) 


qui a bien la forme (a5). 

Notons aussi que, par le changement de variables 

y = e.Vi, ï = 

l’équation ( 21 ) prend la forme 

(211) r 'K?i)ll(Çi. — ), 

où la fonction inconnue est et où '( = loga est positif pour 
O <C a < I • 

Par la même transformation, l’équation d(‘ première espèce ( 2 (>) 
(h'vient 


f '^('i )H( ïi, y-, )f/?, = 


On rencontre des équations de type dans la théorie de 

l’hérédité (Volterra, [132]). 


48. La théorie des équations aux dérivées partielles conduit aussi 
à des équations de Volterra de première espèce de forme 

(3o) f ?(S) K{ï, = /(.r ) [^(y, y) Ao\, 

'-'m Y ) 

où K(^, y) est borné et continu pour ^ et y compris entia; - h et b 
et où la fonction donnée u{ y), bornée et continue dans l’intervalle 
( — 6 , b), vérifie l’inégalité 

I ti{ Y) \ < b. 

L’équation (3o) est une généralisation de ( 26 ) et, par dérivation, 
on en déduit une relation de type 

?(j) — f ÿ(Ç)K(Çi = AMy), 



COMPLÉMENTS AUX RÉSULTATS PRÉCÉDENTS. 


2 J!I , 

que l’on résoudra par rapport à l’iuconnin* cp(y) comme l’équation 
( 2 ^) du n" i6. 

Signalons enfin un Mémoire [107] où M. Tamarkin étudie l’équation 

P( J) ç( ui y)} -+-J 9 (ci S)) K( C, y)rr- ~.f(y 1. 

Le lecteur y trouvera en particulier une étude de l’unicité des solu- 
tion>> poijr des conditions très diverses imposées aux fonctions 
données. 



CHAPITRK VIII. 

L’I^QUATION INTÉGRALE DE FUEDHOLM. 


1. - L KQUATlOiN DE FREDHOl.M CONSIDÉRÉE COMME 
CAS LIMITE D’UN SYSTÈME ALGÉRRIQEE. SA RÉSO- 
LUTION QUAND LE DÉTERMINANT N’EST RAS NUI.. 


1 . Nous prendrons l’éqnalion linéainî de seconde espèce el à limites 
lixes {équation de J^'redliolm) sous la fornu* 


( I ) 


Ç( ./* ) 




K( U', Ç ) 9( 5 )<'/;=/( .r ), ( (t'ix ^ h). 


Les fonctions données K(^*, (^jioy^au) et f{x) second membre 
seront siipposé(îs, dans tout ce Chapitre, finies et continues; nous 
examinerons ensuile des cas plus generaux (*). X est une constanle 
qu’il est commode d’introduire pour la discussion et qui peut prendre 
des valeurs réelles ou imaginaires. 

La résolution de (i) s’obtient par une marche qui est de tout point 
parallèle à celle qui a servi pour l’équation de Volterra, en partant 
d’un système algébrique de n équations à n inconnues et en utilisant 
le principe de passage du discontinu au continu. On est ainsi conduit 
à la solution de Fredholm (-). li’opportunité d’employ(‘r une telle 
méthode pour le cas des limites fixes avait été remarquée par 
M. Volterra à peu près au moment où il traitait le cas des limites 
variables et il l’avait en ell’et appliquée 


(1) Cf. Chapitre ÎX, § II. 

(“) Fredholm, | 30]. 

Dans une (onférence faite à Turin, concernant le phénomène des Seiches, 
M. Volterra eut l’occasion de faire remarquer que la résolution d’une équation à 
limites fixes peut s’obtenir par une méthode qui conduit à l’emploi de déterminants 
infinis [ 127]. 



L’ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


■iïi 

2. Pour obtenir le système de n équations à ti inconnues, donnant 
à la limite l’équation (i), nous diviserons l’intervalle b on n inter- 
valles partiels A,, h,, .... h,i et désij^nerons par Xi, x-,, . . . , des 
valeurs de x clioisies intérieures à ces intervalles. Posons pour abréger 

y ( , ) — Y I * ,f ^ i ^ " s O Iv (.///, .r .■ ) = ^ / tf î 

le système algébriijue <ju’il convient d’envisager est 

n 

<■>■> ~ >- ^ K,, ( / = I , V, . . . , « 

1 

Ou procodera connue au (Àhapilre VI (5; H), eu résolvaul les ( 2 ) 
el [)assaul à la limite lors(jue le iiomhre des intervalles partiels 
A,, h„ t(*ud vers Tiuliui. chacuu de C(‘S intervalles tendant 

v(‘rs z(n’o. On pourra ainsi prévoir la forme de la solution de (i). 
solution ([u’il faudra (‘nsuile vérifier. La seule diOerence avec 1 (î 
cas des limitcîs variables est (jue le dc'Merminaiit des ( 2 ) nV^st plus 
éf;al à (i/i de* sorte (pu‘ la détermination d(\s o, (Xiuqiorte le calcul d(* 
deux dét(*rminants. 


•î. Transformons d’abord le déterminant des coeflicimits du sys- 
tème ( 2 ). 11 s'écril 




1 - À K 1 , /( 1 

À K 1 .J A .J 

>. K|„/o, 

^ ) 

1) == 

- A l\..M //, 

1 - K,,//., ... 

> K..„ /i„ 



' À K„ t A 1 

-À ... 

1 /v l\ ,1 f, /t fl 


i‘t c’est un polynimie en X de forme 

Il -- n„ -h 1)^^ -h ^ 


I) " 

! * P 


1),,, I)',. . . . ^ étant l(*s valeurs de D et de s(‘s dérivées pour X o. 
On a donc d’abord 

1 ; 


est la somme de n dè* terminants dont le premier (vst 


K n A I 
o 


K,, A, 
1 


Ki„ A„ 

o 


fv 1 1 Al, 


I 



224 

d’où 


de même 


CHAPITRE VIH. 



hiliilu : 


En désignant les déterminants précédents par 

i j /> \ 


‘O’ ‘C ;)■ -(' ; : 

respeclivmnent, on aura 


I) = I 


4. Si D n’esl pas nul, l’nne quelcompie des inconnm's, y, |>ar 
exemple, est donnée par 


»4) 




où Dj est un second déterminant qu’il (*sl aisé de transformer comme 
il a été fait pour I). ^^ais il nous suffira de remarquer (pie l’on a 
identiquement 


(â) 


i)/ 


n 



l 


I 




5. Reste tà passm* à la limite, n augmentant indéfiniment et chacun 
des intervalles partiels tendant vers zéro. Dans ces conditions, D tend 


vers 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


avec 


l\ 




Ço Çi ) 

K(?,. 

U) ■ 

.. K(S,. 

hi) 

1^^ Îlî îl ) 


• 

.. MÇ,. 

1 

K(ï„. ï, ) 


î.) . 


î» 1 




A(/) sera dit déterminant de V équation de Fredholrn ( i ). 

l^oiir prévoir la limite d(‘ 1)/ nous utiliserons son expression (.V). 
Le coefficient du terme rA\ f , est évidemment le déterminant (3) dont 
on aurait supprimé la lij^in» et la colonne /, ce Cjui ne change pas sa 
llmit(‘ A. I^e coefficient dhin terme fa (.v ^ i) conliendra en facteur, 
d’après l’expression (3) d<‘ I), et il ap|)araît ainsi dans I)/ une 
expression (\r forme 



2 IX,//,, 


avec 




I </n 


La noiiiuh! donnent à la limite une intégrait; dans latjuelle la liinilt; 
de Dç, fait intervenir la dérivée fonctionnelle de A. 

Lrécisttns et* dernier point. A est une fonctionnelle dt* la fonction de 
deux variable K(a;, > ). Pour en définir la dérivée fonctionnelle au 
point y-=-n. qui sera notée A'(t, -n), il suffira île donnera K 

un accroisseintuit oK dans un tloiuaine e autour dti point y;, de 
diviser raccroisseiiient dt* A par 



0 K( .»•. y I t/.r ,/) 


et de faire ttmdre ^e^s zéro ôK et le tloinaine considéré. 11 est clair 
que la limite de D,„ fait intervenir précisément une dérivt'*e fonction- 
nelle ainsi définie. 


(>. Les rtunarques (jui précèdent rendent probable que. loKS(fur 
A n’est pas nul. l’équation (i) admet la solution 

17) 9 ( .r ) = /l .r ) — r-î- i /( ï ) A' ( ; , .r ) . 

Il est d’ailleurs facile d’expliciter la valeur de A'. Ihu tous pour 

là 


VOLTKURA 



236 CHAPITRE VUI. 

cola noire attention sur le déterminant 


K(Çi, Çi) ••• K(Ç., Ç„) 

K(Ç„ Ç.) K(Ç,, Ç,) ... K(Ç„ Ç„) 

• ••••••• ••• ••••••••• 

K(?«. ?i) K(Ç«,5î,) ... K(Ç„, Ç,.) 

qui ligure dans le terme général de A. La variation âK effectuée sur 
le seul terme K.(^i 5 Ea) donnera dans A' un terme où ligure le déter- 
minant déduit de A en y supprimant la première ligne et la deuxième 
colonne. Si nous posons en général 


/5, ... 5„N 

V'^l ... fin/ 


K($t, T„) K{Çi,t). 2 } ... K(Çi, r,„) 

Çî, T,i ) K(Ç2) T)’) ••• r\„) 


K( 5/m ■'Il ) K (5 *02) 


K { , Tj, 


ce terme de A' s^écrir.'i 


(--I)' 


::: D- - 


et il est clair que chaque élément du déterminant (8) n’appartenant 
pas à la diagonale principale donnera dans A' un terme de même valeur. 
On aura donc 


<9) 

A'(5, -r. )=-)/- A Àj 


en posant 



(lo) aC^; 

\r 




•/a J a \7 5l ••• 


et la solution ( 7 ) de l’équation de Fredholm s’ 

écrira 

ifî 




ou, encore, 



l'équation intégrale de fredholm. 


en posant 

(II) 

r(a?, À) est dit noyau résolvant du noyau K on noyau résolvant 
de l’ôqnation int('“grale. 

7. Vérification. — Nous ferons dépendre la vérillcatioii de la 
solution précédente de trois principes analogues à ceux qui ont été 
envisagés pour l’équation de Vollerra. 

Principe de convergence. — Soit M la home supérieure 

de I y ) |. Les séries (6) et ( lo) qui définissent A (/,) et A À 

sont convergentes quel que soit /. et représentent donc des séries 
entières de 

Pour l’établir il suffit de s’appuyer sur le théorème de M. Hada- 
luard concernant h* module d’un déterminant d’ordre ilont tous les 
éléments sont infériiMirs mi module à M : ce module est inférieur 

r 

à Wp- ( ' ). 


227 






A( Xi 


(‘) Four «Hablir co thôorème [37'|, nous utiliserons un<‘ repré^'entation ^MWiinétritjue 
dans Fespace à n diinensions ( ooordoruiêes rectanjiulaire'^ ). Nous Oroiis correspondre 
à un déterminant 



e\ 





•> 

0 

L) = 

(•1 

et ^ . 

• (>r, 


e'{ 

tlij . 

.. < 


les points M, S n) de coordonnées r/,,. La lonjiueur du 

vecteur OM^ est V -f- . .-h ajf . L'énoncé du texte sera conséquence de 
l'inégalité 

(I) 1D1<0M,.0M,....()M,. 

Cette inégalité est évidente pour 11 1 ou 3 ; pour n = 3 par exemple elle revient 

à «lire que le volume du parallélépipède est inférieur au produit des arêtes. 

Kn général on peut se borner au cas où les vecteurs DM, sont linéairement 
distincts [dans tout autre cas D est nul cl (i) a lieuj Remplaçons ces vecteurs par 



228 


CHAPITRE VIII. 


En considérant, par exemple, la série (lo) on aura 


k(" 

Çt ... 

h 

\r 

5 i ... 

Çv/ 


v-t- 1 

-H ij - , 


M désignant le maximum de | R {x. j') | et cette série est majorée par 
la série de terme général 


fv 



v-»-1 

{b — a )■' ( V ■+■ 1 ) - , 


OÙ le rapport d’un terme au précédent est 

V -H 2 


et tend vers zéro avec Il j a donc convergence; de même pour la 
série (6). 


(rautres cléfinis par 


ÔMi, 

ÔN. - 4 - ôTi,, 


ÔN^ OMj -4-. . -+- oTl,, 


où les sont des scalaires. Le déterminant L) devient D' niais sa valeur iTe^^t |>a^ 
modifiée. Glioisissons de façon à rendre la longueur ON.^ minimum, etc.; 

X^/\ de façon à rendre ON, minimum. On a des équations du premiei* 

degré qui déterminent tous les X/^!^ (déterminants non nuis parce que, dans ON/ le> 

termes du second degré en X//^ constituent une forme définie positive, les O.M ^ 
étant linéairement indépendants). Si Ton reprend le calcul précédent en partant dc> 

vecteurs ainsi définis, les termes du premier degré en X/!^ doivent disparaître 

dans les carrés des longueurs de ces vecteurs : il en résulte que les produits sca- 

laires ON,ON;. sont nuis et que les longueurs des ON, sont efTectivemenl 

minimum. 

Dans ces conditions, en eflfectuant le carré de D' ligne par ligne il reste les seuls 
termes de la diagonale principale d'où 

D'’— ÔNf .ÔNij ...ÔN?, < OMÎ.cÆÜ . . . ÔM?,. 




l’équation intégrale de FREDHOLM. 2^9 

Principe de réciprocité. — Il s'exprime par les deux relations 


(i >'> = Kf;r, jK)A(/.)-f- /.y* A K( Ç, 7 ) 


lesquelles se déduisent de (10). 

Pour justifier, par exemple, (12) partons du développement du 
déterminant R ( ^ suivant les éléments de la première 

\7 ?i ••• ?v/ 

li{*ne. Le terme général de (10) s’écrira 



or. parce que 


K 




= — K 
= -+- K 


( 


^ K 

r h 



* 1 


ou voit de suite que, à l’exception du premier, tous les termes de (. 3 ) 
sont égaux entre eux. Eu changeant les indices des variables d’inté- 
gration. cette expression (i 3 ) s’écrit 


, r'‘ 

-nv K(.r.7)y 

r* /ït ••• C-i 


f " 

\5t ... ;v, 




^ r >; 

r . 

. . . / K(.r, ; 1 K ( 


i)! J„ 

/ •» \ 







d’où résulte (12). 
Posons 


rix, 7; X) = — 



r {noyau rrsolvant) est le quotient de deux fonctions entières de X. 



a3o 


CHAPITRE VIH. 


c’est une fonction méromorphe de X ; lorsque la valeur choisie pour X 
n’annule pas le déterminant A(X), (12) et ( 12') s’écrivent 


(i4) T{x,r;X)-^Kix,y)=X f K(x. y, X) 

''a 

= r(x, ?; X)K(5, 


forme définitive du principe de réciprocité. 

Principe d’inversion. — Les formules précédentes conduisent à 
l’inversion de la relation intégrale (1) sous réserve que X n’annule pas 
le déterminant A(X) et elles établissent l’unicité de la solution 
donnée par 

(7") ?(^)=/(-^)-X / r(^, ?; X)/(Ç)^/Î. 

* « 


On s'en rendra compte en reprenant des calculs analogues à ceux 
du Chapitre VI [§ II]. Parlons de (1 ) dans laquelle nous remplaçons x 
par n, multiplions par r(Æ;, yj; X) cl intégrons par rapport à n j)Our 
l’intervalle (a, 6); il vient 


f r(^, n; X) 9 (r,)f/r, — X / r(x, T^;X)f K( T„ ?) ;( ï)«'/ï 

^ ''<1 '^a 

= j r(.r, y] - À)/(-ri) 


OÙ, en échangeant l’ordre des intégrations, 

J' I r(.r, -q; X ) — Xjf TCa-, X)K(Ç, ’o ) r/? 

-f Y(x^ ri; X)fir^)d-(\; 

^ iÊ 


d’après (i4) le premier membre s’écrit 


-J K.(a7, ri) <p ( 71 )dri, 


c’est-à-dire, en tenant compte de ^ — Il est donc clair que 

si (i) a une solution, cette solution est unique et donnée par (7"). La 
vérification que (7") est bien solution de (i) se fait de même, grâce 
à (i4). 



l'équation intégrale de FREDHOLM. 23i 

f 

8. Récapitulation des trois principes. — I. Les deux séries (6) et 
(lo) (/ui définissent A(X) et sont convergentes quel que 

soit X et représentent donc des fonctions entières de X. 

K. Lorsque X n’annule pas A(X), en posant 


l'(T, y. À)=. 


y / 


r(./-. j; X)-^- K(j-,^)=x r K(.r, v; X) rfs 

=if r(.r,^,X)K(5,^r)^/?. 


III. Dans le même cas la solution unique de (i) est donnée 
par {-/'), rgalifr de forme analogue où l’on a échangé les rôles 
de Q et de f et où le noyau K est remplacé par le noyau résol- 
vant r. 


î). L’équation associée de (i). — Nous ilôsignorons par ce nom 
l’é<[ualioii 

(l'j ç(.r) — X| =/( j'i. 


(jui est ohtfuue en chanj^eanl le rôle des variables dont dépend le 
noyau. Dap rês les expressions précédentes, il est tout à fait évident 
(jue le déterminant A(X ) est le même pour ( i) et pour ( i'). On cons- 
tate de même que. X n’annulant pas le déterminant A(X), La solution 
de (i') sera unique et déterminée par 


>> f /(Or(ï, .r; 


il suffît de reprendre, à partir des équations (i4) des calculs tout à 
fait analogues à ceux qui ont conduit au principe d’inversion pour (i). 
Le même noyau résolvant donne donc la solution des deux équa- 
tions associées. 


10. Remarque. — Au lieu de prendre un paramètre X multipliant 



232 


CHAPITRE VIII. 


K(æ:, y) on pourrait prendre un noyau dépendant, de façon plus 
compliquée, de ce paramètre et définir de même un noyau résolvant 
satisfaisant à des équations analogues aux (i4)* démontre que, 
lorsque K est fonction entière du paramètre X, le noyau résolvant 
est toujours fonction méromorphe de X. Nous aurons l’occasion d’y 
revenir dans le second volume du présent ouvrage. 


il. Application de la méthode des approximations successives. — 

Après les résultats précédents, il reste à traiter l’équation (i) [ou 
l’équation (i’)] lorsque X annule le déterminant A(X). Mais avant de 
faire cette étude nous indiquerons ce que donne, pour les équations 
en question, la méthode des approximations successives déjà utilisée 
pour l’équation de Volterra. Bien que la solution qui en résulte 
soit soumise à des restrictions auxquelles échappait la méthode de 
Fredholm, elle mérite d’être donnée pour sa simplicité et pour diverses 
conséquences, qui nous serviront plus loin. 

Reprenons donc l’équation 

(I) ç(x) — À / KfiT, Ç ) Ç( 5 ) =/( x ). 

Pour la traiter par approximations successives on procédera comme 
au Chapitre VI, n" 11, en remplaçant, sous le signe d’intégration ce(Æ') 

par 

/ 

f(x) + l K(x,Ç)9(5)rf$, 

'^a 


tirée de (i), puis faisant la même substitution dans la nouvelle équa- 
tion obtenue et ainsi de suite. Après i — i telles substitutions, on 
obtient une équation qui aura la forme suivante ; 


(i5) 9 (ar) = /(a;) H- X J /(Ç) { RO'far, Ç) -h XK<*)('ar, Ç)-t-...-4- X'-> K'Oia-, 


en posant 
et 

(i6) 


KIDU, ^) = K(x, Ç), 



K( a;, iri) $)dÇ. 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREOHOLM. 233 

Ou peul dire, comme au Chapitre VI, que K<'‘> est le noyau 
itéré de K. 

Cela amène à la solution de (i) sous la forme 

f'vix, Ç; X)f(Z)dl, 

^ a 


mais avec une nouvelle expression du noyau résolvant F 


ru, y. X)= — J", ), 

0 


Cl la solution obtenue est évidemment valable pourvu que la série (17) 
soit uniformément convergente. 

Or les (16) entraînent, en désignant toujours par M le maximum 
du module de K(.r, y), 

K'' ^ '>( .r. y ) = M' ■ ' I 6 — a )', 


de sorte que la méthode s’appliquera et donnera la solution de (i) si 
j 1 : est assez petit, certainement si 


Sous la même réserve il est aisé de voir, en reprenant le raisonne- 
ment du Chapitre VI, que la solution ainsi obtenue est unique. On 
l’obtiendrait aussi, et exactement sous la même forme, en cherchant 
une solution de (i) développée en série des puissances de X. 


Comparons cette solution à la précédente. Nous avons vu que 
le novau résolvant 


r( j;, y. X') = — 


CiJ, 

A( X ) 


est une fonction méromorphe de X ayant pour pôles les zéros du 
déterminant A(X), chacun de ces zéros étant, comme nous le verrons, 
effectivement un pôle. La méthode des approximations successives 
conduit au développement en série entière do cette fonction méro- 
morphe. On ne peut donc espérer qu’elle s’applique quel que soit X, 
sauf dans le cas très particulier des noyaux pour lesquels A(X) n’a 



CHAPITRE Vin. 


234 

pas de zéro, mais son application sera limitée aux valeurs de X pour 
lesquelles | X ] <; R, en désignant par R le plus petit module des zéros 
de A(X). La formule (i 8 ) donne une limite inféiâeure, assez gros- 
sière, mais immédiate, de R. On peut avoir des limites plus précises : 
M. Schmidt a ainsi montré [10!^] que l’on pourrait remplacer l’inéga- 
lité (i 8 ) par 

À* r r ! K( ç, T, ) rf-ri < P < I, 

^ fl ^ (I 


12. Notions sur la composition de seconde espèce. — y) et 

L( vf, y) étant deux nojaux, nous dirons que le nouveau noyau 


K(j7, Ç)L(?, y)d^i, 


que nous noterons 


<1 » 0 
H = Kl., 


résulte de K. et de L par composition de deuxième esjtèce (ou com- 
position à limites fixes ('). Les propriétés formelles mises en évidence 
au n" 12, du Chapitre VI pour la composition de première espèce 
s’appliquent aussi à cette nouvelle sorte de composition : 

associativité 

(FGjH = F(GH); 

distributivité 

/O 0\0 0 0 OO 

(F^G)lI = FH-t-GH, 

0/0 o\ 00 00 

H ( F -e G j = H F -h 11 G ; 

deux fonctions pour lesquelles le produit symbolique de composition 
est commutatif 

0 0 0 0 
FG = GF, 

sont dites permutables de seconde espèce. 

Ici encore l’introduction de la composition rond intuitive la forma- 
tion du noyau résolvant par le développement en série ( 17 ). 

On introduira d’abord les puissances de composition d’un 


(^) La composition de second espèce à été définie et étudiée par M. Volterra, 
cf, [113 J, Bibl. I. Dans ses publications précédentes elle était désignée par deux 
étoiles surmontant les noyaux K et L. Nous adoptons ici une notation plus commode. 




noyau K 


L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


235 


0 0 0 

KS K\ K«, ... 

qui coïncident évidemment avec les noyaux désignés plus haut par 

et définis par la précédente (i6) {noyaux itérés). On définira, 

» 0 

comme au Chapitre VI, le symbole d’identité K“ ou i ” et on remarquera 
enfin que toute série 

O 0 

«1 K -e c/jK- -t- . . . 4- «nK" 


définil. si elle est uniforméinenl convergente, une fonction permutable 
avec R. 

Ceci posé l’équation intégrale (i) s’écril symboliquement 

/O 0\ 0 

et l’équation ( i'). en \ remplaçant la variable x par y donne 

^ n 


c’est-à-dire syinboliqueuienl 

— xk) =/. 

Dans l’un ou l’autre cas la résoluticm dépend de la définition du 
symboh* 

‘ /O O \ 

(i-Xk)-'. 

Or on voit évidemment, comme au Chapitre VI que, 

(i — XKj-‘ = i«-xr. 

avec 

r =— (K-hXK*-4-..,4- X" K'*+‘ ; 

on retrouve bien l’expression (i") du noyau résolvant pourvu que la 
série au second membre soit uniformément convergente (c’est-à-dire 
si j X j est assez petit). 



a36 


CHAPITRE VIII. 


II. - L’ÉQUATION DE FREDHOLM 
DANS LE CAS OU LE DÉTERMINANT EST NUL. 


13. Comme prélimiaaire à l’étude des cas où le déterminant A(X) 
est nul, nous devons généraliser les formules qui constituent le 
principe de réciprocité (n‘* 7). 

Nous poserons en général, par analogie avec ^ ^ ^ 5 » 


(> 9 ) 


(Xi 

Xi 


Xn^ 




\y^ 

yi 


r«’ 

) 



= R 

/j?i 

y^i 

• • • 

Xfi ^ 

y» y 

ht:- 

1 

XV 
I)V_ 
V ! 







Si . 

X 

f • 

• • 

f 

( X\ 

... Xfi 




f ' 

a 

\y^ 

■ ■■ y» 

y 

si 


En développant, dans le terme généx*al, le déterminant qui y figure 
suivant les éléments de la première ligne, ce terme donnera 


•( 


^ a ^ a 

' x<i . . . Xji Si Sî Ss . • • Sv 


X K 


c 


WW I» / • • • 1 

jK/i—f yn Si Sa Sv/ I 


Comme plus haut (n" 7) nous remarquerons que les termes après 
le n'*’"* sont égaux et donnent 


r ••• r 

'^a ''a 


X 


V^I ... yn^i yn Çl ... Çv~i/ 





L’ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


. f\(x,, ï)k( ^ 


X-i . . , X II 5* • • • Çv— l \ jf. 


•J a J a \Jl yt y a ... 5v- 

de sorte que l’on a la formule que nous avions en vue 

( X\. X-i ... Xn \ /x-i ... Xn 


r ■■■ , ' )d?d?....dïv_, 

îl ... îv-l / 


(■ioj A 


Xi X-, ... X,i \ / x-i ... X 

; X ) = K(x,.jk,)A( 

J, y., ... y,i ) V/î ... J, 


— A 


yt ... J 

( Xi x-i ... .r 


y\. yi ... 


-t-(— 1)"-' Kia*,. Kh)A( 

' Xi 

. . Xn . \ 

\ 

/ - 

^yi • 

• • 7'i-« J 
« \ 

-+- X ( K ( .r 1 , ' 1 A j 

.K.7 . . 

• '^xV/ï 

J a \7> 

y-1 •• 

• 7" / 


cl, de même, la formule analogue 


, [ XI X-i ... Xn . \ ^ . / .i’î ... J*'- . - \ 

I uo ) Al ; A 1 = K( Xi . j'i ) A 1 > '' ) 

\7i 7î ••• 7" / \7i ••• 7» / 

/.r, .r:i ... jT„ 
— K<./-.. 7 i) Al ; 

\7, K-. ... y„ 


-H ( — I K( ^K| > A 


/.r, ... .r„-i 

U Kl > A 

\7î • • • 

r, .r, ... ./•„ _ 


"'■X H= ... 7 

qui généralisent les précédentes (12) et (12'). 


; X Kit.j.u/? 


14 . Équations de Fredholm homogènes. — Prenons d'abord les 
équations (i) et (1') avec le second membre nul {èquatiom homo- 
gènes). Elles s'écrivent 


( 21 ) 

Ç5 ( X ) = X 

( 21 '} 

9ix) = X 


Nous avons déjà vu que, lorsque X n'est pas racine du détermi- 
nant A(X), la solution de (i) ou de (1') est unique, do sorte que (21) 
ou (21') n’onl pas d’autre solution que zéro. Il en va différemment 
lorsque X annule le déterminant A(X). 

L’expression de A(X) donne immédiatement, pour les dérivées 



238 


CHAPITRE VIll. 


110- 


successives par rapport à A, 

Si donc on suppose que 1 ~1' est racine de A(X) avec la inullipli 

( û[/ J • \ 

; À' J n’est pas identicf 

• ym J 

ment nul. 11 existe donc sûrement un entier n{o<iTi'^m) tel 

que identiquement nul pour pc^n et non 

identiquement nul pour p — n. Prenons alors pour X\Xî.,.Xni 
yKy-x • • • y» un ensemble de valeurs y)ii ^2 • • • fin telles 

que AI ; X' ) ait une valeur Ao diflerente de zéro. Dans ces 

\-ni ••• •n/< / 

conditions la formule ( 20 ) se réduit à 

(22, a(^ ’•* X') = X' rV(^,5)A(' ••• X') rf?, 

et nous fait connaître une solution de l’équation homogène ( 21 ), à 
sa\ oir 

.I.,(.r) = A(-' 5= ■■■ v). 

\7ii ’/iï ... -ri„ / 

11 en sera évidemment de môme des fonctions 

= ••• X'), ..., 

\^1 -^,2 TOn / 

‘I»„(a^) = aT "■ xA 

V-ni / 

et, en général, de toute combinaison linéaire à coefficients constants 

Ai<&i(æ;) -H. . .-H 


13. Vérifions que les solutions ^> 1 , . . . , ainsi obtenues sont 
linéairement indépendantes. 

Dans le »cas contraire soient A, des constantes telles que 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 289 

A) -j- . . . -f- A„Ort soit identiquement nul; en donnant à x la 
valeur on voit que As doit être nul. 

On peut aussi rattacher ce résultat au calcul de 

/> 

I = r’y Â^K(Ç,., çiV A,,«i»,(5,rfç 

(a,, étant l’imaginaire conjuguée de A,). D’après la relation (22) on a 


iir' 


ïr 

Ç 

•> - 




y ' ] —0 

. ^11 


... r./ } 

Y 

'yft 

■A 

Ao 

# 

'■J 

1 = SI /• = I , 


^ 1 J 


de même 


y* K( Ç„. ï ; I //î 


est nul. sauf si r = s et est alors égal à ^ • L'intégrale I sc réduit alors à 

2 Â,.A„. 

1 

et ne peut s’annuler qu'avec tous les coefficients A,-. 

Nous déinonlrerous enfin que toute solution de (21) est combi- 
naison linéaire de 

<I>i(.ri, *I»î(.c) <I»„i ./• I. 

Eu cH’ct (21) peut s'écrire 

[O — À'K ) ç> = 0 

et entraîne, H étant un noyau queleonqin*. 

( I " — À' H ) \ 1 “ — À' h ) ç =0 


ou, encore. 


5 = X'Fo 


Fr=H-f-K — À'HK. 


Particularisons le noyau H, qui restait jusqu'ici arbitraire, en posant 

Jx Ç, |... Ç,. 


y . -nu ) 

/'■ - X.) ’ 

\T„ ... T,„ / 


H = - 



24 o 


CHAPITRE VIH. 


l’équatiou (20'), écrite pour A X'j entraîne 
( 9,4 ) AoF = K($i, 7)*ï>i( ) -I- Kfîi, . 4- K{$„, 7) $«( x ), 

O O 

F (f est donc égale à 

n P h 

K(î^, $)9(OrfÇ, 

1 

c’est-à-dire linéaire par rapport aux il en est de même 

de 9(aî) puisque 

Il II 

o( .r ) = X'Fo. 

16 . L’équalion homogène (21) est ainsi complètement traitée: 
l’équation associée (21') s’étudie de même et l’on peut résumer les 
résultats concernant les équations homogènes dans l’énoncé suivant : 

Si X n’est pas racine A ( À), les équations homogènes ( 2 1 ) (2 1 ' ) 

n’ont pas d’autre solution que zéro. 

Si X = X' est racine du déterminant et si l’on prend pour n le 


X' 1 entraîne 


plus petit entier tel que AI ; V\ ne soit pas identique- 

\T,i ... ÏJ/t / 

ment nul., si l’on fixe les imleurs des \ et des -n de manière à 
donner à cette expression une valeur non nulle, la solution géné- 
rale de {• 3 .\) sera 

n 

i 

OÙ les A/, sont des constantes arbitraires et où 

X'Y 

\r^^ Tp» ... ïi,, / 

'l•.(x) = if'' * J'V 


La solution générale de (ui') sera de même 

n 

<p(x) =2 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


241 






=4’' •= 

Tj, 





J 


W.(a:)^ ^ 


si 



les fonctions et les Wj sont respectivement linéairement indé- 
pendantes. 


17. L’équation avec second membre. — / gardant la valeur preco- 
d(‘ure y/, revenons à réquation avec second membre 


1 1 ) 


9 ( .r ) • 


■/' 


K( ) 9 ( î ) ^/; =/( æ }. 


Il est clair que. si elle a une solution, elle en aura une infinité obtenues 
en ajoutant à l’une d’elles la solution générale 

\ I I ( X ) -H • . . -H \ n ^1* te 'C ) 


d(‘ Téqualion homogène correspondante. 

Eu multipliant l’équation (i) par solution de l’équation homo- 
gène associée, puis en intégrant, il vient 







K(v), 


î> A 



h 

/(ïj ) TO I (if\ 


(jvii su r<*dui( à 




r= O ( / == I, 7, 


n)\ 


nous avons ainsi des conditions nécessaires pour que (i) ait des solu- 
tions pour la valeur >/ et nous allons voir que ces conditions sont 
nécessaires et suffisantes. 

Il suffit pour cela de reprendre le calcul du n*^ lo. En gardant les 
memes notations, (i) entraîne 


^{x)^f{x) — V J H( X, $)/( $ ) rfj -h // Ç F(a 7 , 


et, d’après l’expression { 2 ^) de F, le dernier ternie est une combinai- 
son linéaire des qui peut être négligée. Si l’équation (i) a des 

IA 


V ni -r ou 11 A 



CHAPITRE Vin. 


‘A42 

solutions l’une d’elles est 

oix)=fix)-l' f H(a-, = (?« - À'H )/, 

^ a 


et il reste à vériüer que cette expression satisfait bien (i). Or en 
substituant on trouve la condition 


avec 


/** 

j ?. /(?)./? = O 


G = K-4- H — X'KH. 


Ce noyau G est tout à fait analogue au précédent F et, d'après (20), 
admet une expression semblable à (24), mais dans laquelle (îgurc'nl 
linéairement les 

.... yViyi. 

L’expression 

f G('^, Ç)/<Ç)<^5 

'^a 

est donc une combinaison linéaire des intégrales 




et ne sera nulle (jue sous les conditions posées. 
En l’ésumé ; Véquation 


(I) 


J K(.r, 5 ) o( 5 ),/: = /■( .r ) |A(À') = o| 


n'admet de solutions que sous les conditions^ nécessaires et 
suffisantes, 

/•* 

(2.5) f = O (< = I,2. ..., n). 

''a 

Quand ces conditions sont remplies, une solution est 

À' 

(26) 9(x) =/( j;) -+- 


a('' y) 

X-ni ••• / 

xf\(: x'V(S)d5. 

♦/« \ Ç ■'il • • • 'r,ii J 



l’équation intégrale de FREDHOLM. 243 

et toutes les autres s'eu déduisent en y ajoutant une combinaison 
linéaire des 

On aura un énonci* analogue pour l’équation (i'); les conditions 
nécessaires et suffisantes pour V existence des solutions seront 

r = O (/= 1 , 2 , . . ) 

^ a 


et, si ces conditions sont remplies, l'une des solutions sera 


(26') 


o(.r) = /(.r) -+- 




'^.1 



À' d'-- 


toutes les autres en étant déduites par addition d'une combi- 
naison linéaire des •F,- ( ' ). 


18 . Les valeurs de X qui annulent A(X) sont dites valeurs fonda- 
mentales (ou singulières, ou caractéristiques) de l’équalion ou du 
noyau. Les fonctions ou correspondantes sont dites fonctions 
fondamentales ; le choix des n solutions fondamentales (ou 
comporte d’ailleurs un certain arbitraire : on peut remplacer les <1>, 
(ou les par n de leurs combinaisons linéaires, indépendantes et à 
coefficients constants. 

f{x) et g{x) étant deux fonctions, on dit qu'elles sont ortho- 
gonales (c/. p. 288-299) 



(27) peut d'ailleurs s’écrire fg — o si l’on note les fonctions fi^y) 
0 0 ^ 

et g{x)^ ou O si on les note f{x) et g{y)* L’orthogonalité 

expriuu! donc qu’un produit de composition formé avec yet^estnul. 

D'après ce qui précède, pour que l’équation de Fredholm, où 
X prend une valeur caractéristique, admette dos solutions, il est néces- 
saire et suffisant que son second membre soit orthogonal à toutes les 
fonctions fondamentales de l’équation associée. 


(^) Il est H peine hesnin d’insister sur l’analogie des résultats obtenus dans ce 
paragraphe et dans le précédent avec < cu\ qui concernent les systèmes d’équations 

/ ... \ 

algébriques du premier degré. Les fonctions Ai " ! ) jouent le rôle de 

, . ‘ \r. / 

muieiirs du déterminant 1(a). 


244 


CHAPITRE VIII. 


III. PROPRIÉTÉS DU DÉTERMINANT 
ET DU NOYAU RÉSOLVANT. 


19. Nous réunissons ici les propriétés les plus immédiates, ol qui 
d’ailleurs seront utilisées par la suite. 

Vérifions d’abord un énoncé donné plus haut (n“ 11). Le noyau 
résolvant 


r(.r,y, l)=- 



A(X) 


est, comme nous l’avons établi, une fonction méromorphe de X. U est 
aisé de montrer que chaque zéro de A(X) donne effectivement un 
pôle de T{x, y, X). 

Reprenons en effet la formule (n" 14) 


(28) 



fix 


qui donne la dérivée du déterminant de Fredholm par rapport à A. 

Soit X = c un zéro d’ordre m de A(X), si A^^; X^ était divisible par 

(X — c)"‘ il en serait de même, d’après (28), de A'(X), ce qui est 
absurde. 


20. Série de puissances donnant logA(X). — La formule (28) 
s’écrit, en y faisant intervenir P. 


A'g) ^ r 
A(X; 


h 

r( .r, x\ \\dx 


} 


elle donnera un développement en série du premier membre eu v 
remplaçant F par la série do composition 

t" = — ( K -(- À k'- . -H k" -s- . . . ). 

Nous nommerons trace d’un noyau quelconque K(x, j) l'expres- 



K(ar, x)dx\ 


sion 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


245 


■en notant kn la trace du noyau itéré K" (a?, y) nous aurons donc 

, A^( X ) , , . , . I 

( 29 ) xrry ~ — ( a:i -+- a A'ï -t- x” ' a„ -t- . . . ), 

d’où, en intégrant et tenant compte do ce que A(o) — 1 , le développe- 
ment en série 

1 X* X" ) 

(3o) IogA('X)=— jA-,X-t-A-,^-t-...-+-A„— j 

valable quand | X j n’atteint pas le plus petit des modules des zéros de 
A(X) (c/. n« 11). 


21. Genre de A(X). — Rappelons que si une fonction entière F(X) 
admet les zéros , X., . , . , X„, ... et s’il existe un entier /r, choisi le 
plus petit possible, tel (jue la série 


I X„ 1^+' 


soit convergente. F(X) admet un développement en produit infini de 
Weierstrass 


F( X ) = ePi'A) 


» 

n(-è) 




P(X) étant une autre fonction entière. Dans le cas où P(X) se réduit 
à un polynôme de degré n il est intéressant d’envisager le plus grand 
des deux nombres « et A' qui, d’après la définition de Laguerre, donne 
le genre de la fonction entière. 

M. Hadamard a démontré que, le développement de F(X) étant 

30 

F(X)='y a„X«, 

0 

si 

lim /i» I I = O, 


F(X) est au plus de genre 

Appliquons ce résultat à A(X). D’après le n” 7 (principe de conver- 
gence) on a 

n 

, — a)"»* 



246 

et il en résulte que 
tend vers zéro si 


CHAPITRE VIII. 


n* '\/ I an 


a < 


Donc A (À) est de genre inférieur ou égal à a. On peut d’ailleurs 
montrer (Schur [ 104 ]) que pour tout noyau borné la série 

est convergente. On aura donc pour A(X) le produit infini 

00 

(3i) = 


rt et 6 élanl des constantes (jni peuvent être nulles. Ou démonire 
d’ailleurs ( * ) que b est forcément nulle dans le cas d’un noyau 
continu. 

11 est aisé d’avoir des résultats analogues pour ^(^^5 pour U's 

autres mineurs do A(X). 

22 . Gomme application nous pouvons enfin caractériser les noyaux 
qui n’ont aucune valeur singulière. Il faut alors que 

A( X » = e''X-t-6A’ ou A( X ) = e«'- 

et, d’après ( 3 o), il est donc nécessaire et suffisant que toutes les traces 
soient nulles à partir do la troisième (la seconde étant forcément 
nulle dans le cas du noyau continu). 

On pourra caractériser de façon analogue le cas d'un noyau qui n’a 

qu’un nombre fini de valeurs singulières. est alors une fonction 

rationnelle dont la partie principale à l’infini se réduit àa + 26X. On 
en déduit aisément qu’il doit exister entre les traces, à partir de la 
troisième, une même relation de récurrence linéaire et à coefficients 
constants (2). 


(') Cf. Carleman, [13]. 

(’) Cf . Lalesco, [55 J, page Sa. 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 247 

23. Relations diverses caractérisant des noyaux résolvants. — 

Reprenons le noyau 

rix, j; X ) 

pour lequel nous avons déjà vu les deux relations fondameulales 


(I i > 


0 0 


r -4- K = XKr, 


0 0 


= À r Iv ( principe de réciprocité ) 


qui expriiueul cjue 


/O O \ /O 0 \ 

I — À J' j = 1 — XK 


L’une d’elles suffil à carnclcriser T, quand K est connu. Nous allons 
en tirer d'autres relations, également caraclérisllqm‘s des noyaux 
résolvants. 

En donnant au paramètre X une seconde valeur el en nieUant en 
évidence, dans T, le paramètre dont il dépend, on peut écrire 


( 3 ‘a ) 


io_.xr(A)= ~ 


10— aK 


0 

0 0 1 0 

i"-x,nx, )= J5-, 

I" — X,K 


d’où, après ooinposilion par r(^i) cl l'(^) respectivement et en remar- 
(pianl que r(X) et r(Xi). d’après leurs expressions eu sè'rles, sont 
é\ ideinmenl permulahles, 

O 

t'(X) 


^ .0 0 

1 ( X 1 j — ] ( A j -f- ( X 1 — A ) I ( A ) 1 { /> J ) 


0 

!’( X, ) 


O (I 0 > 

XK i"-X,K 


or le second membre est idenliqueinent nul parce que, d'après (i l)» 
chacun des termes de la dilTérence donne? la même valeur 

(i — Xk) (i — X| k) 


On a donc la relation, vérifiée par tous les noyaux i'('‘soUants, 


( 33 ) 


r(X,) 


r(X)-+-(X,-X)f(X)r(X,) 


s 

i' 


Toute fonction qui satisfait (33) est d'ailleurs noyau résolvant 
du nqyaa K(a;, y) = — r(aj, k; o) puisque, pourX| = o, la relation 
(33) se réduit à (i 4)- 



CHAPITRE VIH. 


248 


L'équation (33) entraîne d’ailleurs la relation 


< 34 ) 


dr '' - 


également caractéristique parce qu’on eu tire 

(35) 

d où I on retombe aisément sur le développement eu série de F. 


rf" r « 

rtA" 


IV. - DKCOMPOSrnON D’UN lNOYAU 
KN NOYAUX DRINCIPALIX RELATIFS AUX DIVERS PÔLES ('). 


24. Noyau principal. - Soit r(.A-, y, X) le noyau résolvant cor- 
respondant à R(.r, y). Considérons une valeur singulière X — c, pôle 
d’ordre m de r(a;, y; X). Eu mettant en évidence la parlie principale 
de F relative au pôle c, ou pourra écrire 

( 36 ) 1’ ( ,r , y ; À ) = Y( "C, y ; X ) -h r 1 ( j-, y ; X ), 


Fl restant fini [)our X = c et X) étant de forme 


Y(.c, y: A) = 


( X — c )"< 


.y,„-i ( X, r ) 

(X — r 


A C 


Nous allons voir tpie y et F| sont respectivement des noyaux 
rèsoh anls de 


— y; o) = /.(.r, y), — r,(.r, y; o) = Ki( .r, y i, 

de sorte ([ue l’on a 

hix, y)^ k{x, y)^ K, (y, y). 

Celte propriété essentielle justilie la dénomination de noyau prin- 
cipal relatif au pôle X = c donnée au noyau k{x, y) dont la résol- 
vante donne la partie principale y de F concernant le pôle eu ques- 
tion. 

Pour établir ((ue y et F| sont respectivement des noyaux résol- 


(') Ces résultats et eeu\ du paragraphe suivant sont dus à MM. Gours.vt, [30j, 
Heywûod, [40]. Nous suivrons de très près l’exposé de M.Got;RSAT, [37]. 


l’équation intégrale de FREDHOLM. 249 

vanls nous partirons de l’équation caractéristique (33) du n" 23. 
Elle s’écrit 


,0 ‘((h) — FtO-, I — l'i'Xi 

■( 07 ) v : H T 

A I A X I A 

0,0 “ ^ ® •* 0 O 

= — Y< A I •'( Xi ) — y(X ) Tl ( A, ) — ri( À I Y I Ài ) — l'ii À I ri( Ài ). 

En égalant les parties singulières des deux membres pour X — c 
(Xi étant considéré comme fixe), il vient 


■( 38 I 


7 ( À 1 ( — 7 ( À ) 


A I — A 


H ^0 0 0 

7( À ) Y( X, ) — •;( A ) Til A| ) 


<‘t, en changeant le rôle de X et À,, on a de mèint» 


*' ( /v I ) 


■ y ( /. ) 


A,-- A 


0 0 0 0 
*;( A ) 7 ( A, ) — r, { A ) 71 À, 


11 en l’ésulte qu(‘ 


0 0 0 0 

7( À )r,( À, ) = r,( À )y( À| ) 


ol la valeur coniiiiiine est forcement zéro, puisque, d après le second 
membre, celle» vahnir commune donnerail uniquemenl des lermes en 
j-T — --^5 taudis que, d'après le premier, elle esl r(*giilière en 
L'équalion (38) se réduil alors à 


<^1 (3-) donne la relalion analogue pour F,. Les fonctions y el F^ sonl 
donc bien des noyaux résolvanls el les résullals annoncés sonl justiüés. 


25. Orthogonalité de deux noyaux. — J^a démonslralion précé- 
dente conduil à détacher la notion intéressante de noyaux orthogo- 
naux (c/‘. p. 243, la notion de fonctions orthogonales). 

Deux noyaux {x^ y) et y)^ dont le produit de composi- 

tion est identiquement nuL quel que soit Vordre dans lequel on 
l effectue^ seront dits orthogonaux : ils vérilient donc 

0 0 

( 39 ) Â , A-., = O, 

0 0 

( 39 ) A*2 A'i 

Si l’une seulement des formules (3()) (>1 (Sq') est satisfaite, on dira 
([ue les noyaux sont semi-orthogonaux . 



25 o 


CHAPITRE Vlll. 


Il est facile de donner des exemples des deux cas. On prendra 

A-, (r, y) = X.,(a;)Yi(y ), k.Jx, y) = X.,(a;_) Y,(/ ), 


en choisissant les fonctions X et Y de façon que 



Y,(î')X,(Ç)./s = o, 



X,(Ç)c/? = o, 


(orthogonalilé), ou seulement l’une de ces conditions ( semi-or tliogo- 
nalilé). 

Les résultats du début de ce paragraphe peuvent alors s'énoncer en 
disant que les deux noyaux k{x^y') et K<(æ, sont orthogonaux, 
qu’il en est de même de leurs résolvantes ; quels que soient X etX| 

0 0 0 0 
Y( À)l'i(>.i ) = l'if À| )';( À ) = O, 

et que le noyau résolvant de la somme A +K) est la somme des 
noyaux résolvants partiels y et l'i. 

Il est clair que toutes ces propriétés s’appliquent à des noyaux 
orthogonaux quelconques : si et k> sont orthogonaux, il en sera 
de même de leurs puissances de composition et de toutes combinai- 
sons linéaires (ou séries) 

Cf 0 A‘i -f- ff ^ -i- . . . , Oi) k'x A I A'o . . . 


de ces puissances de composition; en particulier les noyaux résolvants 
(envisagés potir des valeurs quelcom[ues et indépendantes (hîs para- 
mètres "K qui y figurent) seront orthogonaux; enfin le noyau résolvant 
de la somme étant pris sous forme de série 

_ ; X-, A-., -4- }. ( A-, -f- A- J + Al A-, ) -^...1 
sera bien égal à 

— I A'i -H X -4- . . . ) — I A-i X A'I -I- . . . ) , 

c’est-à-dire à la somme des noyaux résolvants yi(a7, y; X) et 
yti(x, y; X) qui correspondent respectivement à Ay et à k.j. 


26 . Équations intégrales dont le noyau est somme de deux noyaux 
orthogonaux. — Prenons l’équation Intégrale du type (i), que nous 
écrirons 


< ) 


/O 0 \ 0 

(t<'-XK)ç=/ 



l’équation intégrale de FREDHOLM. iSl 

et admettons que K soit la somme de deux noyaux orthogonaux k\ 
et k-i. On aura évidemment 




de sorte que l'étude de l’équation proposée se ramène à celle de deux 
équations successives ayant pour noyaux A', et k~i (pris d'ailleurs dans 
un ordre quelconque). 

Admettons que la valeur de X ne soit pas valeur singulière coin- 

0 0 

mune des deux noyaux A', et A.j et que, par exemple, elle* ne soit pas 
valeur singulière de A | et soit toujours y^ le noyau résolvant corres- 
pondant. L'équation (4o) scffi équivalente à 


(W) 


0 0 0 0 0 0 0 0 
(i«— X A',) 9 =: ( I»~ ÀYi )/ = /— À Yi/. 


(» 0 0 


(3r /lov^y est nul puisque les noyaux A| etÂo sont orthogonaux, 
f)ar suite aussi et . L'équation intégrale 




0 0 
''Tl./' 


a donc pour solution [larliculière — /'Ti/- L'équation intégrale pro- 
posée admettra donc des solutions en même temps que 

(i" -XAj) O = / 

et, si est la solution générale de cette dernière équation, que l'on 

suppose exist(‘r, on aura 

,0 1 . 

9 = <t> ~ Xyi./. 


Dans le cas où A n’était valeur singulière pour aucun des noyaux A i 
et A'. 2 , le résultat obtenu résultait iininédiatenunit de la forme du noyau 
résolvant. 


27. Examinons, en nous bornant à l'équation homogène, le cas où 
X est valeur caractéristique à la fois pour A', et k,. L’équation inté- 
gi’ale peut s’écrire 


/O <1 \ /O D \ t> 

(/io") l*"— XAi) (i"— XA-jj ç = O, 

et elle équivaut à 

/ü 0 \ 0 0 

(i“— X Aîj 9 = «i» 



252 


CHAPITRE VIH. 


eu désignanl par une solution fondamentale qutdconque du» 

noyau k\. Mais, dans ces conditions 

<l> = XÀ i 

et, par suite, 

0 0 O O O 

4'j *1* = X A'« A't ‘1’ = O, 

de sorte que {^o") a pour solution particulière et que sa solution 
générale est 

9 — 4> -H <!>'. 

<&' étant une solution fondamentale quelconque du noyau /> >. 

Nous aboutissons donc à la conclusion suivante : 

Quand'}, est valeur singulière des deux noyaux k.> orthogo- 
naux., les fonctions fondamentales du noyau k, + k-, sont celles 
des deux noyaux ky et k.,. 

L’égalité précédente 

0 0 

A i 4» = O 

exprime par définition ([ue <& est semi-orthogonale au noyau k^ de 
sorte que l’on a aussi l'énoncé suivant : 

Quand deux noyaux ky et k^ sont orthogonaux., toute fonction 
fondamentale de l' un est semi-orthogonale à Vautre ('). 

28. Ajoutons un résultat concernant le délcriuinant A(À) du 
noyau K. Il est le produit Ai(X)A 2 (X) des deux déterminants 
relatifs aux noyaux A', et A j dont K est la somme. 

0 

On s’en rendra compte en notant que la trace de K" est la somme 

0 (I ^ ^ 

des traces de A" (;t A" puisque 

(» 0 0 

et en se reporlaiu au développimieat en série de logA(X). 


(*) Ceci s’appliqiui, bien cnltMulu aussi atl\ fonttions fondanientalos associées 
aux <t>; si Tou veut gar(lt*r les notations de la Composition, on désignera par ^ la 

^ ^ ^ ^ 

variable de (cf. n® 12) et la semi-ortliogonalité de U'*, qui vérifie X'rÀ,, 

0 0 

s’écrira W kn ~ o. 




l’équation intégrale de fredholm. 


253 


théorème s’étend é\ideinment à la somme d’un nombre quel- 
conque de noyaux orthogonaux deux à deux. 

Il s’étend aussi à la somme de deux noyaux semi-orthogonaux. Si, 
par exemple. 

0 0 ^0 0 
O, mais 

0 0 0 

il apparaît dans K", en plus des lernu's el Aî^. des tenues de la 
forme 

0 0 

Mais, lorsqu’on forme la (race, l’ordre de composition de Af^ (‘tA'( 
n intervimil pas, de sorti» que 

O 0 0 0 

trace de A'( = trace de A'( Aÿ = o, 
et la déitionslralion précédente subsiste. 

2Î). Décomposition d’un noyau. — Nous avons vu au début du 
paragrajthe ([ue la partie principale y( X ) d’un noyau résolvant quel- 
conque pour l’iiu de ses pèles 1 = 0 est elle-même un noyau résolvant 
(celui (lu noyau principal A' du pèle). 

.Soit un pèle dift'érent À c' donnant la partie principale 
on pourra écrire 

Tl A ) ^ 

r.»(X) n’ayanr plus ni le pôle c ni Iv poli» D’après le n’' on peut 
d’ailleurs écrire 

0 f 0 . 1 

Y(^')L7'( >0 ) À, ) I — n 

el , îiussi, 

ro 0 1 0 

Ly ( A ) -H Fol X > I y'( Xi ) ^ O, 

il en rosulU* qu(‘ 

0 0 0 tt 

Y(X)r.i(/., i’.(X )y'(ài ), 

la val(*ur commune étant forcément zéro, puisque le [tremier membre 
n'a que des termes singuliers en ). — r, taudis que le second membre 
est régulier pour 1 = c. 11 en résulte enlin que 

0 t) 

';( X)y'( à, ) =; O 

('l, de uiêimï. 

Y ( Xi )Y( A) — U. 

l’ar suite : 

Deux noyaux principaux concernant deux j)ôles différents sont 
orthogonaux entre eux. 



CHAPITRE VIII. 


30. Le uojau résolvanl d’un noyau quelconque K{cc, y) apparaîl 
donc, sous réserve de certaines questions de convergence, comme la 
somme de noyaux deux à deux orthogonaux : les noyaux principaux 
des divers pôles et un noyau résiduel n’ayant plus aucun pôle. 

La partie pi'incipale y ; X) du pôle X = c est résolvante du 
noyau principal A(x, y) — — '[{x,y’,o) et l’équation homogèm? 
formée avec le noyau K admet, pour \=zc, les mômes solutions fon- 
damentales que l’équation homogène formée avec le noyau A'. Il est 
donc naturel d’étudier en détail la structure d’un noyau principal et, 
en particulier, de rechercher si il est déterminé par la donnée des 
solutions fondamentales du pôle c. Ce sera l’objet du paragraphe 
suivant. 


V. DÉCOMPOSITION D’LN NOYAU PRINCIPAL 
EN NOYAUX CANONIQUES. 

31. Soit un noyau principal A (æ^, y) correspondant Au pôle À = c 
d’ordre m et dont la résolvante est 


a,„(J-.y) J-, ,r) 

y(J\ y , A ) — :;r “U* . -I- ^ 


l — >: ' 


Nous vérifierons d’abord que toutes les fonctions a,(x^ y) sont de 
forme 


) Y/tj), 


somme de produits obtenus en prenant une fonction de x multipliée 
par une fonction de y. Partons pour cela de l’équation, qui caracté- 
rise les noyaux résolvants 


(34) 


''L' l'-, 

<n. - ’ 


(n“ 23). En y substituant y et eu idenliliant par rapport à X il vient 
les conditions suivantes : 


( 41 ) 


rt 1 = « y , 

0 D 0 0 

•la» = fio ai J 


0 0 0 0 0 0 

a a fl = (7-1 Cl fl H- a-i cin <X\ j 



L'ÉQUATION INTÉGRALE DE FREDHOLM. 


255 


or la première des (4i) peut s’écrire 

0 <1 

rti = h ai 

en posant pour un instant h — «, ; il en résulte que le noyau h a la 
valeur fondamentale un et que, o,(æ;), .... étant un système 

de solutions fondamentales, on a 


ai = Cl ( J' ) O i ( JT ) -t- c- ( y' ) Oj f a* ) ; 

aj est de même forme, ear 

2ai=9i(,/;i / Ci[%)a-A'^,y)d%-^. . r\(y) j «ji .r, Ç içi ( ? ) f/ï -h , . . , 

<!t ainsi de suite. 

Le résultat annoncé est ainsi établi et il en résulte éNÎdemincnt que 
le noyau principal considéré 

k(x. y)— — y: oi 

S(!ra lui aussi de forme; analogue. Nous poserons 

V'- 1 />■( a-.y I = Xi ( J" ) Y 1 ( / ) -+- Xî( .r ) I -e- . . . -H Xn( ./■ ) Y\(y ). 

où l'on peut toujours supposer que les fonctions X et Y sont linéaire- 
ment indépendantes. 

3i2. Le noyau principal peut évideuiineni être mis d’une infinité de 
manières sous la forme ( 42 ), les fonctions X|, .... X^ étant rem- 
placées par des combinaisons linéaires indépendantes et les Y 
par des combinaisons linéaires convenablement choisies. Nous nom- 
merons /’o«cfion du noyau A toute combinaison linéaii’e 
des X et fonction principale associée toute combinaison linéaire 
des Y. Le noyau étant mis sous la forme ( i^). X,, X^, . . . , X^, sont 
dits former un groupe principal. Y,, Y ,. . . . , Y^ \e groupe prin- 
cipal associé. 

Il est naturel de chercher à profiter de l’indétermination dans le 
choix du groupe principal pour mettre le noyau sous une forme la 
plus simple possible. 

33. Digression sur les noyaux de type ^yXy 



CHAPITRE VIII. 


d’aborder cette question nous indiquerons rapidement quelques {>ro- 
priélës des nojaux les plus généraux du type 

N 

(43) K(j', x,( ,r ) Y,-(J), 

I 

les fonctions X, et Y, étant toujours indépendantes. 

L’équation de Fredholm formée avec le noyau R s’écrit 

(44» »(./•) — X,( .r ) Y,( ^ I 9(5 ) =/( .-r ) 


et il est certain que toute solution de celte équation s'obtient en 
ajoutant à f{jc) une certaine combinaison linéaire des X,(t) : 

Oix }= fi X ) -h \| Xi ( ./• I -4- . . . -H \\X\( .r ). 

l’ortant dans (44) » |)our déterminer les Ay des équations du 

premier degré dont le déterminant est 


DO) ^ 


en posant 



i — law 

— Xaii 

— Àf’/M 


— /v a I > 

1 — 



— X «-/ 1 N 

— Àr/oN 

I — X«,s^ 

tl 0 

an = Y/ X,- = 

-- J X,(5i 

1 Y^(ï)./s. 


Si D(X) n’est pas nul, la solution est unique et on la met de suite 
sous la forme 



'< 5 ) 


0 Xi(.r) 

Xx ( U' ) 


Y 1 ( J ) t — « 1 1 X ... 

— Xrt.M 


Y.n' 7' — Xctix ••• 

— Xfl>>- 

obtenons ainsi, 

pour le cas particulier 

envisag 


nouvelle du noyau résolvant. Mais on vérifie facilement l’identité 
entre ^ j fonctions de Fredholm A(>;) A 1 

On peut d'ailleurs passer de ce cas particulier élémentaire à des cas plus 



l’équation intégrale de FREDHOLM. ti57 

gt^néraux (par exemple au cas d’un noyau conliuu quelconque que l’on 
considérera comme limite uniforme de polynômes en x cl y, lesqmds 
se mellenl sous la forme étudiée daus ce numéi’o) ('). 

Pour la suite nous aurons besoin de la rcmarcpie suivanlc : si le 
déterminant I3(X) est effectivement du degré N la résolvante 



D( À) 


se présimle comme quotient d’un polynoinc de degré au plus N — i 
par un polynôme de degré N et elltï est nulle pour X oo. On vérifiera 
facilement que, dans tout autre cas, la résolvante m* tend pas vers zéro 
pour X — 00 ( - ). 


34. Dans le cas d’un noyau principal la résolvante est précisément 
null<! pour X = 00 , de sorte que D(X) est cfFeclivemont de degré ES. De 
plus les fonctions X et Y doivent être telles (pie ce déterminant D(X) 
se réduise à 



puis(pie la s<>ule valeur caraclérislitpie est c. 


3,'>. Réduction du noyau principal. -- Le noyau principal du 
p(')l(! c étant 

/. ( .r,y) X,( .r ) Y, (y) -i-, . . \>(.r) \y(r), 

on a évidemment 


À’ \ I = X I i -1- \ 2 a,' , -i- . . . -t- X X a, s ( ( — i , . . . , N ), 

ce qui définit une substitution linéaire effectuée sur les fonctions 
X), ..., X^.. On peut chercher à réduire celle substitution à la 
lorme canonique, en recherchant d'abord les combinaisons llnéairiss 

\ = A I \ I -P- , . . -1- A x \ \ 


(') Pour ces questions cf. Goursat, [37], p. 386, [301; Leresdi e, [-39!. 

(-) On s’en rendra compte aisément en se ramenant d’abord, par siilistitution 
linéaire effectuée sur les X^(j;), au cas où les coefficients précédents sont nuis 
pour i < k\ 


volterra 


t7 



258 


CHAPITRE VHI. 


à coefftciettls constants, Utiles que 

U <1 

A\^ix\, 


où y. est une conslanle, ce qui donne, pour déterminer y, une 
équation qui n’est autre que 


c’esl-à-dir(‘ 






O. 


Dans ces conditions, on vérifie aisément qu’il existe' N combi- 
naisons linéaires des \, que nous désignerons par la lettre; lesepiedles 
se partaient en }>;roupes : 

Oi(.r). s-il.r), t'y» (./•); 



l«!s fondions de chaque j;roupe vérifiant des conditions du tvpe 

/ 0 0 

r I r ' ) 

I O <1 

, / • r C t —H C ) (* l\ C •> , 

\ 

f 0 f> 

\ rv 1 rv ^ rv 

En désignant par (j/iCr) 4 ^ 7 (.v)i '^^'1(7)' •••; (.»'); 

V\{y)> • • • ’ •••; I*"' fondions principales associea's, le 

noyau /.' s'écrit 

i4()) A— ç, {x ) . .-i- 

-t- ç', ( a: ) -y, ( J' ) -H . . . -4- ç-ÿ, ( X yy,!, {y ) 

-t- ( J!" ) '^1 1 (j' I -f- . . . -h yifjA X ) yi^i, (y )-+- .... 


36. Ee;s (/jô), ewi l’on remplace' /,’ par la valeur (4^^)» et où l’on 
tient com|)te' de l’indé’pendance' des fonctions principales, entraînent 
alors les relations 

O 0 I 

1 r » = “ ’ 

6 O O (» f 

* ■ c 


00 00 I 

’^7-.i rv ~ = ç J 




l’équation intégrale de FREDHOLM. >;i(( 

ol les l'elations analogues avec les cp'v}/', • • • î aussi 

que toute fonction 9, ou 9', ou 9", . . . est oi'lhogonale à cliacune «1(!S 
fonctions 4> 4'^ • • • » pour les cas que inellent en évidence 

les fornmles (47)* 

Ces relations montrent d’ailleurs une symétrie euireles 9, 9', 9". ... 
et les 4) 4^ respectivemenl, car on en déduit, par exoïuple, 

/ (I O 

1 9,/ = . •9,/. 

\ O O 

(',a) 4'/ 4'/ 1 = '•4-' '''v 

f II II 

9, -F 9, .■9,/.-. 


d 7 . Noyaux canoniques; résolvante canonique. — l.a formule! (idj 
numlre (|ue 1 «‘ noyau principal est la domine des noyaux 

9H' .r ) 4, (y ) -H. . .M- ç.,/ ( .r ) 4 v <7 >• 

r'i )4*l •■>'') ÿ!/ < ') 


dont chacun est dit noyau canoniqur. Ces divers lunaux soûl, 
d’après l’orthogonalité des 9 avec les 4'- •••> orthogonaux deux à 
deux. De plus, d’après les (io) el ( 4 '’^) ( ' )» chacun de ces no\aux 
donne un couple (it un seul de fonctions fondamentales associées, c«*s 
fonctions étant 91 (u-) (!l 4v(.>') [‘our le premier noyau, 9,(.c) el4'/'CK) 
pour le second, et ainsi de suite. / n noyau principal se (Irronipos'c 
donc en autant de noyaux canoniques qu' il y a de fonctions 
fondamentales linèaJiremenl distinctes. 

Les résolvantes des divers noyaux canoniques s'ajouteront, puis- 
tju’ils sont orthogonaux. Examinons (pielle sera la forim* de chacune 
d’elles. 

L(! cas le plus simple (‘st ctdui où, <j étant «‘gai à 1 , le noyau cano- 
ni(|ue se réduit à 


/«■ vi< •'•) 4 i(.>" ' 


a\ ec 


Il 0 I 

^ — 

y I y I 

c 


(‘) J)ans lesquelles on peut (rai!lcur.s reniplaeer k par le noyau canonique corres- 
pondant au groupe <las fooctions ^ ^ que <*oncenient les formules. 


26o 


CHAPITRE VllI. 


Dans ces conditions, les noyaux il(^r('‘s (puissance de composition) 
sont 

de sorte que le noyau résolvant, calculé à partir du développement en 
série, est 

ç, (./•)'{/, (k) 
ï< .r, r ;>>)=— ^ V— ’ 


le pôle correspondant étant du premier ordre. 

0 0 

Passons au cas général en rappelant que les 'j'y'p/ •'’Ont nulles, sauf 
[d’après les (47)] : 

OU 1 

<491 ■>/?/=-» 

r 

130) •{,,0,.^,,= -. 

En louant compte des (49) seulement, il apparaît dans les noyaux 
Itérés successifs des termes tout analogues à ceux qui ont été oblenus 
pour = I . De ce fait, le noyau résolvant cherché contient 
l'express ion 

9 1 ( -c ) (_y ) -t- ç,/( .r ) 

X 


Mais, à cause des (oo), le no>au itéré A- contient aussi un ternie 
en cpi (x)(];..,(j^) -4- . . . + (a:^)4''/(jr) «vec le coefficient on voit de 

suite que ces termes se retrouvent dans les noyaux Itérés suivants 
avec les coefficients 4> •••> et ils donnent donc en tout pour le 
noyau résolvant 

y [9 1 ( .r ) ’î'-- (9' ) -<- • • • + ?7 - 1 ( •<^ > '^/ <'7 ) 1- 


Ou mettra en évidence, de môme, des termes en 


9i(.r 




dans À'^ et les suivants, et ainsi de suite. Finalement le noyau 



l'équation intégrale de fredholm. 


261 


résolvant sera 


i '-c 

i:-ÏÏ 

t‘l il a le pôle c avec l’ordre q. 


X\'/“' ç, >■) 




118 . Conséquences. — Reprenons un noyau quelconque K(j7,y), 
et envisageons le pôle c de la résolvante pour lequel il y à n solutions 
fonda inenlales distinctes : « s(!ra dit rang du pôle. Le noyau prin- 
cipal eorrcspoudanl se décomposera en n no^aux canoniques coin- 
pninaul respectiveimmt q^. q^. . . . , //„ fonctions principales, et il est 
clair, d’après ce qui précède, que Vordre m du pôle est le plus grand 
des nombres q.,. .... y,,, tandis que le degré p de multiplicité de 
la l'aeine c du détenu inaut A(X) sera 

/> = f/ l “H y -i n • 

On a donc les inégalités 

-4- n — I ^ /» i mn . 

Un cas particulier intéressant est celui d’un pôle du premier 
ordre m — i. On a alors /> = n. Les fonctions princij>ales coïncident 
avec les fonctions fondamentales. En désignant ces dernières 
par 9i, ©2, • • . 1 (pn et par 4^1 , 4-*’ • • •' fonctions fondamentales 

associées, chaque noyau canonicpie sera 

pourvu que l’on choisisse les Çj et les 4/ île façon à satisfair(4 

0 (1 O 0 I 

i5i) 4x3/’= O (ï /-/>', 4'?' = -» 

ce qui est facile. 

Le cas du pôle du premier ordre est d’ailleurs caractérisé par la 
condition suivante : 

Aucune combinaison linéaire des fondions fondamentales ç 
n’’ est orthogonale à toutes les fonctions fondamentales associèes'i^. 
La condition est bien nécessaire, d'après les (01); d’autre [)arl, 



262 CHAPITRE Vni. — L'éQUATtON INTÉGRALE DE FREDHOLM. 

les ( 49 )» (5o) montrent que, dans le cas d’un pèle multiple, il exisleiTi 
au moins une fonction fondamentale orthogonale à toutes les 
associées. L’énoncé est ainsi justifié. 


39. Envisageons maintenant deux noyaux principaux k et 
correspondant à des valeurs caractérisli(|ues différeutes; soient 

Ÿj\y) systèmes correspondants de fonctions 
principales (qui correspondent aux divers noyaux canoniques de k 
et de H est facile de voir que toute (p; ou tp/ est semi-orthogonale 
au noyau et mee versa. 

Prenons, par exemple, (pi qui satisfait, d’après ( 


on aura 
puisque 
Pour 


0 0 0 

!p, = CAS,, 


Il 0 II » 

= cAC’ As, = O, 


Il II 




Il II 

?2 = — ®i ■<“ '’A pa, 


on aura la même condition, etc. Comme conséqucnc(i immédiate, on 
a que toute fonction principale du noyau A est orthogonale à toute 
fonction principale associée du noyau A ( ' ). 

Nous avons déjà vu au n” 36 <}ue, étant donnés les divers 
noyaux canoniques qui forment un meme noyau principal, toute 
fonction principale de l’un d'eux est oriliogonale à toute fonction 
associée d’un autre, et les dilTéreuls noyaux canoniques envisagés 
sont donc orthogonaux entre eux. En rapprochant cos résultats de 
ceux qui viennent d’être établis, on voit que le noyau quelconque K 
donne naissance à des noyaux canoniques qui sont orUiogonaiu'. 
qu'ils correspondent au même pôle ou à des pôles différents, cl 
que les fonctions principales de l’un des noyaux canoniques sont 
orthogonales à toute fonction principale associée de tout autre noyau 
canonique. 


(^) En particulier, les s(3lutions toiulaiiicntales des deux équation.s associées (|ul 
correspondent à des pôles différents sont orthogonales. 



CHAPITRE IX. 

COMPLÉMENl'S. 

SYSTÈMES IV ÉQUATIONS INTÉGRALES; CAS DES INTÉGRALES MUI/ITPLES. 

NOYAUX DISCONTINUS. 


Nous rôuuis.sons diiiis le présent Chapitre l’élude de questions assez 
«liverses. Toutes concerueut des extensions possibles de méthodes qui 
ont été (îxposées (Chap. VllI) dans le cas le plus simple. 


l. — SYSTÈMES irÈQlJATIONS INTÉGUALES. 
ÉQUATIONS OU FIGURENT DES INTÉGRALES MULTIPLES. 

1. Systèmes. — Fredholm a indiqué comment sa méthode pouvait 
être applicjuéc à uu système de «• équations inléf^rales à n fonctions 
inconnues 

ç, (,<•), Oi(.C) 0„{x). 

l’ar un(* analyse très élégante il ramène en elfel un tel système à une 
seule é(piation intégrale de son type ('). 

Nous pouvons nous borner à examiner le cas de deux équations 
que nous écrirons 

9,( ./• I — À f Kii(.r. ï I9i( 5 I f/ï — X f Ç) ?■.(?) =/,(./•), 

— KiPa-, Ç)9i ( 5 ) — "K f Kti(x, = /i( x). 

en admettant, ce qui ne restreint pas la généralité, que l’intervalle 
précédent (a, h) est remplacé par(o,i). Les seconds membres /« et/. 



( ' ) FnEDiintM, [30]. 



264 


CHAPITRE IX. 


sont donc donnés pour i , les noyaux K, 7(0;, y) pour 

o<y<i; on cherche dans le mêinc intervalle les inconnues 9t(a?), 

Construisons un nouveau noyau K(æ;, y), dans le champ 

de la manière suivante : nous prendrons 

r ) = K|i(.r, y ) pour og./;<i, o^y<i, 

K(.r, r ) = Kj; ( X — I , y ) pour C. i, 

K(x, r ) = y — 1) pour o^.r '.'i, < 

K( .r, y ) = kjjf Æ' — i,y — ij pour = 

Le noyau K prend donc les valeurs de Kn(.f, y), K..)(x — '7^)- 
K|.,(a?, y — i), K..)2(-f — 1 , y — 1) dans les carres respectifs (1), (a), 
( 3 ), ( 4 ) de la figure. 



0 1 2 •" 

Fig s. 

lleinplaçoiis enfin les deux fonctions /^(,v), /o(.r) par la fonc- 
tion y (.r) donnée par 

et posons enfin 

ç(a:j = Oi(jr) ç(,r) = 9j(Æ' — i) 

Le système (i) pourra être remplacé par l’équation unique 

(•>) <f(x) = l f K(>, 

* ^0 

à laquelle s’applique la méthode générale donnée : le noyau K.(æ:, y) et 



COMPLÉMENTS. 


265 


le second membre f{x) sont en général dlsconlimi s (pour a? — i , j'— i ), 
mais il est bien clair que de telles discontinuités n’amènent aucune 
difficulté. 


2. Équations intégrales où figurent des intégrales multiples. — - 

Prenons par exemple 

<:<> K) — À r d"- 


f 


</r,lv( .r, i ^ T, )o( ï. /} ) =/( .r, 


La méthode de Fredholin s’appliquera : il suffira de remplacer dan^ 
les formules que nous avons données chacune d«;s variables , 

par un groupe do variables (x, )•), (H, vî), . . . paraissant dans la 
nouvelle équation. C’est ainsi, par exemple, que, pour écrire le déter- 
minant do Fredholm de l’équation (.1), on prendra 


1 ' J" I ) '2* J i J ••• J J' V 

lv( .ri, ji I -^I- .ei), K( .ri. I ■•., Iv(.r,, | .r, , j,, » 

î ’ • * 7 • • • 1 • • 

K( .r.„ 1 ,r,, vi), K(.rv. .Vvl.r.. .... K( j;-.,, r-, ) 


et l’on formera la série 

A( 


^ \ X I . J I ; ... ; .r.„ >•., / 


Le champ d’intégration de l'équation (i'I) (carré : o<^, )'<i) 
pourra d’ailleurs être remplacé par une aire qtielconque du plan .r)'. 

Plus généralement on est conduit, par des problèmes de la Physique 
mathématique, à des équations intégrales pour lesquelles le second 
membre cl l’inconnue sont des fonctions d’un point M pris arbitrai- 
rement sur une multiplicité "V appartenant à l’espace ordinaire 
(ou à un espace géométrique quelconque). Le noyau est une fonc- 
tion K(M, P) de deux points M cl P variables sur la multiplicité 's’. 
Désignons enfin par dP un élément d'étendue (lougiuîur, surface, 
volume, etc.) pris autour du point P, les méthodes du Chapitre précé- 
dent vaudront encore pour l’équation 

(1) 9(M) — X r K(M, l>)(p(r’)r/P =/(Mj 

J 



206 


CHAPITRE IX. 


(où l’intégrale est prise par rapport au point P et étendue à la muiU- 
plieité “V) : on remplacera encore les variables . du Cha- 

pitre VIII par les points M, P, etc. 


3. Notons enfin que, dans le cas d’un système d’équations du 
type (4), on pourra, par le même procédé qu’au n" 1 , se ramener à une 
seule équation. 


11. - NOYAUX DISCONTINUS. 


4. Divera t 3 rpas de noyaux discontinus. — Nous revenons à l’é({ua- 
tion simple de Fredholm traitée au Chapitre Vlll dans l’hypothèse 
que les fonctions considérées étaient finies et continues. Il convieni 
d’examiner maintenant des hypothèses plus générales. 

Le cas le plus immédiat sera celui d’un noyau K(.r, »•) reslant 
borné, mais pouvant avoir des discontinuités sur certaines lignes 
formées, par exemple, d’arcs continus et à tangenle conllnue, en 
nombre fini ou dénombrable. Il est d’ailleurs utile de distinguer 
deux sortes de telles lignes. 

Les lignes de discontinuité de la première sorte seront caractérisées 
par la condition de n’être rencontrées qu’en un nombre fini de pninis 
par une parallèle à l’un des axes. On vérifie très ais(*ment que la 
discontinuité correspondante disparaît par composition; de même 
R(.r, y) étant un noyau de pi'cmière sorte (sl /(-c) une fonction telle 

que / 1 dx existe, une fonction telle que 

rK(.r, 

'a 

sera continue. 

Les lignes de discontinuité de la seconde sorte seront constituées 
par des segments parallèles à l’un des axes. L’une de ces lignes étant 
sur la droite x~x^, il arrive souvent que K.(.r, >') a des limites 
(différentes bien entendu) suivant que x tend vers par valeurs 
supérieures ou bien inférieures. Nous désignerons de telles limites, 
suivant une notation habituelle, par K(j'.‘„-)- o, r) et K(a7„ — o.j). 
De Uîlles discontinuités ne disparaissent pas forcément par coni()o- 



C(^PLiMENTS. 


a67 

sitiun; on rolrouvera en. général dans une inlégi^ale 


la disconlinuiié (de seconde sorlc)-q«’anra le noyau pour 

l\ous av«>m déjà rencontré un cas (n" 1) de discontinuité de la 
deuxième sorte. Des discontinuités de la première sorte s’intro- 
duisent de même tout naliirellemenl. Nous en avons même déjà eu 
un exemple (Cbap. VI, n‘‘ 4) : l’équation de Fredholm 

9 1 ./■ ) — K I' Kl ,r. ? I ? ( ? ) = /( .r ; 

^ (I 

SC réduit à l’é([ualion de VoUerra 

oi.ri — X / Kl ./•, Ç lol 5 ) //$ — /(.r ; 

si l'on suppose 

K I ri = <> pour y , • r ; 

un tel noyau aura évidemment, en général, pour ligne de discontinuité 
( lie première sorte) le segment y — .v. 


î>. Ou pourra considérer aussi des noyaux pour lesquels les discon- 
liuuilés sont réparties do façon plus compliquée. Il y aura lieu égale- 
ment d’examiner les noyaux non bornés. 

Fn cas particulier important, et que nous examinerons par la 
suite, est celui des noyaux qui deviennent infinis pour r — 

coiumi,' î ( o <; a < I ). Une classification générale des noyaux 

(y — ./• )* ^ 

non bornés, du point de vue de la résolution des équations intégrales 
correspondantes, paraît devoir reposer sur l’existence d’intégrales 
telles que 

1 K(?, 


ou 

h ^ h 




K ( J. 'iT) ) 1^ é/Ç (l’t\ ( I < a < A ) 



'238 


CHAPITRE IX. 


Cl aussi sur le fuil que dos intégrales telles que 



sont ou non bornées quand x varie. 

Enfin, pour terminer ces remarques générales, indiquons le cas où 
l intervalle d intégration est infini. Comme on l’a déjà vu à propos 
des limites variables (Gliap. \ 11, ^ lH), on peut toujours se ramener, 
par changement de variable, à un intervalle d’intégration (a, h) fini : 
en général on reporte ainsi, sur la forme du noyau, la singularité due 
aux limites d’intégration infinies. 

lous ces cas ont été l’objet de travaux nombreux et leur étude est 
cependant loin d’être épuisé(!. Nous essayerons, dans la suite, de 
donner une idée de quelques méthodes. 

0. Extensions de la méthode des approximations successives. — 
En ce qui concerne d’abord le procédé d’approximations successives 
(Chap. VI, n" dO), qui ne donne pas en général une solution de l’équa- 
tion de Eredholin quel que soit),, mais qui s'applique à des valeurs 
pas trop grandes de ), nous pourrions nous contenter de renvoyer le 
lecteur aux lemarqiics d(*jà faites à propos des (“quations d(i \ olùu'ra. 

J.c cas de discontinuités telles que celles du n” 4 s’envisagera sans 
difficulté, et il est aisé de traiter également des noyaux non bornés, 
(iontentons-nous d’énoncer un l’ésultat assez général (') : 

Si Von a, presque partout par rapport à la variable restante, 
V une des inégalités 


( a ) 

f ! J) 

• d 

1 

VI! 

ou 




r<> 


(f>) 


dy^fjib — a ), 


it 


q étant un nombre positif donné, les noyaux itérés existent presque 
partout et la série qui définit le noyau résolvant converge de 


( ' ) Hu.lk Cl Tamakkin, 1 13 ]. 



COMPLÉMENTS. 


^69 

même pour ] ^ j <C — ; lu formule habituelle définit une solution de 

h(.r, Ç)9( 5)^/5 

dans les cas suivants : 

i" si (a) est satisfaite et (jue f soit sommable) 

si, (b) étant vérifiée, V intégrale f \K{x, l)\f{l)di est 

^ a 

born()e. 

La solution obtenue appartient à la inihne classe ijiie la fonc- 
lion J\x), 

7. Extensions de la méthode de Fredholm. Le Mémoire de Poin- 
caré (‘). — L’application des formules de Fredholm à un noyau 
borné, di'^conlinu de la deuxieme sorte (u‘^ 5) est immédiate 
Mais, pour certaines discontinuités de la première sortes, on rencontre 
dès le début une (liffîciilté, d’aillcHirs plus appareille fjue ri^idle. 
ileniaifpions f|ue, d’après I<* di'vcloppcimnil (“ii série, 

' 5 ) loi’ A( }. ) == — I / I A -‘t- • -+~ , , , -■(- /» „ — - . I ) 

le déteriulnanl A('A) s’exprime au moyeu des traces A,, A-.,, .... A„, ... 
des noyaux itérés d(> K(,r, y ) (Cdiap. VIIF, n" 20). D’aiilre part la 
fonction de Fredholm 

<^<>1 = A(À) ! l\(.r,r) ; À . . . -4- À" K''(.r,r) - 1 - ..J 

s’exprime au moyen des traces précédentes e( des noyaux ilérés 
eux-mènies. Or, dans h; cas d’un noyau discontinu sur la li};ne de 
première sorti; r ~ .r, la première trace Ay n'aura aucun sens. Il en 
est ainsi dans le cas de l’exemple du n" i (relalion entre l’équalion de 
Volterra et l’équation de Fredholm). 

La solution de la difliculté peut cire rallachée à dos remarques 
laites par Poincaré dans un Mémoire où l’on trouvera d’ailleurs 
une analyse profonde des fonctions de Fredholm. Le noyau résol- 


{') PoiNCAui;, [8,')|. 



CHAPITRE IX. 


yanl r(.^', ?•) « <'*lé mis sous 1» forme 




mais le nuim'raleur el le dénoininaleur de celle expression pcuvenl 
rvidemmeul cire remplacés par Kïs fondions obtenues ou mulliplianl 
(ou éventuollemoiil eu divisant) liaul et bas par une meme quantité. 
Kii parlictdior ou pourra remplacer A(X) par 


(î)„( À ) — r 


I / |À 1 -. . . r- * ,( — I 


Ml), 


Iogt0„( À I = /.„ - 


I " ?i 


en prenant, au lieu de A ^ ; /. j. 


V-' 


\ . A" ‘ 

• A I A» * // I 


J^es foliotions cO/,(X) el ; Xj no contiennent plus k*s*traces A,, 

. . . , A'„._i ('); elles rcsteiillouciious entières de X sous des conditions 
assez larges el peuvent alors servir de base à une théorie tout ana- 
logue à celle du Chapitre \ III. 

Il eu est ainsi, non seulement dans le cas de discoulinuilés telles 

(|ue A| cesse d’avoir un sens (ou prendra alors w — 2), mais dans le 

cas des noyaux non bornés tels que les noyaux itérés restent limités 

(1 

à partir de Tun d’eux K."(.r, _r). Dans ce cas, on a d’ailleurs 


— r- — — ( X'h à"“ ' , I À" -+-...)= C l’^( ,r , ; A ) 

CO„( A ) 


t'i ./■. r; X ) = r - 4 - K XK-Î-4-. . .-s- X« -ï K«-|, 

(le sorte que les zoros de cQn sont oHectis eunuit des pôles de F. Aynnt 


(*) Ou les obtiendra à partir des dc\cloppenicnta de A(X) et ^^^5 
supprimant dans les coeffiiicnts tous lis termes (jui dépendent de /f,, A., 




COMPLÉMENTS. 


la résolvaulc 


k; à 





I 


on pourra reprendre, par exemple, la déinonslralion dii principe 
d'inversion en limilant évcntuolleineni le champ des l'onclions cp et /' 
de façon que les compositions que l'on a ù faire }i;ardent un sens. 

line intéressante! remarque de AI. llilhcrt (') apparaît comme cas 
particulier. Soit un novau de forme 

lie./'. Cl / , . i\ 

Kl./-. c)=-^ : — - (o ,a _ -) 

0 

où II reste borné. (3n vérifie (rf. infra n'* 10) que K- est borné et 
continu avec 11 de sorte que l'on jeeut prendre! dans la tbéeerie qui 
précède «- - •*. een, ce ({ui revient au meîme, supprimer, élans les 

feermeile's elemnant A(X) e-t ; x'j le*s te*rme*s e|ui contleunient A’,, 

Mais, si loii iwioiit aux (‘xpnvssioiis du h'i'iMlliolin [(diaj). \ III, fe>r- 
mides (()) e‘t (i<e)], on constate epi’il le'vient au même! de* siqeprimer 
élans les elélerminants 


l\ 





les éléments K(H,, -,) de la diaj;emale principale, e*n les remplaçant 
peer des zéros. Avec cette* précautleen em peut f^areler les evpi’essions 
mêmes de Fredhedm. 


8. Autre méthode pour le cas où un noyaù itéré est borné et 
continu ( -). - Elle est à certains éjj;i»rds moins satisfaisante, mais seul 

exposé est très immédiat. 

Par hypothèse le noyau r) «‘stliorué et coiiliuu ainsi ({uo les 

no\aux itères suivants. La si'u’ie 

( 7 ) — (k X K— T . , .-r- A'" * K'* -f- . . . ) 


( Hilheht, [ i*2 1. 

(-) Celte méthode a été donnée par Feedliolm <lans s m Mémoire j 30 




CHAPITRE IX. 


■xyi 

définit alors r(a;, >•; X) au moins pour les valeurs assez petites de 
on aura toujours 


O O 

r-+-K = xrK 


. 0 Ü 

XKr 


A 




et, pour des classes convenables de fonctions / et 9, la démonstration 
du principe de réciprocité restera valable, non seulement quand (7) 
converge, mais encore pour toutes valeurs de X pour lesquelles on 
pourra prolonger la fonction analytique r(X). 

Or, le noyau résolvant de K" est donné quel que soit X, par 
les formules de Frcdbolin 

,« .. . 

( 8 ) I r 'L'* • i \ 


^/i(X) étant le déteriiiinant de K" et l’on a 

r„ = — VK"-t- XK!" 


lia comparaison de (7) et (9) montre immédialement que l’on a, 
pour I X I assez petit, 

(10 ) l (u--, y; X ) = — l.( .r. J-; X) X" ' r„( ./•. y; X" i -+- X" l-( X )l'„ ( X" i 


avec 

1. = Iv -(- X K- -H . . . X''-2 , 

et cela donne le prolongement cliercbé de r(X). 11 n’^ a donc plus de 
dilliculté à étendn* la principe d'inversion. 

D’après ( 10 ), r(X) est encore une fonction méromorpbe dont les 
pôles devront être recberebés parmi les zéros de A„{X'' ). Mais il n’est 
pas sur que tout zéro d(î A„(X") donne un pôle : en ellet. dans le cas 
où A(X) existe, on vérifie sans peine qu(> 

A„( X" ) = A( X ) A' wX ) . . . A( w" ■' X ) 

0) étant une racine primitive de l’unité et les racines de D„(X") sont, 
non seulement les racines X,- de A(X) mais celles de 

Atw'fX) (/■= I, 

Soient maintenant X = c un pôle de la résolvante r(,r, y; X) définie 

par (10) et une fonction fondamentale correspondante, qui doit 
sa tisfaire 


<» /(I « \ 

çli»-cKj = U 



COMPLÉMENTS. 


■273 

I " 0 (» -1 

i’’ + cL(c)| 

0/(1 O \ 

O \ ^ 

Les fonctions fondaineiilales de K doiveni être chercliées parmi 
(( 

colles do pour le polo c*" : elles seront en nombre Uni ( linéairement 

(> 

disllncles) et continues si K'' esl continu. Ceci s'appli(jue aussi aux 
fonctions principales (l(‘s noyaux canoniques se correspondent d’ail- 
leurs dans l’itération). Sans qu’il soit l^esoin d’insister, on voit enfin 
que les résultats de Frcdliolm concernant b' cas oVi >. prend une valeur 
fondamentale resteront valables. 


î). l\ous nous bornerons aux df‘V(doppemenls précédents, et nous 
nous contenterons de signaler d’aulres recluuclies : celles de (bar- 
leman (jui (‘tudie la validité des formubvs de Frc^dbolm dans le cas où 
l’intégral(‘ double 



[)i’ise au sens de Ijcbcsgue existe, celles de l^gorolf et de beaucoup 
d’autr(‘s auliuirs ( ’ ). 

\oiis terminerons on examinant le cas particulier des noyaux 

Hi./. 

l\( ./•, )' ) — ( 0 a . I , 

auxquels il a déjà été fait allusion, pour montrer que, dans le cas d’un 
tel noyau, la suite des noyaux itérés est formée de fonctions qui sont 
foutes bornées à partir d’un certain rang. 


10 . 


Noyaux du type 


ll(.r, r) 
î r — ./• 


Soient diHix no\aux de ce type 




Hi ( .r, y ) 
|_K — .r 


, Il .( .r, y I 

K.; =: io „ 3 t I , 3 £.J - ; l ) 


les fondions H) cl Ho ùlant continues (on pourrait nalurellcmenl so 
placer dans des Inpollièses plus générales) pour ) </>. I.ia coin- 


M) r/. [IIHIGI. [2-2 1. 


VOLTKnRA 


18 




CHAPITKS IX. 


position 


0 <» H 

K,K.=y ^ 

J a i >. 


\\\(x, ; |1l-{ y) 


a c'videittjaenl s^'us, et l’on a 

I II 0 I //ï 

TT^TFTTrrTF.’ 

M| et Mj étant clos bornes supérieures tle | Hj | et [ Ho . 

On montre faeitement que l’inlcgrale au second membre est bornée 

rv 

lorsque (x-, — i est négatif et qii’clbî est inférieure à — ;^ ' ' ' a 7 hâ;-ï ’ 

où N est un nombre (ixe, lorsque «i -f- «a - • est positif. Pourvérilier 
le premier point, on décomposera l'intégrale on trois parties con- 
cernant les intervalles partiels («, .r), (.f , ) ), (;y, b), si, par cxom[)le 
D’autre part en prenant, pour nouvelle variable d’intégration, 


on aura, pour Xf + sc.j i 


frr 


.r i*. 1 K' 






la dernière intégrale ayant évidemment une valeur (inie. 
Itérons alors le noyau 

, Ht r. y ) 

y Z. 


les puissances de composition successives K-, K', . . K' 
dront inlinies pour y = cc comme 


devien- 


I,r — -r)-*-' (y- — a;)»*--' 


f y y — //"t" t 


tant que l'exposant au dénominateur sera positif; dès que /i y^~ 
le no>au itéré K" sera fini. En particulier ])our a<C 7 ? K- est borné. 


11. Du point de vue des applications à la Physique mathématique 
il est important de donner leTésnltat analogue pour un noyau K.(M, P ) 
dépendant de deux points et défini dans une multiplicité ‘s’ de 



COMPLÉMENTS. ijü 

l’espace considéré^, ce uovau ftj'uranl dans une équation du t_ypc (4) 


9( M ) — À f K( .\l. P )®( P ) i/V =/( M I. 


<lc sorte (jue son itération est déliait* par 


Kî( M. V )= f K( M. If (Mil. Pi 

m ' 


n étant un jxtiiit qui décrit la multiplicité ‘V- 

\dmcllous, pour fixer les idées, que la variété ‘V soit uu volume de 
l’es]>ace à p diinensions, tO que, en introduisant des coordonnées 
x-,, jC/,, ^ 1 , .... 4 // des points \[ et P, l’élément d’intégra- 

tion <iP soit (fii di-î . . . di/,. Le résultat précédtmt prend la forme 
suivante : 


Si le noyau Iv est de f ovni’ 


K( M. P I = 


H( M. P i 

( 1 ^’ 


( <1 'a ^' /> ) 


où U est borné et où l'on i>ose 


MP == \ (.r 


les noyaaa' Itérés sont bornés à partir de K", n étant le premier 
entier supérieur à — ~ • 


111. — CAS S1NC.IJLIEUS; INTÉGRALES 
PRISES EN VALEURS PRINCIPALES. 

12. 11 peut arriver que, pour uu domaine d’intégration infinie ou 
pour certains types de noyaux non bornes, les résultats de Fredholm 
cessent d’être valables. On diia alors {|U(“ l’équation intégrale est sin- 
gulière. 

Voici un exemple très simple. C'est celui de l'équation homogène, 

(III X ) — X f <r -^^ ç ( O e < > e ;. 



CHAPITRE IX. 


■i’jfy 

Parlons, pour on trouver des solulions, de la définition do la fonction 
eulérienne 

x)~j^ |(/.V (a>o\ 


l'(; 


en y posant s = .cï, il vieni 

(r.)!) .r ^V{x)=^f <r- 

et, en changeanl a on i — a, mais (‘n supposant désormais o < a << 

— y. )= Ç 6- 


(i3) 


./■a l'( I 


combinons l(‘s d(;ux éqiiaüons {^‘ 2 ) ol (i3) cmi les multipliant rcspoc- 
tivemenl par — cl rh •-====== et on aioiitant. nous avons deux 

^ ( ^) \ Va ~~~ OL) 

solutions particulières de (i i) 


^ V * < ^ > ' .V * < * — ^ 


a— 1 


corres[)ondant respectiveimnit à 

. 1 

y/Ti a ) r( I — a ) 

d\aj)rôs une propriété coiimu» de la fonction V. 

Les solulions obhmucs peuvonl être dites fondainenttib^s 

de (i i) et les valeurs corn^spondantes de X valeurs fondamentales, 
La marche suivie ne donne peut-être pas tontes les solulions fonda- 
mentales, mais elle permet déjà (raporcevoir une difiércmee essenti(dl(‘ 
avec le cas de Fredliolm : les valeurs fondamentales jie sont [)lus 
isolées^ tout Linlervalle 

I w I 

V“ V- 



zéro étant exclus, donne des valeurs fondamentales. 

Il peut d’ailleurs arriver qu’à une valeur fondamentale d’une équa- 
tion singulière corresponde une infinité de solutions fondamentales. 
On vérifiera ainsi que l’équation (Wejl [I3i]) 



COMPLÉMENTS. 


277 


admet, pour 1= solutions 


i ( ./• ) 


J' 


a* -h J ' 


/ Il /> a v 


V . 


où figure le puramélre a qui pool élre pris arbilrairenieul (positif). 

M. Picard, qui a envisagé nombre (ré([uaLions singulières inler- 
venanl dans des queslions de Physique malhémalique, a nionlrc [82] 
que pour une équation non homogène la solution, considéré»; comme 
fonction de 1, ne sera plus méromorphe, mais prés(;ntera des singula- 
rités plus coiuplicjuées et qui d<q)endeut d’aill«;urs du second membre. 


13. Équations de M. Picard. — M. l'icard a étudié aussi [81 1 les 
<'“»jiiations du ty[)e (troisième espèc»') 

( I I ) \ i .r ) O i ./■ ) -h A f K ' ,/•, ; ) Oi; ) r/; — /( .r 


V(a;) ayant un (;ertain nombre de racinc's simples sur l’intervalle 
(rt, 6). Nous résumerons rapidement quehpies-uns »les résultats qu’il a 
obtenus. 

L’équation [)roposéc peut s’écrire, en posant 


< I ) ) 


«1» 


\ ( ./• ) ç( ./■ ) — *1 m j - I, 



l\ I • 7 -, Z ) 

"TTTT 


<I» ’ix/'z 


J\ .V ) 


avec le noyau infini ♦ 

A(k) 

Pla(;,ons-nous dans le cas où \{x) a la seul»* racine simple .x --- 
dans l’intervalle (a, h). M. Picard siq>pose l»*s fonctions A(ii;). ]v(.r. r), 
f{x') holomorphes quand les variables qui y figurent la'sUmt dans une 
aire CX du plan conijdexe limitée par une courbe simple et renfer- 
mant le segment {a, h). 

Ceci posé il supprime, dans l’intégrale ^ (pii figure dans l’écpia- 


tion intégrale, la portion / 


Les formules deFredholm s’appliquent 


sans difficulté à l’équation ainsi modifiée et, en faisant tendre e et n 
vers zéro de façon que leur rapport ait une limite, M. Picard démontre 
que la fonction a une limite, qui dépend, homographiquement. 



*78 

do la constante 


CKAPItRE IX. 


Cl = lim log • 


Kevenant à lV*qnaiion (i4)> le mode de calcul précédent donne une 
fonction 9 (x), qui dépend de C et admet en général x» comme pôle 
simple. Si le résidu correspondant est nul, on aura une solution 
de («4) coalinue sur le segment (a, b). Or la condition pour qu’il en 
soit ainsi se trouve être indépendante de C et s’exprime en annulant 
une certaine fonction entière de X. Pour les valeurs correspondantes 
(i4) a donc une solution continue, qui d’ailleurs ne dépend de C qu’en 
apparence. 

/ 

14. Équations où figurent des valeurs principales d’intégrales. — 
Un facteur ? — a?,, ligurail au dénominateur, sous le signe d’intégra- 
tion, dans l’équation précédente (i5). La difficulté correspondante' a 
été tournées par exclusion d’un intervalle (.^’o — £r ^»+o) du champ 
d’intégration. 

Dans des cas analogues intervient souvent la notion, duo à Cauchy, 
de valeur principale d’une intégrale divorge'nte. Happolons que, étant 
donnée une intégrale 



dU'ergente parce que/(ç) devient infinie, d'ordre 1 , pour^ — ^ 1 ,, sii 
valeur principale se définit par exclusion d’un intervalle (;o - 
Ço + £) symétrique par rapport au point singulier ('), puis en passant 
à la limite pour e tendant vers zéro. Pour une intégrahî multiple, 

étendue à une variété à lu dimensions (-) et concernant une fonction 
y’(P) qui devient infinie, pour P = P^, comme I^Pu"*, il faudra prendre 
pour domaines d’exclusion des hypersphères de l’espace auquel appar- 
tient la variété. 


(‘) Les intervalles d’exelusmn sont donc moins généraux qu’au n* 13. 
(-) ctP désigne, comme plus haut, l’élément d’étendue de la variété V. 



COMPLEMENTS. 


279 


D«s travaux réccnls fort importants ( ' ) conceinent l’équation 

( i(i ) ?( M ) — À /"kt M, i* ) ç(l> ) ./!> == /•( M ) 

qui a formellemont le type de Fredliolni (^cf. é<juatioii (4) de ce cha- 
pitre) mais dans la<iuelle le symbole d' intégration représente une 
valeur principale^ le noyau K(M, N), déliui quand M et N sont des 
points quelconques de la variété ‘V, devenant infini comme M!N“"‘ 
lorsque iN tend vers M. Nous admettrons que ce noyau est continu 
tant que N M et qu’il peut se mettre sous forme d’une somme de 
deux fonctions, l’une {partie irrégulière) étant positivement homo- 
gime do degré — ni par rapport aux composantes du vecteur MN (-) 
(!l dépendant aussi, en général, du point M, l’autre (partie régulière) 
(!lanl (elle que son produit par MN'" (/«'< ni) reste bornée. Si cette 

seconde partie existait seule, il n’y aurait aucune difficulté, puisque* 

0 

l(*s noyaux itérés de K seraient bornés à partir de l’un d’eux K" (r.f. 
n" 11). On doit enfin supposer quey’(M) satisfait une condition do 
llëlder, c’(!st-à-dire qu’il existe un exposant a(o<«<i) et un 
nombre h positif tels qin* 

/•( y a'ïïN* 

epiels que soient M et N sur ‘v’ ( ■*)• 

1,'). Etant donné un second noyau l.(M, N ) présentant une singula- 
rité analogue à K( M, N ), on peut définir une couqjosition (généralisée) 

Lk( .M,N)=: f l.( M. 1’) k< I'. N 
J-v 

rintégrale étant prise en valeur principale par exclusion d’hyq>er- 


(‘) Le tas d’une intégrale .simp^le a été tMàviî^agé par Loincarf, [SG] (r/. aussi 
O. Herthand, [G|), par M. Villat, [119| et M, Caulrman, Le cas d’une intégrale 
(kjtihle a été étudié par M. Tricomï, [109J et, indépendamment, par M. Giuaed, [32, 33] 
à (|ai Ton doit la théorie générale complète. 

(-) Ou par rapport a des coordonnées générales fixant la position de N (jiiand M 
C'>t connu et prenant les valeurs zéro quand N vient en M. 

Nous u’avons donné dans le texte, et de façon très sommaire, que les princi- 
pale.s conditions posées par M. Giraud. Pour plus de détails le Icctèur se reportera 
aux mémoires cités* 



CHAPITRE IX. 


a8o 

sphères de centres M cl N et dont les rayons tendent indôpcndamnKînt 
vers zéro. * 

(I 0. 

Une première question concerne la nature de la singularité de LK. 
On vérifie que, dans le cas d’une intégrale simple (variété “V à uni* 

dimension) le noyau KI^ est inléf^rable. Dans le cas d’une Intégrale' 

0 0 

multiple (variété ‘s’ à plus d’une dimension) LK n’est pas intégrable 
et donne, comme L et K, des intégrales à valeurs principales. 

La composition (généralisée) qui vient d’etre introduite n’est pas 
associative : en com[)Osnnt, par exemple, une fonction /(M) par K, 
puis par L, on aura, en général 


r 0 / 0 0 , I / n 0 \ (I 


et il est essentiel, pour la suite, d’évaluer la différence 

/ O (I \ <1 O / 0 Cl \ 

c’est-à-dire 


tlT ) 


A= f \A<(M.V) f{V)cn' — f L( M, P)^/P f K( P, Q)/(Q} </(,), 
*/•;> ' «A* J‘X> 


ce qui revient en fait à établir une règle pour modifier l’ordre de deux 
signes d’intégration pris en valeurs pi'incipales. 

Pour le cas d’intégrales simples, on établit sous des conditions très 
larges, la formule 




due à Poincaré (cf. [86] et [6]). Il en suit qiu;, quand est une 
courbe et si les noyaux K et L ont pour parti(!s Irrégulières 

— Y Y 

(où X et y sont les valeurs de l’arc fixant les positions de M et N), 
on a 

(i8) L^rM{x)k{x')J{y). 

M. Tricoml a traité le cas d’une intégrale double avec des noyaux 



COMPLÉMENTS. 


•281 

K et J J dont les parties irrégulières sont de forme 

U (0 ) IM 0 ) 

~ 1 > 

MN 


0 étant l'angle de MN avec une direction fixe. H montre que 
( 19 ) \ z= z Ç H ( 0 ) 0 n ) ^/O/ ( I* ) 

Dans le cas d’une intégrale multiple un a 
( '>0) A A( P )/( P ). 

A(P) étant um; fonction du point P (jui ne dépend que des parties 
irrégulières de L et K ('). 


K). Aj )rès cos prêliiniiiairos abordons l’oludo d’une équalioii du 
lype (ib). Ih'cnous d’abord le cas où *V est une courbe, l’équalion 
s’écrira 

( '}A ) yi ,v ) — À f K(.r. c ) y( H ) = /*( j: ). 

le noyau K(.r, y) ayant la parlie irréf^ulière (les points M, N, 

P, . . . , sont r(q)érés j)ar les valeurs correspondantes de l’arc x, y, ç, ....)• 

P 

D’après le numéro précédent le noyau itéri» K- n'a plus de parlie 
irrégulière et l’on pourra se ramener {cj\ lin du iV^8) à uikî équation de 

P 

Fredliolm dont le noyau est K- : il suffit d’ajouter à (21) cette même 
équation dont les doux membres ont été composés par K. et multipliés 
par X. Compte tenu de (i<S) il vient ainsi 


,) } I = 


Jv 






Si I 4-X-7:- ne s’annule pas, c’est une écpjation ordinaiie de 
Fredliolm pour laquelb» les ilérés du noyau sont bornés à partir de 
l’un d’eux, et d’où l’on tirera 9 (^)‘ 


(') Gir\ui), [32]. La fonctioa A (P) rosit: la moiiit: 

/ 0 O \ 0 

compositions, on envisjj^^c la diirérentc \KL// — 

0/0 0\ /oo\o 
droite do / ( fonction de N), /( K L j — ( /K ) L. 


hxr^que, modifiant l’ordre des 

0 / t) « \ 

K (L/j ou, en composant à 




»82 


ClUnTBS IX. 


Remarquons que le calcul précédent prouve seulenveul que toute 
solution de (21) vérifie (22). Mais l’équivalence décos deux équations 
est évidente toutes les fois que l’équation homogène correspondante 
à (22) a pour seule solution zéro. Posant en effet 

<p ( .r ) — À / KC .r . ^ ® 5 ) r/' — /■(,/•> -^ <I» ( ./• I. 
l’équation (22) s’écrit 

/ K( .r, 5 )<l)( 5 ) = (». 

.'•V 

d’où résulte sans peine que doit être solution de l’équalion 

obtenue en annulant le premier membre de ( 22). 


17 . Prenons par exemple Tun des noj^aux de \ 1 . Villat 


K(.r, )')= -col ^ ( 0 1 . Z Z); 

•> _ - - 


un calcul très simple donm; 


" I 


de sorte que (22) s’écrit, en abrégeant le second membre, 

)r- r~ 

À^)-— / ç( Su/6=: Fur 
.r I 


s ( .r ) ( T 


d’où 


ç( = 




COD'^t. 


La valeur de la constante s’obtient par substitution, elle est égale à 



Il convient de remarquer que la méthode s’applique même à une 
équation de première espèce. Prenons l’équation, traitée par 
M. Villat, 



COMPLÉMENTS. 


a«3 

■d’oit, en comjwsant par le noyau, on d('*duil 

I r-'' I X - c 

<2V) —o(x)-h—j^ âlt J, COtf» 

Toute solution de (21') satisfait (22') et est donc de forme 

t x — ï . 

( •>.'{ ) o( ./• ) = / cotf; — I — ^ /( $) -t- const. 

2 ^ 2 

En portant cette expression dans (21') il vient 

• tt 

Si eetle condition n'est pas remplie (21') n’a pas de solution, mais 

f Ï 9( ï )</;-.-■/( X I —f 

' t A, '* * J „ 


(•il I 


aura pour solution générale ( 23). 


18. Ea méthode qui \ient d’cli'e appliquée au cas d’une intégrale 
simple est en défaut pour les intégrales multiples parce que le noyau 

tl 

R- a une partie irrégulière. 

Pour traiter, en suivant la méthode de M. Giraud, l’équation géné- 
rale (ih), composons cette éejuation par un nouveau noyau Ij(M,N; A), 
dont le choix sera précisé ultérieurement. En multipliant l’équation 
ainsi obtenue par \ et en l’ajoutant à (16), il vient d’après (20), 

t2,1) C( M) ; i-4-À^V« /'T( M, 1*: ÀiçdM^/t’ 

J-v 

/( M )-+-■/. f\A M. I*; À)/( 

• ’-v 

avec 1(' noyau 

'r( M. \; À) K -- L H- K. 

Par une analyse très profonde, M. Giraud a pu établir Vej;istence 
d’un noyau 1. tel que T(M, P; X) n’ait plus de partie irrégulière. 
Toute solution de (16) vérifie (24) qui (;st une équation de Fredholm 
ordinaire, du moins pour les valeurs de X telles que 


i i-t- X*A(M; À) I 



CHAPITRE IX. — COMPLÉMENTS. 


284 

ne s’annule pas. Celle dernière condilion conduil à exclure certaines 
coupures C tracées dans le plan complexe X. 

Prenons X en dehors de ces coupures, la résolution de (24) donne, 
pour cp(M), une expression de forme 


( 25 ) 


?(M) = 


./■< M ) 


1 ■+■ X- A( 1\1 ; X) 


. f e(,M, 

J'V 


P;X)/(Pj^P 


OÙ l'intégrale doit être prise en valeur principale; 0(M, P; X) tient le 
rôle de noyau résolvant, c’est une fonction méromorphe de X (on 
dehors dos coupures) dont les pôles s(î trouvent être indépendants de 
M et P. On démontre que (aS) donne bien la solution, unique, de 
l’équation proposée (16), sauf pour dcs'valoiirs isolées de X. 

On obtient d’ailleurs pour 1 <î noyau 0(M, P; X) une identité ana- 
logue à celle qui a été établie au Chapitre VIII [n'* 22, formule (33)] 
pour les noyaux résolvants de Fredholm. Il en résulte aisément que 
lorsque X (toujours extérieur aux coupures C) est un pôle de 0, 
l’équation homogène correspondante à (ib) admet au moins une soin • 
lion non nulle; sa solution générale satisfait d’ailleurs l’équation 
homogène déduite de (24) cl s’exprime donc comme combinaison 
linéaire d’un nombre fini de solutions fondamentales ; de même 
pour l’équation associée. 

On a ainsi tous les éléments permettant d’étendre aux équations 
envisagées les résultats de Fi'edholm (Chap. VIII, § 1 et II). 

Nous n’avons pu donner qu’une idée sommaire des beaux travaux 
de M. Giraud. On voit combien ces travaux élargissent le champ 
d’application des théories exposées au Chapitre VIH. 





CHAPITRE X. 

NOYAUX SPÉCIAUX. SUITES ORTHOGONALES ET ÜIORTIIOGONALES. 
L’ÉQUATION DE FREDHOLM DE PREMIÈRE ESPÈCE. 


1. - LES FONCTIONS FONDAMENTALES 
D'UN NOYAU SYMÉTRIQUE. 

I. Un cas particulier notable, et ])our lefjuel les résultats du Cha- 
pitre VIII peuvent être beaucoup prolongés est celui des noyaux 
symétriques envisagés d’abord par Hilbert, Schmidt et leurs élèves (*). 
Un noyau sera dit symétrique si l’on a identiquement 

K ( x, )• ( = K(y', X . 

Une équation de Fredholm à noyau symétrique se présente alors 
comuK! généralisant, dans l’espace fonctionnel, un système d’équa- 
tions linéaires à coefücicnts syrnétriqiu's 


// 

I 


avec oa = (tk,. 


On sait que de telles équations interviennent dans le problème de la 
réduction d’une forme quadratique 



/ i 


Dans le domaine fonctionnel l’extension la plus simple de la forme 
quadratique ((st donnée, comme nous l’avons déjà vu (Chap. III, n'’I2) 


pur l’expression 


a l\( .r, y ) çi X) çi )' I 


(■) Cf. [ 42 ], [ 103 ]. 




286 


CHAPITRE X. 


OÙ le noyau K peut toujours être supposé symétrique. C’est 
l’étude de telles formes fonctionnelles quadratiques qui a conduit 
M. Hilbert à ses résultats, obtenus par passage du discontinu au 
continu. 

2. Un premier groupe de résultats concerne les valeurs caracté- 
ristiques. Les noyaux considérés seront, essentiellement, supposés 
réels, 

Théorkmb I. — [I existe certaineinciit au moins une valeur 
caractéristique. 

Dans le cas contraire toutes les traces, à partir de la troisième 
seraient nulles (cf. (ihap. VIII, n" 22). Or la quatrième trace peut 
s’écrire, à cause de la symétrie 

f" 

^ (t ' a 

0 

et elle n’est sûrement pas nulle parce que Iv- ne peut être idenliqiie- 

(I, 

ment nul : pour y = ./■, K.- se réduit en ellel à 

r'‘ 

/ |k(x. 

- rt 

(Le théorème serait en défaut pour certains noyaux discontinus, 
d’ailleurs sans intérêt.) 

Théorème II. - Les valeurs caractéristiques sont nécessaire- 
ment réelles. 

Soit en effet X ~ ;ji. + iv une valeur caracléristûjnc complexe. Une 
fonction fondamentale étant cp(.T’) = fp'(a?) + f o'’(.r), (die sei’a sa 
propre associée (') et le noyau K, étant réel, admettra la valeur carac- 
téristique X — i\). avec la solution fondamentale ^(.c) = 'i {^') — ^ 9 (••f ) 
qui coïncide également avec son associé. 

Dans ces conditions les deux fonctions o{x) et ^(x) devraient être 


(‘) Dans le cas sj métrique l’équation de Fredliolm est identique à son associée et 
les fonctions fondamentales sont les mêmes. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 


287 


orthogonales (Cha^). VIll, n" 39, note) ce qui enlniînernii 



ç'-i ./• ) .r ) j 


f/x = O. 


ce qui est t'‘videinincnt impossible. 


3. Il en résulte imimkl'ûitemenl (Chiip. VIH, n" 38) que / 0//5 /ca- 
f pôles du noyau rèsoleanl sont simples. En eflel une fonction fonda- 
mentale o{->') appartient à l’équation associée et rintégralc 



' /t 


est difTérenle de zéro. 

On est donc dans le cas déjà étudié nu n“ 37 du (diapilre V’ill. 
Tout noyau canonicpie d'un uo>au symétrique sera de forme 


T ' ' V ' ) 


si, conformément aux notations du n” 37. on choisit la fonction fonda- 
mentale telle fiu(‘ 

r'' I 

I I ./• I |- >tx = 


Si, comme nous le ferons désormais, nous modilions 9(1) d’un fac- 
teur constant de manière à assurer 

I I 9» 1 1- <tx = 1 

^ (f 

I <»n dit alors qm* est normalisée] le noyau canonique s'écrira 

ç( ./• ) Ç(_K t 

r 


Admettons abus qu'il n'y ait qu'un nombre fini do valeurs fonda- 
mentales A._, Xp avec les fonctions fondamentales (normalisées) 


le noyau K peut s’écrire, d’après les résultats du Chapitre VIH, n" 30, 


9i ( .r ) çi yr ) Ç2(.r)Çiiy( 


A; 


A . 


9/é-r}Ÿfé.r > 


-t- H( jf, V ). 



CHAPITRE X. 


■i88 

Cl H(ar, k) étant symétrique cl n’ayaiil aucune valeur fondamentale 
est identiquement nul. On a nécessairement 


y 


9i ( a- ) 9i(.K ) 






Il pourra y avoir une infinité de valeurs fondamentales X,, 1.,. 
. , . auquelles correspondent des fonctions fondamentales 


O; ( ./• ), 9.^( ,i‘ ' 9/( .r 


vérifiant les conditions 

Jf 


f = I '* 

f î 

Dans ce cas si la série 


si / /, 

si i — 


) 9,(.K» 9,1 ./• ) 9,-( >■') 

: -4- ... H i — -h . . . 

A 1 A/ 

est absolument et uniforméimml convergente elle représente le nü\au 
K(a7, r). 

Dans l’un ou 1 autre des cas préoédiüits (nombre iini ou inliiii de 
valeurs fondamentales) il peut arriver que la même vabuir 7, figure 
plusieurs fois dans le développement : cela se produira si pour cellt* 
valeur il y a plusieurs fonctions fondamentales, donc plusieurs 
noyaux canoniques. 


11. — NOTION DK SülTK OKTHOC.ONAIÆ. 
DKVELOPPKMKNTS KN SÉHIE DU TYPE DE FOÜlUED. 

i. Nous adoptons la notation fg pour désigner l’intégrale 

I = / /(.'•) ) <f‘', 

intégrale qui est nulle quand /et sont orthogonales. Au Chapitre VU I 
il a été commode de noter l’intégrale I comme produit de composition. 
Ici au contraire la notation qui vient d’être indiquée sera préférable. 

i). Définitions. — Soit une suite, finie ou infinie, de fonctions 



NOYAUX SPÉCIAUX. 


289 

données dans l’intervalle (a, b) 

(1) •••, 9n(^), 

Pour se placer dans le cas le plus général, ces fonctions seront 
supposées sommables et de carré sommable. Nous supposerons 
qu’aucune d’elles n’est nulle, étant entendu, suivant la convention 
faite au Chapitre II (n" 36) que nous considérons comme nulle une 
fonction qui ne diffère de zéro qu’aux points d’un ensemble de mesure 
nulle. 

La suite (i) sera dite orthogonale si 

ÇiOt—o (ip^k); 

cpjcpj est, d’après l’hypothèse faite, toujours différent de zéro et l’on 
pourra donc, en divisant au besoin cj>i par V^ç/cpi se ramener au cas 
où Ÿifi — * ? suite ( 1 ) est dite alors orthogonale et normale. 


6. Propriétés, a. Les fonctions d'une suite orthogonale sont 
linéairement distinctes. 


S’il y avait une relation 


on en tirerait 


Gi 9 1 “ i " • • • “*" ^■‘'1 9" ~ 


Cl 91 9|-+-, . .-H Crt9« ?< — 


d’où C, — o; toutes h's constantes C,: seraient donc nulles. 

b. Une suite fjuelcoiujue u^{Jc), w^(a:), ... peut., par combi- 
rnaison linéaire des fonctions qui y figurent, être remplacée par 
une suite orthogonale. 

On prendra çp,(a7) = et l’on remplacera chacune des fonc- 

tions suivantes ui par a' — Ui — ^c,cp) en choisissant les d de façon 
que 

O, = O. 


On prendra alors pour cpa la première fonction u,- non nulle et l’on 
modifiera les suivantes, comme plus haut, de façon à les rendre ortho- 
gonales à cp 2 et ainsi de suite. 


7. D’après le paragraphe I tout noyau symétrique donne un sys- 


VOLTERRA 


19 



290 


CHAPITRE X. 


tème orthogonal, celui des fonctions fondamentales. Inversement 
d’ailleurs, prenons arbitrairement le système orthogonal (i), que nous 
supposerons normalisé et des constantes X, telles que la série 


( 2 ) 



1 


9 /(^) 9t(y) 

h 


soit absolument et uniformément convergente. Cette série définit un 
noyau K(a?, j') dont les puissances de composition seront évidemment 


(3) 




et dont le noyau résolvant sera 

(4) r(^,y;X) = — |KTf-XK*-+-...-i- K" -t- . . . \, 


d’où 

(4') 


ria-, X)=— 




X;- X 


L’hypothèse faite sur la série (2) entraîne nécessairement que X,- 
augmente indéfiniment avec t, de sorte que (3) et (4) sont de même 
absolument et uniformément convergentes. 


8. Développement en série suivant des fonctions orthogonales. — 
Soit une suite orthogonale 

(i) 

que nous supposerons normalisée. Etant donnée une fonction quel- 
conque f{x), proposons-nous do rechercher si elle admet un déve- 
loppement en série 

(^) /(a;) = Cl ?i(a7) -H c» 92(0:) -4-. . c„ 9„ ( a;) -t-. . 

les Cn étant des constantes convenablement choisies. C’est là un pro- 
blème qui généralise le développement en série trigonomélrique 
lequel correspond au cas où, l’intervalle (a, b) étant, par exemple, pris 
égal à (o,a 7 r), les fonctions de la suite (i) seraient 

Il I . I I . 

— =) --=cosa;, -— isiuic, ..., -pcosn^c, rsinni:, .... 

-iiz \J TC yre \Jt: \/t: 

Si la série (5) est uniformément convergente et la fonction f{x) 



NOYAUX 3PÉCIAUX. 


agï 

sommable et de carré sommable, on tire évidemment de (5) les 
valeurs nécessaires des coefficients a 


(6) 


ci= C clx-, 


il suffit de multiplier (5) par et d’intégrer. 

Ces constantes c,-, que l’on peut toujours définir par les for- 
mules ( 6 ), sont dites constantes de Fourier de la fonction f{x) et le 
développement (5), même s’il ne converge pas vers f{x)^ Qslà.i\. déve- 
loppement de Fourier de f{x) [relatif au système orthogonal (i)]. 

Les constantes de Fourier vérifient une inégalité importante que 
l’on obtient en développant l’intégrale 



Oxix) — . . c„ o,4(j;)p dx, 


qui est positive ou nulle. En tenant compte des relations 

o,ç^=o ii^k), 9,ç,= i, 


il vient 

(1) 


Cr Cs -h 


ph 

...-hc%<l \f(x)Ydx, 


c’est V inégalité de Bessel. Il en résulte évidemment que la série 
'Lic\ est convergente, sa somme étant au plus égale à 


r'* 

j {f^a:)Y-dx. 


0. Interprétation géométrique dans l’espace fonctionnel. — Avant 
d’aller plus loin il n’est pas inutile d’indiquer à quoi correspond, 
dans un espace à un nombre fini de dimensions, le problème fonc- 
tionnel du développement en série de Fourier. 

I^renons, dans un espace (E„) à n dimensions, une origine et lei 
vecteurs joignant à l’origine p points M,, M 3 , . . ., M;,. Tout vecteur 

C\ O M 1 -f- . . • -f- O 

définit un point N et, lorsqu’on fait varier arbitrairement les sca- 
laires a ce point engendre une multiplicité linéaire de (E„), multi- 



292 


CHAPITRE X. 


plicîtô à P dimensions si les vecteurs OMi sont linéairement distincts 
(on peut toujours s’y ramener). Les a donnent des coordonnées 

cartésiennes du point N dans la multiplicité considérée quand on y 

>- >- >- 

prend pour système de base les vecteurs OM^ , OMa, . . . , OM^. 

Une fonction quelconque u(x) peut être considérée comme défi- 
nissant un « point » de l’espace fonctionnel et, une suite de tels 
« points » étant donnée, 


les séries 


Ui{x), Ut(x), 


Cl Mi(a?) -h CiUi{x) -H. . 


où les nombres a sont arbitraires (sous quelques réserves destinées à 
assurer la convergence) définissent, dans l’espace fonctionnel, une 
multiplicité linéaire qui aura, en général, une infinité de dimensions. 
L’expression déjà considérée 



«/«*= / ui{x)uk{x) dx 

^ a 


correspond, par le passage du discontinu au continu, au produit 

scalaire OM,- . OM* de sorte que le résultat 6 du n® 6 n’est que l’exten- 
sion à l’espace fonctionnel d’une propriété géométrique connue : on 

peut prendre, pour système base d’une multiplicité linéaire un 

— >- 

système de vecteurs OM,- orthogonaux deux à deux et unitaires. 


10. Mais on peut aller plus loin. Soit, dans l’espace (E„), un 

système de base formé de vecteurs orthogonaux et unitaires OMi, 

OMa, ..., OMp. Pour tout vecteur ON de la multiplicité linéaire 
correspondante on a l’égalité 

c?-^-cü-h...+ c;j = ôn". 

Pour un vecteur n’appartenant pas à celte multiplicité on peut de 
même définir les c,, 

Ci= ÔN.ÔM;, 


mais on aura 


-h ... -t- ON , 



NOYAUX SPÉCIAUX. 


inégalité analogue à celle de Bessel. Si y? = /i on a toujours l’égalité. 

Revenant enfin à l’espace fonctionnel dans lequel on définit une 
multiplicité linéaire parle système de base (i) orthogonal et normal ('), 
les fonctions développables en série du type (5) appartiennent à cette 
multiplicité. Los remarques précédentes concernant l’espace (E„) 
conduisent à détacher la notion de système orthogonal et normal 
complet : le système ( i ) sera dit complet s'il jouit de la propriété 
que^ pour toute fonction /{-r) de coefficients de Fourier Ci, on 
ait l'égalité 

(7') Ç ) I* = c‘f-1- Clj-H. . ci* -+- 

J 

Elles font d’ailleurs prévoir que, le système orthogonal étant complet 
ou non, toute fonction f{x) dont les constantes de Fourier véri- 
fient ( 7 ') doit pouvoir être représentée par son développement de 
Fourier. 

11. Pour justifier de la façon la plus complète le résultat ainsi 
prévu et pour établir, de la façon la plus satisfaisante, une théorie 
complète des développements du type de Fourier, il faut se placer 
dans le champ {dC.) des fonctions mesurables et de carré sommable (-). 
On a alors le théorème fondamental suivant : 

Soit la fonction f{x) du champ (cfC) qui donne les constantes 
de Fourier ci", si l'on a l'égalité ( 7 '), la série i 

Cl Ç|(:r) -f- C2®.2(iC) -4-. . .-4- -4-. . . 

converge en moyenne vers f{x) et définit donc cette fonction 
aussi bien qu'elle peut l’être dans le champ c'est-à-dire' 
abstraction faite des valeurs aux points d’un ensemble de 
mesure nulle. 

Posons pour un instant 

fnix) = C| 0,(X) -4-. . Cn^nix), 

on a (c/. n" 8 ) 

f [f(x)—fn(x}]^dx=f )/<.r)| 24 /r — c? — cH— ...— c?,; 

'-'n 


(') Kspace hilbertien (cf. Cl»ap. I, § IV). 
(») Cf. Cliap. II, § V. 




CHAPITRE X. 


294 

mais, d’après (7’), le second membre tend vers zéro avec donc 
aussi le premier et le théorème est établi. On a déjà vu au Chapitre II 
qu’une suite convergente en moyenne ne peut définir sa fonction 
« limite » que presque partout. 

On voit que l’on a le droit d’écrire 

(5) /(iF) = Ci 9 i(Æ^) -+- Cî94(a7) -+-. ..-4- c„ 9 „(a;) 

étant entendu qu’il n’y a convergence qu’en moyenne. 

Comme corollaire immédiat : 

Si le système (i) est complet, toute fonction du champ dt 
est représentée par une série c, + . . . qui converge vers f{x) 
en moyenne. 


La dénomination introduite plus haut de système orthogonal 
complet se justifie d’ailleurs par l’énoncé suivant (') : 

Pour qu'un système orthogonal soit complet, il est nécessaire 
et suffisant que toute fonction du champ { 3 t) orthogonale aux cp» 
soit nulle {sauf, éventuellement, sur un ensemble de mesure nulle). 


La condition est évidemment nécessaire, car si elle n’était pas 
remplie on pourrait trouver une F(u;) vérifiant FF = 1 et cp/F = 0 
(t = I, 2, . . .), fonction ayant donc toutes ses constantes de Fourier 
nulles. L’égalité (7') ne serait pas satisfaite pour celte fonction. 

La condition est suffisante. Supposons en effet qu’il existe une 
fonction fo{x) ayant des constantes de Fourier Cj telles qu’on ait 
V inégalité 


r 


foi x ) dx > c'f -H c'I -t- 


Nous verrons au suivant qu’on peut toujours trouver une fonc- 
tion f (x) ayant les mêmes constantes de Fourier que fo{x) et véri- 
fiant l’égalité (7'). La différence / (x) — fo{x) serait alors non nulle 
et pourtant orthogonale à toutes les cpj, ce qui contredit la condition 
en question. 


12 . Dans l’ordre d’idées qui nous occupe, une dernière question se 


(') Cf. Laubicella, [56]. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 




pose. Peut-on prendre arbilrairetnent les constantes c<, Ca, 
c„, ... (telles évidemment que la série 2 fC? soit convergente) et 
existe-t-il une fonction f{x) du champ les admettant comme 
constantes de Fourier? 

La réponse est affirmative ( ' ). Que le système des soit ou non 
complet^ les fonctions /„•, définies par C| -|- ... 4 - c„cp,j, sont 
telles que 





{n> ni) 


tende vers zéro quand m et n tendent vers l’infini. La suite des fonc- 
tions fn. est donc convergente en moyenne vers une certaine fonc- 
tion /(vc) (Chap. II, n” 39). Cette fonction f (j?) donne pour 
coefficients de Fourier les nombres a dont on est parti, car s’ils 
étaient différents et égaux à c'- on aurait, comme le montre un 
calcul facile. 



( .V ) — //((.«) I ' dx 





le second membre tend vers zéro avec n et il est formé de deux 
parties positives; donc 



La différence entre le cas d’un système cp,- complet et celui d’un 
système 9 ,- non complet est la suivante : dans le premier cas la fonc- 
tion définie par la suite des c,- est unique (sous la réserve habituelle), 
dans le second cas on peut ajouter à f toute fonction F orthogonale à 
tous les cp,-. 


13. Retour aux noyaux symétriques. — Tout système orthogonal 

(i) ..., Çh(>), ••• 

normalisé peut, nous l’avons déjà vu, être rattaché, d’une infinité de 
façons, à un noyau symétrique. 


(‘) Cet important résultat a été établi, indépendamment, par M. F. Riesz, [94] et 
M. E. Fischer, [29]. Il est connu sous le nom de Théorème de Fischer-Riesz, 




CHAPITRE X. 


296 

Donnons-nous a priori un tel noj'au K(ar, y) et supposons que (i) 
soit la suite de ses fonctions fondamentales. Les propriétés précé- 
dentes vont se relier à des propriétés intéressant le noyau. 

Si, d’abord, on cherche à développer le noyau, considéré comme 
fonction de suivant les fonctions (p/(a?), on a, pour coefficient 
de 

?i(y) 


£ 




de sorte que l’on retombe sur la série déjà envisagée 

=: J 


dont on peut seulement, de ce qui précédé, affirmer la convergence 
en moyenne. Il est important de noter que la série des carrés des 
coefficients 

Zii ÿf 

est convergente. 



14. Le résultat donné plus haut (n" 11) sur le développement 
d’une fonction /{x) se précise pour les fonctions particulières qui 
sont susceptibles de se mettre sous la forme 

(8) f{x)= Ç Hix, S) k{s)d$, 

h{x) étant une nouvelle fonction du champ {cfC). Démontrons que : 

Théorème de Hilbert (')• — Toute fonction continue et de la 
forme (8) est développable en une série uniformément convergente 
des fonctions fondamentales (i) du noyau K. 

Il n’est pas besoin, dans la démonstration, de supposer le noyau K 
borné, mais il faut admettre que l’intégrale 

^ a 

est bornée par un nombre que nous désignons par A. 


(') C/. Hilbert, [42]. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 


Les constante.s de Fourier e,- de la fonction h{x) sont ('îvideinment 
liées à colles Cj de /(-a?) par 


Il s’en suit que la série de Fourier de /(j‘) est unifonuéineut 
convergente. En effet, 


Ci Oi( X ) 


> e — < 

méi Ki 


S/' Z 


I Ç/fa:)}- 


/ x;- 


d’après l’inégalité de Bcsscl, 


V lv-(,r, < A, 

A/ * V/ 

n 

ni 

quels que soient m cl ii et, la série des ej étant convergente, ^ e- 

n 

peut être rendu arbitrairement petit si m et Ji sont supérieurs à N 
assez grand. D’où le résultat. 

La série uniformément convergente 

C, 0| ( J? ) -H. . . -t- c,( -4-. . . 

a donc une somme S (a?) fonction continue. Mais nécessairement 

f{X)szS{x), 

car, en désignant par R(a7) la différence, on vérifie 

Ç I R( a; ) |- = O, 

ce qui, à cause de la continuité, entraîne que R(a7) soit nul. 


15. Ce théorème s’applique en particulier aux noyaux itérés de K. 
0 

Le noyau K“, où l’on considère, pour un moment, jk comme paramètre, 


s’écrit 


0 /»* 

K3=J Kfa?, K(.ï,/)rfs, 


et il a la forme (8) avec A ( 5 ) = K(.ÿ, >'); un calcul facile donne les 



CHANTRE X. 


«9* 

coefficients de Fourier ~ » de sorte que 


'/I 

“ — >1 — 


X? 


... J 


la série étant uniformément convergente en a? si l’on fixe y, donc aussi 
en y, si l’on fixe a? (‘ )• De même on a les développements analogues 




ç/(a; ) çi(jr) 

*î /t 
Ai 


On aura aussi un développement uniformément convergent du 
noyau résolvant T pourvu que l’on y isole K(Ær, jk)* Partant des 
précédentes (4) (40 


(9) 


i'(^, y; 


X) = - 


K(.r, 



X ©;(.r ) 0/(_y ) 
XKX,— X) 


16. Noyau fermé. — Le noyau symétrique K(a?, y) sera dit 
fermé s’il n’existe aucune fonction h(s) telle que 


(lo) 

{presque partout). 



K(.r, s) h(s) ds = O 


Il est équivalent de dire que le système orthogonal des fonctions 
fondamentales de K est complet. 

Si, en effet, il existe une fonction h vérifiant la condition (lo), il est 

immédiat que cette fonction vérifie cp,7i = o quel que soit i : le sys- 
tème des cp,- n’est pas complet. 

Si, d’autre part, ce système n’est pas complet, il existera une fonc- 
tion h orthogonale à tous les cp,-; la fonction 



h 

K( X, s) /i(s ) ds 


a ses constantes de Fourier nulles; elle est nulle presque partout. 

Remarquons en passant qu’un noyau fermé a nécessairement une 
infinité de valeurs caractéristiques. 


(') On démontre, [37], p. 453, qu’elle est uniformément convergente pour l’en- 
Mmble des deux variables. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 


299 

17. Noyaux symétriques définis. — Au début du Chapitre nous 
avons fait allusion aux relations entre l’étude des noyaux symétriques 
et celle des fonctionnelles homogènes et régulières du second degré 



K(a;, y)u(x)u(y) dx'dy 


[K<x,y)= K(y, x)], 


avec l’argument variable u{x). En faisant sur K(a?, y) les hypothèses 
du théorème de Hilbert et en appliquant ce théorème, il vient 


(II) 

d’où 


J' U(x)fn(^)dx 

j ^ — r„ ?'*^/)\> 


F[«] 



n (p„ dx 



C’est là une expression canonique de la fonctionnelle qui correspond 
à la réduction canonique d’une forme quadratique à N variables. Il 
faut noter que, dans l’expression (ii), il y a en quelque sorte un 
retour du continu au discontinu qui vient de ce que les valeurs carac- 
téristiques y.n sont isolées. 

Si les valeurs fondamentales sont toutes du même signe H- (ou — ), 
la fonctionnelle E[«] sera, quelle que soit u, > o (ou ^ o) ; le noyau est 
alors dit positif {ou négatif). Sinon il est dit ambigu. 

Dans ce dernier cas il est clair que la fonctionnelle E[m] peut 
prendre la valeur zéro sans que la fonction u soit nulle. Il en est de 
même pour un noyau positif (ou négatif) s’il existe une fonction 
orthogonale à tous les cp,, c’est-à-dire si ce noyau n’est pas fermé. 
Le seul cas où F[a] ne puisse pas être nulle pour u non nul est 
celui d’un noyau à la fois fermé et positif (négatif) : un tel noyau est 
dit défini positif {négatif). 


III. - AUTRES TYPES SPÉCIAUX DE NOYAUX. 

18. De multiples travaux ont porté sur d’autres types de noyaux, 
pour lesquels on retrouve des propriétés plus ou moins analogues à 
celles des noyaux symétriques. Nous nous contenterons d’examiner 
quelques cas. 



3oo 


CHAPITRE X. 


Le plus simple est celui d’un noyau de forme 


A(a;) B( 7 ) k(jc, y), 


où k{x, y) est symétrique. Son élude (') repose sur les remarques 
suivantes : 

Tout noyau de cette espèce peut se ramener à la forme 


m ( X ) 
fiUy) 


y), 


k^ (æ", y) étant encore symétrique. 11 suffit de l’écrire 



A ( ./• ) 
H(.r) 


B (y) 


• Â-(.r, y ) \/ A( r ) A(y ) B( .r) B(y ); 


pour la transformation il est esseuûel de supposer que A(a7)B(.r) 
garde un signe constant, que l’on peut toujours prendre positif, quand 
X varie entre a et 6. 


D’autre part la composition denoyaux A', (a?, )') (a?, )') 

donne tl’o" résulte que, si y, (a?, y; X) est la résolvante de k^, 

(y) 

I '1 .J in{:v) , , m(x) , ^ . 

on aura la l'esolvantc de — A| en prenant — ^-- yi (■■r, y; A). 

Appliquons ces remarques au noyau 


K(.r, y)= k(æ)\i(y)k(x,j), 


mis sous la forme 


t/' 


A(.r) B(v-) 
B(,r )■ A(y)' 


Al ( -f , y ). 


k\ étant symétrique donnera des valeurs caractéristiques toutes 
réelles qui appartiennent aussi à K. Les fonctions fondamentales 
de A'i forment une suite orthogonale. 11 est naturel d’y mettre en 
évidence \j K{^x^ 1^(‘^) et de les écrire 

y'A ( .tr) B( æ; ) «/( x)^ 

les conditions d’orthogonalité donnant 

(12) f \( X) li( x) ui( x) n/( x) t/x — j ^ pour 

J„ (I pour 1=7, 


(>) Cf. GounsAT, [36]. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 


3oi 


le noyau principal de kn pour le pôle 'ki étant alors 

V'' A( iC ) B( iP ) A( J' ) B( ) Mi( j:: ) ^^,•( K ) 

kl 

On voit de suite que les fonctions fondamentales associées du 
noyau K pour le pôle ki sont 

oi{x) = k{x) Ui{x ), 'li( X ) = B(a;j ut( x ); 

on passe très simplement de l’une à l’autre. Les relations (12) donnent 

^ Oiix)^jix),/x:= j ” j.’ 

les doux suites 9; et sont dites alors former un système biortho- 
gonal et normal. 


iî). Diverses généralisations des résultats du paragraphe II se 
présentent ici. Ou peut envisager des développements en série d’une 
fonction f{.v) suivant les fonctions de l’une des deux suites qui cons- 
tituent un système biorthogonal. Soit par exemple un développement 

f {x) = C| 9 1 ( • • • ■ ^ X ) -t- . . . ; 


les coefllcienls seront donnés par 

c„ = j /{x ) -l,, ( X ) (/x. 

L’extension de l’inégalité de Bessel nécessite quelques précautions, 
parce que les (12') ne définissent les cpj qu’à des facteurs constants 
près : on peut remplacer epi par en remplaçant par^; on ne 
peut dès lors s’attendre à établir, sans avoir précisé les facteurs A,, la 
convergence de la série 2 ,c?. Mais introduisons un noyau symé- 
trique S(æ, y) tel que 

^ V' y) 

— s — 


les jjLt étant pris positifs et tels que la série soit absolument et unifor- 
mément convergente. Les relations (12') s’écrivent 



b 

y) ÿA/) '^y = 


( O si i ry y, 



303 


CHAPITRE X. 


et, en prenant Ai= on peut faire en sorte que 

fl S(ir, 7 ) 9/(a?) ?i(7) dy = 


I. 


On vérifie de suite que le noyau S est positif et, en prenant les ç,- 
comme il vient d’être dit, l’intégrale, positive ou nulle 


donne 


f f ^{‘!^,y)[f{^)—fn{x)][f{y)—fn{y)]dxdy 

^ a a 


ri b f 

f S(^, y)fi.x)f{y) dx dy 


qui tiendra le rôle de l’inégalité de Bessel : en particulier la série iiC/ 
est toujours convergente. 


20. Le cas où le produit A(iF)B(vr) n’a pas le même signe dans 
tout l’intervalle (a, h') est plus délicat. 

Certains résultats s’étendent à des noyaux de fornu* 

kyx) k(x, y), 

où A(a!) change de signe et où A (j7, y) est symétrique et positif ('). 

,0 

On démontre que : si n'est pas identiquement nul, il y a au 
moins une valeur singulière; les diverses valeurs singulières sont 
réelles et pôles simples de la résolvante . 

21. Noyaux symétrisables. — Los noyaux précédents rentrent 
comme cas particuliers dans la classe, envisagée par J. Marty (^), des 
noyaux symétrisables. 

K(a;, y) sera dit symétrisable si la composition par un noyau 
symétrique S (a?, 7 ) donne un nouveau noyau symétrique. Deux cas 
sont d’ailleurs possibles : 

00 _ O 

I® KS est symétrique, K est alors symétrisable à droite (symétri- 
sable rf); 


(') Cf. HiLBEnT, [42], Fubim, [31], Marty, [70]. 
(*) Cf. Marty, [71, 72]. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 


3o3 


a" SK est symétrique (noyau symétrisable g)] 

un noyau pouvant d’ailleurs être symétrisable à la fois à droite et à 
gauche. 

Dans le cas où S(a;, y) est défini on étend les résultats précédents : 
il y a au moins une valeur singulière et tous les pôles de la résol- 
vante sont réels et simples. 

Remarquons que le noyau envisagé plus haut A(a;) B(y^) /c(a;, y') 
est à la fois symétrisable en le composant par B(a;) y)B(y), 

et symétrisable en le composant par A.{x )k{x, y) K{y). 


Noyaux symétriques gauches. — Ils ont été envisagés par 
Lalesco (' ) et sont caractérisés par la condition 

(i3) K(;r,y^) =— K(y, x). 

0 

Le noyau K- est alors symétrique, ce qui permet de rattacher ce 
cas au précédent. 

L’élude directe est d’ailleurs iminédiale. cpi(.i.) étant une fonction 
fondamentale de la valeur fondamentale À,, on a 


d’où, d’api’ès (i 3 ). 


0 |(,») 1 = l 

Oi(x) = — 



— est donc aussi valeur caractéristique avec la fonction fondamen- 
tale associée 91; il en suit que X, et (p, sont forcément imaginaires 
et. en uccentuant les imaginaires conjuguées, on a aussi 

o', (;r )— — f o\{s)K(s. x) dx. 

d a 


Si ^ — X', les deux fonctions <p<{-r) et <p', (a^-), fonctions fonda- 
mentales associées pour des valeurs différentes de X, doivent être 
orthogonales : 


/ 

^ a 




d) Cf. [ 55 ], p. 73-78. 



3o4 CHAPITRE X. 

ce qui est impossible. Il faut donc que l’on ait 

Xi = — X'i; 


toutes les valeurs fondamentales sont imaginaires pures. 

Les pôles correspondants sont d’ailleurs toujours simples car, 
i[Xy étant l’un d’eux avec la fonction fondamentale (complexe), 

une fonction fondamentale associée sera (.r) et 



{ X) (tx O. 


23 . Il y a d’ailleurs toujours des valeurs caractéristiques (associées 

0 

deux à deux comme ou l’a vu) ])uisque le noyau N- est symétrique. 

Tous les résultats établis pour le noyau symétrique se généralisent 
alors. La seule dilFérencc est due à ce que les fonctions fondamentales 
sont complexes : on a deux suites, finies on infinies, 

(.r), o„(x), 

?2(^). •••) ?/<(-^) 

chaque couple 9,4,9', donnant les solutions fondamentales associées 
pour les valeurs fondamentales ±: i (i étant le s>mbole des imagi- 
naires). On aura d’ailleurs, en particulier, 

O S' /= " 

et l’on pourra choisir les fonctions 9,4 de façon que 

?«?'« = i- 

On généralise alors les développements de Fourier sous la forme 

/(x ) = C, 0,(X fin 9n( X-) -h. . . 

avec, nécessairement, 

C„ = f /( X )<}'„( X ) (fx 


et toute fonction continue de la forme 

f{x)= I K( X, S) h( s ) (ts 

^ a 



NOYAUX SPÉCIAUX, 


3o5 


sera développable en série uniformément et absolument convergenUî 
des 9 ,. 

On généralise de même les développements donnés pour le noyau 
dans le cas où il est symétrique. 

IV. - [\OYAlJ DISSYMÉTRIQLK. 

LES FONCTIONS FONDAMENTALES DE SCHMIDT. 

24. Nous iiisisUu'ons enfin sur la théorie qiCa dévcdoppée 
M. E. Schmidt el qui s'applique à un noyau dissymétrique quel- 
conque ( * ). 

M. Schmidt associe à un tel noyau deux suites dont chacune est 
orlhogonahî et qui tiennent le rôhî qu’avait, au début du chapilre, la 
suite unique des fonctions fondamentales d’un noyau symétrique. 
Les fonctions de ces deux suites n’ont en général aucun rapport avec 
les fonctions fondamentales précédemment définies : on les appellera 
fonctions fondamentales de Schmidt, 

Elles sont définies par le système des deux équations intégrah‘s 






l ;/ ( .r ) = X / Wi X 


( i4 » 

j dfi 



1 vix )= X j //( ; ) 

K( ï, .r 1 (II, 




qu'il 

s’agit de résoudre eu ii el en 

(Jolerminanl ). de façon à a\oii' 


des solutions non milles. 

On fait en général l’étude du système (i4) remarquant que l’on 
en déduit 

= K(.r, Ç ) ) c/? avec K(.r, r)=/ K{ .v, r^) K{r, r\) 

d a • A/ 

v{x ) = / K{ c( \ ) d\ avec K(.r, y ) =: j K( x ) K( y ) dr ^ 

do dff 

c’est-à-dire deux équations intégrales dont les noyaux sont symé- 
triques. 

20 . Nous utilisons une autre méthode, indi({uée par M. Pérès, en 
applic[uant à (i4) le procédé déjà indiqué (Chap. IX, n*‘l). Il est aisé 
de diriger le calcul de façon à avoir une équation à noyau symétrique. 


(') Cf, ScHMini, [102]. 


VOLTERRA 


20 



306 


CHAPITRE X. 


Admettons que, ce qui peut toujours se faire, les limites d’intégra- 
tions soient o et i ; le système (i4) équivaut à l’équation unique 


iv( a?) 


= 1 f II(ar, 


s)w,s)ds 


en posant 


ll(x,y) = 


{ U{X) SI O < ^ < 1, 

r ) = < 

{ t>( X — I) SI I < ic < 2 ; 

O si O < a;, y < I, 

O si I < a;, jK < 2, 

K(a;,/ — 1 ) sio<a;<i, i</< 2 , 

X — i) si I < a; < 2, o<y<i. 


Le noyau H est alors symétrique. 11 a donc des valeurs fondamen- 
tales et qui sont réelles. 

Soit "Ki l’une d’elles et wn(x) la fonction fondamentale. Nous 
pouvons toujours supposer que les ivx-, qui forment un système 
orthogonal 


(i6) 



(ï-’x- ( X ) Wi ( X ) dx = O 


si / ^ />•, 


sont choisies telles que 

j e ^ 

' { ivx(ar) I* f/a: = 2. 

0 

Chaque fonction w/t donne un couple de fonctions fondamentales de 
Schmidt, correspondant à la valeur singulière X*. 

Avant d’aller plus loin il faut noter que les valeurs singulières de Xx 
sont deux à deux opposées : il est clair,, en effet, que si (i4) admet le 
couple de solutions «x, pour la valeur >x, il admettra aussi le 
couple Uk , — ex pour la valeur — Xx; d’où le résultat annoncé. Bien 
entendu il n’y a aucun intérêt à considérer ces deux valeurs 
opposées Xx et — Xx, de sorte que nous nous bornons aux Xx positifs. 
Nous avons donc une suite (limitée ou illimitée) 

(i8) Ài, Xi, Xx, .... 


à laquelle correspondent les deux suites 

(19) U\(x), Ui(x), llkix), 

(20) Vyix), ViiX), Vk(x), 



NOYAUX SPÉCIAUX. 307 

qui, les fonctions qui y figurent étant déduites des indiqués 

plus haut, sont l'une et l'autre orthogonale et normale. 

(i6) et (17) donnent en effet 

O si / JZ: k, 


f’if’i = 


si t = k, 


mais les équations (i4) entraînent 


Xjiv,vji.= XiUiUk, 

d’oii immédiatement le résultat 


UiUk 


(>i Vk 


^ O si f jzi k, 

( I si I = A: , 

5 0 si t 7^ k, 

I si I = k. 


26. Toute propriété du noyau symétrique H (a?, y) donnera de 
même une propriété du noyau dissymétrique K(x', y). 

En particulier, en appliquant à y) le théorème de Hilbert 

(cf. supra, n” 14) on a : 


THéoaèME DE Schmidt. — Toute fonction f{x) continue, qui se 
met sous la forme 


r'' 

y’i .r ) = 1 S) k{s) ds 



/<( J I K( i, X ) ds 




est déceloppahle en série absolument et uniformément convergente 
des fonctions u„{x) e7i(;-p)]- 


Ou pourra aussi envisager le développement du noyau H. On en 
déduit sans peine que : 

Si la série ^ est uniformément convergente, on a 

À/ 

l'égalité 


Ceci montre en particulier que les deux suites orthogonales Ui(x) 
et Vi(x) sont tout à fait indépendantes : on peut les choisir arbitrai- 
rement. En particulier, il peut fort bien arriver que l’une soit com- 
plète et pas l’autre. 



3o8 


CHAPITRE X. 


V. - ÉQUATION DE FREDHOLM DE PREMIÈRE ESPÈCE. 


27. Les fonctions fondamentales de Schmidt se sont révélées 
particulièrement utiles dans l’étude de l’équation de Fredholm de 
première espèce 

( 21 ) / K{x, S) S) ds =f(x) (a^x^b) 

^ a 


[à résoudre par rapport à l’inconnue cp(ir)]. Les résultats concernant 
cette équation sont principalement dus à Lauricella et à M. Picard, 
dont nous suivrons ici l’anal;) se ('). 

Supposons qu’il existe une solution sommable et de carré som- 
mable, soient d\ ses coefficients de Fourier concernant les fondions 
de Schmidt vi et soient c, les coefficients analogues de f{ji) concernant 
la suite des U/. I^’égalité ( 21 ) entraîne 



Ui{,r ) dx = 


</;■ 


(les X,' désignant les valeurs singulières de Schmidt) et, la série hid!^ 
étant convergente, nous avons l’énoncé suivant : 

Pour que V équation ( 21 ) ait une solution^ il est nécessaire que 
la série 

Ifc^ 

I l 
t 

soit conrergente. 

M. Picard a démontré que cette condition est aussi suffisante 
quand les Ui{x) forment un système complet. 

En ell'et, d’après les résultats du n** 12, il existe toujours une fonc- 
tion dont les coefficients de Fourier concernant la suite vi soient 
précisément les nombres X,c/; soit h{x) cette fonction. La dlfiércnce 

f{x) — / ¥>.{ X, s ) tu s) ds 

donne alors des constantes de Fourier nulles pour la suite des ui ; 
cette suite étant complète, la différence en question ne dilfére de zéro 
qu’aux points d'un ensemble de mesure nulle et doit être considérée 
comme nulle si l’on se place, systématiquement, dans le champ (^C). 
La solution ainsi obtenue est-elle unique dans le même champ? 



C) Cf. LAL'nicKiXA, [57, 58], Picard, | 80]. 




NOYAUX SPÉCIAUX. 809 

Pour s’en rendre compte, il suffit d’étudier l’équalion sans second 
membre 

( 22 ) / K( JC, s) h{ S) tls = O. 

Toute fonction qui vérifie ( 22 ) est, comme le montre un calcul facile, 
orthogonale à toutes les e/. Elle sera nulle si le système des c/ est 
complet. 

Lorsque le .système des e,- n’est pas complet on pourra ajouter à la 
solution obtenue plus haut une fonction quelconque A(.z;) ortho- 
gonale à toutes les e,-. 


28. Examinons maintenant le cas où, la condition nécessaire du 
début étant toujours satisfaite, la suite n’est pas complète. 

Dans ce cas on peut encore trouver une fonction h(x) telle que 
ses coefficients de Fouricr (concernant les »>, ) soient les nombres XjCj, 
mais le raisonnement précédent luontnî seulement que 

r'' 

( •>. i' ) / X, S) hi s ) ds ■= f { .r ) -¥■ f\[ X 

/( (.r ) étant une fonction orthogonale à tous les ?/,. 11 est clair d’ailleurs 
que, quel qiu; soit le choix de /i (.c), on aura les mômes Cj et la même 
fonction /t(.r) : parmi toutes les équations de la forme ( 21 '), il ^ en a 
une seule qui soit l'ésoliible, elle admet d’ailleurs un nombre fini ou 
une infinité de solutions suivant (jue la suite e, est ou non complète. 

21). Donnons enfin quel([ues Indications sur le cas où ^ est 
divergente. L’équation ( 21 ) n’est pas résoluble, mais la somme 


h„{x ) = >’(( X) 

sera udle que 

Z’* 

f{x) — I h(x, S) /)„(s ) (h =/—/„, 
en posant toujours 

n 

/h=^ <■, U,( X). 

I 

On pourra donc (c/. n" 11) choisir n assez grand pour que 



3io 


CHAPITRE X. — NOYAUX SPÉCIAUX. 


soit, en moyenne, arbitrairement petit. 


30. Signalons enfin (jue, avant le développement des méthodes 
générales, M. Levi-Givita avait traité, [63], sous quelques condilions 
et par un procédé très élégant, des équations telles que 


(23) 

(24) 



k(x — S)9('.V)rf#=: fix), 



X — S) 9 ( s ) rfi =/( .r ). 


Soit l’équation (aS) <C. oo), on en déduit aisément que 

(25) I cos7:t(x — z)f(x)dx 

~ S.(t) Ç cost.Ks — z)^{s)<ls — \Ut)J' sin-^(A' — z)!f(s)cls 


avec 


\( t } = r /i{X) coiiT: tA (0^, B(^)= r ÂtA)s'mzt\dX, 

«^0 *^0 

et l’on aura une équation analogue avec un sinus au premier membre. 

M.T ^evi-Civila tire de ces deux équations / cosT:t(.x — z) dx, 

«Al 

puis, supposant satisfaites les conditions pour appliquer l’intégrale 
double d(! Fouricr et intégrant en I de o à + oo, il aboutit à la 
conclusion que 

j f” J f’’ \{ t ) co^r. t{x — 3) -H B( ^ j sin .r - 

„ jA(<)p+iB(0;^ 


1(3) = 


■ /( X ) dx 


doit donner cp(^) pour z'^a et être nulle pour z<ia. Sous celte 
dernière condition et avec les hypothèses nécessaires à la validité des 
calculs précédents, il a donc une expression analytique nécessaire do 
l’inconnue «)>("), expression (pi’il vérilie directement. 

Pour l’équation ( 24 ), M. Levl-Givlta ne limite pas à («, b) l’inter- 
valle de variation de x, mais considère le cas où celle équation est 
satisfaite quel que soit .r. Introduisant une expression J(x:) analogue 
à ï(i) I les intégrales qui donnent A(l) et B(^) ainsi que l’intégrale 
par rapport à x ayant les limites — 00 et -h 00 ], il montre que J ( 3 ) 
doit être nulle pour 5 « et « >• 6 et donnera (p(-) pour a z h. 



CHAITOE XL 

LÜS ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 


1. — ÉTUDE DE QUELQUES CAS SIMULES. 

1. En abordant, au Chapitre VI, l’élude des équations intégrales, 
nous avons posé le problème général de V inversion d’une Iransfor- 
inulion fonctionnelle 



faisant passer de la fonction j'( ic ) à la fonction Nous avons de 

suite particularisé la question en nous bornant au cas où la fonc- 
tionnelle F est linéaire en y et où elle est régulière, avec, éventuelle- 
ment, la \aleur exceptionnelle x\ Nous avons ainsi été amenés aux 
équations intégrales linéaires, ((ui vi»‘unent d’ètre étudiées. Il convient 
maintenant de passer au cas où la fonctionnelle F n’est pas linéaire; 
on a alors une équation intégrale non linéaire. 

'‘1. Les exemples les plus simples d’é<pialions non linéaires que l’on 
puisse traiter s'obtiennent en remarcpiant que la méthode des 
approximations successives, telle qu’on l’a appliquée plus haut à 
l’érjualion de Voltcrra ou à l’équation de Fredholm, s'applirpiera 
encore aux équations (' ) 

(Ij 0(J7)— / H (r, ï, 9' S )) f/Ç r= A(.r), 

iV D(.r, 9(^)) = /,(.r), 


(^) Cf. Lalksc;o, [ 55 ]. 



3I2 


CHAPITRE XI. 


respectivement à limites variables et à limites fixes, dans lesquelles 
h{x) est donnée et dans lesquelles H est une fonction ordinaire, 
également donnée, des trois quantités qui y figurent 9. 

Certains problèmes aux limites concernant les équations différen- 
tielles ou les équations aux dérivées partielles conduisent à dos 
équations intégrales du type précédent on de types très analogues. 
Nous avons déjà vu (Chap. VI, § V) que les équations do Vol terra 
peuvent être rattachées aux équations différentielles linéaires; en 
partant d’une équation différentielle non linéaire, on pourra obtenir 
de même une équation intégrale non linéaire. 

Prenons, par exemple, l’équation différentielle 

(3) g = 9), 


et soit à déterminer sou intégrale 9(^7) qui, pour a? = a, prend la 
valeur 90; ou a à satisfaire 

(4) ?(^) = 9o + /^ ll(ç. 9(î)) 

qui est un cas particulier de(i). 

Soit encore l’équation aux dérivées partielles 


(5) 


dx ôy 


= H(u:, y, 9), 


dont on cherche une intégrale 9(^7, y) prenant des valeurs assignées 

A(y) = 9(a,y), 

= 9(.ï, é) 


[avec h{b) = A’(cf)] lorsque x el y prennent les valeurs fixées a el b 
(problème do Riemann). On se ramènera à l’équation intégrale 


( 6 ) <f(x,y)=J' H(ç, Yi; 9($, Yi)) rfT| -t- /t(y) -4- kix) — k{a), 


où figure une intégrale multiple, mais qui est tout à fait analogue à (i). 


3. Examinons en détail le cas de l’équation (i). Comme l’a 
remarqué Lalesco ( ' ) on peut lui étendre la méthode d’approximations 


(') Loc. cit. 




3i3 


ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 

successives suivie par M. Picard pour établir le théorème d’existence 
concernant l’équation différentielle ( 3 ). 

Admettons que la fonction H(Ær, 9) soit définie dans le champ 

A — w ^ A -h ni, 

avec les inégalités 

1 H(j;, Ç, oOl< M, 

il-K.*;, Ç, Ç, ?,)|<N| 9 ,- 9 ,|, 

(ff et (jpa étant deux valeurs de (p quelconques dans l’intervalle 
(A — m, A + m); a, 6, A, rn, M, N étant des constantes. Admettons 
enfin que, quand x varie de a à Xo, on ait 

A — \ -h £(^0 ), 

^on peut donc prendre pour g (a;o) la borne supérieure de — A| 

dans l’intervalle (a, et limitons-nous à un intervalle de variation 
de X : tel que l’on ait à la fois 

x„<^b, £(.r„) -1 - M(æ?o — rt) < /n. 

Les approximations successives seront 

9o(:r) = hix), 

> 

o,iix ) — fn x)-i- I (n( J-, s, ds, 


et il est facile de voir que, dans l’intervalle («, la limite de ^«(vc) 
existe et est la solution de (1). On étudiera pour cela la série 

(7) 9rt”*“(9i — 9 o — 9 «— I j ■+■•••• 


D’après le choix de l’intervalle (a, il est clair que les diverses 
fonctions (jp„ restent comprises entre A — metA + m; on a alors 


91 — 9 o I < Mia; — a), 


d’où 




et, en général, 


9« - 9«-i 1 < MN'-i . 



CHAPITRE XI. 


3l4 

La série (7) est donc absolument et uniformément convergente et 
elle définit une fonction (s^{x 

lion de (i). 

On constate aisément qu’il ne peut exister, dans le même intervalle, 
une autre solution cp(^) de l’équation (1) restant comprise entre 
A. — m et A + m. L’égalité 

çC-rj — = f I H(æ-, 5, 0(5)) — n(.ar, J rfÇ 

entraînerait 

1 0 C .r ) — O ( a; ) I < ?. /« N" p— ^ » 

quel que soit n, d’où 

o( X)^ç{ X). 

4 . La méthode s’étend évidemment à d’autnis cas : équations où 
figurent des intégrales multiples [la précédente (6), par exemple], 
systèmes d’équations intégrales auxquels amènent, par exemple, des 
systèmes d’équations difl'érentielles ( ' ). 

Prenons maintenant, au lieu de (i), l’équatiou (2) à limil(!S fixes. 
On définira sans peine les approximations successives pourvu que, 
en gardant les notations précédentes, on ait 

t( b ) ->!- ’Sl { b — a) in\ 

seulement l’inégalité pour 9,, — <^n-\ devra être remplacée par 

1 ?« — ?n-i 1 < MN»-’ (b — a )«, 

sans factorielle au dénominateur, de sorte que l’on ne peut affirmer 
la convergence des approximations que lorsque 

N ( ù — « ) •< I . 

Si l’on introduit (comme dans l’équation de Fredholm) un 
paramétre \ devant l’intégrale qui figure au premier membre de (2), 
l’équation obtenue aura une solution, d’ailleurs unique, pour |X| 
inférieur à la fois à 

m — 6 ( 6 ) I 

■■ fît _ , ' ' ■ • 

M ( 6 — a ) N ( 6 — a) 


) j’égale à lim 9n(*2?)j évidemmenl solu- 


{*) Cf. E. COTTON, [17], M. PiCONK, [84]. 




3i5 


ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 

O. Les précédentes (i) et (2) contiennent cp(ir) linéairement en 
dehors du signe d’intégration : elles peuvent être dites de seconde 
espèce. Les équations de première espèce correspondantes sont plus 
difficiles. Prenons seulement 

/ .r 

H (^a:, ?( Ç = h( ). 

On en tire, par dérivation, 

(8') u:, r Wj-ix, = h’ {x), 

pour laquelle on pourra dans certains cas utiliser les approximations 
successives 

I Ç, 9„_i(Ç)) c/Ç. 

a 

Mais la détermination de <p,i se fait par résolution d’une équation 

X, 0„iX)^ — /iX), 

et, quand il y a des ramifications, elles pourront dépendre du second 
membre et n(! pas se retrouver identiques dans toutes les approxi- 
mations. 


II. - lÆS RÉSULTATS GÉNÉRAUX DE M. VOLTERRA. 

t>. Quel que soit leur intérêt et, parfois, leur difficulté, les cas 
envisagés plus haut ne peuvent donner une théorie générale. Les 
bases d’une telle théorie ont été posées par M. Vollerra (') grâce à 
l’extension, au cas des transformations fonctionnelles, de la notion de 
déterminant fonctionnel. 

7. Reprenons une substitution entre deux groupes de n variables 
(9) Zi=fi{yA,yt,...,yn) fi = i, 2, . . ., n i; 

on sait que, pour l’inversion des équations (q), intervient de façon (*) 


(*) Voi.TERRA, [128] et aussi [113] de la bibliographie I. 



3l6 CHAPITRE XI. 

essentielle le déterminant fonctionnel 


P /g; _ 

••• rn)‘ 

Soit un système de valeurs des y (y“, y ”, . . y ®) et les valeurs 
correspondantes des z : (^®, 3®, 5®). Si, pour ces valeurs, le 

déterminant fonctionnel n’est pas nul, les équations (9) auront une 
solution unique 

( 9 ') 7i- = s-., . • 

où les fonctions sont définies pour les valeurs Zf assez voisines 
de Zj et se réduisent à j® pour zj = 3® (f, y = 1, 2, . . ., n). En 
somme, l’inversion de la substitution (9) est possible, et celte substi- 
tution est définie de' façon biunivoque, au voisinage des deux groupes 
de valeurs correspondantes ( . . . , r“) (.3®, .... 5®). 

Remarquons que le déterminant fonctionnel est le déterminant des 
équations linéaires obtenues par différentiation 


n 



1 


8 . Passant au cas d’une transformation fonctionnelk 


(u) 3(.r ) = jlj , 

M. Vollerra en déduit qu’il faut envisager de même la relation déduite; 
par différentiation 

fri) 3c (.r ) = F, j^.r, y(f), oyl / ij , 


où F, (différentielle de b') est une fonctionnelle do deux arguments 
)'(<) et â linéaire et homogène par rapport au second. 

àj'(e) étant prise comme inconnue, l’équation (12) est linéaire et 
sa résolution sera un préliminaire indispensable à l’étude de (ii). 
De plus, pour les questions concernant V inversion de transforma- 
tions fonctionnelles (elles que (ii), nous devrons adopter une 
classification basée sur la nature des transfor mations {\2.) corres- 
pondantes {équations aux variations). 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. Siy 

9. Dans les cas les plus usuels, l’équation aux variations (la) 
sera une équation intégrale linéaire, de Vollerra ou deFredholm, par 
rapport à déterminant de cette équation joue alors le rôle 

que jouait le déterminant fonctionnel pour le cas d’une substitution 
sur n variables : on peut V appeler déterminant de la transforma- 
tion fonctionnelle (i i). 

Supposons que (i i) soit satisfaite pour un couple de fonctions 
5„(^) et que la valeur correspondante du déterminant soit différente 
de zéro. Il est à prévoir — et nous le justifierons dans la suite pour 
des cas très étendus — que l’on aura l’énoncé s/ulvant : 

L’équation (ii) définit, et de façon unique, une fonctionnelle 


(i3) 





telle que, lorsque z(t) se réduit à f{t) se réduit à i la 

relation fonctionnelle entre les arguments y {l) et z{t) est hiuni- 
voque dans des voisinages, à préciser, des fonctions dont on est 
parti. 


10. Des considérations analogues s’appliquoi'ont à une équation du 
type 

(il ) th ^ t, ~ * 

dont on veut tirer poura<xS ^5 en supposant connu -( C’tfst 

une équation définissant de façon liuplicite la fonctionnelle cberchée 

(i5) == Gj^3( /), .rj , 

et qui généralise un système di; n équations 

<li') feyy,yi, Yn-, Zi, Z.,. Zn) (t = I, a, . . . , 

dont il s’agit de tirer les y en fonction dos 

Dans ce cas encore la question préliminaire sera la résolution de 
l’écpialion 

SF = O, 


(^) Dans cette équation les fonctions-arguments ^ et z sont prises dans un même 
intervalle : ce n’est évidemment pas une restriction et il est toujours aisé, par 
changement de variable, de se ramener à ce cas. 


3i8 


CHAPITRE XI. 


que nous écrirons 


(i6^ 



b b 

zi t), 5 z 

a a 



O. 


F,, différentielle de F, étant une fonctionnelle linéaire par rapport 
à éj' et ^z. Il faudra résoudre (i6) par rapport à hy et l’on sera 
conduit, comme plus haut, à définir par la considération de (i6) le 
déterminant de (i4)* 

Soit en effet un couple ^o( 0 de fonctions vérifiant (i4)* 

Nous pourrons, sans restreindre la généralité, prendre yo et Zq nuis 
identiquement (il suffira de remplacer les arguments y{t) et z{t) 
par et Admettons donc que, pour 

z(t) nuis, l’équation (i6) se réduise à une équation de Fredholm 
en et qu’elle s’écrive 


(i6') Tifixi+J" 3^( Ç ) K(5, -r j j ) 


H étant fonctionnelle linéaire de àz. Le déterminant de cette équa- 
tion de Fredholm sera le déterminant de la relation fonctionnelle (i 4), 
pour les valeurs milles de y{t) et z{t). S’il est différent de zéro on 
aura en général le même énoncé que plus haut : on tire de (i4) 

(i 5 ) jK(a;) = g|^ 3 (Ô, , 


fonctionnelle bien déterminée pour y{t) et z{t) assez voisines de 
zéro. 

Dans la démonstration il faudra employer la méthode des approxi- 
mations successives. On devra, en général, diriger les calculs de la 
façon suivante : on écrit (i4) sous la forme 


(i 4 t) y{x)-^ f y'($)K(Ç, 

^ a 


= ^[^^(0, z{t\ x^—y{x)—f y($ 
L « « J Ja 


)K(Ç, 


et l’on résout l’équation de Fredholm (i4i)5 où le second membre est 
considéré comme connu. On tombe ainsi sur une équation équiva- 
lente 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 819 

OÙ £2 est une nouvelle fonctionnelle dont la différentielle est nulle 
lorsque y{t), ■s(t) et ày(^t) sont identiquement nuis. C’est sur (142) 
qu’il convient de faire les approximations successives en prenant 


(16) 


yo(x) — ü 

1^ 0 , 3(0, a?j, 

yi(a;) = Q 


yn{x) = Q 

h h -t 

2(0, x\, 

a a J 


et yn{x) convergera vers une solution y{x) sous des conditions très 
peu restrictives. 


11 . Cas particulier d’une fonctionnelle développable en série de 
puissances fonctionnelles. — M. Volterra avait traité en détail, dès 
190.5, le cas où la fonctionnelle qui figure dans (ii) ou dans (i 4 ) 
admet un développement en série du type analogue à celui de Taylor 
(c/. Chap. IV'^, n'’ 13 ). 

Prenons par exemple l’équation 


(17) 


(X =(x)=: j(,r)-+- X f 





IV/tf ^ î J ^*2) • . • J t n) 

X y(t^) . . . y{tn)dti . . . dt„ 


où l’inconnue est y{x), les noyaux donnés K„(.r; f,, . . ., i„) étant 
symétriques par rapport à t,, . . ., tn- X et p. sont deux paramétres 
qu’il est commode d’introduire dans le calcul, mais qui ne jouent 
aucun rôle essentiel. Nous cherchons une solution de (17) nulle en 
même temps que nz{x). 

Il est commode de prendre un développement de celle solution 
suivant les puissances de p. En dérivant (17) par rapport à p. et 
faisant p. = o, il vient 


z(x) 


I d\x 


X t) 



dt, 


qui est, aux notations près, l’équation aux variations correspondant 
à (17) et, si le déterminant de cette équation n’est pas nul, on en 



CHAPITRE XI. 


3 AO 


tirera f^l , • En dérivant (17) deux fois par rapport à fA, puis 


faisant p = o, on a 


équation de Fredholm qui a le même déterminant que la précédente 

et détermine donc de façon unique j • calculera de même 

les dérivées suivantes de y par rapport à fi et il restei'a à vérifier, ce 
qui est très simple, que la série 


(18) 




1X=0 


représente uue solution de (17). Or on voit aisément que cette série 
converge pour ] ixz{j;) [■<£,£ étant pris assez petit et qu elle satisfait 
alors (17) : elle donne la seule solution de (17) qui tende vers 
zéro en même temps que [j.^(.r) (la définition de la distance fonction- 
nelle étant la définition élémentaire) et l’on a bien ainsi l'inversion 
univoque de la transformation fonctionnelle (17) dans un voisinage 
d’ordre zéro du couple de fonctions j)^o(j7) = o, Zu{x) = o.' Le lec- 
teur constatera d’ailleurs que (18) est une série de puissances fonc- 
tionnelles tout à fait de même; type que (17). 


III. - LES ÉQUATIONS DE SCHMIDT. 

CAS OU LE DÉTERMINANT N’EST PAS NUL. 

12. Dans un Mémoire publié on 1908, M. E. Schmidt (') traite 
le cas où la fonctionnelle F est donnée par une série où interviennent 
non seulement comme dans (17) des fonctionnelles régulières^ mais 
des fonctionnelles normales. 11 envisage le déterminant de l’équation 
fonctionnelle, défini comme plus haut et, dans le cas où ce détermi- 
nant n’est pas nul, son analyse se rattache directement aux méthodes 


(') Cf. Schmidt, [103]. 




ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 


3’2I 


qui viennent d’être exposées. II étudie ensuite les cas où le détermi- 
nant est nul et ses résultats sur ce sujet sont entièrement originaux et 
de la plus haute importance. Nous les exposerons au paragraphe 
suivant, mais nous devons auparavant donner les formules de 
M. Schmidt pour le cas du déterminant non nul. 

13 . Calculs sur des séries de monomes fonctionnels. - Nous pren- 
drons, pour fixer les idées, deux fonctions-argument u{s) et e(s) 
définies pour o<s<i et nous considérerons une fonctionniflle homo- 
gène en U et e, de degrés respectifs m et u, ayant la forme 

( 19 ) H^o(s) i'%(s) C ■ ■ ■f h{s\ 1 ^, t-, tr,) 

X /| ) . . . fr. ) tr, ) é//, (it I . . . 

nous dirons qii(‘ c’esL un rnonome. fonctionnel ( • ). Les a et le.s [3 sont 
des exposants positifs ou nuis tels qinî 


ao -4- a , -H . . . ocp = Ni , 

H- ^J\ -4“ . . . -1” // 

et tels de plus ([U(‘ les deux nombres (Xi et j 3 / (/ — 1, p) ne 

soient jamais simultanément nuis, k sera dit coefficient du monome. 
Nous n^écartons pas le cas où les inléj^rales disparaîtraient, Tcîxpres- 
sion (19) se réduisant à 

(It)' j k(s ) 

av(»c le coeflicient k{s). Les fonctions u <‘1 e et les coefficients k sont 
supposés bornés. On envisagera de même des monomes fonctionnels 
à un nombre quelconque d'arguments. 

A une expression (19) ou (19') nous ferons correspondre le monome, 
au sens ordinaire, dit monome majorant 

K li ^ 

contenant les variables U et V essentiellement positives et avcic un 
coefficient K (essentiellement positif, U, V. K étant d ailleurs choisis 


(') Celte dénomination est critiquable, parce que (19) provient d'un polynôme 
ordinaire par le passage du discontinu au continu; elle est commode ici. 

Notons que, abstraction faite du facteur M*o{.ç)r 3 o(s) la fonctionnelle (19) est nor- 
male en u et en c, au sens du Gliapitre llï. 


VOLïKRHA 


21 



CHAPITRE XI. 


32‘i 

de façon que 

|w(i)i<u, k(«)l<v, iÆ(*: f,, fp)|<K, 

de sorte que le module de (19) est inférieur à KU"*V". 

Pour la suite il est essentiel de noter qu’il existe plusieurs types 
différents de monomes fonctionnels correspondant aux mêmes degrés m 
et n. Ils diffèrent par les valeurs des a et de ( 3 . On peut toujours, en 
permutant les variables d’intégration, s’arranger pour que 

et pour que, lorsque a^r= «^, on ait | 3 p.>( 3 v; les exposants étant ainsi 
ordonnés, deux monomes seront de même type si les couples d’expo- 
sants «0(^0» • • - i «p( 3 p qui y figurent sont les mêmes. Si l’on a à 

ajouter des monomes de même type, on pourra les réduire à un seul 
obtenu par addition des coefficients. 

Remarquons enfin que le nombre des types correspondants à des 
degrés m ei n donnés est fini et que des monomes fonctionnels de 
types différents, mais de mêmes degrés en m et n, auront des 
monomes majorants semblables. 


14 . Nous désignerons par la notation 
(20) //»« •’(«); 5 j 

une somme de monomes (19) ayant les mêmes degrés m et n ('). Il 
lui correspond un monome majorant 

obtenu par addition des monomes qui majorent les divers termes 
de fmn- Enfin nous aurons à considérer des séries de fonctionnelles 
de la forme (20). L’une de ces séries étant 



0 


nous lui ferons correspondre une série majorante 


(21') ÿ 

0 

série de puissances ordinaire des variables U et V . 


(') On emploiera des notations analogues pour un nombre quelconque de fonc- 
tions-argument. 




ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 


323 


15. La série (21) définira, quand elle sera convergenle, une fonc- 
tionnelle de a et e dépendant aussi de la variable s. Suivant ce qui a 
déjà été fait au Chapitre III, § III, il est naturel de porter son 
attention sur le cas où la série majorante (21') est convergente. 

Si (21') converge pour un couple de valeurs Uo cl V,,, il est clair 
que (21) sera absolument et uniformément convergente pour toutes 
les fonctions u et v qui vérifient 

(22) |m(s) 1 <Uo, 1 v(s) 1 <Vo; 

(21) sera dite, alors, régulièrement convergente: une série de 
type (21) régulièrement convergenle donne une fonctionnelle de a et e 
dans les champs fonctionnels (22) (voisinages élémentaires des 
fonctions-argument nulles). 

Los calculs sur les séries régulièrement convergentes de monomes 
fonctionnels se font sans difficulté. Le produit de deux monomes est 
un nouveau monome; si, dans un monome fonctionnel en u et v on 
remplace u par un monome en v, 

u{s) = v'(o(s } C ...f l{s\ t\, . . . . . v'<T{ta)dt^ . . . (ita, 

on a un nouveau monome qui ne dépend plus que de v. Dans les 
deux cas les mêmes opérations efTecluées sur les monomes majo- 
rants donnent un monome qui majore le résultat. 11 en résulte de 
suite que : 

I. On peut faire le produit de deux séries du type (21) 
régulièrement convergentes. La série produit est régulièrement 
convergente. 

Une série majorante du produit s’obtient d’ailleurs par le produit 
des séries qui majorent les facteurs. 

II. Étant donnée une série de fonctionnelles régulièrement 
convergente (21), on peut y remplacer u{s) par une série ana- 
logue de V argument v{s) ou de tout autre argument w{s), par 
exemple 

(23 ) m(<) «j 

{cette série ne contenant pas de terme de degré zéro) et effectuer 
le calcul terme à terme. 



CHAPITRE XI. 


324 

Observons qu’une série majorante du résultat s’obtiendra (;n 
faisant le même calcul sur les séries 





0 


el 



WH-, 


majorantes de (21) el ( a 3 ) (' ). 


16 . Équations do Schmidt. — Après ces préliminaires, abordons 
la théorie d’une équalion fonctionnelle de forme 

( 2 ',) e(0; = O, 

la fonctionnelle f étant donnée par une série du type précédent : 

X 

m n 
0 


Il s'agit de résoudre (24) par rapport à u(s). 

Nous admettrons que (24) ail lieu pour u(s) el r{s) nuis, ce qui 
entraîne que /oo soit nul et nous en définirons la solution dans des 
voisinages (élémentaires) des arguments u et e nuis. 

Si nous mettons en évidence dans (24) les toriniis correspondants 
à m = I , n — o, termes qui ne contiennent que u et au premii*r degré, 
qui peuvent donc s’écrire 

— r( s ) ui s ) -h I c(s, f ) ii( t) (l/, 

•-A) 

l’équation (24) deviendra ( - ) 

( 24 ') c{s)u(s)—J' c{s, t)u{t)(lt— s\-^ 2 finn\n, s\, 


et l’équation aux variations, écrite pour m(s) et v{s) nuis, sera 


(' 2 ) ) 


<'{s) 5 u( s 



t)S u( () dt =/oi [ <î(>; $ |. 


(‘) Il est élémentaire que la série ainsi obtenue est convergente pour V et VV 
assez petits. 

(^) /«i contient pas u. 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 325 

Si ç(s) u’osl pas nul dans l’intervalle (o, i), c’est une (équation de 
Fredholm régulière et, en divisant par c(s), on peut se ramener au cas 
où c(s) est égal à un. Si c(s) s’annule pour des valeurs isolées, on a 
une équation singulière du type de M. Picard (Ghap. IX, u“ 13, 
équation de troisième espèce)', slc(s) est Identiquement nul, on a 
une équation de première espèce. M. Schmidt laisse de côté ces 
deux derniers cas. 

17. (aà) est donc une équation de Fredholm régulière et le déter- 
minant de cette équation sera le déterminant de la relation fonction- 
nelle (24). S’il n’est pas nul, nous pourrons appliquer la méthode 
indiquée au paragraphe précédent, n" 10. (24’) a précisément la 
forme indiquée (i4) ) a» n" 10 ; on la résoudra en u{s) eu supposant 
pour un instant le second membre connu. On aura ainsi 

(2't") = jfo, r ( / i; U- V M, r; i j, 

L 0 J 

le second membre étant une série de tout point analogiu* à celle qui 
figure dans (2.4^) et dont les divers termes g, un se calculent facilement 
en fonction des et du noyau résolvant de l’équation de Fredholm. 

D’après le n" 10 précédent, c’est à celte équation qu'il faut appliquer 
la méthode d’approximations successives, et cela ne fait pas de 
difficulté. 

18. M. Schmidt procède de fac^ujn un peu dlUéronle. Il remarque 

(jue l’on satisfait formellement à (240 série analogue 



h^, II.,. . . ., hp, étant respectivement homogènes en r de degrés i, 
2, . . ., p, ... (ce sont des sommes de monomes fonctionnels). Si 
l’on porte dans (24") et <|ue l’on identlfu*, on volt que les termes du 
premier degré ne peuvent venir que d(' ,.",11 ; il faudra prendre 

A, [ r; s] — A'n, f r; .v]. 

En général les termes hp s’obtiennent en remplaçant dans le second 
membre de (24'’) u par h\ h-i . • . + /i//_i et en gardant seulement 
les termes de degré p. 



326 


CHAPITRE XI. 


Au lieu de {M") prenons l’équation 

(24Ï) U = Go,V-f- 2 

m-h/i > 2 

où figure au second membre une série majorante du second membre 
de (24''). 

Il est élémentaire qu’on en tire U en fonction de V par une série 
(26,) ü = HiV-hHîV^-i-...-4-H/,V/'-h... 

convergente si V est assez petit et dont les coefficients sont tous 

Or un terme s’obtient à partir de (24, ) par un calcul exac- 

tement parallèle à celui qui donnait hp\^v \ à partir de ( 24 ' 0 ' Tous 
les termes des divers types de la série qui figure au second membre 
de (24'^) se retrouvent majorés dans (24,J), de sorte que 
majore A/j[v; s]. La série (26) est régulièrement convergente et 
donne une solution de V équation proposée si \ v{s) | est assez petit. 
Cette solution est d’ailleurs une fonctionnelle de continue au 

sens élémentaire. 

19 . Unicité. — S’il y avait une autre solution u{s) -t- <v(s), fonc- 
tionnelle de e(5) s’annulant avec e(^), on aurait 

(27) w{s)= 2 \ gmn[u. W, i>-, s] — g,n„[u, Vy s]\. 

m-\-n > 2 

I Or, étant donné un monome fonctionnel quelconque e; ^], 

si l’on développe qmn[u->r w, v, 5], on y retrouve qmn[uy v; 5], de 
sorte que dans la différence -f- tv, v, «] — ^mn[«, e; 5] tous les 

termes sont réunis par des signes -!-• Ces termes se retrouvent 
majorés dans la différence Qmn(U -h W)"* V" — Q/nnU'" V", majorée 
elle-même par mQ„,,i(U -t- WV". 

Le second membre de (27) est donc inférieur en module à 

W 2 G,„„ ( U -+- W y«-i V«. 

m-k-n > 2 

Prenons pour W le maximum du module de U, V et W 




ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 


327 


étant choisis assez petits, la série ^ wG„ift(U + V" aura une 

WH-/1 > 2 

valeur numérique d inférieure à 1. Dans ces conditions (27) entraî- 
nerait 

I ) I < ow, 

ce qui est absurde. Il y a donc unicité dans un voisinage d’ordre zéro 
des valeurs milles des arguments u(s) et i>{s). 


IV. - LE CAS DU DÉTERMINANT NUL : 

LES ÉQUATIONS AUX RAMIFICATIONS. 

20 . Suivant toujours l’analyse de M. Schmidt, nous reprenons 
l’équation (24') en supposant que, par division par c(.ç), on se soit 
ramené au cas où c(a‘) est égal à i. L’équation s’écrit 

(28) It(s)~f C(S, t)u( t) (/t — s] ■+■ ^ /,nn[n, e; 

* ^ ni-i-n > 2 

et nous nous placerons dans le cas où le déterminant de Fredholm 
calculé à partir du noyau c(. 9 , f) est nul. 

Les équations homogènes associées 

s(s ) — / Ci s, t)^( t) ilt = O, 

^ ( 5 )CM i, « ) r /5 = O 

^ 0 


admettent alors des solutions fondamentales indépendantes (associées ) 
9l(5), 9r(5); •••» '^r( ()■ 

Soit alors le noyau 

/• 

e(i, t) == 6Mi, 0-+-5! 

1 

où les fonctions et sont supposées continues, respectivement 
linéairement indépendantes et peuvent d’ailleurs être réelles ou 
imaginaires; nous allons établir que : 

Lemme. Pour que le déterminant de Fredholm de e{s, t) ne 



3i8 


CHAPITRE XI. 


soit pas nul, il est nécessaire et suffisant qu’il n' existe ni une com- 
binaison linéaire des <^i{s) orthogonale à tous les q,„ ni une com- 
binaison des orthogonale à tous les jx,. 

En effet, soit l’équation 

( 29 ) M(i) — / e{ S, t )H{ t ) (It — O 

qui, si le déteniiinanl en question n’est pas nul, doitn’aNoir d’autre 
solution que zéro. Elle s’écrit (notation p. 288). 

i29'i ms) — I r[ s, t )e(t ) (1t — s ).ucp,. 

•J» 

Si elle a une solution non nulle, ou bien tous les «</., sont nuis, mais 
alors cette solution est une combinaison linéaire des ç, orlbogouale à 
toutes les ou bien l’équation (2()') entraîne, en posant uq~,~ A,, et 
par un calcul immédiat, 

^ A./i//7>v - o: 

V 

or ce sont là des équations du |)remier degré en A-, dont le déterminant 
est forcément nul puisque les A,, ne sont pas tous nuis; il existe alors 
des constantes G, non toutes iiulles telles que 

cela donne une combinaison des orthogonale à toutes les 

Incidemment notons que les comlitions posées par le lemim; 
reviennent à dire que, posant 

les déterminants qui ont pour éléments A/* ou B, 7 ne sont nuis ni 
l un ni l’autre. 


21. Bevenons à (28). Il sera toujours facile de trouver des fonc- 
tions pQlq satisfaisant aux conditions du lemme. Nous transformerons 
alors (28) comme au n" 10, mais en isolant au premier membre 


ni s ) 


-I 


f )lH f ) (if y 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. Sîg 

puis résolvaiil celle équation de Fredholin comme si le second 
membre était connu. 

Nous obtenons ainsi 


(3()) uis}—^ ( 


I 


^ ( — Pi^ S} -h I ôis, Dpfit) A' ‘H [<’; f; s] 


étant le noyau résolvant de e et en posant 

( 3 1 1 ^ (f, f \ii{ t ) dt. 


Laissons pour un instant les constantes xi arbitraires, l’équation (3o) 
se traitera exactement comnu» du paragraphe III. I.e fait qu’il y 

figure, en plus d(‘ la fonction-argument (I(‘s variables ordi- 

naires Xi n’introduit amninc difficulté. On aura la solution de forme 

( 3’> ) !({$)" ^ . 

.-t I 

valable lors(|U(î les u'i et v{t) sont assez petits (ui module; les 
désignant toujours des fonctionnelles homogènes, de degré /t (ui e(/), 
obtenues comme sommes de monomes des difTérents types. 




e ' t)\ 
0 


!22. Il reste à choisir les constantes .e/ de façon à satisfaire les (3i); 
il suffît d’y porter l’(‘xpression (3‘>. ) et l’on a 


ût|. .X, 




(33) 2 ^ L;> 

a, i 7. . i . . . a, 1 

00 ^ , 

i V V / 

-H ▼ J ^ J , I n 

a, 3-. . .-3-a, >0 1 


'( / ;'c .7,( 


les coeftioienls étant des conslanles quand {'{s) est connue. Nous avons 
distingué dans (33) l(‘s termes venant des h„ qui donnent des coefli- 
cieiils L indépendants de i> et les autres termes, dont les coefficients 
sont des fonctionnelles de 

Les termes du premier degré obtenus dans la première somme aux 
seconds membres disparaissent avec les premiers membres. On s’en 
rend compte de suite en remarquant que ces termes du premier degré 



33o 


CHAPITRE XI. 


peuvent être évalués on remplaçant l’équation (3o) par 
(3o') t)pi{t)d^ 


Xi. 


Introduisons enfin un autre paramètre e en remplaçant e(^) 
par s Les (33) s’écrivent 

(34) 0= 2 Lf'--*'-xf‘...x^!'- 

Oi^~h, . .-+-Otr ^ 2 

“ *) I 

ai-h...-har><‘ ^ 


Ce sont des équations entre les variables ordinaires . . ., ^r,-, 
e, ne contenant, dans la première somme, que des termes de degré 
supérieur à i par rapport aux inconnues Xi, Xj, . . x,- qu’il s’agit 

d’obtenir en fonction de «. Le déterminant fonctionnel de ces équa- 
tions est donc nul pour les valeurs milles dos variables et l’on se 
trouve dans le cas singulier des fonctions implicites ordinaires, cas 
qui a été l’objet des travaux classiques de Puiseux.v 

On sait qu’en général le système (34) définit plusieurs système des 
solutions Xi(e) (solutions milles avec e); en portant dans (32), on en 
déduira autant de solutions de l’équation fonctionnelle qu’il s’agissait 
de résoudre, solutions valables quand le module de c(s) est assez 
petit. 

Quand le déterminant de V équation fonctionnelle est nul, on 
obtient donc, comme pour les équations définissant des fonctions 
implicites ordinaires, la multiplicité des solutions. La théorie 
donnée par Puiseux pour le dernier cas s’applique, comme on vient 
de le voir, aux équations fonctionnelles. 

Les équations (34), qui ont un rôle fondamental dans la question, 
sont dites équations aux ramif cations. 


23. Précisons un peu dans le cas où le noyau c(s, t) n’a qu’une 
fonction fondamentale. Il y a alors une seule équation aux ramifi- 
cations 


(34') 


OP 

a>2 a>o 1 ^ 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 33 1 

Si L'^, \j’~' sont nuis, n’élant pas nul, l’équation (34’) 

aura p solutions Jî(e) dans le domaine de l’origine, solutions réelles 
ou imaginaires, distinctes ou confondues. Il en sera de même pour 
l’équation proposée. 

Il peut arriver que tous les L“ soient nuis ; dans ce cas. pour v{s) = o, 
on peut garder le paramètre a? arbitraire et l’équation fonctionnelle où 
l’on prend e(5) nulle, à une infinité de solutions en m(a); dans le cas 
où e(5) n’est pas nulle, il faut poursuivre la discussion sur (34’). 

V. — OBTENTIOÎV DE RÉSULTATS NON I.OCAUX. 

24. Les méthodes précédentes concernant les équations fonc- 
tionnelles 

f 35 ) F j^M ( ^ ), P ( < ); 5 j = O 

donnent des résultats locaux : on prend un couple de fonctions a© (.y), 
Po(y) vérifiant (35), et l’on étudie, comme nous l’avons vu, la réso- 
lution de (35) lorsque M(.y) et e(ir) restent dans des voisinages 
de ao(i^) et e„(.y). 

Il est plus difficile d’obtenir, sauf pour des équations fonction- 
nelles de type particulier, des résultats non locaux. 

D’intéressants développements à ce sujet ont été donnés par 
M. L(îraj [60]. Ils se rattachent directement à la méthode de Schmidt, 
et nous en donnerons une idée ici. 

25. Admettons que, u{s) étant toujours l’inconnue, la fonction- 
nelle F du premier membre de (35) fasse intervenir, ainsi que la 
donnée v{s), un certain nombre de paramètres : deux pour fixer 
les idées, "k et fA. Il s’agit d’étudier l’ensemble des solutions de (35) 
quand le point (X, p.), figuré géométriquement sur un plan auxi- 
liaire, reste dans un domaine fermé D de ce plan. 

Soit M(,(.y) une solution de (35) obtenue pour des valeurs X„, p-o 
des paramètres, le point (X„,p„) appartenant au domaine D. Admet- 
tons que l’on puisse toujours appliquer les méthodes précédentes à 
l’étude des solutions voisines de Uu{s)j obtenues pour des valeurs des 
paramètres voisines de Xo, Po, c’est-à-dire dans un champ 

I X — X|, I < TjO, I P — Po I < Çfl. 


1 u(s)— U»(s) I < £o, 



CHAPITRE XI. 


3a 2 

On aura éventuellemenl à (^crire dos équations aux rainificalions 

<P/(X, |X, ic,.) = <) ii — i,'i, . . r) 

qu’il faudra discuter. Le plus souvent ces équations (dans lesquelles 
}. — Xo et fi — p,, tiendront le rôle du paramètre £ du n“22) défini- 
ront des multiplicités à deux dimensions, les Xi étant des fonctions 
uniformes des variables indépendantes X et fji (voisines de Ïq et po); 
exceptionnellement, ces équations peuvent définir des multiplicités 
à plus de deux dimensions. Toute variété à deux dimensions donne 
une solution (que M. Leraj dit usuelle), voisine de m„(a); une 
variété à plus de d(!ux dimensions donnera une infinité de solutions 
(dites exceptionnelles). 

Ceci posé, il faut, pour aller plus loin, introduire la condition 
suivante, à vèrijier sur V équation (35) : 

L'ensemble des solutions étudiées est un ensemble fonctionnel 
compact et fermé. 

Comme, dans ce qui précède, il était toujours question d'un voisi- 
nage élémentaire d’ordre zéro, la condition à vérifier sera la suivante : 

Les solutions étudiées sont également bornées et également 
continues ( ’ ) ; 

En ajoutant enfin la condition suivante : 

Toute fonction limite d'une infinité de solutions de (35) est 
aussi solution de (35). 

Sous ces hypothèses, on peut appliquer le théorème de Borel- 
Lebesgue ('•'): 

Les voisinages d'ordre zéro de toutes les solutions formant 
l'ensemble étudié peuvent être remplacés par un nombre fini 
d'entre eux. Et cela donne de suite des résultats non locaux. 

On établit ainsi que le domaine ouvert correspondant à D est 
divisé en régions par un nombre fini d’arcs analytiques, régions telles 
que, dans chacune d’elles, le nombre des solutions exceptionnelles 


{') Cf. Chap. ir, n* 8, b. 
(■) Ibid., n* 1). 



ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 333 

soit nul OU infini, le nombre des solutions u.sueiles étant Uni et 
constant, 

La parité du nombre des solutions usuelles est la même dans 
toutes les régions de D, En particulier, si ce nombre est impair pour 
une région, l’équation admet forcément une solution quelle qu(* soit 
la position du point (X, /jl) dans D. 

On trouvera des applications de ce résultat dans le travail cité. 

Une autre méthode pour établir l’existence des solutions se trouve 
développée dans un travail récent de MM, Leray et Schauder [61 ]. 
Elle repose sur l’extension, an cas fonctionnel, de la notion de degré 
topologique d’une transformation continue de l’espace à n dimen- 
sions. Nous aurons à y revenir au tome III du présent Ouvrage. 

Signalons enfin un intéressant Mémoire de M. P. Lévy [64] qui 
donne des conditions pour que l’inversion d’une transformation 
fonctionnelle soit toujours possible et univoqin*. 


VI. LE LAS DES LIMITES VARIABLES. 

26. Signalons d’abord plusieurs travaux de M. L, Pomey, qui étudie 
des équations non linéaires où figurent des intégrales multiples avec 
une limite supérieure d’intégration variable [88]. Ces travaux 
concernent aussi des équations intégro-différentielles et nous aurons 
à y l’cvenir. 

Dégageons seulement ici la notion d’équation dite « normale ». 
Elle concerne le cas où le domaine d’existence des solutions com- 
prend on entier le domaine où sont définies les données, et c’est un 
cas qui est évidemment particulièrement intéressant. Du point de 
vue de M. Pomey, les éijuations différentielles linéaires sont « nor- 
males ». 

Prenons, par exemple, une équation du type suivant : 

^ X ^ t ni — I 

■{3t)) œ( X,/) — /( .r,y) -H À / dt,n 

X / rfe,... 1 dVpP\a;,y, 

6, X, y étant des nombres complexes et <p(aî,y) étant la fonction 
inconnue. On suppose que fi^x^ y) est holomorphe quand les 



CHAPITRE XI. 


334 


variables a?, y sont intérieures à des aires D.^., D, des plans complexes 
correspondants, aires contenani les points a et 6 et les chemins d’inté- 
gration (a, ar), (6, y)^ d’ailleurs arbitraires. Admettons pour fixer 
les idées que P soit un polynôme en cp dont les coefficieiils sont 
holomorphes quand les variables a?, al y, V/, sont dans et et 
que l’on peut évidemment supposer sans terme constant. 

La solution de (36) est imtnédiale par une série des puissances 
de \ 


et 


0 = 9o -t- Xçi -t- ...-+- X" ?„(' X, y . 





n 

) 


s cl (J étant les longueurs des chemins d’intégration (rt, x) et (6, y), 
pris les plus courts possibles dans D.,. (‘t Dy. Si / et V sont les maxima 
de s et (T pour tous les couples (a, x) et (6, y) intérieurs respecti- 
vement à Dj; et D, . I cHjuation sera normale si 

À \ /«» r/> < «i ! P î , 


inégalité toujours vérifiée si le nombre des intégrations m -\- p est 
assez grand. 


''Zl . Cas où l’équation aux variations est une équation de 
Volterra. — Une classe notable d’équations fonctionnelles sera celle 
des é([ualions qui donnent, pour équation aux variations, une équa- 
tion de Volterra de seconde espèce. Le déterminant sera toujours 
différent de zéro et la solution sera bien déterminée. 

Prenons une fonctionnelle ne dépendant des valeurs de l’argument 
Inconnu y (/) que pour o'^t'yx. Nous devons logiquement nous 
attendre à nous trouver dans le cas qui vient d’être envisagé, do sorte 
([ue, sous des conditions assez largos, une relation telle que 



ne pourra avoir plus d’une solution. C’est ce qu’a montré 
M. Sabbatini (' ). 

Résumons brièvement sa démonstration dans le cas où la fonction- 
nelle F est du second degré et régulière, c’est-à-dire dans le cas de 


(' ) Saiihatini, [ !) 6 , 97 ]. ' 




ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 


335 


l’équation 

(37) y{x)-^r f Kt(x,(}y(t 

^0 


) dt 


- / / K. 2 (.r, ^ 1 , ti)y{ t^)y( /., ) dtuit> — z(æ). 


S’il existait deux solutions y, (a?), (•^)j en posant 

H — )i — r->. 


nous aurions 


U{ X ) 


-1 Kii\x, t) u(t}fH -i- I I Ki(x, l,, 

J 0 J ^ J ^ 

-+- / / Kj(a;, <1, «2 ) j2( /•)) H(fi) = O, 

d i\ t/o 

c’est-à-dire, en admettant symétrique en et (ce qui est 
toujours permis), et en posant 

fil./', t ) = K t ( X' , t ) -4- Ç X ^ ^ -4— yi ^ I ) ï 1 . 

t/n 

- / il ( X, t)m 

t'o 


( .r ) 


' { t ) dt = O \ 


c’est une équation d<! Volterra qui n’a d’autre solution que u{x) == o, 
d’où 

yd X ) — y..i X ). 

Nous renvoyons au travail de M. Sabbatini pour l’étude du champ 
d’existence de la solution de (d^). 


28. Équations intégrales formées avec des compositions. — Dès 
le début de l’étude des équations intégrales linéaires, nous avons vu 
l’avantage qu’il y avait à introduire Vojx' ration de composition 
(à limites variables ou à limites fixes). 

Il y a intérêt à étudier à part la catégorie très étendue d’équations 
intégrales non linéaires (à limites variables ou à limites fixes) qu’on 
obtient par composition des fonctions inconnues et de fonctions 
connues. M. Volterra les a envisagées systématiquement, et il a 
montré comment leur étude se reliait très étroitement et très sim- 
plement à celle des équations qui, dans l’analyse ordinaire, défi- 
nissent les fonctions implicites. Il a prolongé la théorie en établi»- 



336 CHAPITRE XI. — ÉQUATIONS INTÉGRALES NON LINÉAIRES. 

sanl un lien analogue entre les équations différentielles et les équations 
intégro-différentielles de compositions. 

Le développement de ces divers sujets se trouvera dans le volume 
suivant du présent Ouvrage ( ' ). 

29. Nous aurons aussi à revenir ultérieurement sur quelques 
résultats concernant l’inversion des transformations fonctionnelles 
générales et, en particulier, sur les équations où figurent des inté- 
grales de Stieltj(‘s. Nous donnerons enfin au volume suivant, après 
l’étude des opérations de composition, divers détails sur la résolution 
numérique des équations intégrales, soit directement, soit par utili- 
sation d’appareils [méthodes mécaniques (■^)]. 

liCs relations entre la théorie des équations intégrales et d’autres 
branches des mathématiques n’ont pu être envisagées ici et nous 
avons laissé de côté les nombreuses applications. Ces divers sujets 
trouveront place dans le troisième volume (•’). 


( ‘ ) ^ sur ce sujet : Voltebra, [113] de la bibliograpliie I ; Vot.TEBRA et Pérès, [133]. 
(^) Cf. (7.V1 et [75-]. 

(’) Signalons du moins, dès maintenant, de curieux résultats de M. Galbrun [31'] 
sur le r<Ue inattendu <jue jouent, dans certaines questions de proI)abilitPs, des 
formules relatives à lu résolution <les équations intégrales linéaires. 


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{^) Il ne peut être question do donner ici une bibliographie complète sur les équations 
intégrales. Lo lecteur trouvera d’autres indications bibliographiques dans les Ouvrages 
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108. Tedone (O.). — Su alcune equazioni di Volterra risolubili con un numéro 

finito di derivazioni ed integrazioni (Rend, Ac. Lincei, 5® série, t. 23, 

109. Tricomi (F.). — Equazioni integrali contenenti il valore principale di un 

intégrale doppio (Math, Zeits,, t. 27, 1928). 

110. Usai (G.). — Sulle soluzioni in termini liniti di equazioni integrali (Rend, 

Cire, Mat, Palermo, t. 45, 1921). 

111. Vergerio (A.). — Suir equazione intégrale di Fredholm di l'‘ specie (Rend, 

Ist, Lomb,, 2® série, t. 47, 1914)* 

112. » . — Sulla risolubilità delF equazione intégrale di i'* specie 

(Rend, Ac, Lincei, 5® série, t. 24, I9i5). 

113. » . — Una condizione necessaria e sufïiciente per l’esistcnza di 

soluzioni nelT eq. int. di 1“ specie (/d.). 

114. » . - Sulle equazioni integrali non lineari (Rend, Cire, Mat. 

Palermo, t. 41, 1916). 

. — Sulle equazioni integrali non lineari con operazioni 
funzionali singolari (Giorn, di Mat,, t. 59, I9 ^t)* 


115 . 



348 BIBLIOGRAPHIE. 

116. Vergekio (A.). — Sulle equazioni iiitegrali non lineari [Ann, di Ma(.^ 

3® série, t. 31, 19^20.). 

117. » . — Sopre un tipo di equazione intégrale non lineare (Rend. 

Ac, Linceiy 5® série, t. Slj, 

118. ViTERBi (A.). — SuUa risoluzione approssimata delle equazioni integrali 

di Volterra (Rend, Ist, Lomb,^ ^® série, t. 45, 1912)* 

119. ViLLAT (H.). — Sur la résolution de certaines équations intégrales (Acta 

Math,, t. 40, 19 lO). 


120. ViVANTi (G.). — Elementi délia teoria delle equazioni integrali lineari 
(Hoepli, éditeur, Milan, 1916). 


121. 

Volterra (V.). 

— Sopra un problema di elettrostatica (Nuo^o Cimento, 
3® série, t. 16, i884). 

122. 

)) 

Id. (Trans, Ac, Lincei, t. 8, 1884). 

123. 

)) 

— Sulla inversione degli integrali definiti (Atti Ac. Torino, 
t. 31, 1895-1896) (équations intégrales à limites 
variables, quatre notes). 

124. 

)) 

Sulla inversione degli integrali definiti (Rend. Ac. 
Lincei, 5® série, t. Sj, 1896). 

125. 

)) 

’ Sulla inversione degli integrali multipli (Id.), 

126. 

» 

— Sopra alcune questioni d’inversione di integrali definiti 
(Ann. di Mat,, t. 25, 1897). 

127. 

» 

Sul fenomeno delle Seiches (Nuoi>o Cimenta, 4® série, 
t. 8, 1898). 

128. 

)) 

. “ Sur les fonctions qui dépendent d’autres fondions 

(C. R. Acad. Sc., Paris, t. 142, 1906). 

129. 

)) 

. — Sopra equazioni di tipo intégrale (Int, Congress of 
Math,, Cambridge, 1912). 

130. 

)) 

Leçons sur les équations intégrales et les équations mtégro- 
différentielles (Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 19 1 3). 

131. 

)) 

. - Osservazioni sui nuclei delle equazioni integrali (Rend. 
Ac. Lincei, 5® série, t. 23i, 1914)* 

1.32. 

)) 

. - Alcune osservazioni sui fenomeni ereditari (Id., 6 ® série. 


t. 9, 1929). 


133. Volterra (V.) et Pérf.s (J.). — Leçons sur la composition et les fonctions 

permutables (Gauthier-Villars, éditeur, Paris, 1924). 

134. Weyl (H.). — Singulare Integralgleichungen (Math, Ann,, t. 66, 1908). 

135. Whittaker (E. C.). — On the numerical solution of intégral équations 

(Proc, R. Soc, London, série A, t. 94, 1918). 

136. Zeilon (N.). — Sur quelques points de la théorie de Téquation intégrale 

d*Abel (Ark, for Mat, Astr, och Fys,, t. 18, 192 i). 





INDEX DES AUTEUKS CITÉS. 


(Les luiincros reiivoicnl aux paj^es.) 


Abel, 171, ijx, 17;, i7i, 173, 

Adams, .209. 

Alexaiidroi, i‘L 
Arzelà, 20, iio, 121, 122. 

Aseoli, 20, 12 r, 122. 

Bairc, 10, 18, 26. 

Bertrand (G.), ^-79* 

Bcssel, 291, 29'^, 3oi, 3()2. 

Bôcher, i/^o. 

Bogolioubofï (N.), 128. 

Bois-Reymoiid (Du), 12b. 

Borel, XII, 9, ri, 21, 35, 332. 

Bourlel, ii. 

Carleman, 246, 273, 279. 

Cauchy, 18, 44> ^7^- 
Cinquini (S.), 128. 

Conforto, 12. 

Cottoii (E.], 3i^. 

Cramer, i34. 

Dauiell, 106. 

Davis, X. 

Del Chiaro, 128. 

Dirichlct, 20, 109, no, 137, 175, 18 î. 
Egorofî, 273. 

Euler, 95, 107, 108, Ï09, 12C 128, 178. 
Evans, x, i5o, i5i, 201, 202, 2o3, 206. 

Fabri (C.), 7. 

Fantappiè, 12, (38, (39. 

Fisher (E.), 29). 


Fourier, 10, Ti, 288, 291, 293, 294, 295, 
^97» ^9^» 3o4, 3o 8, 309, 3io. 

Frcchet, x, xi, 12, i3, 1(3, 18, 19, 21, 
22, 24, 25, 32, 49, 57, 58, 61, 67, 68, 
7G 89, 90, 96, ro8. 

Freda, xii. 

Fredholm, xi, lio, l3l, 222, 225, 226, 
232, 236, 2,37, 243, 244, 256, 263, 

2(35, 26G, 267, 268, 269, 271, 273, 

273, 276, 277, 279, 281, 283, 284, 

285, 286, 3o8, 3ri, 3i3, 317, 3i8, 

320, 32.5, 327, 329. 

Fubini, lio, 3o2. 

Fuchs, 195, 200. 

(jralbrun, 336 . 

Gatoaux, 29, 61, 102, io3, io5. 

Giraud, xi, 279, 281, 2.83, 284. 

(ioursat, X, 217, 248, 257, 3oo. 

Graves (L.-M.), 128. 

Green, 97, 108, 1 17. 

Hadamard, 26, 28, 49, 52, 53, 71, 108, 
174, 227, 215. 

Hahn, 128. 

Hamilton, 108. 

Heiseuberg, 12. 

Heywood, x, 248. 

Hilbert, x, 12, iio, 127, 271, 285, 286, 
296, 299, 3o2, 307. 

Mille, 202, 268. 

Holder, I22, 279. 

Holmgren (E. A.), x, 182, 188, 196, 
197, 200, 201. 



35 o 


INDEX DES AUTEURS CITÉS. 


Holmgren (H.), 174. 

Horn, aoi. 

Jacobi, 108, 109. 

Kostitzin, 207. 

Lagrange, loi, 128. 

Laguerre, 245 . 

Lalesco, x, i4o, 164 182, 194, 195, 196, 
199» 200, 201, 209, 2^6, 3 o 3 , 3 ii, 

3 I 2 . 

Laplace, 89. 

Laureiitiefî (M.), 128. 

Lauricella, 294, 3 o 8 . 

Lebesgue, x, 21, 3 i, 35 , 87, 38 , 89, 4o, 
43, iio, III, 119, 120, 257, 273, 332 . 
Leray, xi, 33 i, 332 , 333 . 

Le Roux, i4o. 

Letnikolï, 174. 

Levi (Beppo), no. 

Levi Civita, I2, 3 10. 

Lévy (Paul), x, i 3 , 14, 58 , Sg, 66, 71, 
89, 100, loi, 102, 108, 333. 
Liouville, 173, 174, 175. 

Love, 207. 

Mae Shaiie (E. J.), 128. 

Mandelbrojt, 17^1. 

Manià, 128. 

Marty (J.), 3o2. 

Mayer, 128. 

Montel, 19. 

Moore (E. H.), xi, 12, i 3 , 16. 

Myller, 209, 21 3 . 

Naguino, 128. 

Neumann (G.), no. 

Pauli, 12. 

Picard (E.), i 3 i, 140, 195, 208, 277, 
3 o 8 , 3 i 3 , 325 . 

Picone, 209, 2 i 3 , 3 i 4 . 

Pincherle, ii, 174. 


Poincaré, iio, 269, 279, 280. 

Pomey, 333 . 

Popovici, XI, 209, 210, 212, 214, 219. 
Puiseux, 33 o. 

Ricci, 12. 

Riemann, 109, 174, 3 i 2 . 

Rieaz (F.), x, 3 i, 45 , 5 o, 53 , 55 , 56 , 63 , 
64, 65 , 77, 295. 

Sabliatini, 334 , 335 . 

Scalizzi, 174. 

Schauder, 333 . 

Schmidt, x, xi, 12, 234 , 285 , 3 o 5 , 3o6, 
307, 3 o 8 , 320 , 321 , 324,325, 327, 33 i. 
Schur, 246. 

Schwarz, 44 , 49 , no, 122. 

Sinigaglia, i 63 . 

Sonine, 175, 176, 177. 

Steinhaus, 49 - 

Stieltjcs, 14, 56 , 57, 58 , 59, 64, 65 , 66, 
77, 88, 106, 336 . 

Stokes, 96, 97, 99, loi. 

Tamarkin, 202, 209, 221, 268. 

Taylor, 9, 10, 58 , 83 , 85 , 86, 88, ii 5 , 
118, 319. 

Tedone, i 5 i. 

Tonelli (L.), x, 26, iio. Il 8, 120, 123 , 
128. 

Tricomi, 279, 280. 

Urysohn, i 3 . 

Vallée-Poussin (de La), i5. 

Villat, 279, 282. 

Vitali, 12, III, 125 . 

Weierstrass, lo, 25 , 62, 63 , 109, 245 . 
Weyl, 276. 

Whittaker, i 5 i, 177. 

Wiener, 106. 

Zaremba, iio. 



INDEX ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES 


PnRi's. 

Analyse générale i i 

Approximations successives : 

Application à l’équation de 

Fredholm 

Application à réquation de 

Volterra i^o 

Pour les écpiations intégrales 
non linéaires 3 i 3 , 3 i 8 


Borel-Lchesgue : 

Extension du Ihcorème de — . 21 

Caractéristique d'une fonction,.. 167 

Composition : 

De deuxieme esi)èce 23 'J 

De première espece i 4 '^ 

Équations intégrales de com- 
position 335 

Continuité : 

D’une fonctionnelle 23 

Élémentaire, d'ordre zéro 27 

Élémentaire, d’ordre p 29 

En moyenne 4 i 

Uniforme 24 

Convergence : 

En mesure 32 

En moyenne 44 

Chjcle fermé : 

Groupe du — i 49 


Dérivation et différentiation : 
Dérivation d’ordre fraction- 


naire 174 

Dérivation d'une fonctionnelle 

composée 90 

Dérivées et différentielles des 

fonctionnelles 70 

Dérivées et différentielles d’or- 
dre supérieur 83 

Deux points de vue sur les déri- 
vées et différentielles 78 

Différentielles de Fréchet 89 

Inversion de deux dérivations 
fonctionnelles 8 ^, 86 , 9^ 

Déterminant : 

De récjuation de Fredholm. . . 225 


D’une transformation fonc- 


tionnelle 317 

Théorème de Hadamard.... 227 

Diagonale : 

D’une fonction 167 

Distance : 

Dans un espace abstrait 17 

Élémentaire, d’ordre zéro .... 27 

Élémentaire, d’ordre p 29 

En moyenne 42 

Ensemble : 

Champs fonctionnels 8 

Ensembles abstraits 12 

Ensembles compacts 19 

Ensemble dérivé fermé 18 

Mesure d’un ensemble... i 5 , 36 

Mesure inférieure à un nombre 

donné 32 

Mesure nulle 32 



INDEX ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


S.'Vi 

, . Pa^es. 

Equations aux ramifications de 


Schmidt S'îo 

Équations intégrales : 

D’Abel lyi 

De Liouville 173 

De Picard (troisième espèce) . . . 277 

De Sonine 175 

Où figurent des valeurs princi- 
pales d’intégrales 278 


Équation intégrale de Fredholm de 
deuxième espèce : 


Équation associée 281 

Équation homogène 237 

Équations singulières 275 

Intégrales multiples 265 

Les trois principes 227 

Passage du fini à l’infini 222 

Systèmes 263 

Équation intégrale de Fredholm de 
première espèce 3o8 

Équations intégrales de Volferra 
de deuxieme espèce : 

A deux limites variables 21.4 

Cycle fermé i/|8 

Intervalle d’intégration infini. 204 

Intégrales multiples 1 5i 

Les trois principes i36 

Passage du fini ù l’infini i33 

Noyau infini 168, 201 

Systèmes i58 

Équations intégrales de Volt erra 
de première espèce : 

A deux limites variables 21 i 

Cas où la diagonale du noyau 

è un zéro isolé i8r 

Intégrales multiples i56, 161 

Lien avec les équations diffé- 
rentielles 162 

Noyau infini d’ordre a 169 

Noyau logarithmique ........ 177 

Passage du fini a l’infini i52 

Réduction à une équation de 

deuxième espèce i53 

Systèmes 160 


Équations intégrales non linéaires : 


A limites variables 333 

De Lalesco 3 12 

Méthode générale do Volterra. 3i5 

Procédé de Schmidt 3*24 

Équations intégra- jonctionnelles : 

De Picard 208 

Généralisations 21 3 

Résultats de M. Popovici. .... 210 

Espace : 

Abstrait 16 

Analyti(jne 11 

Complet 18 

Des fonctions holomorphes de 

Frcchet 19 

Des fonctions mesurables. .... 3o 

Distanciable 16 

Fonctionnel 9 

Hilbertien n 

de Fréchet 16 

Fonctionnelles : 

Analytiques 12, 69 

Bilinéaires 6^ 

Définies dans un (‘iisomble 

abstrait i3 

Exlremum 24 

Linéaires 49 

Normales do P. Lévy 66 

Régulières 48, 60 

Représentations de Hadamard 
et de Hiesz pour les lonction- 

nelles linéaires 52, 55 

Séries de fonctionnelles homo- 
gènes 67 

Fonctions : 

Absolumoiit continues ni 

Additives i4 

Arguments (Fonctions argu- 
ments) 6 

D’ensemble l4 

D’une infinité de variables. . . lo 

D’une ligne 7 



INDEX ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


I*aj;es. 

D*un hyperespace 7 

Également bornées 20 

Également continues sio 

Fondamentales 9-43 

Fondamentales de Schmidt. . . 3 o 5 

Mesurables 87 

Orthogonales 243 

Principales 255 

Sommables 39 


Genre : 

Du déterminant de Fredholm 245 


Inégalité de Bessel 291 

Extension 3 oi 

Intégrale : 

De Lebesgue 3 o 

De Stieltjes i4, 56 

Multiple de Stieltjes 66 

Quasi régulière 112 

Régulière, positive ou négative 1 12 

Valeur principale d’une — . . . 278 


Intégration des fonctionnelles : 
Extension de la formule de 

Stokes 9 ^ 

Généralisation de l’intégrale 

multiple loi 

Valeur moyenne dans l’espace 

fonctionnel 102 


Mono mes fonctionnels : 

Définition 821 

Séries régulièrement con\er- 

gentes 323 


Noyaux : 

Ambigus 

Canoniques 

Discontinus 

Fermés 

Infinis 166, 

Itérés (puissances de composi- 
tion) i 36 , 233 , 


2^99 

259 

266 

298 

201 

235 


3 V 1 


Logarithmiques 177 

Orthogonaux 249 

Positifs 299 

Principaux 248 

Résolvants i 36 , 147, 227 

Symétriques 285 

Symétriques gauches 3 o 3 

Symétrisables 3o2 

Ordre : 

D’une fonction 167 

Principe de passage du discontinu 
au continu 3 


Semi-continuilé : 

D’une fonctionnelle 26, ii 3 

Extension de la — 119 

Théorèmes sur les maxima et 

minima 26, 120 


Séries du type de Fourier : 

Définition, constantes de Fou- 


rier 291 

Série convergente en moyenne. 298 
Théorème de Fischer-Riesz . . , 295 

Théorème de Hilbert 296 

Théorème de Schmidt 807 


Suites : 

Biorthogonales et normales. . . 3 oi 

Orthogonales 289 

Orthogonales et normales 289 

Système orthogonal et normal 

complet 293 

Taylor : 

Extensioii de la formule de — . 85 

Trace d'un noyau 244 

Transformation fonctionnelle : 

Et opérateur fonctionnel 6 

Inversion 129, 3 16 

Valeurs fondamentales : 

Ou singulières, ou caractéris- 
tiques 2'|3 


VOLTBRHA 


23 



3 3 /| INDEX ALPHABÉTIQUE DES MATIÈRES. 


P«ftCS. 


Variations [Calcul des) : 

Équation d'Euler. . . qS, 107, 

Et calcul fonctionnel 107 

Méthode directe ni 

Principe de Dirichlet 109 

Voisinage : 

Élémentaire, d’ordre zéro. *28, 112 

Élémentaire, d’ordre p 29 

En moyenne 44 




Weierstrass ( Généralisation des 
théorèmes de] : 

Sur les fonctions continues 
obtenues comme limites de 

polynômes 63 

Sur les limites supérieure et 
inférieure des fonctions con- 
tinues 25 



TABLE DES MATIÈRES 


Page s. 

Préface vu 

LIVRE I. 

Généralités sur les fonctionnelles. 

(’.IIAI'ITHK I. 

La notion de fonctionnelle. 

I. Exemple préliminaire l 

II. La notion de fonctionnelle *] 

in. Champs fonctionnels 8 

IV. Fonctionnelles et fonctions d’une inlinité de variables lo 

V. Ensembles abstraits ef analyse générale \‘X 

(biAïuTur: IL 

C'otUinuiié des fonctionnelles et questions connexes. 

L Limite et distance dans un ensemble abstrait ii\ 

Espace (L), iG; espace distaiiciable, 17; espace complet, 18; (‘useml>l<* 
compact, 19; extension du théorème d(ï Bor<‘l-T..el)esjçue, 

IL Continuité et semi-continuité d’une fonctionnelle ■> I 

Extrcinum, ‘j/\; semi-continuité, ?(). 

III. Le cas du calcul fonctionnel. Distances et continuités élémentaires. .>7 

IV. L’espace des fonctions mesurables. Digression su^l’intégrale de 

Lebesgue 

Intégrale d’uno fonction bornée, 33 ; fonctions sommables, 39. 

V. Autre définition de la distance : distance et continuité en moyenne. 

‘ 23 . 



356 


TABLE DES MATIÈRES. 


Chapitre HT. 

Fonctionnelles linéaires. Autres types simples de fonctionnelles. 

Pages. 


T. Fonctionnelles linéaires 4 ^ 

Représentation de Hadamard, 62; représentation do Riesz, 55 ; cas de la 
continuité en moyenne, 58 ; cas de la continuité élémentaire d’ordre p, 58 » 

IL Fonctionnelles du second degré et de degré supérieur 59 

Fonctionnelles régulières, 59; généralisation du résultat de Riesz, 63 . 

III. Séries de fonctionnelles homogènes 67 


Chapitre IV. 

Opérations sur les fonctionnelles, 

I. Dérivée et différentielle d’une fonctionnelle 70 

Dérivée fonctionnelle, 7 î ; passage à la différentielle, 78. 

II. Dérivées et différentielles d’ordre supérieur. Extension de la formule 

de Taylor 83 

Différentielles de Fréchet, 89; dérivation d’une fonclionnello composée, 90. 

III. Exemples 93 

IV. L’intégration des fonctionnelle? 96 

Détermination d’une fonctionnelle dont on connaît la dérivée, 96; la notion 
<le moyenne dans Fespaco fonctionnel, lOi. 


Chapitre V. 

Le calcul fonctionnel et les méthodes nowelles du Calcul des suiriaiions. 

1 , Remarques générales 107 

II. Méthode directe pour l’étude du maximum, ou minimum d’une 

intégrale simple 111 

Semi-continuité, condition nécessaire, ii 3 ; condition suffisante, 117; exten- 
sion, 119; existence du minimum, 120; l’équation d’Euler, 


LIVRE IL 

Théorie des équations intégrales. 


Chapitre VI. 

Gémralitès, Équations intégrales de V^olterra. 

t. Préliminaire : inversion d’une transformation fonctionnelle 129 

IL L’équation linéaire de Volterra de seconde espèce 182 



TABLE DES MATIÈRES. 


357 

Problème à n inconnues correspondant, i33; passage à Téquation inté- 
grale, i35; principes fondamentaux, i39; méthode d’approximations succes- 
sives, i4o; notion de composition, 142; noyau fonction de ;/ — x, i48*, intégrales 
multiples, i5i, 

III. Équation de Volterra de première espèce i5‘i 

* 

K {y, y) ne s’annule pas, i53; le symbole K i55; cas des intégrales 
multiples, i57. 

IV. Système d'équations de Volterra i 58 

Cas des intégrales multiples, 161. 

V. Lien avec les équations différentielles 162 

Chapitre VII. 

Compléments aux résultats précédents. Autres types d* équations de Vùlterra. 

I. Noyaux infinis pour y = x ï66 

Puissances d<i l’uiiité, 1G8; équation do seconde espèce dont le noyau est 
d'ordre a, 168; équation de première espèce, 1G9; équation d’Abel, 17 1; 
équation do Lîouville, i73; noyaux logarithmiques, 177. 

II. Équations de première espèce dans le cas où la diagonale du noyau a 

un zéro isolé i8i 

Indication sur la méthode de Lalcsco, 194; méthode de M. Pérès, 197; 
indications sur d’autres cas, 200. 

III. Résultats généraux concernant les noyaux non bornés. Cas où l’inter- 

valle d’intégration est infini 

Noyaux absolument intégrables, 201; noyau non intégrable, 2o3; intervalle 
d’intégration infini, 20f\, 

IV. Équations dites intégro-fonctionnelles » ‘208 

V. Équations de Volterra avec les deux limites de l’intégralo variables. ^t 4 

Chapitre VIII. 

L'équation intégrale de Fredholm. 

L Cas limite d’un système algébrique. Sa résolution quand le détermi- 
nant n’est pas nul 

Les trois principes, 23i; l'équation associée, 23i; approximations succes- 
sives, 232; composition de seconde espèce, 234- 

II. Cas où le déterminant est nul ‘^36 

Équations homogènes, 237; l’équation avec second membre, 2f\\ . 

III. Propriétés du déterminant et du noyau résolvant 241 

Série donnant log A(X), 244î genre de A (X), 246; relations caractérisant les 
noyaux résolvants, 247- 

IV. Décomposition d’un noyau en noyaux principaux 248 



358 


TABLE DES MATIÈRES. 


Paries. 

Noyau principal, -> 4 ^; orthogonalité de noyaux, ?. 49 i équations dont le noyau 
est somme de noyaux orthogonaux, 260; décomposition d’un noyau, 253 . 

V. Décomposition d’iin noyau principal en noyaux canoniques !254 

Noyaux — X, (t) 255 ; réduction du noyau principal, 257; résolvante 

canonique, 259 ; conséquences, 2G1. 

Chapitre IX. 

Compléments. Systèmes tV équations intégrales-, cas des intégrales multiples. 

Noyaux discontinus. 

I. Systèmes et cquaiious où figurent des intégrales multiples 26] 

11. Noyaux discontinus 

vXpproximatioiis successives, 268; extension de la méthode do Fredholm, 2Ù9; 

■‘“y»'-’' 

111. Cas singuliers. Intégrales prises en valeurs prim ipales 9.75 

Équations de M. Picard, 277; valeurs principales, 278. 

(iH A PITRE X. 

Noyaux spéciaux. Suites orthogonales et biorthogonales. 

L'équation de Fredholm de première espèce. 

I. Fonctions i'ondamentales d'un noyau symétrique 9.85 

II. Notion de suite orthogonale. Développements en série du type de 

Fourier 988 

III. Autres types spéciaux de noyaux 999 

Noyaux syraétrisahles, 3 o‘>; noyaux symétriques gauchos, 3 o 3 . 

IV. Noyau dissymétrique. Fonctions fondamentales de Schmidi 3o5 

V. Équation de Fredholm de première espèce 3o8 

Chapitre XI. 

Les équations intégrales non linéaires. 

I. Étude de quehjues cas simples 3li 

II. Les résultats généraux de M, Volterra 3i5 

III. Les équations de Schmidt. Cas où le déterminant n’est pas nul 390 

Monomes fouet ioniuds, 821 ; équations d(‘ Sclimidt, 324 ; unicité, S'iG. 

IV. Déterminant nul. É^quations aux ramilications 397 

V. Obtention de résultats non locaux 33 1 

VI. Cas des limites variables 333 



TABLE DES MATIÈRES. 


■55«j 

Paftes. 

VhiiLiOGRAPiiiE • Livre 1 337 

Livre II 3/j2 

Index des Auteurs cixÉs 34<J 

Index alphabétique des matières 35 1 

Table des matières 355 






LIBRAIRIE-IMPRIMERIE 

GAUTHIER-VILLARS 

55. Quai des Granda-Auguatins, PARIS (6*) 


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Pierre BOUTROUX 

Maître de Conférences é la Faculté des Sciences de Montpellier 

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55 , Quai de* Grands- Augustin.*, PARIS (é**) 

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(Chèques postau.x : Paris 29323.) 

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Gaston JÜLIA 

Professeur à la Faculté des Sciences de Paris 


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Rédigées par P. FLAMANT 

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Tél. DANTON 05-11 et 05-ia. B. C. Seine »*506. 


‘ ËoToi dans toute la Franco et PUnion postale contre mandat-poste ou valeur sur Paris. 

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Professeur à rUniversite de l.ouvain 
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S. MANDELBROJT 

Professeur à U Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand 


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